Impôts : pas de diminution durant la présidence Macron

Screenshot 2021-06-07 at 15-45-33 ChangeNOW 2021 Message du Président Emmanuel Macron - YouTube — Elysée on Youtube,

S’il y a eu des baisses d’impôts sous la présidence Macron, la dette va engendrer de fait une hausse des impôts.

Par Claude Goudron.

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé dernièrement :

Cette baisse des impôts, elle s’est traduite par la plus forte baisse d’impôts sur les ménages et sur les entreprises depuis vingt ans, 50 milliards d’euros de baisses d’impôts en cinq ans.

Si on prend les chiffres bruts il a apparemment raison puisque la baisse d’impôt est de l’ordre de 22 milliards pour les ménages et 28 milliards pour les entreprises.

Quelles sont ces baisses d’impôt ?

Pour les ménages il s’agit principalement de la diminution de la taxe d’habitation réalisée partiellement et de celle de la deuxième tranche du barème de l’impôt sur le revenu qui passe de 14 % à 11 %.

Pour les entreprises il s’agit principalement de la baisse des impôts dits de production (10 milliards pour 2021) et du taux de l’IS (impôt sur les sociétés) qui passera à 26,5 % en 2021.

Attention, il s’agit d’une baisse sur le quinquennat et donc de… 10 milliards par an.

Le calcul a-t-il été bien fait ?

Pour les dettes d’aujourd’hui oui, mais les emprunts d’aujourd’hui ne sont-ils pas les impôts de demain ?

Le 11 octobre 2020, lors du Grand Jury Le Figaro, même François Hollande l’a rappelé et les journalistes ont baptisé cette évidence « le Théorème de Hollande », en fait une théorie attribuée à l’économiste anglais David Ricardo.

Il convient donc de réintégrer dans ce calcul l’augmentation des dettes sur cette période.

Prenons donc l’évolution de l’endettement du pays sur ce quinquennat. Le chiffre est effrayant, il s’agit de pas moins de 600 milliards d’augmentation en prenant en compte la projection du gouvernement jusqu’à la fin de son mandat qui frôlera les 3000 milliards de dette.

C’est une information d’Éric Ciotti sur BFMTV le 2 octobre 2021 et confirmée par les deux journalistes qui l’interviewaient, Jean-Baptiste Boursier et Céline Pitelet en y intégrant les propres projections du gouvernement d’ici la fin du quinquennat.

Alors baisse ou hausse des impôts ?

En se satisfaisant d’un simple calcul, entre augmentations des impôts à venir dues à un endettement non maîtrisé et baisse des impôts, le bilan est très négatif : c’est finalement une hausse d’impôt de 550 milliards (600 – 50)

Je comprends qu’avec l’événement exceptionnel de la crise sanitaire nous puissions soustraire de cette somme les 424 millards générés par le quoi qu’il en coûte, même s’il a été un peu trop généreux à mon goût.

C’est tout de même un bilan qui reste très en défaveur de notre gouvernement, car en dehors de cette situation liée au covid il s’agit d’un endettement et donc en réalité d’une augmentation d’impôts de 126 milliards dont j’espère, mais j’en doute, qu’ils ne seront pas transmis aux générations futures.

Et ce n’est pas fini

En cumulant l’ensemble des dettes de la France (dettes d’État, dette sociale, cautionnement divers, dettes des entreprises et des particuliers) nous arrivons à ce jour au chiffre astronomique de bientôt 10 000 milliards, soit quatre fois le PIB annuel du pays.

Ce surendettement étant affiché, le moment où les créanciers nous couperont les vivres n’est pas à exclure et il peut intervenir rapidement.

Deux phénomènes viendront aggraver encore la situation.

La montée des taux d’intérêt

En effet l’inflation n’a pas disparu d’un coup de baguette magique. Elle pointe son nez et donne des sueurs froides à la BCE et à nos dirigeants.

L’association Europe Finances Régulation estime que sur dix ans, en valeur actualisée de 2017, une hausse d’un point de taux générerait une dépense supplémentaire de 260 milliards, nouvelle dette et intérêts compris, soit 26 milliards par an.

La lutte contre le réchauffement climatique

Selon Bruno Le Maire, le coût serait de 1000 dollars par habitant et par an, soit environ 2000 milliards jusqu’en 2050.

La dette : une drogue addictive

On pourrait rétorquer que cet hyper endettement n’est pas grave, les taux d’intérêts étant très bas (jusqu’à quand ?) et qu’avec les taux négatifs, qui le sont de moins en moins, on pourrait même s’enrichir.

C’est oublier un tout petit détail : il ne faut pas rembourser seulement les intérêts mais également le capital. Je me vois mal aller voir mon banquier pour lui dire qu’en m’endettant à hauteur de 4 millions je respecterais le seuil de 33 % de mes revenus.

Certains, y compris ceux se prétendant économistes, ont trouvé la solution : il ne faut pas rembourser pas ses dettes.

Conclusion

Par lâcheté et égoïsme, la France a occulté son avenir et voit sa jeunesse paniquer. En effet, selon une étude de The Lancet 75 % d’un échantillon de 10 000 jeunes de dix pays différents estiment son avenir effrayant.

Ce résultat donne à réfléchir. Il n’est pas uniquement dû à notre endettement, mais celui-ci est le déclencheur de toutes les autres peurs.

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