CIGEO : perturbations autour de l’enfouissement des déchets nucléaires

Il est inadmissible que les discussions soient mises à mal sur des questions d’avenir comme l’enfouissement des déchets nucléaires avec CIGEO .

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Photo by Dan Meyers 1 on Unsplash https://unsplash.com/photos/xXbQIrWH2_A

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

CIGEO : perturbations autour de l’enfouissement des déchets nucléaires

Publié le 26 septembre 2021
- A +

Par Sébastien Richet.

CIGEO, situé dans le petit village de Bure, dont il a permis, au passage, la reconstruction, se propose de stocker en profondeur, dans une argile stable depuis plus de 100 millions d’années, les déchets nucléaires de longue vie, mais peu radioactifs (le gros du volume) et les déchets nucléaires vitrifiés (les plus actifs dont le volume est, par définition, petit – 5 g par personne et par an en France).

Pour sa déclaration d’utilité publique, CIGEO passe par un rapporteur de l’État qui organise des réunions d’information dans les villes et les villages proches du site.

C’est un processus normal, prévu par la loi, qui garantit une information adéquate des populations potentiellement concernées. C’est surtout un processus démocratique.

Perturbations de réunions d’information sur CIGEO

Or, une petite minorité d’individus venus d’ailleurs ont décidé de rendre impossibles ces réunions, rendant de fait également impossible la mise en œuvre du processus démocratique (fondé sur la majorité des personnes présentes). Ces personnes présentes se sont déplacées pour apprendre et comprendre, elles ont fait un effort d’accès à la connaissance qui est tout à leur honneur. Cet effort est mis à mal par des énergumènes qui représentent des organisations dites écologistes, lesquelles sont opposées au projet, car il donnerait raison aux tenants de l’énergie nucléaire en prouvant qu’il existe une solution pour tous les déchets induits par cette activité.

Il est hallucinant que le rapporteur ait dû quitter la salle alors que la maréchaussée prenait le relais pour évacuer les lieux, au lieu de pouvoir procéder à la diffusion de l’information que le public attendait, comme cela est prévu par la loi.

L’enfouissement des déchets nucléaires

Pour mémoire, une partie des déchets en question est issue des premières centrales nucléaires françaises d’une autre conception que les centrales actuelles. Ces déchets seront infiniment plus sécurisés en profondeur qu’en surface comme actuellement. Il s’agit essentiellement de chemises en graphite des centrales dites UNGG (Uranium Naturel Graphite Gaz) démarrées dans les années 1950 jusqu’au début des années 1970. Ensuite, ce sont des boues bituminées qui constituent la majeure partie de ces déchets qui rejoindront le site. L’ensemble de ces déchets est de faible et moyenne activité, ils n’émettent pas beaucoup de radiations.

L’autre partie (7 fois moins importante en volume) est constituée des produits de fission vitrifiés (c’est-à-dire mélangés à un verre similaire à un verre volcanique qui a prouvé sa résistance au temps et aux éléments) à Marcoule puis à La Hague. Ce sont des colis très actifs au début de leur stockage qui émettent de la chaleur qui doit diffuser. Ils seront positionnés en arêtes de poisson pour répartir la charge thermique.

Pour mémoire, l’ensemble des déchets mis en œuvre dans le projet CIGEO correspond à 3 % des déchets nucléaires, l’immense majorité étant stockée en surface, car de vie suffisamment courte. Ils seront ainsi mis en surveillance passive efficace.

Il est inadmissible que les discussions sur des questions d’avenir telles que celle-ci soient mises à mal.

Voir les commentaires (14)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (14)
  • Une erreur monumentale de langage il ne s’agit ni d’enfouissement ni d’enterrement, comme un chat qui cache sa crotte, mais de stockage dans des galeries situées à grandes profondeurs avec une couche d’argile isolante au-dessus. Ceci est beaucoup plus rassurant pour les profanes.

    • rassurer..on peut rassurer en mentant. si on se place dans une situation où la peur des autres doit être prise en compte et même a un rôle décisif.. alors le risque de « perdre » est grand..

      c’est plutôt qu’ avez vous de concret pour m’interdire?

    • c est pourtant bien cacher la merde sous le tapis !
      Car s il y a un probleme, qui ira chercher des dechets enfouis sous terre ?
      regardez ce qui c est passe en alsace avec stockamine (dechet chimique enterre dans d anciennes mines. les futs s oxydent mais trop cher/dnageruex d aller les chercher)

      • Il y a une différence notoire entre les déchets nucléaires et chimiques ultimes:

        Les premiers disparaissent tous seuls dans le temps en suivant une loi de décroissance exponentielle, sont incorporés dans une matrice de verre elle même incorporée dans une couche géologique d’argilite étanche, ce qui fait qu’on est quasiment certain qu’ils n’emmerderont jamais personne.

        Les seconds sont généralement stockés n’importe comment, ne vieillissent pas (seront toujours la dans 1 million d’années, prets a tuer comme au premier jour), et on est quasiment certain pour ces derniers qu’ils se disperseront tôt ou tard dans la nature.

        Question:
        pourquoi les écolos nous bassinent sans arrêt avec les premiers et parlent plus rarement des seconds?

  • A priori l’état est complice, lui même est anti nucléaire (total est très généreux) , l’ue est aussi anti nucléaire (y a plus d’argent à se faire sans le nucléaire) . Ces « énergumènes » sont donc intouchables. Une idée de ce que font de leurs déchets le Japon et les usa et pour la Chine, elle a des problèmes avec ça ?

  • Je précise les pays d’Europe ayant déjà des stockages profonds: Royaume-Uni, Espagne, France, Suède et Finlande. L’Allemagne en a aussi. Voir le site: https://www.forumnucleaire.be/theme/contr%C3%B4le-et-gestion-des-d%C3%A9chets-nucl%C3%A9aires/gestion-des-d%C3%A9chets-radioactifs-dans-le-monde

  • les questions sont
    * à qui est le sous sol..?

    et 7
    * quelle preuve y a t-il de la nocivité éventuelle tant en niveau qu’en durée…?

    dès lors.

    si le sous sol est à l’état…alors la décision est politique..donc idéologique..donc n’a rien à voir avec la rationalité. « la compétence de l’etat est un non sens »..et en fait hors sujet..

    mais si le sous sol est à l’état on se demande bien quelle mascarade est jouée lors de ces meutingues.

    quant à la nocivité..et aux périodes de temps…si on estime qu’on a des éléments pour interdire ici..que ne peut on pas interdire?

    • poltique..donc..gesticulations..et tentatives de convaincre plutôt que de prouver..

    • Juridiquement le sous sol est au propriétaire du terrain. Plus exactement vous avez un cône jusqu’au centre de la terre. Mais précision importante, s’il y a qqch de valeur dans votre sous sol, quoi que ce soit, ce n’est pas à vous.
      Cela s’applique aux gisements, sources, trésors, minerais etc (liste non exhaustive car peut être allongée en fonction de la situation).
      Donc légalement, si l’état veut mettre des déchets nucléaires dans votre sous sol, pourvu qu’il ait des caractéristiques particulières qui lui donne de la valeur pour cet usage, c’est possible.

  • Surtout que la majeure partie des déchets des centrales de première génération pourraient être brûlés dans des centrales nucléaires à neutrons rapides en produisant des quantités d’électricité gigantesques.
    En plus il faut bien savoir que plus la demi vie des éléments radioactifs est longue plus leur radioactivité est faible et inversement.

  • autant je suis d accord qu il est inacceptable qu une minorité use de violence pour faire passer ses vues (que ca soit les ecolos ou la FNSEA dans un autre contexte), autant je trouve l auteur gonflé quand il dit que enterrer les dechets c est la solution !
    C est au contraire l aveu qu on a pas de solution car on a des dechets dont on ne sait que faire, qui sont dangereux et qui le resteront des milliers d annees
    Comme on sait pas qu en faire, on creuse un trou et on les met dedans (j exagere un peu mais c est ca l idee)
    Il est evident qu une fois ces dechets dangereux enfouis en profondeur on sera incapable d aller les chercher en cas de probleme (ou meme si on trouve dans 200 ans une solution).
    Si c etait absolument sans danger, on les aurait enfoui sous Paris, il y a plein de galeries deja creusées qui ne servent a rien, pourquoi se casser la tete a en creuser dans la cambrousse !

    • @ CD
      Non pas sous paris, car il faut une roche spécifique qui s’appelle l’argilite . Je ne pense pas qu’il y en ait sous paris

    • Des milliers d’années, ce n’est pas tant que ça à l’échelle géologique. Imaginez que les gisements de gaz (oui, du gaz, plutôt volatile donc) sont là depuis des dizaines de millions d’années.
      Remarque: ces déchets contiennent des radioéléments intéressants, c’est loin d’être impossible que dans 200 ans on ne soit pas près à dépenser beaucoup pour aller les récupérer. Un argument favorable au stockage en surface (encore plus dangereux?)

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Les dernières discussions au Sénat ont « sauvé » l’objectif de 50 % de nucléaire… par rapport à un abandon pur et simple, évidemment. Cela a-t-il un sens ?

Lors des différentes consultations publiques, de nombreuses interventions, tant d’experts, de sociétés savantes et de simples citoyens ont posé la question :

« À quoi ça sert de baisser le nucléaire à 50 % et de le remplacer par des énergies renouvelables ? »

Invariablement, l’élément de langage utilisé pour la réponse de la part des autorités techniques et politiques ... Poursuivre la lecture

Permettez-moi cette courte prise de parole !

Il y va en effet de la fierté nationale comme on a pu la connaître du temps de nos mirages ou de notre TGV.

De quoi s’agit-il ?

Tout simplement, il s’agit de l‘autoflagellation, habitude quasi sempiternelle de nous autres Français, qui savons reconnaître nos erreurs mais ne savons pas ou plus reconnaître nos réussites, particulièrement dans le domaine technique !

 

Le problème des soudures à l'EPR de Flamanville

Face à une série de calamités dans les soudures... Poursuivre la lecture

On trouvera ci-après le sommaire compte rendu de l’audition, mardi dernier, du président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) par la commission parlementaire constituée à l’initiative du député Schellenberger. Après en avoir pris connaissance, il est vivement recommandé de lire l’article publié dans Telos rédigé le 26 novembre 2021 par Dominique Finon et Dominique Grenèche, deux experts nucléaires depuis longtemps sensibilisés aux problématiques évoquées lors de cette audition.

On y découvrira la remarquable mise en garde développan... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles