Sondage BVA : les Français plébiscitent les complémentaires santé

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Les Français réaffirment leur attachement à leur liberté de choix en matière de complémentaire santé selon une étude BVA pour la fondation April.

Un article de la rédaction de Contrepoints.

Face à la crise covid qui a durement éprouvé notre système de santé, les Français réaffirment leur attachement à leur liberté de choix selon une étude BVA pour la fondation April réalisée du 19 au 27 juillet 2021. Ainsi, 82 % des personnes interrogées jugent important de pouvoir consulter le médecin de leur choix, même s’il pratique des dépassements d’honoraires. 72 % des Français jugent également important de pouvoir recourir à la médecine non conventionnelle.

Pour 67 % des sondés, l’amélioration du système de santé passe par le financement conjoint de l’assurance maladie et des complémentaires santé. Seulement 12 % du panel estiment que seule l’assurance maladie peut relever le défi du financement futur du système de santé.

Les complémentaires santé sont par ailleurs plébiscitées : 85 % des Français estiment que la complémentaire santé est indispensable, notamment concernant le niveau de remboursement (73 %), le remboursement de soins non pris en charge (66 %) et les réseaux de professionnels de santé référencés en optique, dentaire ou audioprothèse avec des offres négociée (36 %).

Le niveau de satisfaction des Français quant à leur complémentaire santé est lui aussi au maximum. 80 % des Français en sont satisfaits, en particulier pour la facilité de souscrire à un contrat (84 %), la rapidité des remboursements (83 %) et la qualité de la relation client (69 %).

Un système de santé qui s’étatise

Pourtant, depuis plusieurs années, au nom de la maîtrise des coûts, le système de santé ne cesse de s’étatiser. Olivier Véran, comme ses prédécesseurs, souhaite que l’assurance maladie prenne en charge la quasi-totalité des remboursements, arguant du fait que la crise sanitaire a démontré son efficacité. C’est en ce sens qu’il a récemment demandé au Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie de réfléchir à une nouvelle organisation du système de soin français de type « Grande sécu ».

Seulement, comme Cécile Philippe le soulignait dès 2016, l’exemple canadien d’un système de soin entièrement étatisé conduit au rationnement des soins :

« Des pénuries de médecins, un accès bureaucratisé aux nouveaux traitements et des délais d’attente signifient que des patients en souffrance perdent du temps et doivent déployer beaucoup d’efforts pour obtenir les soins nécessaires, risquant une détérioration de leur état de santé. Dans certains cas, ils sont dans l’incapacité de poursuivre leur vie professionnelle et subissent une détérioration supplémentaire de leur qualité de vie. Tous ces aspects représentent de multiples coûts économiques et humains difficilement chiffrables, mais bien réels, typiques du système canadien au sein duquel le contrôle étatique est quasi-total. »

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La médecine de ville assiégée

Du côté de la médecine de ville, le phénomène de démédicalisation de la médecine pointé par Patrick de Casanove l’a profondément affaibli au profit de la bureaucratie hospitalière :

« Les politiciens assomment les médecins de tâches non médicales, imaginées et appliquées par des technocrates non médecins ignorants du terrain. Il est fondé de nommer cela la démédicalisation de la médecine qui consiste à utiliser les praticiens pour autre chose que le soin. »

Et si remettre à plat le système de santé c’était introduire davantage de liberté, comme le souhaitent les Français ?

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