Papa Castex nous explique comment combattre le méchant virus

Screenshot de Jean Castex ovationné à l'Assemblée pour sa première prise de parole - AFP Images — AFP ,

Depuis le début de la crise, la classe politique a fait le choix d’une communication paternaliste, qui simplifie au maximum les enjeux, donne les manettes à la bureaucratie, parfois jusqu’au mensonge d’État.

Par Frédéric Mas.

Pour masquer l’échec de l’attestation dérogatoire, Jean Castex se remet à parler aux Français comme à des enfants. « Dedans avec les miens, dehors en citoyen », la nouvelle campagne de communication du gouvernement a été dévoilée par Jean Castex ce lundi. Si elle n’habillait pas un régime aussi attentatoire aux libertés publiques, elle ferait rire aux éclats. Les réseaux sociaux se contentent d’ironiser.

La campagne vient clarifier les multiples mesures et recommandations que les dernières restrictions ont achevé de rendre obscures, même pour les esprits les mieux disposés à la servitude sanitaire.

Le langage est simple, faussement familier (les « je » de rigueur), voire approximatif (« en citoyen » sic), et tente la quadrature du cercle : faire que le citoyen ordinaire se réapproprie l’idiome bureaucratique pour en appliquer les commandements dans sa vie ordinaire, qui du coup ressemble de plus en plus à la vie de bureau.

On s’adresse aux Français comme à des enfants. Depuis le début de la crise, la classe politique a fait le choix d’une communication paternaliste, qui simplifie au maximum les enjeux, donne les manettes à la bureaucratie, parfois jusqu’au mensonge d’Etat.

Parce que les experts ne s’estiment pas tenus de rendre des comptes aux citoyens qu’ils jugent incompétents, ils « communiquent » plus qu’ils n’expliquent. La communication suppose une relation inégale d’administrateurs à administrés, la seconde une relation égale de citoyens à citoyens. Dans le premier cas, nous sommes dans un État bureaucratique, dans le second, une démocratie fonctionnelle.

Esquisse d’un néorépublicanisme sanitaire

Sous la plume du bureaucrate l’espace public devient la chasse gardée du républicanisme citoyen, dont le rôle aujourd’hui consiste à contrôler les conduites et les comportements déviants du nouvel ordre sanitaire. Au sein des foyers, les interdictions et les réglementations deviennent injonctions morales à l’anomie sociale.

Ne socialisez pas, ne rencontrez personne, n’invitez personne. La raison ? Le risque de contamination, de prophylaxie, de circulation d’un virus qui n’en finit pas de muter. La nouvelle morale civique commune veut l’égalité dans la servitude, et confine les libertés aux espaces privés. Les contrevenants sont les nouveaux traîtres à la nation.

Et encore. On sent bien que les recommandations morales du gouvernement voudraient bien aussi faire sauter ce verrou pour étendre son empire sur les familles et les individus dans ce qu’ils ont de plus intimes.

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