Nucléaire : le double discours de Barbara Pompili

Sur le nucléaire, Pompili n’a pas d’autre choix que de faire du « en même temps » : on continue de dire qu’on limite le nucléaire, mais on investit dans les « SMR » (small modular reactor).

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Nucléaire : le double discours de Barbara Pompili

Publié le 19 octobre 2021
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Par Michel Negynas.

Miracle ! Ils veulent tous du nucléaire…

Marine Le Pen veut même démonter les éoliennes, Xavier Bertrand réaffirme son intention de développer le nucléaire, et voit d’un mauvais œil le parc éolien de Dunkerque… Éric Zemmour, lui, a déjà sonné le tocsin sur les énergies intermittentes…

Beaucoup n’ont plus peur de dire que le roi est nu. L’exécutif n’a d’autre choix que de faire du « en même temps » : on continue de dire qu’on limite le nucléaire, mais on investit dans les « SMR » (small modular reactor). C’est la mode, donc on suit. Cela donne des interviews assez savoureuses, comme celle de Mme la ministre Barbara Pompili.

Le double discours de Pompili sur le nucléaire

Invitée sur BFM Business, Barbara Pompili rappelle que l’objectif de la France est toujours de réduire à 50 % la part du nucléaire dans la production électrique (contre 70 % aujourd’hui).

RTE estime qu’on va avoir 20 % de besoins en électricité en plus d’ici 15 ans, rappelle la ministre. Nous n’avons pas le temps d’ici là de construire une nouvelle centrale nucléaire. Il va falloir développer le renouvelable.

EDF estime que la consommation d’électricité va doubler d’ici 2050. Il faudrait accorder les violons, surtout que l’ADEME, reprenant le scénario Negawatt de Greenpeace, affirme que 100 % de renouvelable est possible. Le hic, c’est que l’hypothèse de départ est une réduction de consommation d’énergie en valeur absolue de 40 % !

On aurait tendance à croire EDF. Or, nous sommes déjà très justes en centrales électriques pilotables pour les nuits d’hiver sans vent avec 60 GW de nucléaire. La logique voudrait qu’en 2050, on ait 120 GW de nucléaire, soit 75 EPR.

Nous n’avons pas le temps d’ici là de construire une nouvelle centrale nucléaire.

Les amis de Mme Pompili sont évidemment en grande partie responsables de la situation. Depuis des décennies, l’État a laissé se désintégrer la filière de construction, puisque l’opinion publique, chauffée à blanc par les écologistes, au mieux s’en désintéressait, au pire la condamnait. Et c’est effectivement un peu tard pour s’en apercevoir. Néanmoins, si nous étions Chinois, ça ne poserait guère de problèmes. En gros, Mme Pompili et ses amis ont tout fait pour qu’on soit en retard, et, mince, on est en retard !

Il va falloir développer le renouvelable.

Mme Pompili n’a donc encore pas compris la différence entre KW et kWh. Voilà une ministre en charge du plus gros ministère de tous les temps (écologie, énergie, construction) et qui a son mot à dire sur beaucoup d’autres sujets primordiaux (social, industriel) et qui peut raconter encore de telles bêtises après plusieurs années d’exercice ! On ne peut pas remplacer des moyens de production pilotables par des moyens aléatoires car le réseau électrique doit équilibrer à la seconde près l’offre et la demande.

Le problème de la position de Pompili sur le nucléaire

Les SMR aujourd’hui on est sur de la recherche et développement pour avoir un prototype qui sera prêt aux alentours de 2030, estime Barbara Pompili. Une fois qu’on aura mis au point ce prototype, on peut lancer après l’industrialisation. Mais ça nous amène après 2035. Les SMR doivent faire partie de l’éventail des solutions.

Les SMR peuvent rendre des services, mais à 100 MW l’unité, il en faudrait 1200 pour subvenir à la demande en 2050 ET il sera bien plus rapide de reprendre la technologie EPR, en la simplifiant, que d’inventer une nouvelle filière.

Le pays qui va massivement investir pour mettre au point les mini-réacteurs dits SMR (pour small modular reactors) ne devrait pas en disposer avant plusieurs années.

Les SMR aujourd’hui on est sur de la recherche et développement pour avoir un prototype qui sera prêt aux alentours de 2030, estime Barbara Pompili. Une fois qu’on aura mis au point ce prototype, on peut lancer après l’industrialisation. Mais ça nous amène après 2035.

Les SMR doivent faire partie de l’éventail des solutions. Si la part du nucléaire va donc mécaniquement décroître dans les prochaines années, la ministre estime qu’à plus long terme il serait une option parmi d’autres.

On va donc investir massivement dans le gaz.

Madame Pompili assure :

RTE travaille sur des scénarios après 2035 avec plus ou moins de nucléaire, plus ou moins de renouvelables et l’intérêt de ces scénarios c’est que ce seront des scénarios financés, on saura combien ça coûte on saura les avantages et les inconvénients de chacune des options et là on pourra décider quelle est la meilleure option.

Si la part du nucléaire va donc mécaniquement décroître dans les prochaines années, la ministre estime qu’à plus long terme il serait une option parmi d’autres.

Sauf qu’on ne nous dit pas comment faire demain lors des nuits sans vent, et quelles seraient les autres options à long terme…

Un discours ahurissant sur le nucléaire

Combien de temps va tenir un tel discours surréaliste, et surtout défaitiste ? Nous avons construit notre réseau nucléaire actuel (de l’extraction au recyclage du combustible) en moins de vingt ans, en ne partant de rien. Nous avons construit ces réacteurs à la chaîne, comme des automobiles. Ils peuvent être prolongés de 20 ans. Il n’y a donc aucune raison de penser que nous ne réussirions pas le challenge de renouveler à temps notre parc actuel.

Mais pas avec des ministres qui ne comprennent rien à ce qu’ils sont censés diriger.

 

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  • je ne comprends pas qu’on OSE citer l’ademe… dont une des mission était de promouvoir la transition énergétique,

    sans honte aucune..

    on sent venir les réprimandes , fuck your freedom .. quelle idée de vouloir chauffer sa maison en hiver de s’éclairer quand il fait sombre..

    ce n’est jamais la faute du planificateur..

  • Notre État ne sait plus fabriquer que de la dette, des taxes et des impôts.
    Objectivement, il est trop tard pour relancer le nucléaire, la recherche gazière ou pétrolière. Les erreurs stratégiques majeures, sous l’influence des lobbies écologiques, vont aboutir à une pénurie durable d’énergie. Coupures, rationnements sont notre avenir. Bravo les c.ns!

    • Très cher ami, vous n’avez rien compris alors je vous explique. Je vais m’éclairer à la bougie et m’enfoncer dans ma doudoune les soirs d’hiver sans vent. J’aurai besoin de me réchauffer car je suis allé travailler à vélo, il faisait froid et il pleuvait.
      Mais en frissonnant j’aurai chaud au coeur ( une flamme autorisée par mon EcoPass car elle ne produit pas de CO2 ): je sauve la planète !

      • Pour dormir au chaud je vais inviter mes voisins et surtout mes voisines à partager le même lit !! Commentaire stupide me direz-vous, mais moins stupide que la pompili !!! Il faut lire le livre de Lhomme et Davet ‘Le traitre et le néant » pour comprendre pourquoi macron choisit toujours des nullités comme ministres. Conclusion : On est mal barré en France !!!

  • Mme Pompili est écologiste donc idéologue. Elle croit dur comme fer qu’un monde de bisounours vivant d’agriculture 100% bio et d’électricité « renouvelable » disponible à volonté et avec la même espérance de vie que celle des pays développés est réellement possible.

  • Si on commande 1200 SMR à la Chine, ils nous livrent dans 2 ans. Si on permet aux américains qui en ont l’expérience de prospecter et exploiter les GDS chez nous, on vend du gaz à Poutine dans les mêmes délais.

    Le problème en France est surtout la volonté politique de torpiller son économie via des agences comme l’ADEME.

    • Vu l’état de notre filiaire nucléaire, on n’a pas le choix, acheter sur catalogue…. Mais même la les lobbies anti nucléaire veillent, c’est fichu, centrales gaz ou rien et sans doute que ces centrales seront allemandes.

  • La pauvre malheureuse, elle ne sait pas sur quel pied danser avec la girouette à la tête de l’état.
    Question, à quoi vont bien servir ces smr et où pourrons ils les implanter ?

  • continue comme ça, Barbara, et tu vas te retrouver au niveau d’Anne Hidalgo, si ce n’est déjà fait.

  • Il nous est impossible de reconstruire notre réseau nucléaire, nos gouvernements depuis Mitterrand font tout ce qui est en leur pouvoir pour que nous perdions nos compétences techniques et ils y ont super bien réussi.
    Cette perte de compétences dans l’industrie est cependant contre balancée par un secteur dans lequel nous sommes passés No 1 mondial : l’assistanat. On ne peut pas être No 1 partout !!!

  • Ces incompétents nous preparent depuis des années à des coupures massives d’électricité, aggravées par le fait qu’on depende grandement duCovid gaz russe et des humeurs de M. Poutine.
    par ailleurs, les réacteurs de nos sous marine nucléaires ne sont-ils pas des SMR fiables, compacts et puissants, avec des risques très maîtrisés?

    • Cela dit, quand poutine tiendra macron par les c****les devrait améliorer significativement la politique de notre pays…

  • Mais pas avec des ministres qui ne comprennent rien à ce qu’ils sont censés diriger.

    Pas étonnant pour une blonde …
    Macron l’a « bien » choisie 😉

  • Un point que je ne comprends pas très bien, si quelqu’un a les compétences : il me semble que la France a déjà une technologie de SMR, qui est utilisée au sein de notre flotte nucléaire – que je sache, ce n’est pas un EPR qui alimente le Charles de Gaulle ou l’ensemble des sous-marins nucléaires d’attaque.
    Qu’est-ce qui rendrait l’adaptation de cette technologie pour la production d’électricité civile tellement complexe ?

    D’autre part, on a lancé il y a près de 20 ans la construction d’un nouveau réacteur nucléaire, l’EPR de Flamanville. C’était le premier réacteur construit en France après une pause de 30 ans, il a fallu réapprendre bon nombre de choses qui étaient devenues triviales lors de la construction du parc actuel.
    Toutes ces leçons, si une nouvelle construction n’est pas lancée très vite, elles vont se reperdre et rendre une éventuelle future construction inenvisageable, parce-qu’on ne saura pas le refaire (ou alors il faudra encore une fois tout réapprendre, ce qui va encore une fois faire exploser les coûts…).

    Bref, pour paraphraser une personalité qui se voudrait de premier plan… pour sortir la France de l’ornière il faudrait peut-être plus d’ingénieurs aux commandes, et moins de femmes qui jettent des sorts…

    • Les SMR des sous marins ne fournissent pas assez de puissance pour un usage commercial. De plus, ils sont chers car leur utilisation est militaire et non civil.
      On a perdu la technologie pour fabriquer des EPR et malheureusement, on n’arrive toujours pas à la maîtriser.
      La seule chose qui peut nous en sortir est effectivement une incantation de S. Rousseau mais elle ne veut pas la faire…

  • la difficulté aujourd’hui pour le nucléaire français, c’est la destruction de l’industrie française.
    Difficile de faire quelque chose d’aussi pointu, sans un tissu industriel suffisant (et ce n’est plus le cas).

  • Est-ce qu’il est permis à un libéral comme moi d’être opposé au nucléaire? Pourquoi un libéral devrait être obligatoirement en faveur du nucléaire?
    Je constate dans les milieux libéraux (mais aussi chez certains conservateurs de droite) un mouvement moutonnier pro-nucléaire. A telle enseigne qu’aujourd’hui, être anti-nucléaire c’est être gauchiste, et être pro-nucléaire, c’est être de droite. Existe possible d’avoir une opinion divergente dans les milieux les plus « éclairés ».

    Un libéral non seulement doit refusé tout compromis qui pourrait mettre en jeu sa liberté – sur ce point je pense que tout le monde sera d’accord – mais aussi écarter tout menace potentiellement létale qui pourrait mettre en danger sa santé; sans quoi sa liberté serait vaine car elle pourrait s’éteindre avec lui dans la tombe.

    • En principe les libéraux ont pour conviction la liberté de choix. Mais quand il est soumis a un choix, tout libéral pèse aussi le pour et le contre . Son choix est rarement le fruit du hasard.

      En ce qui concerne l’énergie, le poids des avantages technico-économiques du nucléaire est tel qu’il n’est pas étonnant qu’il fasse la quasi unanimité. Même chez les écolos, ceux qui ont encore quelques neurones en état de marche y sont favorables (jancovici, waechter…)

      Les gens défavorables au nucléaire sont généralement endoctrinés dans des mouvements sectaires, c’est pas le genre de mouvements plébiscités par les libéraux.

      Mais vous êtes libres d’être contre. Il y a quelques arguments défendables.

  • Ni nucléaire, ni transition énergétique. Vive le charbon!

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