Covid-19 : le variant Delta menace aussi les libertés individuelles

covid-19 BY Prachatai (CC BY-NC-ND 2.0) — Prachatai , CC-BY

Si la stratégie vaccinale échoue, reverrons-nous apparaître les techniques archaïques de la coercition, du confinement, des attestations et des libertés restreintes par l’Absurdistan bureaucratique ?

Par Frédéric Mas.

« Ayez peur du virus, n’ayez surtout pas peur du vaccin » : face aux chiffres de la vaccination qui stagnent, le Premier ministre Jean Castex s’est adressé hier aux plus jeunes depuis les Landes où l’épidémie resurgit à cause du variant Delta. Le vaccin sera leur « sésame ». Il devra leur permettre de retrouver certains lieux de culture ou se rendre à l’étranger. Finie la communication médicale, le vaccin vous rendra libres pour vos vacances.

Inquiétez-vous quand même un peu. Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, appelait de son côté les Français à la « vigilance individuelle et collective » sur BFM-TV.

Le ton du président Emmanuel Macron, en déplacement à Bruxelles, est plus martial encore. Le variant Delta menace les non vaccinés et les vaccinés d’une seule dose. Il faut donc rester vigilant, car le covid se diffuse beaucoup plus vite : « Il faut être plus rapide sur la vaccination et cordonné entre Européens. »

Certains pensaient que l’été allait amener un retour à la normalité. Leurs espoirs ont vite été déçus, noyés dans le gaz lacrymo et les fumigènes d’une fête de la musique gâchée par les flics et les mesures insanes.

La menace Delta

La menace sanitaire n’a en effet pas disparu, elle a muté, et se faire vacciner en masse est présenté comme la seule alternative possible pour revenir à la normalité. Inversement, si la campagne vaccinale s’embourbe, alors le risque sanitaire réapparaîtra, et avec lui, les mesures d’exception sanitaires que l’État avait timidement commencé à lever avec le déconfinement. Le vent liberticide qui s’est levé sur l’Occident est loin d’être retombé.

Face au variant Delta, le Royaume-Uni a déjà fait marche arrière. Les Britanniques devaient retrouver la liberté le 21 juin, ce sera finalement un mois plus tard.

Israël, dont plus de la moitié de sa population est vaccinée, a décidé de reporter l’entrée des touristes étrangers au premier août pour faire face à la nouvelle menace sanitaire.

Son nouveau Premier ministre Naftali Bennett a affirmé que si plus de 100 nouveaux cas de coronavirus étaient quotidiennement recensés pendant une semaine, le port du masque en intérieur serait de nouveau obligatoire.

Le Pass sanitaire obligatoire pour les discothèques

En France, qui dit vaccin dit Pass sanitaire, ce dispositif à la fois liberticide et dangereux pour la vie privée. Avant même sa popularisation, les pouvoirs publics ont décidé d’étendre son champ d’application. À l’origine obligatoire pour assister à des événements de plus de 1000 personnes, il l’est désormais également pour entrer en discothèque.

Si l’épidémie redémarre, qui nous dit que les pouvoirs publics ne prolongeront pas l’usage d’un outil aussi pratique pour eux au-delà du 30 septembre, date à laquelle le Pass doit être suspendu ? Le Sénat en rêve déjà.

Si la France n’atteint pas l’immunité collective, le gouvernement va-t-il passer de la persuasion à la force ? La vaccination obligatoire, ne serait-ce que pour le personnel soignant, n’est plus un tabou pour lui. Si la stratégie vaccinale échoue, reverrons-nous apparaître les techniques archaïques de la coercition, du confinement, des attestations et des libertés restreintes par l’Absurdistan bureaucratique ?

Espérons que la peur d’une déculottée à la présidentielle incitera la macronie à imaginer des stratégies plus conformes aux libertés individuelles et à l’État de droit.

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