Électricité : situation critique en Allemagne

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Tout le monde en Europe contribue à faire de l’Allemagne le meilleur élève de l’Europe en matière de réduction de ses émissions. Quel altruisme !

Par Michel Negynas.

Le 8 août l’Allemagne a connu une journée moyennement venteuse, mais avec du soleil.

Analyse du 8 août 2021

Voici les données des courbes d’Energy Charts, le site public de suivi de l’institut Fraunhofer.

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À midi et quart, les exports étaient de 9,5 GW pour 48 GW de charge. La somme des énergies aléatoires était de 46,5 GW, soit la presque totalité des besoins. Or, on était loin des capacités maximales éoliennes et solaires, qui sont à plus de 110 GW en Allemagne.

Les centrales à gaz et à charbon étaient presque toutes à l’arrêt. Le lignite était au minimum technique. La stabilité du réseau n’était assurée que par le nucléaire, les petites centrales à biomasse, et les importations.

Cette situation est dangereuse pour le réseau, car tout incident peut avoir des répercussions désastreuses en l’absence de réactivité suffisante des moyens de production et d’interconnexion.

Le jeu import/export de l’Allemagne

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On voit que les exports ont culminé à 11,6 GW. En fait, l’Allemagne a évacué son « trop-plein » en le fractionnant vers tous ses voisins. Elle dilue ainsi son problème sur toute l’Europe.

Le cas de la France

La France ne fait pas partie des pays visés. En fait, dans la tactique allemande, dont on ne sait pas si c’est de concert avec les autorités françaises, son rôle est celui d’un régulateur via les importations. On voit qu’au plus fort de la nuit, elles ont atteint presque 4 GW. Et pour garder une flexibilité qu’elle n’a plus elle-même, elle importe et exporte en même temps à certaines périodes.

Et l’Allemagne se sert ensuite de la diminution de ces importations calées sur la pente ascendante du solaire et l’éolien pour s’en sortir, en plus de ses exports. Et c’est évidemment du nucléaire français qu’elle importe car il est bon marché. Faire faire le yo-yo à ses centrales à charbon et à gaz lui serait bien plus coûteux. Il est plus avantageux de le faire faire aux autres.

L’Europe au service de l’Allemagne

Entre les imports français et les exports vers le reste de l’Europe, l’excursion totale de régulation du réseau allemand st donc de plus de 15 GW : près de 30 % de la charge ! Tout le monde en Europe contribue à faire de l’Allemagne le meilleur élève de l’Europe en matière de réduction de ses émissions. Quel altruisme !

Mais le réseau européen est en grand danger : en été pour avoir trop de capacités, en hiver pour n’en n’avoir pas assez.

 

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