Vote obligatoire : bienvenue dans l’avenir radieux du contrôle social

Suite au taux d’abstentions record observé lors des régionales, le sujet du vote obligatoire surgit à nouveau.

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Vote obligatoire : bienvenue dans l’avenir radieux du contrôle social

Publié le 25 juin 2021
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Par Nathalie MP Meyer.

Avec un taux d’abstention record de 66,1 % enregistré dimanche 20 juin dernier lors du premier tour des élections régionales 2021, il eut été étonnant de ne pas voir resurgir l’idée de rendre le vote obligatoire.

Premier au taquet, le journaliste Christophe Barbier qui relance bruyamment sa proposition de 2015 d’infliger aux abstentionnistes d’une élection ce qu’il appelle une « punition douce et démocratique » en les privant de leur droit de participer aux élections suivantes :

L’ancien directeur de la rédaction du magazine L’Express n’est certes ni le premier ni le seul à préconiser une telle coercition du droit de vote. Le quotidien Le Figaro nous rappelait récemment que dès l’instauration du suffrage universel masculin en 1848 (le féminin suivra un siècle plus tard), s’est posée la question du traitement de l’abstention.

À l’époque, le sujet de l’élargissement du vote censitaire au profit du suffrage universel avait donné lieu à une lutte acharnée qui avait entraîné la chute de Guizot et de la monarchie de Juillet. De ce fait, certains instigateurs du suffrage universel concevaient mal que ce nouveau droit ne soit pas pleinement exercé par les bénéficiaires.

Encore qu’en 1882, un éditorialiste partisan du vote obligatoire concédait volontiers que « pour nous procurer des députés dans le genre de ceux dont nous jouissons, il n’y a vraiment pas de quoi se déranger » (problème éternel, manifestement). Son argumentation en faveur de l’obligation consistait alors à dire que « c’est justement parce que l’abstention électorale augmente, que la qualité législative diminue ». Ne serait-ce pas plutôt le contraire ? Je vais y revenir.

Le retour du vote obligatoire

Plus près de nous, notons que le vote obligatoire figurait dans le programme présidentiel 2017 de Jean-Luc Mélenchon (France insoumise) associé à la reconnaissance du vote blanc, qu’il apparaissait sous forme de question dans la Lettre aux Français d’Emmanuel Macron (janvier 2019) rédigée en préambule du Grand débat national (pour être finalement écarté des décisions) et qu’il a reçu récemment les faveurs du maire de Perpignan Louis Aliot (Rassemblement national) alors que son parti a enregistré un recul inhabituel dimanche dernier. Même ses électeurs se sont abstenus massivement :

Participation au premier tour des élections régionales 2021 selon le vote au premier tour de l’élection présidentielle de 2017 – Enquête IFOP-Fiducial pour TF1 et LCI : 

Il serait donc question de réenchanter la politique et la démocratie… en contraignant davantage l’électeur. Tout un programme qui cache mal le besoin de domination des classes politique et médiatique sur les citoyens et leur incapacité totale à imaginer et/ou admettre des espaces d’existence extérieurs à l’emprise étatique. Écoutons Christophe Barbier in extenso (vidéo d’avril 2015, 03′ 10″) :

 

 

Le simple fait d’entendre un citoyen tout à fait ordinaire, en tout cas pas plus apte que vous et moi pour juger à la place des autres de la meilleure attitude politique à tenir en telle ou telle circonstance électorale, fut-il journaliste avec ou sans écharpe rouge – le simple fait, donc, de le voir décider sur les plateaux-télé que les raisons des abstentionnistes de s’abstenir sont de mauvaises raisons, puis vouloir les punir au nom de la démocratie et de la résistance à la tyrannie est absolument révoltant.

M. Barbier a peut-être les meilleures intentions du monde, mais ce faisant, il saute un peu vite dans les bottes du despote éclairé toujours prêt à tenir (fermement) la main de ses concitoyens, pas assez « conscientisés » aux choses de la politique à son goût, pour les guider comme des enfants incapables de décider par eux-mêmes. On va donc les obliger – à voter, mais on peut penser à d’autres obligations latentes… – puis ensuite punir les récalcitrants et, pourquoi pas, récompenser les « bons » citoyens.

Jolie démocratie. Jolie tentative de contrôle social à la chinoise ou à la nord-coréenne. Eh bien, désolée, mais non merci.

Tout candidat une fois élu aime pouvoir se dire qu’il doit sa place à la volonté du peuple. L’abstention caracolante est alors vécue comme une véritable injure faite à la grandeur de son engagement et de son dévouement. Très vite le non-exercice du droit de vote est considéré comme « une atteinte au contrat social » (dixit Barbier).

Mais quel contrat social ?

Celui qui fait que les droits des citoyens s’accompagnent de devoirs, vous répond-on généralement. Sauf qu’un droit ne peut devenir son propre devoir. Un droit ouvre une porte, il ne comporte nullement l’obligation interne d’être exercé. Sinon, ce n’est plus un droit mais une réduction caractérisée des libertés individuelles.

Puis très vite le peuple est accusé de ne pas reconnaître ses politiciens à leur, non pas juste, mais haute valeur. Très vite ces derniers en viennent à déplorer le recul de la démocratie puis le recul du sentiment collectif. Très vite l’individualisme et l’unique soin que chacun porte à ses misérables petites affaires sont mis en accusation.

Il y a quelque chose de fondamentalement collectiviste dans cette idée autoritaire par nature d’obliger tout le monde à voter. Comme si tout le monde devait s’intéresser à la politique ; comme si, même en s’y intéressant, l’on devait systématiquement adouber l’un ou l’autre candidat de l’offre politique du moment ; comme si l’on ne pouvait pas évaluer la plus ou moins grande importance de certaines élections par rapport à d’autres ; comme si l’on ne pouvait pas refuser de jouer le jeu de politiciens foncièrement clientélistes en campagne électorale puis désespérément occupés, une fois en poste, à se rendre indispensables par leur interventionnisme maladif dans toutes les activités humaines.

Tout comme Mélenchon et la plupart des partisans du vote obligatoire, Christophe Barbier concède que celui-ci s’accompagnerait de la reconnaissance du vote blanc qui selon lui donnerait un signal très utile aux politiciens pour corriger le tir.

Mais outre qu’il est bien audacieux d’accorder du crédit à une répartition des votes effectuée non pas librement mais dans la crainte d’une sanction – exactement comme la justice dans un État de droit ne se satisfait pas d’aveux obtenus sous la contrainte – en quoi l’abstention parfaitement spontanée d’aujourd’hui ne constitue-t-elle pas un formidable avertissement à l’encontre de la classe politique ?

Observons à cet égard que les citoyens français se déterminent de façon parfaitement rationnelle compte tenu de nos institutions. Le régime de la Cinquième République est devenu encore plus présidentiel que ne le voulait le Général de Gaulle lorsque le mandat du Président fut ramené à cinq ans à partir de 2002.

Pas étonnant dès lors que l’élection présidentielle attire nettement plus les électeurs (78 % de participation au premier tour de 2017) que tous les autres scrutins, l’impact de ces derniers sur la vie du pays paraissant bien moindre par comparaison.

Même les élections législatives, celles qui, à mon sens, devraient trôner au centre de notre vie politique comme dans d’autres pays de Constitution plus parlementaire (Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas…) sont vécues comme un simple enregistrement de la nouvelle majorité dans la foulée de l’élection du président de la République (participation de 49 % au premier tour de 2017).

Si l’on s’en tient aux élections régionales, pas très étonnant non plus de constater le désintérêt de l’édition 2021 par rapport au round précédent de 2015.

Il y avait alors une nouveauté : une réforme censée mettre fin aux redondances du célèbre millefeuille territorial français avait eu lieu, faisant passer le nombre de régions en métropole (Corse comprise) de 22 à 13. Depuis, les Français ont eu tout loisir de se rendre compte que cette réforme n’a pas produit les économies ni les simplifications escomptées, ainsi que l’a souligné la Cour des comptes.

Ajoutez des compétences restreintes (les régions représentent 2,5 % du total des dépenses publiques du pays) et mal connues des administrés et vous avez la recette parfaite pour un sympathique dimanche loin des urnes.

À vrai dire, il en va du fonctionnement des élections comme du fonctionnement de n’importe quel marché concurrentiel où des individus libres échangent des biens et services. Les candidats aux élections constituent l’équivalent politique de l’offre marchande de tablettes de chocolat, de séries télévisées ou de chaussures de ski, tandis que les électeurs représentent les clients, c’est-à-dire la demande.

Un élu dévoué qui me lirait se boucherait probablement les oreilles devant mon odieuse « marchandisation » de la politique, mais ce que nous dit très clairement l’abstention de dimanche dernier, c’est qu’il n’y a guère de demande citoyenne pour l’organisation régionale telle qu’elle s’articule actuellement, quelles qu’en soient les différentes raisons et quelles que soient les propositions (candidats) disponibles, exactement comme de mauvaises ventes sur, disons, des trottinettes à hydrogène reflèteraient le manque d’intérêt des clients pour ces produits, peu importe le fabricant, en raison d’un prix trop élevé, de fonctionnalités défaillantes, d’un poids excessif et que sais-je encore.

Mais contraignez l’un des paramètres de ces marchés (prix, quotas, subventions pour le marché des biens et services – vote obligatoire pour le marché électoral) et vous perdez les informations qui permettraient à l’offre de s’améliorer et de retrouver une demande dynamique.

Finalement, dans leur frénésie obsessionnelle à se maintenir au pouvoir par tous les subterfuges possibles sans admettre jamais qu’ils puissent être sanctionnés par les électeurs pour leur incurie, leur incohérence et leur incompétence, les politiciens sont les premiers responsables de l’abstention massive qu’ils déplorent.

Il est typique de leur désastreux complexe de supériorité de refuser de prendre en compte les indicateurs que les électeurs placent obligeamment sous leurs yeux. Ils préfèrent de beaucoup pousser la poussière de leurs carences sous le tapis et tout mettre hypocritement sur le dos de l’incivisme des citoyens dans un assaut de coercition et de surveillance supplémentaire. Aveuglement délétère. Ça promet.

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  • l’obligation exige d’expliquer en quoi cela sert l’interet général..

    rappel en France l’election présidentielle est suivie de manifestation où des groupes exigent de ne pas tenir compte du résultats des élections..

    quant à l’avis de Mélenchon, il compte double, n’est il « la république »? n’est il pas le rempart ultime contre les « coups d’etat sociaux »?
    n’a t il pas par ailleurs une faiblesse pour les bons révolutionnaires et la haines des factieux?

    il faudra aussi bien entendu interdire les candidatures jugées farfelues..bepe grillo interdit..obliger les électeurs à être BIEN informés..

    ce qui est amusant est que naguère ces bonnes âmes démocratophiles exprimaient le regret que les partisans de le pen aient le droit de vote..

    ils ont passé des années à expliquer que l’electeur votait « mal »..ils ont passé des années à se vanter que les élections étaient prédictibles par les sondages..et en somme déjà faites avant le vote…

    au fait l’état français respecte t il ses « obligations »?

    tout à trac..

  • sure que ce n’est pas très agréable pour tout ces zélus de voir que les électeurs ne s’intéressent plus à eux , leur programmes , leur parlotes , leurs promesses et autres coup de menton….

    • Quand l’offre commerciale est mauvaise, le produit disparaît.
      Tout l’inverse de l’offre politique.
      La démocratie qualitative a un coût !

    • Laissons les finir de se carboniser avec cette arme à double tranchant . Quelle tête feront ils devant 80% ou plus de vote nuls ou blancs? Quelles excuses pourront ils se trouver après avoir tué leurs derniers boucs émissaires? Les politiciens ayant comme d’habitude aucun intérêt à sortir de l’ambiguïté, je suis presque sûr qu’ils ne prendront pas ce risque

  • Amusant, le tweet de Castex en fin d’article. L’actuel Premier Ministre représente la caricature de l’anti-démocratie qu’est devenue la France. Un type sorti de nulle part (pardon aux Pradois), élu par personne, à la tête d’une majorité qui vient de rassembler 3% du corps électoral dimanche dernier, qui depuis un an piétine allègrement les libertés fondamentales. Et c’est ce gars qui se scandalise du taux d’abstention ?? Il en est lui-même l’un des principaux promoteurs.

    • Castex le guignol qui voulait imposer quatre à cinq heures de vélo quotidiennes à tous les salariés de Prades. Le mène gonze à décrété que porter des slips propres n’était pas essentiel.

  • Le vote est déjà obligatoire. Il s’agit de l’imposer.

  • Ce qui ne va pas, c’est que ce scrutin ne réclame pas le suffrage universel. De grands électeurs comme pour le Sénat seraient plus aptes à élire nos représentants.

    • @dad22fr
      Bonjour,
      Le suffrage universel est une utopie, au mieux de la poudre aux yeux. Il existe des français qui n’ont pas de le droit de vote car il ne sont pas aptes à voter : tels les personnes à la charge d’autrui sous tutelle ou curatelle, les déficients mentaux, les personnes « irresponsables », et certains prisonniers. Les Français pourtant citoyens non inscrits sur les listes électorales ne sont pas admis à voter. Ces Français-là sont près de 7 millions.

  • Le problème du vote obligatoire, c’est qu’il oblige à comptabiliser les votes nuls ou blancs et qu’il sera moins facile de présenter les résultats en « suffrages exprimés », ce qui a l’avantage de les passer à la trappe ni vu ni connu, l’Elu se pense l’avoir été grâce à une majorité, et tout le monde s’efforce d’y croire.
    Qui prendra le risque ?

    • Le vote blanc ne signifie que «je ne sais pas qui choisir, je laisse cette responsabilité aux citoyens plus courageux que moi»…
      Et si l’offre ne convient pas, le mécontent n’a qu’à se présenter. Le Français étant très souvent râleur de naissance, il risque d’y avoir beaucoup de bulletin «MOI» l’inconnu d’un coin perdu avec plein d’idées irréalisables (comme celles de nos politiciens).

      • Je ne suis pas d’accord avec vous.
        Le vote blanc exprime clairement le « aucun des candidats ne me convient »
        L’abstention contient en plus du « aucun des candidats ne me convient » :
        – j’en ai rien à faire (et comme vous l’écrivez : « je laisse les autres citoyens plus courageux que moi faire le nécessaire »)
        – je ne peux pas aller voter et je n’ai pas eu le temps ou pas faire de procuration
        Donc clairement, le vote blanc représente bien quelque chose.

        • « je laisse les autres citoyens plus courageux que moi faire le nécessaire » bah non..désolé …je suis abstentionniste et perdo c’est plutôt : « j’ai le courage de ne pas valider un système pourri mis en place par des politiques qui se foutent du pays mais pas de leur fonction. »

          • Donc pour moi, vous êtes dans la catégorie : « aucun des candidats ne me convient », qui se retrouve justement dans les 2 types de comportement (vote blanc et abstention), et qui crée la confusion.

      • Le vote blanc ne signifie que « je ne sais pas qui choisir, je laisse cette responsabilité aux citoyens plus courageux que moi »

        C’est peut-être votre raison de voter blanc, mais ce n’est pas la mienne ni sans doute celle des lecteurs de contrepoints: Ce n’est pas par fainéantise ( manque de courage dites vous?) mais plus simplement une façon de dire qu’AUCUN DES CANDIDATS ne me convient, ou plutôt qu’aucun de leur programme n’a mon adhésion. Quand on sollicite les suffrages de la population, le simple respect des électeurs voudrait que les postulants présentent des programmes réalisables et surtout, s’engagent à les réaliser complètement. Or ce sont souvent des inventaires à la Prévert, qui devraient normalement éveiller au moins la méfiance des électeurs!

        • @C2MR
          Bonjour,
          « Or ce sont souvent des inventaires à la Prévert, qui devraient normalement éveiller au moins la méfiance des électeurs! »
          Aucun gouvernement, aucun politicien, ne devrait bénéficier d’une confiance totale à priori. Tout citoyen doit se méfier des politiciens, surtout de ceux qu’ils ne connaît pas et encore plus de ceux qu’il connaît pour leurs « erreurs » dirai-je.

    • @RB83
      Bonjour,
      « Le problème du vote obligatoire, c’est qu’il oblige à comptabiliser les votes nuls ou blancs et qu’il sera moins facile de présenter les résultats en « suffrages exprimés », »
      Un vote démocratique DEVRAIT obliger à compter les votes nuls et blancs et l’abstention et tous les prendre en compte dans le résultat. Ils sont déjà comptabilisés, ils ne sont pas pris en compte.
      Elections présidentielles 2017, ministère de l’Intérieur :
      – inscrits : 47 568 693 ;
      – abstention : 12 101 366 ;
      – votants : 35 467 327 ;
      – blancs : 3 021 499 ;
      – nuls : 1 064 225 ;
      – exprimés : 31 381 603.
      Les résultats ont été sur les seuls votes exprimés, excluant de fait les votes nuls et blancs de citoyens s’étant déplacés, et les abstentionnistes soient : plus de 16,1 millions de citoyens (16 187 090) . Ainsi, on a pu fanfaronné avec Macron élu à plus de 66%.

      Les tenants du vote obligatoire réclament quelque chose qui devrait être effectif actuellement et qui n’aurait jamais dû être retiré. Ils pensent supprimés l’abstention. Même avec un vote obligatoire, les votes nuls seront mis de côté, et les blancs viendraient à subir le sort de l’abstention. Le vote obligatoire ne garantit rien du tout.

  • En Belgique le vote est obligatoire, le résultat est pitoyable. en France , inimaginable vu le résultat actuel et le monopole médiatique de gauche et d’extrême gauche. Si les sans opinion se mettent à voter.. Melenchon pourrait avoir une chance.

  • OK, mais alors exigeons que soient comptabilisés les votes blancs et les votes nuls, et fixons un % positif raisonnable, nécessaire pour valider une loi ou l’élection d’un candidat. Cela rabattrait certainement le caquet de bon nombre de politiques d’opérette!

    • Et si le pourcentage n’est pas atteint, on remet un nouveau tour ?

      • Il existe déjà assez de lois pour tout couvrir.

      • si le pourcentage n’est pas atteint, on laisse le poste vacant.
        si il n’y avait que 400 députés élus pour les 577 places possibles, ça changerait quoi ? ils arrivent à voter les lois avec quelques dizaines de députés…

      • Si pourcentage pas atteint, pas de gamelle à la clé! Pas besoin de nouveau tour, quand on n’a pas fait le nécessaire pour susciter l’intérêt des électeurs, c’est comme dans le commerce: mauvaise étude de marché et plantage!

      • ce serait une vraie démocratie ..à partir du moment ou un candidat n’a pas 50,1% des votants inscrits il n’est pas légitime.

    • On peut même l’ exiger tout de suite avant de nous obliger à voter, pour voir.

    • @C2MR
      Bonjour,
      « mais alors exigeons que soient comptabilisés les votes blancs et les votes nuls, et fixons un % positif raisonnable, nécessaire pour valider une loi ou l’élection d’un candidat. »
      Même pas besoin. Valider une loi ou voter pour un candidat devrait se faire avec la majorité absolue soit 51% des citoyens.
      Si un poste est vacant, il le reste.
      S’il n’y a pas de représentant à tel ou tel poste, alors ceux qui sont supposés être représentés décideront par le vote à 51% de majorité absolue. Peut-être qu’à force de prendre des râteaux, les tyrans se calmeront un peu et arrêterons d’em…er le Peuple.
      Seulement, il faut une règle simple : la majorité absolue sur l’ensemble des citoyens non fichés comme ayant le droit de vote aboli, citoyens dont le nombre sera énoncé avant le scrutin avec le nombre de voix à atteindre pour être élu au premier ou au second tour si nécessaire. Lors du premier tour, obtenir moins que le taux d’abstention équivaut à une élimination pure et simple de la course à l’élection en cours. (Elections présidentielles 2017, E. Macron : 18,19%, abstention 22,23%, Macron et tous les autres OUT !) A la limite, refaire une session avec d’autres candidats. Si les résultats sont les mêmes, les postes restent vacants jusqu’aux prochaines échéances. Un élu est un intérimaire, une fois sa « mission » finie, elle est finie, son mandat finit donc à terme et il doit donc quitter son poste à la date prévue.

  • J’ai peur que le vote obligatoire incite les gens à voter, par vengeance, pour les extrêmes, ou les candidats ou petites listes improbables. Si 60% des électeurs qui se sont abstenus votent de cette façon, c’est la porte ouverte au n’importe quoi, encore plus que maintenant.

    • J’y pensais justement. Si on m’oblige à voter, je glisserai un joli bulletin RN juste pour les emm…

    • @Dexter

      « J’ai peur que… »

      Parce que la situation actuelle n’est pas inquiétante peut-être?

    • « c’est la porte ouverte au n’importe quoi, encore plus que maintenant. »
      Ah bon, vous pensez que l’on n’a pas atteint le fond? Qu’on peut encore creuser? ça fait déjà pas mal de temps que l’on se débat dans le n’importe quoi alors……..!

  • quand une mauvaise pièce est toujours jouée par les mêmes mauvais acteurs, comment s’étonner que la salle soit aux deux tiers vide?

  • « Iles préfèrent de beaucoup pousser la poussière de leurs carences sous le tapis… »
    Merci à Nathalie pour cette définition « des élus… »
    Le phénomène abstentionniste s’amplifiant doit être compris comme l’expression d’une crise de la démocratie dans un pays gouverné, depuis des décennies, par des aventuriers alternativement classés à gauche ou à droite.
    Ce pays a un grand besoin de libéralisme, au sens noble du terme, avec le respect de nos traditions et de nos valeurs démocratiques.
    Ce pays a un grand besoin d’un sursaut civique et de nouvelles institutions permettant aux citoyens de provoquer des « votations » permettant un contrôle direct de la gouvernance de ceux qui convoitent le pouvoir comme une fin en soi… en méprisant ceux et celles qui les ont élus.

  • Autoriser et mettre en place le vote par Internet, carte d’électeur à puce avec validation par empreinte digitale utilisable en bureau de vote et à domicile si l’on dispose d’un lecteur homologué.
    Pénaliser le non-vote en fonction des revenus.
    Le vote blanc signifiant «je n’ai pas le courage de choisir, je laisse cette responsabilité aux vrais citoyens»… Je m’enga

    • j’ai été coupé sauvagement, donc suite
      …«je m’engage à fermer ma g_le si l’élu ne me conviens pas !»

      • En tant que faux citoyen irresponsable, ça me ferait des vacances si les vrais citoyens béni-oui-oui pouvait faire profil bas 2 minutes de temps en temps.

        • idem…et je me sens bien plus légitime a gueuler contre ces tocards que celui qui a validé le système et le candidat par défaut (le moins pire quoi, quel choix nauséabond) même en votant blanc

      • @jean c’est une blague ?

    • Le vote obligatoire est une insulte a la liberté fondamentale; ce » n’est pas a la loi d’imposer le vote mais aux politiques de faire en sorte que les citoyens aillent voter; le desafection des bureaux de vote a commencé au lendemain du vote sur l’europe: ces salopards de politiques ont contourné le vote pour imposer ce qu’ils voulaient; >Et castex pretend nous faire des leçons de citoyenneté, qu’il regarde la suisse et il aura le droit de s’exprimer sur la démocratie; Je souhaite que toute cette mafia au pouvoir depuis plus de quarante ans n’aient plus aucune légitimité, qu’ils disparaissent; La cinquième république est finie, elle a été dévoyée par la caste politique francaise

    • Et surtout, bonjour la magouille. Le système actuel permets de garantir la quasi absence de fraudes.
      Avec le vote électronique, tout est invérifiable: dans ce cas autant passer directement a l’étape d’aprés: la dictature… et ça évitera d’engager des dépenses inutiles…

  • Comme le dit l’article, voter pour les régionales ne présente que peu d’intérêt à part satisfaire l’égo de certains, qui pensent se faire élire en région pour mieux préparer la présidentielle et/ou un éventuel poste de ministre après cette présidentielle. Ça c’est pour les candidats. Et pour la nature même de l’élection, il y a très peu d’enjeu. Par exemple en île de France, c’est Paris l’enjeu donc les municipales. Quand quelque chose bouge à Paris (ou plutôt ne bouge pas ou est empêché de bouger) c’est toute l’île de France qui est impactée. Ensuite il faut bien voir ce que font les élus du vote des citoyens : référendum de 2005 sur la constitution européenne… un grand moment de démocratie contre la tyrannie n’est-ce pas ?(d’ailleurs à aucun moment on n’a prouvé que la démocratie empêchait la tyrannie) Mais si le seul critère est l’abstention, de toute façon on peut toujours tester un référendum sur la politique migratoire : je parie que l’abstention ne serait au plus que de 20%. Et une large victoire pour un arrêt de l’immigration au grand dam de l’énorme majorité de nos « « « représentants » » ».

  • Ah, l’inénarrable M. Barbier, cet être incolore, inodore, insipide mais si fidèle, dont la personnalité semble se résume à porter une écharpe rouge en relayant la Sainte Parole Présidentielle… Le remplacerait-on par une carafe, un magnétophone et ladite écharpe fétiche, qu’on n’y verrait que du feu.
    Bon sinon, comme les gens seront rapidement énervés de se faire pourrir leurs dimanches pour des trucs dont ils n’ont que faire, il faudra bien penser à nous faire voter sur un ordinateur juuuste pour éviter le prévisible foisonnement de bulletins ornés d’un graffiti phallique – je sais que j’en gribouillerai avec grand plaisir si l’on m’oblige à voter; nonobstant le fait que j’ai effectivement (mal) voté…

  • L’abstention est sans doute moins une atteinte au contrat social que le signe de l’affaiblissement d’un contrat social qu’il faudrait examiner et faire évoluer. L’idée d’obliger les gens à aller voter blanc pour rigidifier un contrat social souffreteux m’apparaît douteuse.
    J’imagine (après avoir vu un extrait de Delahousse sur Youtube discuter avec des candidats aux élections comme s’ils étaient tous collaborateurs d’une même entreprise) qu’à l’obligation de voter finira par s’ajouter une obligation de regarder le journal de 20h à la télé un truc comme ça : nous sommes obligés de payer une redevance mais manifestement ça ne semble pas suffire.
    Ici le pire sans doute pour Barbier ce n’est pas qu’on puisse ne pas être d’accord avec ce qu’il raconte, c’est plutôt que la grande majorité des gens ne l’ait pas entendu raconter ses bêtises, et même que de plus en plus de gens ne sachent même pas qui est Barbier… là est sans doute le véritable scandale.

  • Dans le cas ou le vote serait obligatoire, les bulletins blanc ou nuls ne seront pas fait pour les chiens. Ce débat est abscons, c’est notre démocratie qui se meure et les élus ne trouvent rien de mieux que de mettre des cautères sur des jambes de bois ?

  • J’ai l’impression qu’en 2021, on doit tout combattre, tout est une guerre pour notre gouvernement et nos assos à sans but et (très) lucratifs.
    Remarque c’est la première étape pour faire accepter un changement… 🙂
    Pour revenir au vote obligatoire, c’est clair que ce n’est pas la solution, surtout avec la sanction « douce » (mais pas tant que ça quand même !!). La première étape est de prendre en compte l’abstention et surtout le vote blanc en considération : si le vote blanc est gagnant d’une élection, que celle-ci soit relancée (ou un truc du genre).

  • J’attends avec impatience ce scenario (celui du RN remportant les élections présidentielles) ! Juste pour voir la réaction de la partie du peuple qui n’aurait pas votée ou votée contre… 😀

  • « le journaliste Christophe Barbier qui relance bruyamment sa proposition de 2015 d’infliger aux abstentionnistes d’une élection ce qu’il appelle une « punition douce et démocratique » en les privant de leur droit de participer aux élections suivantes »

    Ainsi, pour obliger les gens à voter on leur interdit de voter !
    Plus c.n tu meurs…

    Perso, j’ai décidé d’arrêter de voter le 9 janvier 2018, donc qu’on m’oblige ou qu’in m’interdise de voter, ça m’en toucherait une sans bouger l’autre, comme disait un grand homme politique…

  • Si j’analyse le chiffre des abstentions, je constate qu’elles touchent tous les partis sauf LR qui est le moins « mouillé » dans les absurdités actuelles, simplement du fait qu’il a été mis politiquement et médiatiquement à l’écart.

    On comprend bien l’inquiétude des politiciens et des médias vis à vis de l’abstention et leur contorsions pour éviter d’analyser le raz-le-bol général dont ils sont en grande partie responsables. L’inénarrable Barbier (de Paris) en est la caricature.

    • @alan non je pense plutôt que les « voteur » de la famille LR sont plus des adeptes du « c’est mon devoir citoyen » que les autres plutôt branchés droits -surtout de retrait et de retraite- que devoirs

  • Ils n’ont rien à proposer , de toute façon exécutent les ordres de leurs partis parrain . Exemple ; installation des bornes de recharges pour voitures électriques dans des bourgades de moins de 500 habitants en milieu rural= gaspillage des impôts. etc etc…
    aucun citoyen ne peut se faire élire sans le soutien des parrains. La messe est dite , rester à la maison évite la polution.

  • « Selon Christophe Barbier »…
    Mais que m’importent ses flatulences socialoïdes ? « Peut-on imaginer un plus triomphant imbécile, un croutard plus abject, un plus étroniforme gauchard ! Que soit maudite cette espèce merdoïde ! », s’exclamait Flaubert dans une correspondance avec George Sand.

  • Ah oui ! Si Marine Le Pen était élue, je vois d’ici le scandale, la presse outrée, etc…
    Et pourtant, à force de nous prendre pour des décérébrés, ce genre de scenario finira bien par se produire…

  • Et si on exigeait au contraire que l’abstention comme les votes nuls soient reconnus comme des votes blancs ? cela impliquerait que plus aucun homme politique ne pourrait être élu au premier tour, serait désavoué par la masse au second, etc …

  • Décidément CPEF car si un personnage tel que Barbier devient un leader d’opinion dont les idées doivent inspirer le pays, nous sommes vraiment tombés très très bas !
    Pour l’abstention, vu les repaires de crabes que sont devenus les Conseils Départementaux et Régionaux, je ne suis pas vraiment surpris. Et ce constat est valable pour l’ensemble du monde politique : la corruption généralisée qui y règne ne peut qu’écœurer les français et ne les inciter à ne plus voter.

  • Quelque part, on ne reproche plus aux gens de ne pas respecter le « système » (comme les anarchistes de tout poils) ou de vouloir le renverser (comme pas mal d’activistes ayant pignon sur rue), mais de ne pas l’approuver (comme désormais une majorité de [braves] gens).

  • @vik tres juste . On a d’abord empêché le peuple de voter avec le prétexte que ce dernier était trop bête pour le faire . Ensuite on a bourré le crâne du même peuple à grand coup de presse complice . Maintenant que ça ne suffit plus et que le peuple refuse de voter ils veulent nous forcer à y aller . Je me marre , le vote des abstentionnistes risque de ne pas leur plaire … Prochaine étape bourrage des urnes .

  • voter est un droit pas un devoir.

  • @Phillippe MARQUETTE
    Bonjour,
    « Voter est un devoir, ce n’est pas une obligation. »
    Voter est un droit, pas un devoir.
    Un devoir est une obligation soumise à contrainte et sanction.

    « On a le personnel politique que l’on mérite, c’est une responsabilité collective. »
    – 55% des citoyens français officiels (car « inscrits ») n’ont pas voté pour E. Macron.
    – 57% des citoyens français officiels n’ont pas voté pour les guignols de l’A.N. Ce n’est pas « une responsabilité collective » car le collectif ne les a pas choisis.

    « Que le système soit au mains de gens corrompus c’est évident, »
    Le système a été pourri par des gens pourris qui appliquent des politiques pourries en pondant des lois pourries.
    Ces mêmes pourris pourraient débattre du vote obligatoire à l’A.N, proposer une loi ou celle du gouvernement (Exécutif), voter « pour » avec 7 voix sur 14 présents dont 4 abstentionnistes sur 577 députés au total.
    – 7 voix sur 14 => 50%, donc pas de « majorité absolue » ;
    – 7 voix sur 10 => 70% donc « majorité absolue » ;
    – 7 voix sur 577 0,012%.
    La majorité absolue à l’A.N est obtenue avec 577×0,51=294,27; donc 295 voix, pas moins. 294 voix ne font pas 51%

    Castex a été nommé Premier Ministre par E. Macron. Ce dernier n’a obtenu que 44,6% des voix des citoyens inscrits au second tour.

  • @Vik
    Bonjour,
    Je vous garantis que si MLP était élue avec les mêmes résultats que Macron lors des dernières élections présidentielles, soient 44% des inscrits, les anti-démocrates actuels retourneraient vite fait leur veste et protesteraient contre cette élection absolument pas majoritaire.

    « ce sont toujours les mêmes qui gagnent. »
    C’est facile de gagner quand on truque les règles et qu’on peut les changer à l’envie, au besoin. Au Texas Hold’em, une quinte flush royale reste une quinte flush royale, même si les adversaires ont distribué les cartes.

  • Les commentaires sont fermés.

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