CIGEO : perturbations autour de l’enfouissement des déchets nucléaires

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Il est inadmissible que les discussions soient mises à mal sur des questions d’avenir comme l’enfouissement des déchets nucléaires avec CIGEO .

Par Sébastien Richet.

CIGEO, situé dans le petit village de Bure, dont il a permis, au passage, la reconstruction, se propose de stocker en profondeur, dans une argile stable depuis plus de 100 millions d’années, les déchets nucléaires de longue vie, mais peu radioactifs (le gros du volume) et les déchets nucléaires vitrifiés (les plus actifs dont le volume est, par définition, petit – 5 g par personne et par an en France).

Pour sa déclaration d’utilité publique, CIGEO passe par un rapporteur de l’État qui organise des réunions d’information dans les villes et les villages proches du site.

C’est un processus normal, prévu par la loi, qui garantit une information adéquate des populations potentiellement concernées. C’est surtout un processus démocratique.

Perturbations de réunions d’information sur CIGEO

Or, une petite minorité d’individus venus d’ailleurs ont décidé de rendre impossibles ces réunions, rendant de fait également impossible la mise en œuvre du processus démocratique (fondé sur la majorité des personnes présentes). Ces personnes présentes se sont déplacées pour apprendre et comprendre, elles ont fait un effort d’accès à la connaissance qui est tout à leur honneur. Cet effort est mis à mal par des énergumènes qui représentent des organisations dites écologistes, lesquelles sont opposées au projet, car il donnerait raison aux tenants de l’énergie nucléaire en prouvant qu’il existe une solution pour tous les déchets induits par cette activité.

Il est hallucinant que le rapporteur ait dû quitter la salle alors que la maréchaussée prenait le relais pour évacuer les lieux, au lieu de pouvoir procéder à la diffusion de l’information que le public attendait, comme cela est prévu par la loi.

L’enfouissement des déchets nucléaires

Pour mémoire, une partie des déchets en question est issue des premières centrales nucléaires françaises d’une autre conception que les centrales actuelles. Ces déchets seront infiniment plus sécurisés en profondeur qu’en surface comme actuellement. Il s’agit essentiellement de chemises en graphite des centrales dites UNGG (Uranium Naturel Graphite Gaz) démarrées dans les années 1950 jusqu’au début des années 1970. Ensuite, ce sont des boues bituminées qui constituent la majeure partie de ces déchets qui rejoindront le site. L’ensemble de ces déchets est de faible et moyenne activité, ils n’émettent pas beaucoup de radiations.

L’autre partie (7 fois moins importante en volume) est constituée des produits de fission vitrifiés (c’est-à-dire mélangés à un verre similaire à un verre volcanique qui a prouvé sa résistance au temps et aux éléments) à Marcoule puis à La Hague. Ce sont des colis très actifs au début de leur stockage qui émettent de la chaleur qui doit diffuser. Ils seront positionnés en arêtes de poisson pour répartir la charge thermique.

Pour mémoire, l’ensemble des déchets mis en œuvre dans le projet CIGEO correspond à 3 % des déchets nucléaires, l’immense majorité étant stockée en surface, car de vie suffisamment courte. Ils seront ainsi mis en surveillance passive efficace.

Il est inadmissible que les discussions sur des questions d’avenir telles que celle-ci soient mises à mal.

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