Auvergne-Rhône-Alpes : le « poumon vert » de l’Europe

La filière nucléaire en ARA compte 42 600 emplois directs et indirects dans 645 entreprises, et exporte son savoir-faire jusqu’en Chine.

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landscape with a nuclear plant by jeanne menjoulet (creative commons) (CC BY 2.0)

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Auvergne-Rhône-Alpes : le « poumon vert » de l’Europe

Publié le 4 juillet 2021
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Par Michel Gay.

Première région de France productrice d’électricité décarbonée, la région Auvergne-Rhône-Alpes est le poumon vert de l’Europe grâce à ses 14 réacteurs nucléaires et à ses installations hydroélectriques.

Elle produit le double de sa consommation d’électricité bas carbone et alimente une partie de la France (dont elle fournit plus du quart des besoins en électricité) et de l’Europe.

La filière nucléaire en Auvergne-Rhône-Alpes compte 42 600 emplois directs et indirects dans 645 entreprises, et exporte son savoir-faire jusqu’en Chine.

Tricastin, le hub nucléaire

Plus grand site nucléaire d’Europe à cheval sur la Drôme et le Vaucluse, Tricastin emploie plus de 7000 personnes sur des postes non délocalisables et hautement qualifiés.

Le site du Tricastin accueille à la fois une centrale nucléaire (1400 salariés) et des installations du cycle du combustible, dont « Georges Besse II », la plus grande usine d’enrichissement en Europe. Cette dernière produit des combustibles nucléaires qui alimentent 90 millions de foyers en énergie bas carbone, soit la population de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni.

L’usine Framatome à Romans-sur-Isère (Drôme) fabrique des assemblages de combustible dans la plus grande usine mondiale dans ce domaine. Elle alimente notamment les deux réacteurs EPR de Taishan en Chine, ainsi que ceux à venir.

Le site est également leader mondial dans la production d’éléments combustibles pour les réacteurs de recherche, et de cibles d’irradiation à usage médical.

Par ailleurs, deux sites de Framatome, Jarrie (Isère) et Ugine (Savoie), interviennent dans le processus de transformation du zirconium, matériau essentiel à la fabrication du combustible nucléaire.

Plus largement, trois régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, PACA) et plus particulièrement quatre départements (Vaucluse, Drôme, Ardèche et Gard) profitent de ce hub nucléaire.

La région grenobloise, un pôle industriel…

La métropole de Grenoble regroupe plusieurs entreprises spécialisées dans la conception et la fourniture de systèmes d’automatisme liés à la conduite et à la sûreté des réacteurs (ROLLS-ROYCE, ATOS, CORYS) ainsi que les laboratoires du CEA en charge de la recherche et développement (R&D) sur les nouvelles technologies pour l’énergie.

Près de 700 chercheurs du CEA Grenoble portent la vision d’un système intégré de l’énergie, s’appuyant sur les synergies possibles entre production d’électricité d’origine nucléaire et renouvelable.

La formation des ingénieurs dans le domaine du nucléaire se partage aujourd’hui essentiellement entre deux écoles (PHELMA et ENSE3) qui apportent les compétences nécessaires à la maîtrise des systèmes de production d’énergie et permettent d’accéder à tous les métiers du secteur du nucléaire.

Enfin, 300 personnes travaillent quotidiennement sur le plus gros chantier nucléaire de la région (Superphénix) sur le site de Creys-Malville (Isère).

Une dynamique à entretenir

La région Auvergne-Rhône-Alpes, riche de son nucléaire, souhaite maintenir cette dynamique. La centrale du Bugey est candidate pour accueillir deux EPR supplémentaires au côté des quatre réacteurs déjà implantés.

Le nucléaire représente un enjeu de souveraineté industrielle, de transition écologique et de développement économique non seulement pour la région Auvergne-Rhône-Alpes mais aussi pour toute la France et une partie de l’Europe.

Le gouvernement doit se mobiliser pour sa filière nucléaire, aujourd’hui la plus sûre, la plus compétitive sur le long terme, et la plus écologique, afin de produire l’électricité nécessaire à un pays moderne, d’attirer les compétences, et de participer à la résolution des grands défis énergétiques et industriels de notre temps.

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  • il ne reste plus qu’a convaincre les écologistes.

    • Les vrais écologistes sont déjà convaincus, les écolomanes ne le seront jamais; il reste à les neutraliser en montrant à la population à quel point ils sont ridicules. C’est d’autant plus difficile que leur propagande contrôle toutes les ressources de l’information.

      • les vrais écologistes…
        l’ecologie est un concept foireux..

        Si vous faite sun truc vous dégradez l’environnement…
        si vous faites un truc différemment, vous dégradez l’environnement différemment…

        il n’est pas possible de dire que c’est mieux sans adopter une forme de « hiérarchie » des dégâts environnementaux…

        l’expression vrai écologiste c’ets JUSTE que penser que votre hiérarchie est meilleure que celle des « écolomanes »..

        l’anti nuc vous dira rien de pire qu’une pollution par des composé radioactifs artificiels.. vous essaierez de raisonner en revenant à l’humain… rien à cirer.. il place cette pollution radioactive au sommet…
        l’antipesticide de synthèse vous dira rien de pire qu ‘une pollution par des résidus de pesticides… vous essaierez de raisonner en santé humaine et emprise agricole…

        la nature de l’homme est modifier les écosystèmes!!!

        l’ecologisme c’ets comme la gastronomie…les gens qui savent ce qui est bon..

        • Très juste : agir c’est modifier son environnement, et suivant sa sensibilité (ou son degré d’incompétence) on peut juger que c’est « bien » ou « mal ».
          Ensuite chaque choix technologique présente un danger associé, et le jugement éclairé consiste à mesurer, à la manière des assureurs, le produit probabilité de risque x conséquences potentielles.
          Il se trouve que la conception et l’exploitation des installations nucléaires utilise cette évaluation probabiliste pour faire des choix. Et ces choix placent les conséquences potentielles de l’industrie nucléaire largement au-dessus de toute autre filière : 0 accident en plus de 50 ans d’électronucléaire (en France), les industries chimiques et aéronautiques, pourtant surveillées n’ont qu’à bien se tenir.
          Et je ne parle pas du risque routier (plusieurs milliers de morts par an) par accident + les cancers du poumon engendrés par les particules fines) ou des risques sanitaires : on n’entend pas les « écolos » exiger la vaccination obligatoire pour tous, eux qui sont adeptes au dernier degré du « principe de précaution ». Ce sont en fait des anarchistes, soixante-huitards attardés, qui sont contre tout ce qui représente le progrès. Pompili, Duflot, Voynet en sont de magnifiques spécimens.

          • Le risque routier est devenu minimal et presque incompressible aux alentours de 3.500 décès par an. La courbe des décès est asymptotique. Les efforts pour diminuer encore le nombre de décès sont désormais immenses pour un bénéfice minime ou très minime (voir non significatif).

            Pour le cancer du poumon : le tabac et le cannabis (dont tabac !) sont encore et toujours les principales causes.
            « Interdire » le tabac comme la Nouvelle Zélande l’a programmé à l’horizon de 2025 ?
            Bien que non fumeur cette décision me parait liberticide et je ne saurais l’approuver…

            Enfin si l’on veut rendre l’air respiré par les parisiens meilleur il faut interdire…le métro !
            Je doute que nos écolos partage cet avis…

        • « l’expression vrai écologiste … »

          Vous avez raison, au lieu d’écrire « les vrais écologistes » j’aurais mieux fait d’écrire « les écologues ».
          Lapsus calami, mea maxima culpa.

  • ah ben si c’est le poumon vert.. ça impressionne..
    ça somme comme le charabia qu’on trouve dans les explications sur la transition énergétique..

    vert , ecolo, pollution…des enjeux…

    le nuc a des atouts… et une terrible image…

    tout ce que je vois est que la france se place dans une situation concurrentielle défavorable par sa politique de diabolisation des emissions de CO2…

    donc tirons nous une balle dans le pied, mais allégeons la peine grace au nuc…

    et le problème c’est le « NOUS »…

  • Merci WAUQUIER Président d’ARA d’être le premier écologiste de France à l’efficacité redoutable.

  • Ouais mais le jour où le Rhône est à sec…. Je rigole mais cela peut arriver , l’option centrales en bord de mer ou en mer est bien plus sûre… En prennnant toutes les précautions nécessaires, pas comme les japonais.

  • Impossible de partager l’article sur Facebook…certaines personnes ayant signalé que le contenu de l’article était « abusif » !!
    comprenne qui peut.

    • C’est pourtant clair. Facebook est une machine de propagande qui surexpose certains messages et occulte ceux qui vont dans le sens inverse.

  • Je ne savais pas que mes articles étaient « abusifs » !
    Ils sont certainement subversifs pour les écolos…
    Mes articles effraieraient donc certains ?….
    C’est plutôt une bonne nouvelle mais n’hésitez alors surtout pas à les diffuser par tout autre moyen.

  • Utiliser avec autant de complaisance un terme comme ARA, c’est entériner un mépris des réalités locales qui rend le message de l’auteur hautement suspect.

    • ?!?

      (c’est pas faux)

      • Merci alan.

        A l’attention de ceux qui moinssoient sans bien se rendre compte de ce qu’ils entérinent, je précise : nos voisins ont été affublés de PACA, et maintenant il faudrait que nous acceptions ARA. Et bien, c’est non : à la poubelle, ces dénominations hideuses qui sont une insulte aux régions ainsi désignées et une agression verbale envers leurs habitants.

        (Dans la même veine bureaucratique imbécile, la suite de ces dénominations inacceptables à ne jamais entériner, ce sera IDF, PDLL, CVL, HDF, GE, NA, BFC pour désigner les régions françaises ?)

      • Merci alan.

        A l’attention de ceux qui moinssoient, je précise :
        Nos voisins ont été affublés de PACA, et maintenant il faudrait que nous acceptions ARA. A la poubelle ces dénominations hideuses qui sont une insulte aux régions ainsi désignées et une agression verbale envers leurs habitants.

        • J’avais tiqué sur le ARA, mais au moins l’acronyme est explicité avant. J’ai l’habitude depuis longtemps dans les articles techniques d’être matraqué avec des acronymes dont l’utilisation est plus ou moins justifiée, justifiable ou explicitée.

          Cela fait partie d’une certaine pédanterie qui n’échappe à aucun domaine mais dont les administrations sont particulièrement friandes.

  • Je me pose une question. Que se passerait-il si on laissait le marché de l’énergie se structurer librement, sans surtaxe ni subvention? Aurait-on des entreprises fabricant de nouvelles centrales nucléaires (on parle beaucoup de mini-centrales)? Est ce qu’avec le simple control de l’agence de sûreté nucléaire, on pourrait faire des centrales ou, en tout cas, redynamiser ce secteur?
    Dans la pratique, concrètement, est ce que le secteur est voué à rester dans le giron de l’État car personne ne voudrait assurer une centrale.

    • Pourquoi s’embêter avec du nucléaire et tout le monde (sponsorisé par les vendant de pétrole et de gaz) contre vous alors qu’une centrale à gz ou des éoliennes subventionnées vous permettent de faire des bénéfices ? Les voitures électriques seront en fait nourries de bon gaz pas cher et en quantité Illimitée et bien plus qu’avec de l’essence ou du gaz oil…

  • Si on pouvait éviter de parler de « bas carbone » et de « transition écologique », ça serait aussi bien non ?
    Surtout que si « transition écologique » il y a avec le nucléaire, ça date déjà des années 80/90 et donc maintenir le nucléaire, ce n’est pas un enjeu de « transition écologique », mais un impératif pour ne pas régresser écologiquement et économiquement.

    • « impératif pour ne pas régresser »

      Oui, c’est un impératif dans la mesure où certains veulent le tuer plutôt que l’améliorer ou chercher sereinement des solutions alternatives viables.

      Et dans cette optique, cela dépasse largement le problème du nucléaire en lui-même.

  • Article très intéressant qui mérite d’être diffusé largement.

  • Information: Energy Post

    « President Biden’s target of net-zero power generation by 2035 will be extremely challenging, if not impossible, argues Charles Merlin writing for IFRI. He says the best chance of achieving it is through advanced nuclear reactors, though the 2030+ switch-on dates of the new technology still won’t guarantee meeting Biden’s timescales. Why should the U.S. drive for advanced nuclear? Because of the known limitations of the other technologies. Wind and solar have their practical limits (good for 50% of electrification, but no more), gas is only a transition fuel, re-shaping the grids for new complexities is slow and expensive, CCS at scale is proving very elusive, and extending storage beyond the role of coping with peak demand is a long way away. All this against a backdrop of increasing demand for electricity. It’s why utilities are including small modular reactors in their plans to deliver firm dispatchable clean power. Merlin supports his case with data from the U.S. Department of Energy and its affiliates. »

    Il est probable que le seuil de 50% soit sensiblement revu à la baisse

    Et pour compléter la description intéressante de Michel Gay : Citer parmi les meilleures propositions au monde celle issue du LPSC (ex ISN Grenoble) sur les SMR à liquide.. Les technologies SMR soulèvent ~72 projets dans le monde, mais cela n’a pas la grâce d’intéresser nos décideurs… Maintenant qu’on en parle du côté de Biden….resterait un an environ avant que l’on en reparle en France.

  • Qualifier le nucléaire de poumon vert est une farce !
    1. Au mieux, c’est comique. Au pire, c’est politiquement contre-productif.
    2. C’est faux. Un « poumon vert », par exemple, la forêt, a un bilan positif en termes de réduction de CO2 : il y a plus d’absorption que d’émission. Rien de tel évidemment pour le nucléaire qui émet globalement comme toute production électrique du CO2 (tant pour sa construction que pour sa production).
    A un moment, faut arrêter de raconter des âneries quand on se pique de proposer une vision industrielle lucide et pertinente.
    Par respect pour l’auteur qui fait ce qu’il peut pour promouvoir son dada, je passerais sous silence cette autre farce sur la filière nucléaire qui serait la plus écologique…

  • Les commentaires sont fermés.

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