Hausse de la délinquance : plus de répression, moins de sécurité

Nos élus aiment parler de République. Pourtant, ils la laissent déserter des pans entiers de nos territoires et instillent sans vergogne le virus du despotisme dans la vie quotidienne des Français.

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La police by crypto on Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

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Hausse de la délinquance : plus de répression, moins de sécurité

Publié le 2 août 2021
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Par Jonathan Frickert.

Révélé ce jeudi par nos confrères du journal Le Figaro, le bilan analytique de la délinquance pour le premier semestre 2021 est particulièrement alarmant.

En effet, les atteintes physiques y auraient augmenté de près de 16 % par rapport à 2020. Si le facteur Covid et les différents confinements sont à prendre en compte, cette hausse reste de 10 % par rapport à 2019, année pourtant marquée par le mouvement des Gilets jaunes et triste moment de violence politique du quinquennat.

Toujours comparé à 2019, le nombre d’homicides et de tentatives d’homicides ont augmenté de 12 %.

Une délinquance qui ne touche plus uniquement les zones urbaines, mais également les zones périurbaines et rurales et qui amène un triste décompte : chaque jour, en France, il se produit 2000 agressions.

Enfin, alors que l’Occident connaît une salvatrice libération de la parole sur ce sujet, les violences sexuelles ont augmenté de près d’un tiers, toujours sur la période 2019-2021.

Il sera facile pour certains, et notamment la gauche, de mettre ces faits sur le dos d’une manœuvre d’une presse dite de droite, Le Figaro et CNews en tête, afin de peser sur l’élection présidentielle.

D’une part, ce serait oublier que les principales victimes de ces violences ne sont pas des nantis mais des classes populaires que la gauche a toujours prétendu défendre. D’autre part, cette tendance s’inscrit dans une société paradoxalement de plus en plus policière.

Plus de répression, moins de sécurité

Difficile de ne pas mettre ce triste tableau en parallèle de l’instauration du pass sanitaire, stigmatisation arbitraire et inutile créant un précédent dans notre droit au point d’inquiéter sur la possibilité d’un retour en arrière. Il est encore plus difficile d’imaginer qu’à la fin hypothétique de ce pass, nous ne nous retrouvions pas à nouveau confrontés à un concept analogue.

Il montre bien le problème de la contrainte, puisque de nombreuses personnes initialement favorables aux vaccins et au progrès médical en général sont soudainement devenues réfractaires à la vaccination par un mécanisme qui paraîtra idiot à beaucoup, mais profondément inscrit dans la nature humaine : l’Homme n’aime pas la contrainte, et cela explique la puissance des idées libérales. Laissez les gens choisir, et ils choisiront la meilleure option. Contraignez-les, et ils feront un choix bien moins profitable par pur esprit de contradiction.

Ce pass est la suite logique de la lente défaite des libertés au nom de la lutte contre la Covid-19. Une suite qui n’aurait dû étonner personne, mais qui est loin de dater de la pandémie…

Plus de normes, moins de moyens

Les lecteurs de Contrepoints connaissent sans doute mieux que n’importe qui la situation d’un pays gangrené depuis longtemps par de nombreuses salves de restrictions de leurs libertés : lois limitant la liberté d’expression ou sur la consommation d’alcool et de tabac, état d’urgence intégré au droit commun… Notre pays est champion de l’inflation normative.

Chaque année, le nombre de textes votés ou édictés ne cesse de croître. Autant de règles et de contraintes pèsent toujours plus sur le Français du quotidien.

Dans le même temps, le budget des missions régaliennes, et donc du cœur légitime de la puissance publique, est passé de 6,5 % à 2,8 % du PIB depuis 1960, alors même que les dépenses publiques ont été quasiment multipliées par deux, avec un pic l’année dernière du fait de la crise sanitaire.

Inverser le paradigme

La grande distinction entre un État de droit et un État autoritaire tient dans l’activité principale des forces de l’ordre. Dans un État de droit, l’autorité protège les individus. Dans un État autoritaire, elle les oppresse.

Si la France est, n’en déplaise à certains ayant fait de l’exagération une rhétorique permanente, loin d’être une dictature, il est difficile de ne pas voir la dérive autoritaire qui frappe notre pays depuis plusieurs décennies.

Pendant que les autorités étaient occupées à fliquer l’automobiliste, le travailleur, l’entrepreneur, le professionnel libéral ou plus généralement l’honnête citoyen, la violence a pu se développer sans crainte, au point d’atteindre un point où la moindre intervention dans certains quartiers entraîne des émeutes.

Nos élus aiment parler de République. Pourtant, ils la laissent déserter des pans entiers de nos territoires et instillent sans vergogne le virus du despotisme dans la vie quotidienne des Français.

La clef est à la fois très simple et difficile à atteindre : il faut purement et simplement inverser le paradigme qui règne depuis des dizaines d’années au sommet de l’État. Plutôt que d’oppresser des enfants, il est temps que l’État protège des adultes libres et responsables.

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  • Oppresser ou opprimer?

    Quoi qu’il en soit l’état policier nous pompe l’air.

  • Les couilles molles ce sont les électeurs. Savoir que l’alternative à la politique actuelle concernant la sécurité est incarnée par Marine Lepen c’est bien la preuve que nous vivons dans une société couilles molles. Quand on voit que ceux qui crient contre le pass sanitaire se réclament souvent de l’anti capitalisme parce que pour eux c’est Pfizer et compagnie qui mènent le show alors que ces gars là n’obligent personne à se piquer avec leur breloques, c’est bien un société couilles molles qui n’a pas le courage de regarder le démon en face.

  • Quand vous voyez un policier, quel est votre premier sentiment? Sécurité, Réconfort ? Ou Peur, Inquiétude ?
    Bien évidemment cela dépend du contexte, mais personnellement c’est soit indifférence, soit inquiétude.
    Tout est dit.

    • « cela dépend du contexte »

      Si j’ai quelque chose à me reprocher, je suis rassuré d’avoir tout prévu, si je n’ai rien à me reprocher, je suis pris de panique.

    • Si je suis un criminel multi récidiviste je suis légèrement agacé: Ce policier pourrait représenter un sérieux contretemps dans les activités. Si je suis un honnête citoyen je me demande ce que ce flic va trouver pour me pourrir la vie.

  • La France n’est pas si loin d’être une dictature, dans le sens où le peuple n’a aucun pouvoir, et donc la démocratie aucune réalité.
    Alors certes, nous ne sommes pas en dictature parce que tous les pouvoirs ne sont pas aux mains d’un seul individu, un dictateur.

    Mais les pouvoirs sont concentrés entre les mains d’une petite minorité d’individus, et ça a un nom: ça s’appelle l’oligarchie, et ce n’est pas plus démocratique que la dictature. Des conflits d’intérêt peuvent exister entre différentes factions de cette oligarchie, mais le peuple n’y a pas sa place.

    Sous certains aspects ça peut même être pire, vu qu’on ne sait pas qui sont ceux qui se partagent le pouvoir, et le peuple ne sait pas, ne peut pas savoir contre qui se rebeller légitimement tandis que cette oligarchie impose peu à peu, de façon détournée, perverse, physiquement non offensive mais sans aucun doute coercitive et oppressive, des transformations de société qui violent les fondements de l’existence humaine: personnalité, responsabilité, propriété, besoin d’équité.

    Il en résulte donc des manifestations sans leaders, sans solide orientation politique, sans ennemi clairement identifié.

    • Que les citoyens aient le courage de se déplacer pour voter : ensuite ils pourront faire des remarques voire même se révolter mais qu’ils expriment leur choix !!!!

      • C’est ça, allez voter, allez choisir votre prochain maître, parmi ceux qui auront été déterminés à l’avance sans que vous n’y ayez aucune part. Si vous ne comprenez pas ça alors c’est entre vos deux oreilles que se situe le problème.

      • robin 35
        Bonjour,
        Aller voter… quand près de 55% des citoyens que comptent ce pays n’ont pas voté pour le représentant national que le système truqué met tout de même en place.
        Aller voter… quand les députés eux ne votent même pas les lois que nous subissons. Députaille qui ne siège que parce que le système est truqué =>57% d’abstention, les 300 et quelques députés LREM donc de la majorité n’ont pas dépassé 31% des votes des inscrits et siègent, perçoivent rétribution sonnante, grâce au système truqué.

    • Le peuple a le pouvoir en France.

      Le problème, c’est qu’en démocratie, il faut que le peuple soit éduqué à la liberté pour qu’il puisse choisir les bons dirigeants. Dès lors que le peuple est éduqué à la soumission, la démocratie ne sert plus à rien. On le voit dans les pays musulmans (« islam » signifie soumission), les pays musulmans les plus libéraux sont des monarchies absolues, alors que les démocraties sont bien plus liberticides.

      Frédéric Bastiat déplorait déjà au XIXème siècle, que les enfants subissaient 10 années de scolarité dans l’école publique, qu’il appelait « école romaine », car celle-ci ne savait faire l’éloge que des héros militaires et de l’enrichissement aux dépends du vaincu.

      Rien n’a changé aujourd’hui: les héros scolaires sont des tyrans sanguinaires (Louis XIV, Napoléon Ier, etc. ) et le socialisme est la doctrine d’assouvissement. Seule différence de taille, les enfants y sont exposés maintenant 20 à 30 ans de leur vie, et les statistiques montrent que plus ils étudient, plus ils votent à gauche.

      Macron est même en train de vouloir casser le dernier rempart qu’était l’école à la maison, et la prochaine étape sera de mettre sous contrôle les écoles privées (pour lutter contre le terrorisme).

      • Je vous rappelle le score du dernier libéral à s’être présenté à des présidentielles: Alain Madelin, 3.91% en 2002. Demandez aux Français autour de vous s’ils voteraient pour un libéral qui voudrait limiter l’Etat aux seules fonctions régaliennes (armée, justice et police), presque personne ne veut cela. Ils veulent des interventionnistes et des progressistes. Ils ont donc des dirigeants socialistes et progressistes de gauche comme de droite. Mais comme ceux-ci ne font qu’empirer leur situation, les Français sont désemparés et se contentent de faire du dégagisme.

        Les Français croient à chaque fois que leur élu n’était pas compétent, alors que le problème est qu’ils lui demandent l’impossible: ils veulent un socialiste progressiste qui leur amène la prospérité et la sécurité. Cela n’existe pas. Le socialisme progressiste ne fait qu’amener misère, violence et destruction.

        • @schelten
          Bonjour,
          « Les Français croient à chaque fois que leur élu n’était pas compétent, alors que le problème est qu’ils lui demandent l’impossible: ils veulent un socialiste progressiste qui leur amène la prospérité et la sécurité. »
          On demande aux Français de voter « contre », de « faire barrage », de voter contre le « chaos », donc de voter « POUR » un socialiste plus ou moins communiste afin de contrer un autre parti socialiste estampillé « d’extrême-droite ».
          Ensuite, pour bien enrober le tout, on donne gagnant le premier socialiste dit progressiste qui a fait mieux que le représentant du « chaos », sans même avoir les voix de la majorité démocratique, c’est-à-dire, 51% des voix de tous les citoyens.

          En 2002, je ne me souviens que de Chirac et de J-M Lepen, à la limite de Jospin, et de la sempiternelle Arlette. Les autres, je ne m’en souviens pas. Bien que cela ne m’intéressait pas à l’époque, et que je suivais pas les débats ni le cirque, les champions sont parvenus jusqu’à mes oreilles. Madelin m’est resté inaudible. M’est avis que les plus audibles dans les médias ont eu le plus de portée et de soutien.

        • @ STF

          C’est bien ce que je soulève, c’est un problème d’éducation.

          Quand on est éduqué « libéral », on ne se base pas sur les médias, mais sur le programme des candidats, on étudie rapidement chaque programme, et on choisit le plus libéral.

          La démocratie devrait être une affaire de raison, les médias ne vendent pas de la raison, ils vendent des sensations, et un petit candidat communiste qui promet un monde idéal sera toujours bien plus sensationnel qu’un petit candidat libéral qui veut fermer le robinet de l’argent public et supprimer les privilèges d’une bonne moitié de la population.

          @ dekkard

          En démocratie, l’abstention et le vote blanc reviennent à soutenir le vainqueur, selon le vieux dicton de « qui ne dit mot consent ». C’est justement quand les gens ne sont plus éduqués, qu’ils n’essayent plus ni de voter, ni de fonder un nouveau parti, ni de présenter un nouveau candidat, mais qu’ils supportent leurs tyrans et descendent dans la rue quand cela va trop loin, dans un climat dangereux de quitte ou double.

          • effectivement 🙂 je soutiendrai jamais qq’un qui souhaite supprimer les services publics légitimes (et non je parle pas du régalien)

  • Délinquance partout, police nulle part !

  • La délinquance est le point aveugle du monde politico-médiatique.

  • Une société de plus en plus policière ??? mais qui prétend donc que Sarkozy a supprimé des milliers de policiers ??? Pas très cohérent !!! Quant à l’autoritarisme qui évolue depuis plusieurs décennies , soit mais imputable aussi bien à la droite qu’à la gauche !!! En fait je ne vois pas un état policier autoritaire mais un personnel politique formaté à l’ENA pour un étatisme intensif de droite ou de gauche , policier ou pas !!! Et c’est bien cet étatisme qu’il faut dénoncer !!!

    • @robin 35
      Il est question d’état policer en fait, pas de société policière.
      Un État policier, c’est un flic derrière chaque citoyen afin de sauter ce que chacun peut potentiellement penser ou faire contre l’Etat.
      Un État policier ne se soucie guère de préserver les Droits, et se soucie encore moins de traquer des délinquants et autres criminels qui pourrissent la vie des citoyens.

  • Et la violence sociale ? Ah oui c’est vrai osef.

    Et les risques existentiels ? Genre changement climatique ? Ah osef c’est vrai.

    PS: non on n’a pas le temps pour un prétendu changement initié par les individus 🙂

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