Présidentielles 2022 : votez libéral, votez blanc

Le vote n’est qu’un chèque en blanc fait à des gus à l’ego surdimensionné, c’est l’action de terrain qui permet la solidarité et rend la vie plus douce.

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Présidentielles 2022 : votez libéral, votez blanc

Publié le 24 août 2021
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Par Rafael Guenoun.

Voilà déjà quelques temps que je souhaitais faire un petit billet sur les élections à venir, fatigué que j’étais de parler de COVID. L’opportunité s’est offerte à moi à la lecture de l’article de Pascal Salin, récemment republié sur Contrepoints.

Dans ce dernier, il appelle à l’émergence d’un Parti Libéral, qui viendrait défendre le vrai libéralisme, et non pas le « Libéralisme pour rire », dont parle Emmanuel Todd dans cet échange intéressant (parfois hérissant aussi) avec Barbara Stiegler.

Problème : ce parti existe déjà.

Anciennement Parti Libertarien, récemment rebaptisé Parti Libéral afin de rassembler les tendances libérales en France, il s’agit principalement d’une petit chapelle d’hommes et de femmes bien intentionnés mais – au même titre que la plupart des petits partis – engagés dans une bataille à l’issue bien prévisible, tant les règles électorales françaises tendent à favoriser les partis installés. Le succès de La République d’Emmanuel Macron (parfois En Marche, souvent en ordre dispersé) vient plus d’un fin coup tactique et d’un opportunisme gagnant, à un moment (2017) où les Français souhaitaient du changement.

Par son absence de ligne et de principes clairs, le centre était non seulement détournable, mais assez malléable pour plaire à une grande partie de l’électorat. Une de ses forces étant la recherche de consensus, Emmanuel Macron a réussi à en faire son slogan du « En même temps », qui veut en réalité dire « tout et n’importe quoi » – je ne l’apprends à personne. Un jour, il peut être pro-européen ; l’autre parler de souveraineté nationale, avant de se porter en chantre de l’anti-séparatisme (sorte de laïcité biaisée à l’encontre des musulmans, principalement), puis d’appeler les évêques de France à participer à la vie de la communauté.

Aujourd’hui, il apparaît assez clairement que le centre ne soit plus en odeur de sainteté chez les Français, principalement parce qu’il est associé à Macron. L’UDI et le MoDem ne pèsent plus rien et doivent leur existence soit à leur proximité avec le pouvoir en place pour le second, soit par la contradiction qu’il peut apporter au gouvernement de manière ponctuelle pour le premier.

Reste donc la vieille droite, « Libérale pour rire », et les gauches, « libertaires pour rire », elles. En réalité, toutes deux sont un différent goût de la même glace, l’étatisme. Et, une fois de plus, l’élection sera faite par la minorité la plus forte, qui se déplacera aux urnes bon an, mal an, parce que c’est « leur devoir » de citoyen.

Est-ce pourtant bien notre devoir ? Vis-à-vis de qui ? De la classe politique ? Celle qui gagne car elle reçoit le vote d’une dizaine de pourcent des inscrits et qui a le culot de prétendre qu’elle est donc légitime pour imposer à tous les choix de cette toute petite minorité ? De qui se moquent ces gens ?

La crise démocratique dont nous parlent ces bonimenteurs ne vient pas de l’électorat. Elle ne vient pas d’un refus des élites. Elle vient de la logique même des partis, qui amènent les politiques de tous bords à hystériser les débats, à porter l’attention de leurs bases électorales sur une forme de divertissement politique plutôt que sur des problèmes de fond.

George Washington – déjà ! – avertissait les Américains des dangers de la politique partisane en 1796, à la fin de son dernier mandat. La dernière sortie en date du Président Macron sur le « crop top » est parlante. Voilà un exemple de drague lourde (d’ailleurs, que fait la police anti harcèlement de rue ?!) de la base conservatrice, qui est ravie que le président partage son avis sur un accessoire de mode. Question : est-ce vraiment le job d’un président ? Je vous laisse le soin de deviner ce que j’en pense. En tous les cas, c’est encore un nouveau sujet de divertissement politique qui fait jaser. Tous les partis politiques s’y mettent, et moi-même je me retrouve à en parler tant je suis abasourdi par le fait qu’un T-shirt soit devenu un sujet politique.

Aussi, en prévision de cette élection à coup sûr forte en rebondissements, je vous invite à vous plonger dans l’excellent Plaidoyer pour le Volontarisme d’Auberon Herbert, qui date de plus d’un siècle mais aurait pu avoir été écrit hier. Le tout en espérant que, comme moi, vous en tiriez la leçon que le vote n’est qu’un chèque en blanc fait à des gus à l’ego surdimensionné, et que c’est l’action de terrain, l’entraide dans sa communauté (familiale, amicale, professionnelle, etc.) qui permet la solidarité et rend la vie plus douce, pas un décret gouvernemental ou une loi votée par une infime fraction de la nation au nom de tous.

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  • vote blanc et abstention n’empêche pas des trous du c.. comme macron d’accéder au trône suprême ;

    • a moins d’un facho pastèque ?
      Après tout, grâce au faible déplacement des votants lors des municipales, ils ont réussi à prendre quelques grandes villes…

      • Bah oui, ceux qui sont élus le sont grâce à ceux qui ne votent pas.
        Extraordinaire !

        • En rendant le vote obligatoire, ça permettrait à ceux qui ne votent pas d’être obligé de voter et ainsi les candidats élus ne le seraient plus par ceux qui ne votent pas.
          C’est ma seule solution a l’épineux problème de l’abstention que vous soulevez, qui fait que des gens sont élus par des gens qui ne votent pas, ce qui doit cesser ! Non mais .

          • Ma solution c’est que les votes nuls et les absentions soient comptés comme des votes blancs et qu’en cas de majorité de vote blancs tous les candidats deviennent inéligibles à vie et on refait des élections. En attendant, le président reste en place avec des pouvoirs extrêmement limités à celui de chef des armées. Les députés n’ont plus le droit de voter des lois. Ils ne peuvent que les abroger. Tout déficit est alors strictement interdit.

            • nos « zélus » ne scieront jamais la branche sur laquelle ils sont confortablement assis, hélas…

            • Il me semble qu’en Belgique ils ont eu quelques soucis qui les ont privés de gouvernement pendant un certain temps. Le pays fonctionnait mieux pendant cette période…

              • @Hervé

                La Belgique est un état fédéral, les trois gouvernements régionaux, dotés de pouvoirs étendus, ont continué à fonctionner lors des crises, tandis que le gouvernement fédéral est passé « en affaires courantes », ce qui entraîne un certain nombre de limitations de ses pouvoirs , mais nullement l’absence de gouvernement.

                J’entends et lis souvent cet argument basé sur les deux longues parenthèses politiques belges, mais, comme vous le constatez, il n’est guère probant.

          • Rendre le vote obligatoire n’est pas faisable si on ne prend pas en compte le vote blanc dans les résultats finaux (l’abstention étant un autre soucis à mon sens).
            Mais je suis d’accord avec votre commentaire.

    • Et voter pour un candidat l’empêche t’il d’accéder au trône suprême de trou duc ?

      • Voter n’empêche rien, ne pas voter non plus.
        Mais où est l’illusion ?

        « L’enfant croit au Père Noël. L’adulte non. L’adulte ne croit pas au Père Noël. Il vote. »
        Pierre Desproges

    • Bien que ce ne soit pas ma solution préférée, si j’ai le choix uniquement entre un royaliste et un communiste je voterai royaliste sans hésiter.

  • Et voter c’est valider quoi ?

  • Je cite :
    «Fondée sur la vieille crainte de la division et du conflit, sur le mirage de l’unité perdue de la Nation qu’il s’agit de restaurer, la Ve République a parfois été tentée de reprendre à son compte une conception du politique dans laquelle l’efficacité prime sur le débat, l’arbitrage sur la délibération des programmes, l’expertise sur la représentativité, le consensus sur le conflit, l’unité du pouvoir sur le pluralisme des opinions.»

    De Gaulle en 1962 : « Un des caractères essentiel de la Ve République, c’est qu’elle donne une tête à l’État […].

    Dés lors avec le mode de scrutin de l’élection présidentielle, les partis ne sont plus que des appareils à produire des têtes à l’Etat..

  • Si vous voulez un Parti Libéral, alors nommé le « Parti pour la Liberté » !!!
    En effet, les français sont pour la Liberté et fondamentalement anti-libéral. Car il n’ont jamais compris ce qu’était le Libéralisme : la Défense de la Liberté.

    • Pour un français moyen, libéralisme = délocalisations + patrons méchants qui laissent des miettes aux employés + légumes étrangers qui n’ont pas de goût. Va falloir oeuvrer pour une dédiabolisation massive…

  • La Présidentielle de 2022 n’aura pas lieue…
    Macron utilisera la peur de la énième vague de covid du variant oméga pour reporter l’élection de 6 mois.
    Puis de 6 mois de plus…
    Puis de 1 an de plus…

  • En ce sens, la France est unique. Comme l’Etat arrose chaque minorité de subventions spécifiques, les français sont les plus égoïstes du monde. À quoi cela sert-il d’aider son prochain puisqu’il y a une subvention qui le fait ! Résultat, les français ne se parlent plus, ne s’entraident plus, ne se mélangent plus entre niveaux sociaux différents, sauf si une association peut en tirer une subvention.

  • En fait je me demande si les gens ne veulent pas voter ou plus simplement ne pas se déplacer (pour si peu)

    Je serais curieux de voir ce que donnerait un vote par internet; on devrait organiser un tel vote (version beta pour test) sur un site sécurisé comme ‘Impôts/gouv’ et comparer les résultats…

  • Voter pour le « parti libéral » existant, le même qui s’est rangé derrière Macron au deuxième tour ? Franchement, va falloir faire mieux hein…

    • J’imagine que vous entendez par « parti libéral (entre guillemets) existant » le parti Les Républicains. Car le Parti Libéral (PLIB, lien dans l’article), n’a jamais appelé à votez Macron, ni au premier ni au second tour

  • Dans cet article, très expéditif mais intéressant, c’est la dernière phrase qui est importante, en bon libéral (ou libertarien pour être plus précis) on ne doit rien attendre d’un pouvoir central mais plus de nos décisions liées à nos affinités électives. Comme aurait pu dire Adam Smith ou Friedrich Hayek, plus il y a de bonnes mœurs moins les lois sont utiles.

    • Certes mais c’est bien naïf. En France, le mal nommé « exécutif » a accumulé tant de pouvoir que la question de savoir à qui le confier a un intérêt incontournable. Mais je me garderai bien de vous conseiller que faire, ne le sachant pas moi-même. En fait, plus j’y songe, plus le pessimisme me gagne.

  • Je suis d’accord avec l’auteur sur l’idée que le vote aux élections (surtout présidentielles) revient à faire un chèque en blanc.
    En fait, le choix aux élections (notamment pour nous libéraux) est, outre le vote blanc ou l’abstention, entre un candidat dont on ne veut pas et un candidat dont on ne veut pas du tout. Personnellement, je continuerai à voter Macron pour empêcher une Marine Le Pen de passer…

  • Pour moi, un programme politique d’un parti, c’est comme si un chauffagiste me vendait qu’il va faire des trous partout pour passer des tuyaux sans me justifier le but ni s’engager sur un résultat.

    Le libéralisme est un état d’esprit : limiter l’intervention à un strict minimum parfaitement justifié et accepté par tous. Comment en faire un parti ou se raccrocher à un parti existant en acceptant la règle du jeu des chauffagistes escrocs ?

    • Au final, le « centre » politique ne nous apporte que des réponses de Normand, faute de présenter d’autres concepts et de se détacher de ceux des autres.

  • Perso, je serais pour ajouter une règles aux scrutins actuels : un scrutin ne peut être validé que si la participation dépasse les 50%.
    Le petit bonus, plus difficile à faire accepter aux rentiers de la politique, serait, en cas de non validation du scrutin par manque de quorum, serait d’exclure du nouveau scrutin les candidats du scrutin non validé.

  • Plutôt que voter blanc, je voterais nul vu le large choix offert. 50,x % de bulletins nuls ce n’est pas le même message que 50,x de bulletins blancs. Surtout avec 95% de participation. Comme bulletin je mettrais bien la photo d’un cul avec un trou percé à l’endroit idoine pour que les candidats se reconnaissent.

  • « La crise démocratique (…) vient de la logique même des partis ».
    Si le jeu démocratique n’est plus en France qu’un théâtre d’ombres, cela tient à ce que les jeux sont pratiquement faits d’avance, grâce au clientélisme. Pour n’en donner que l’exemple le plus frappant, il est évident que lorsque la moitié des ménages est exempté d’impôt sur le revenu, même pour une somme symbolique, c’est la moitié des votants qui votera pour l’impôt (des autres), donc pour le collectivisme, donc contre la liberté. Et ainsi de suite.
    La politique-marketing consiste à segmenter le corps électoral afin d’offrir à une majorité de quoi la séduire, par des avantages matériels ou immatériels comme c’est le cas pour les communautés.
    Pareto écrivait : « Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne disent rien, eux, ils n’espèrent rien. Mais au moins, ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. »
    Une grève massive des électeurs mettrait en évidence un refus massif de l’actuel personnel politique. C’est ce à quoi il faut parvenir. Quand la mascarade électorale deviendra trop voyante, il sera temps d’appliquer la méthode volontariste, que suggère l’auteur.

    • « Une grève massive des électeurs mettrait en évidence un refus massif de l’actuel personnel politique. C’est ce à quoi il faut parvenir »
      Honnêtement avec des pourcentages d’abstention de l’ordre de 80% lors de certaines élections le message aurait déjà du passer amplement.
      Compte tenu que les électeurs les réélisent, malgré l’abstention massive, en respectant les règles du jeu actuel, nos politiques, dont macron, se « tapent » des abstentionnistes.
      Les règles du jeu ne peuvent pas changer sans eux !

      • Je dois faire amende honorable : le chiffre de 80% est , vérifications faites, faux.

        Reste que l’abstention à 57,36 % du deuxième tour des présidentielles. élections « favorites » des français, est un choc psychologique quasi identique.

        • @ Balthazar. L’abstention massive ne serait pas destinée à les faire changer de cap. Ils en sont incapables. Elle tiendrait lieu d’argument pour dénoncer la farce électorale.

  • Les commentaires sont fermés.

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