Hidalgo : le baroud d’honneur socialiste

Après sa gestion critiquable de Paris, Anne Hidalgo cherche à gouverner la France. Un baroud d’honneur des socialistes français.

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anne hidalgo by Jacques Paquier (CC BY 2.0)

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Hidalgo : le baroud d’honneur socialiste

Publié le 17 septembre 2021
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Par Jonathan Flickert.

Comme partout en Europe, l’Espagne a connu ses propres noblesses. En Castille en particulier, elles se sont constituées en revendiquant l’héritage de la Reconquista. Divisée en plusieurs niveaux, le moins prestigieux était accessible sur simple témoignage aisément falsifiable.

Au XVIe siècle, l’élargissement des conditions d’accès à toute personne mariée avec plusieurs enfants achèvera le peu de prestige de cette caste. En espagnol, cette petite noblesse porte le nom désormais célèbre d’hidalgo, contraction de « hijo de algo », « fils de quelqu’un ».

Difficile de ne pas faire de rapprochement avec l’actuelle maire de Paris, qui a annoncé sa candidature à la présidence de la République le 12 septembre dernier. De l’autre côté des Pyrénées, on observe de près les débuts de la campagne de la native de San Fernando, en Andalousie, où l’édile revient chaque année.

Si sa candidature a été applaudie par plusieurs membres du gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, tel n’a pas été le cas dans l’Hexagone.

En effet, après sa gestion critiquable de Paris, Anne Hidalgo semble se préparer à faire de même avec la France.

Une France plus juste ?

L’épopée macronienne a donné des ailes même aux moins attendus.

Si les regards sont focalisés depuis plusieurs mois maintenant sur la candidature d’un Éric Zemmour ambitionnant d’incarner un trumpisme français et parvenu à doubler ses intentions de vote depuis juin, le nombre de candidats à moins de 7 mois d’élection-reine ne cesse d’augmenter.

Au Parti socialiste, après les 6 % de Benoît Hamon en 2017 et des résultats plus que moyens depuis, on peine à cacher l’état d’un parti vidé de ses forces vives par le macronisme.

Une candidate prétend toutefois ressusciter le Parti socialiste, à savoir Anne Hidalgo, souhaitant « construire une France plus juste et plus forte », oubliant que pour y parvenir, la priorité serait de la sortir de l’idéologie antédiluvienne dans laquelle elle semble vouloir la maintenir.

Cela n’empêche pas la maire de Paris d’avoir annoncé sa candidature dimanche dernier à Rouen, ville-phare de l’industrie portuaire, comme pour illustrer une volonté de « déparisianiser » l’image de la candidate, mais pas trop, Rouen se situant à moins de 150 km de la capitale.

Opération déparisianisation

Ce 12 septembre, après avoir rencontré des dockers puis des enseignants, Anne Hidalgo a rejoint les studios du 20 h de France 2. Un sprint médiatique destiné à compenser un manque de notoriété à l’extérieur du périphérique parisien.

Pour cause, ses soutiens se préparent à écumer l’Hexagone pour « aller au charbon », selon les mots de la maire de Rennes Nathalie Appéré, soutien de la candidate.

Seulement, « n’est pas Chirac qui veut », comme le titrait samedi le journal L’Alsace. Là où l’ancien président de la République décédé il y a bientôt deux ans avait utilisé la capitale comme tremplin présidentiel, difficile d’envisager une carrière similaire pour l’édile socialiste.

Pour s’en convaincre, il suffit d’interroger les principaux experts du sujet. Les habitants de la capitale qui pratiquent l’Hidalgo depuis maintenant plus de 7 ans, évoquent évidemment une ville plus verte, mais aussi plus sale.

En quelques décennies, Paris est passé de la Ville lumière à la Ville verte : verte comme des velibs, verte comme la Seine dans laquelle Jacques Chirac avait promis de se baigner il y a 30 ans ou les barrières de chantiers qui jalonnent la ville depuis 10 ans de plus, mais surtout verte comme les poubelles éventrées sur les trottoirs.

Et si Anne Hidalgo ne va évidemment par parisianiser la France, ses premières propositions sont loin d’être rassurantes.

Une proposition à 50 milliards d’euros

Et la première d’entre elles annonce la couleur, puisque la candidate propose ni plus ni moins que de doubler le traitement des enseignants. Pour rappel, le traitement brut moyen – et j’insiste sur le « moyen » – d’un enseignant titulaire varie entre 2100 et 2900 euros bruts selon Libération. Doubler leur salaire revient donc à les payer entre 4000 et 6000 euros par mois et à faire peser sur les finances publiques un surcoût de 50 milliards d’euros par an sans tenir compte de l’inflation, laquelle aurait tendance naturellement à augmenter la note. De quoi rappeler l’état des finances publiques parisiennes dont la dette a atteint l’an dernier un niveau record.

Difficile de comprendre l’intérêt d’une telle mesure si on ne fait pas un peu de psychologie électorale.

Faire le buzz

Une étude du Cevipof sortie cette année nous indique qu’Anne Hidalgo recueillerait 15 % du vote des enseignants, soit le double de ses intentions de vote dans l’ensemble de la population.

Difficile donc de voir dans la proposition-choc formulée dimanche autre chose qu’une mesure catégorielle destinée à masquer l’incapacité des partis traditionnels à élargir leur base électorale en dehors de leur cœur de cible. La droite n’est pas en reste, son électorat se limitant désormais aux retraités. De quoi rappeler la dérive d’une démocratie limitée à un terrain de lutte d’intérêts catégoriels.

Mais plus encore, l’effet de cette mesure sur l’opinion n’est pas sans rappeler les fameux 75 % d’imposition sur les revenus supérieurs à un million d’euros proposés en 2012 par François Hollande. Une mesure qui avait fait dire au tout jeune Emmanuel Macron que cette mesure s’apparentait à « Cuba sans le soleil » avant qu’elle ne soit retoquée par le Conseil constitutionnel.

Parler de doubler le salaire des enseignants, c’est marquer l’opinion par quelque chose de caricatural et de simple pour illustrer son positionnement tout en évitant la complexité d’une véritable réforme de l’éducation.

Éviter la faillite

Anne Hidalgo le sait : elle ne saurait mobiliser ailleurs que dans l’électorat dit bobo déjà dispersé entre les communistes, les insoumis et les écologistes. Trois formations d’ores et déjà en piste pour l’élection présidentielle.

Plus qu’une candidature à l’Élysée, la candidature Hidalgo est une candidature de sauvetage d’un Parti socialiste au bord de la faillite. En 2017, l’ex-parti présidentiel était passé à moins de 500 000 voix de ne pas être remboursé de ses frais de campagne, alors qu’il tutoyait les 30 % au scrutin précédent.

Avec ses 7 % d’intentions de vote, soit moins d’un point de plus que Benoît Hamon en 2017, on peine à voir la pertinence de la manœuvre.

Après sa gestion critiquable de Paris, Anne Hidalgo a donc pour curieuse mission d’éviter le même sort à son parti en s’acharnant à faire de même avec le pays. Un de ces étranges numéros d’équilibristes auxquels les socialistes nous ont habitués.

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  • je dois avouer qu’hidalgo n’a pas les mimiques et expressions faciales des ideologues verts .. ça ressemble à une pure carriériste.. et elle doit être accessible à la réalité contrairement à un idéologue , je pense qu’elle fuit paris..

  • Franchou le vichyste et Flamby ont déclassé la France pour longtemps et ça l’électeur le sait et Soeur Anne qui distribue nos impôts à tous vents ne résoud rien avec ses slogans vides.

  • Bon je le fais en premier : sa gestion de Paris n’est pas criticable, elle est désastreuse.

    Il existe une notion de crile contre l’humanité, il faudrait pour les gens comme Hidalgo qui ruinent la vie quatidienne de millions de personne inventer une notion de « délit contre l’humanité ».

  • Si l’on peut avoir des doutes sur un réchauffement climatique anthropique nous n’en n’aurons aucun sur un réchauffement démagogique socialo anthropique…

  • « doubler le traitement des enseignants »
    Comme il faut verrouiller les votes des fonctionnaires déjà acquis au socialisme, c’est un bon début! Bien que les promesses n’engagent que ceux qui les croient! Et vous verrez qu’au fil des mois qui restent, d’autres catégories de personnels émargeant aux frais des contribuables se verront promettre monts et merveilles en salaires et avantages « zaquis » afin de s’assurer un confortable matelas de votants favorables hypnotisés!
    Mais je ne crois pas qu’elle soit idiote, elle a plutôt compris qu’avec les tombereaux d’argent magique déversé depuis deux ans, la valeur de l’Euros sera déjà divisée par deux ( au moins) et qu’il faudra bien promettre une compensation permettant de conserver le pouvoir d’achat! Et comme ça se fera avec de l’argent qui n’existe pas ( dette) le cercle vicieux sera bouclé!
    CPEF

  • J’ai deux observations sur cette excellente analyse:

    « …un parti vidé de ses forces vives par le macronisme? » Ce n’est que partiellement vrai. Le parti s’est aussi vidé par la sortie de nombre de ténors et de militants de la vie politique, ou par le repli dans la vie locale.

    « la candidature Hidalgo est une candidature de sauvetage d’un Parti socialiste au bord de la faillite »? Comme c’est parti, cela risque d’être le dernier clou dans le cercueil.

  • Doubler le salaire des enseignants, soit, ca ne coute rien c’est l’ état qui paye. Mais ceux qui n’enseignent pas ne vont rien réclamer?
    Ca me fait penser aux 35h : Martine Aubry avertisseurs au départ que cela ne concernait pas les fonctionnaires. Ils ont levé le doigt et dit » et nous, alors » .

  • « Les socialistes s’en vont une fois qu’ils ont dépensé tout notre argent » Margaret Thatcher

  • Il n’y a aucune gestion critiquable de Paris : Anne Hidalgo a été réélue haut la main. Ce qui prouve que la France aime vivre dans les déjections canines, la crasse, les transports en commun pour sans dents et la dette pour leurs enfants.
    Comme tout bon socialiste qui se respecte, choyer les électeurs fonctionnaires est le B. A. BA de la campagne. Ces derniers sont prêts à tout pour ne rien faire (si cela est encore possible) et augmenter leur salaire au dépend des autres.
    Je propose à tous les travailleurs du privé de démissionner et se mettre au RSA. Avec un peu de travail au noir, ils gagneront autant et ne payeront pas d’impôt. C’est le rêve du socialisme depuis Mitterrand sont le seul regret ( je le cite) est de ne pas avoir réussi à éradiquer la bourgeoisie du peuple de France.
    Anne Hidalgo est une purée socialiste comme les autres : distribuer l’argent des autres mais pas le sien.

    • 29 % des voix au premier tour avec un taux d’abstention à 57 %, je n’appelle pas ça être réélue haut la main.
      C’est d’une part une utilisation du vote par arrondissements et d’autre part un coup de pot lié au Covid.

      • Elle a été élue malgré un mauvais bilan. Il n’y a malheureusement que ça qui compte.

        Du fait de son étiquette PS, elle bénéficie de la bienveillance des médias. Sa candidature a donc toutes ses chances tel Macron qui était le chouchou de 2017. Si elle ne fait pas trop de vagues c’est la future présidente.

        • Je serai assez favorable à un quorum pour les élections. En dessous d’un certain seuil, l’élection n’est pas valide (rêvons un peu !).
          Concernant 2017, certes Macron a eu la faveur des médias. Il a aussi eu la chance de voir l’archi-favori de l’élection imploser du fait de ses déboires judiciaires. Et il s’en est fallu de peu (1,5 point) que Fillon arrive au second tour.
          Pas sûr que cette fois encore un candidat soit la cible du PNF.

        • Elle a autant de chance d’être élue que de s’envoler en battant des bras.

  • Pour rappel, elle a promis durant sa campagne qu’elle ne serait jamais candidate à autre chose.
    Elle a également mis en avant sa gestion saine de la ville (et les journalistes qui ne font pas leur travail ne l’ont pas contredite sur ce point), avant d’expliquer en 2021 que ses marges de manoeuvre étaient extrêmement réduites.
    Et il y des gens pour l’écouter…..

    • son idéologie, c’est le carriérisme, une « gestion saine » c’ets une gestion par hidalgo…

      imaginons une question
      mais mme hidalgo que signifie pour vous une gestion saine?
      ma gestion

      for bien Mme et la dette ?

      elle est raisonnable..
      mais pourquoi?
      plus ce n’est pas sérieux moins c’est déraisonnable..car cela correpond à des investissements judicieux ou des dépenses nécessaires..
      je vois mais le principe d’endettement public c’est à dire faire payer les autres ses dépenses notamment les génération suivantes,?
      etc..

  • Un non évènement indigne de commentaire.

  • Un comparatif Amusant:
    http://www.radjournal.com/hiroshima/hiroshima.htm

    48ans de gouvernance démocrate donne à peu près le même résultat que se prendre une bombe…

  • Hidalgo, le baroud d’honneur socialiste : la poubelle girl va faire la danse du ventre ?

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