Hausse de la délinquance : plus de répression, moins de sécurité

La police by crypto on Flickr (CC BY-NC-ND 2.0) — crypto , CC-BY

Nos élus aiment parler de République. Pourtant, ils la laissent déserter des pans entiers de nos territoires et instillent sans vergogne le virus du despotisme dans la vie quotidienne des Français.

Par Jonathan Frickert.

Révélé ce jeudi par nos confrères du journal Le Figaro, le bilan analytique de la délinquance pour le premier semestre 2021 est particulièrement alarmant.

En effet, les atteintes physiques y auraient augmenté de près de 16 % par rapport à 2020. Si le facteur Covid et les différents confinements sont à prendre en compte, cette hausse reste de 10 % par rapport à 2019, année pourtant marquée par le mouvement des Gilets jaunes et triste moment de violence politique du quinquennat.

Toujours comparé à 2019, le nombre d’homicides et de tentatives d’homicides ont augmenté de 12 %.

Une délinquance qui ne touche plus uniquement les zones urbaines, mais également les zones périurbaines et rurales et qui amène un triste décompte : chaque jour, en France, il se produit 2000 agressions.

Enfin, alors que l’Occident connaît une salvatrice libération de la parole sur ce sujet, les violences sexuelles ont augmenté de près d’un tiers, toujours sur la période 2019-2021.

Il sera facile pour certains, et notamment la gauche, de mettre ces faits sur le dos d’une manœuvre d’une presse dite de droite, Le Figaro et CNews en tête, afin de peser sur l’élection présidentielle.

D’une part, ce serait oublier que les principales victimes de ces violences ne sont pas des nantis mais des classes populaires que la gauche a toujours prétendu défendre. D’autre part, cette tendance s’inscrit dans une société paradoxalement de plus en plus policière.

Plus de répression, moins de sécurité

Difficile de ne pas mettre ce triste tableau en parallèle de l’instauration du pass sanitaire, stigmatisation arbitraire et inutile créant un précédent dans notre droit au point d’inquiéter sur la possibilité d’un retour en arrière. Il est encore plus difficile d’imaginer qu’à la fin hypothétique de ce pass, nous ne nous retrouvions pas à nouveau confrontés à un concept analogue.

Il montre bien le problème de la contrainte, puisque de nombreuses personnes initialement favorables aux vaccins et au progrès médical en général sont soudainement devenues réfractaires à la vaccination par un mécanisme qui paraîtra idiot à beaucoup, mais profondément inscrit dans la nature humaine : l’Homme n’aime pas la contrainte, et cela explique la puissance des idées libérales. Laissez les gens choisir, et ils choisiront la meilleure option. Contraignez-les, et ils feront un choix bien moins profitable par pur esprit de contradiction.

Ce pass est la suite logique de la lente défaite des libertés au nom de la lutte contre la Covid-19. Une suite qui n’aurait dû étonner personne, mais qui est loin de dater de la pandémie…

Plus de normes, moins de moyens

Les lecteurs de Contrepoints connaissent sans doute mieux que n’importe qui la situation d’un pays gangrené depuis longtemps par de nombreuses salves de restrictions de leurs libertés : lois limitant la liberté d’expression ou sur la consommation d’alcool et de tabac, état d’urgence intégré au droit commun… Notre pays est champion de l’inflation normative.

Chaque année, le nombre de textes votés ou édictés ne cesse de croître. Autant de règles et de contraintes pèsent toujours plus sur le Français du quotidien.

Dans le même temps, le budget des missions régaliennes, et donc du cœur légitime de la puissance publique, est passé de 6,5 % à 2,8 % du PIB depuis 1960, alors même que les dépenses publiques ont été quasiment multipliées par deux, avec un pic l’année dernière du fait de la crise sanitaire.

Inverser le paradigme

La grande distinction entre un État de droit et un État autoritaire tient dans l’activité principale des forces de l’ordre. Dans un État de droit, l’autorité protège les individus. Dans un État autoritaire, elle les oppresse.

Si la France est, n’en déplaise à certains ayant fait de l’exagération une rhétorique permanente, loin d’être une dictature, il est difficile de ne pas voir la dérive autoritaire qui frappe notre pays depuis plusieurs décennies.

Pendant que les autorités étaient occupées à fliquer l’automobiliste, le travailleur, l’entrepreneur, le professionnel libéral ou plus généralement l’honnête citoyen, la violence a pu se développer sans crainte, au point d’atteindre un point où la moindre intervention dans certains quartiers entraîne des émeutes.

Nos élus aiment parler de République. Pourtant, ils la laissent déserter des pans entiers de nos territoires et instillent sans vergogne le virus du despotisme dans la vie quotidienne des Français.

La clef est à la fois très simple et difficile à atteindre : il faut purement et simplement inverser le paradigme qui règne depuis des dizaines d’années au sommet de l’État. Plutôt que d’oppresser des enfants, il est temps que l’État protège des adultes libres et responsables.

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