Gare au péril vieux ! 3 solutions pour sortir du marasme démographique

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Du fait de la chute croissante des naissances, nous risquons de perdre, d’ici 2060, entre 5 et 10 millions d’habitants.

Par Alain Goetzman.

Nous sortons progressivement d’une crise sanitaire qui a conduit nos gouvernants à choisir, pour protéger les plus anciens, ceux qui risquaient de voir leur vie abrégée, de suspendre l’activité économique et de soutenir ses acteurs, au prix de déficits colossaux.

Notre endettement public s’est ainsi envolé à plus de 2700 milliards d’euros. Il incombera aux jeunes générations qui n’avaient rien demandé de trouver une solution quand les taux d’intérêts remonteront, car ne nous leurrons pas, ils remonteront un jour. C’était un choix. L’avenir nous dira si c’était le bon, mais ceux qui l’auront fait ne seront plus là pour en répondre.

En même temps, il en est un autre, plus lancinant, qui se pose à nous, celui de notre démographie et de ses corollaires, la croissance économique et le financement des retraites. Le président de la République vient de rappeler qu’il n’avait pas renoncé à leur réforme. Heureusement !

Mesurons-nous qu’en France, du fait de la chute croissante des naissances, nous risquons de perdre, d’ici 2060, entre 5 et 10 millions d’habitants ? Nous ne sommes pas les seuls, c’est le cas de toute l’Europe. Mais nous avons une originalité : au même horizon, il ne restera qu’un peu plus d’un actif et demi pour un inactif. Il n’y a donc pas de choix.

Faute de pouvoir augmenter impôts, taxes et cotisations sociales car le pays est déjà champion du monde, il va falloir :

Tailler dans la dépense publique

L’objectif est de dans un premier temps de ramener le déficit annuel à zéro et ainsi, progressivement alléger la dette.

Allonger la durée de vie au travail

Le report de l’âge de la retraite et le nombre d’années de cotisations nécessaires pour obtenir une retraite pleine, permettrait de revenir à une proportion d’inactifs qui rende pas insupportable son financement aux actifs. Ce ne serait d’ailleurs que justice puisque nous continuons à gagner en espérance de vie et que la majorité des femmes et des hommes de 65 ans sont aujourd’hui en forme et tout à fait susceptibles de travailler.

Allonger la durée annuelle du travail

C’est la seule façon de générer une croissance que la stagnation ou la diminution du nombre des actifs ne permet plus et que l’écologisation progressive de nos modes de vie et de production rend nécessaire, par les coûts supplémentaires et les investissements qu’il faut y consacrer.

La période électorale qui s’ouvre doit permettre d’informer les Français qu’ils ne peuvent pas à la fois exiger davantage de protection en matière de santé ou face aux aléas de la vie, davantage d’écologie et travailler moins. Comme ils ne veulent pas non plus d’immigration supplémentaire comme palliatif, il n’y a pas de solution. Ce n’est pas une question idéologique, c’est un constat. Parmi les futurs candidats à la présidentielle, qui aura le courage d’énoncer clairement ce paradoxe et de proposer les mesures permettant de le résoudre ?

Notre système démocratique est-il toujours le plus mauvais des systèmes à l’exception de tous les autres comme aimait à le répéter Winston Churchill. Il est temps de se poser très sérieusement la question car la politique aujourd’hui n’est plus l’apanage des visionnaires qui faisaient partager leur vision au peuple mais de professionnels n’ayant que leur réélection en ligne de mire et gouvernant au gré d’opinions publiques volatiles.

Dans une époque dominée par l’instantanéité de l’information, l’omniprésence des réseaux sociaux et la pression médiatique des chaînes d’information télévisée, seule une personnalité d’exception pourrait mettre en œuvre un projet ambitieux et réformer notre fonctionnement démocratique dépassé. Faute de quoi, le péril vieux deviendra réalité.

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