Macron n’est pas près de remplacer Merkel à la tête de l’UE

Emmanuel Macron est mal parti pour avoir une aura aussi forte qu’Angela Merkel et l’Allemagne en Europe. Une situation qui risque de ne pas changer avec le successeur de Merkel.

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Angela Merkel BY EU2017 Estonian presidence (CC BY 2.0)

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Macron n’est pas près de remplacer Merkel à la tête de l’UE

Publié le 16 septembre 2021
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Par Alexandre Massaux.

Avec les élections allemandes à la fin de ce mois de septembre, l’ère de la chancelière Merkel va prendre fin. De plus, à partir de janvier 2022 et pour six mois, la France arrive à la tête de l’Union européenne (UE), faisant du président Macron son principal dirigeant.

Néanmoins une récente étude du European Council on Foreign Relations (ECFR) montre qu’Emmanuel Macron est mal parti pour avoir une aura aussi forte qu’Angela Merkel et l’Allemagne en Europe. Une situation qui risque de ne pas changer avec le successeur de Merkel.

Merkel plus populaire que Macron… y compris en France

Dans cette étude, l’opinion publique de 12 pays de l’UE (Allemagne, Autriche, Bulgarie, Danemark, Espagne, France, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal et Suède) a été sondée. À la question « pour qui voterez-vous pour la présidence de l’Europe entre Macron et Merkel ? », la totalité des pays place la seconde en tête.

Même en France, la chancelière allemande aurait un score de 32 % contre 20 % pour Macron. Ironiquement, le pays qui voterait le plus pour le président français avec 24 % (tout en votant à 44 % pour Merkel) est la Hongrie. Et il n’est pas sûr que seuls les opposants du Premier ministre hongrois Orban soient parmi les partisans de Macron.

Il faut rappeler que lors de sa lettre aux Européens en 2019, Macron avait été critiqué par la plupart des dirigeants européens et que l’un des rares soutiens aux initiatives de cette tribune était Viktor Orban.

Inversement, le pays le moins favorable à une présidence de l’UE pour Macron avec 6 % est les Pays-Bas. Une opposition néerlandaise liée aux questions budgétaires et à la position de membre (et porte-parole) des Frugal Four ?

On constatera que la cote de popularité de Merkel varie entre les pro-européens (48 %) et eurosceptiques (31 %). Ce qui est beaucoup moins le cas avec celle de Macron (entre 18 et 12 %). C’est un échec pour celui qui voulait incarner le sentiment pro-européen.

L’Allemagne reste le cœur des intérêts des pays européens

L’importance donnée au dirigeant de l’Allemagne n’est pas uniquement liée à la personnalité de Merkel. Elle a un sens plus profond. Le pays est vu, toujours selon cette étude, comme le garant des intérêts des pays européens.

Au niveau économique, plusieurs pays considèrent que l’Allemagne fait du bon travail en la matière : la Hongrie domine avec 50 %, suivie par l’Espagne (45 %), du Portugal (44 %), de la Bulgarie (44 %) et des Pays-Bas (43 %).

De la même manière, plusieurs pays voient aussi l’Allemagne comme jouant un rôle important dans la défense des valeurs démocratiques. Ironiquement, la Hongrie est le pays qui lui fait le plus confiance avec 49 %. Elle est suivie par les Pays-Bas (45 %), l’Espagne (43 %) et le Portugal (41 %).

Avec ces scores, il faut voir le succès de la diplomatie allemande qui a cherché à entretenir de bonnes relations avec ses voisins. La volonté de Berlin d’éviter l’escalade des tensions politiques a renforcé sa place dominante en Europe.

Société civile allemande contre État français

La principale force de l’Allemagne est sa société civile et son industrie. Le gouvernement allemand fait en sorte que l’activité économique de ses entreprises ne soit pas gênée leur permettant ainsi de se développer dans le reste de l’UE et au-delà. L’Ostpolitik vis-à-vis du groupe de Visegrad et de la Russie est motivée par des considérations économiques avant d’être politiques. Cette posture n’est pas sans poser des problèmes comme le montrent les polémiques entourant le gazoduc Nord Stream 2. Néanmoins, elle permet à Berlin de discuter avec tout le monde.

Inversement, la politique française domine le milieu économique amenant une approche plus centralisée que l’Allemagne. Une telle approche pouvant être source de réticences pour des pays souhaitant avant tout des échanges économiques.

En cela, peu importe qui prendra la succession de Merkel, la suprématie politique allemande risque de continuer. Si la France veut concurrencer son voisin, ses dirigeants devront réapprendre l’humilité et éviter de chercher à imposer leurs grands projets. La France aurait tout intérêt à jouer une carte de médiateur dans les affaires européennes.

Voir les commentaires (9)

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  • de l’humilité ? avec macron ? ce prétentieux personnage en est bien incapable ;

  • La France n’a que deux forces : le tourisme (encore que l’amabilité du français n’est pas légendaire) et son armée (depuis que le UK est sorti c’est la seule qui est fonctionnelle) .
    Je n’ose mettre son arrogance (magnifiée par macron) et ses capacités à « péter plus haut que son…  » dans ses qualités.
    A regarder tout le monde de haut du sommet de sa dette je ne vois pas comment elle peut vendre son modèle.

    Ceci dit l’Allemagne est loin d’être parfaite mais elle « passe » désormais car elle a su minimiser, quitte à le camoufler, son impérialisme.

    Au total cette Europe, plus qu’inhomogène, ne vaut pas grand chose à tous les points de vue si ce n’est économiquement en tant que marché, tout en étant, comme l’ensemble de l’occident, dépendante de l’énergie importée et des chinois de plus en plus pour tout ce qui est manufacturé bas de gamme.

    Pas de quoi se réjouir…

  •  » Ich habe das Wort ‘Europa’ immer im Munde derjenigen Politiker gefunden, die von anderen Mächten etwas verlangten, was sie im eigenen Namen nicht zu fordern wagten.  »

    ( J’ai toujours entendu le mot « Europe » sur les lèvres de ces hommes politiques qui demandaient aux autres puissances quelque chose qu’ils n’osaient pas exiger en leur propre nom. )

    Otto von Bismarck, Novembre 1876

  • La principale force de l’Allemagne est.. De ne pas avoir d’armée, juste le nécessaire pour otan, ça fait des milliards de disponible pour autre chose.. Peut être temps de nous séparer de nos armes nucleaires et de cesser d’être un mauvais gendarme pour l’Afrique.

  • « pas près de » ou « pas prêt à », non ?

  • Deutschland uber ales est toujours la devise de l’Allemagne. En France on veut faire la leçon à tout le monde. Quitte à ce que cela pénalise nos rares exportations.
    En Allemagne, les leçons de droits de l’homme envers la Russie ou la Chine passent après les exportations des kolossal wagen et après le gazoduc plus ecolo que le nucléaire. Idem pour l’écologie qui passe après les fermes à 1000 vaches, l’élevage intensif des porcs, l’interdiction des pesticides et autres joyeuseté.
    Et comme il n’y a pas de droits du sol, quand on a assez de l’étranger, on le renvoie chez lui avec femme et enfants.
    Quant aux aides sociales elles sont attribuée en dernier recours après avoir dépensé ses économies (livret bancaire, etc) et conditionnées à l’acceptation d’un travail sous classé et sous payé selon le principe : quand on a faim, on travaille. L’Allemagne subventionne le poste de travail à faible valeur ajoutée et non l’individu chez lui à regarder les matchs de foot.
    Il serait temps de trouver en France un leader politique qui s’occupe de la France avant tout le reste.

    • Juste pour info.
      « Depuis le 1er janvier 2000, la nationalité allemande peut être acquise par la naissance en Allemagne (droit du sol) »
      La suisse est beaucoup plus raisonnable. Pour devenir Suisse c’est plus difficile !

  • Effectivement, il a tout du jeune chiot quand Mme Merkel avait l’expérience et la sagesse.

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