Paris accro à la dépense publique voit sa note dégradée par Fitch

Les comptes de la ville de Paris ne sont pas en meilleur état. Fitch, l’une des trois agences de notation, a d’ailleurs dégradé la note de la ville de Paris le 3 mai de AA à AA-.

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Anne Hidalgo en chat sur le site du PS by Parti socialiste (creative commons) (CC BY-NC-ND 2.0)

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Paris accro à la dépense publique voit sa note dégradée par Fitch

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 5 juin 2021
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Par Aurélien Véron.

Anne Hidalgo nous avait promis des forêts. Nous les avons, ce sont des forêts de dettes. Et il n’y a plus beaucoup d’arbres pour cacher la forêt, tant ils sont abattus dans la précipitation pour « motif phytosanitaire » sans autre détail.

Les comptes de la ville de Paris ne sont pas en meilleur état. Fitch, l’une des trois agences de notation, a d’ailleurs dégradé la note de la ville de Paris le 3 mai de AA à AA-.

Petit signe de nervosité que la presse a préféré ignorer dans sa grande mansuétude à l’égard de la pauvre maire de Paris. Il ne faut la gêner dans ses tentatives désespérées de décoller des 6 % d’intentions de vote en France.

Pour commencer, les comptes administratifs de la ville de Paris sont une vraie pétaudière. Les chiffres des mêmes rubriques sont différents d’une page à l’autre. Comme s’ils avaient été retouchés jusqu’à la dernière minute sans vérification de cohérence sur l’ensemble des documents.

A Paris, le navire coule, le capitaine regarde ailleurs

L’exonération de droits de voirie atteint 45,8 millions dans le rapport financier mais seulement 25,5 millions dans le graphique récapitulatif. Les dépenses de dépistages sont à 4,6 millions page 8 mais 2,6 millions page 18. Tout est de traviole. La mairie cherche à nous expliquer, comme à son habitude, que ce n’est vraiment pas sa faute si le navire coule.

En attendant, il y a un sacré roulis dans les totaux par rubrique, confusion permettant de faire passer la pilule du « quoi qu’il en coûte ». Il suffira d’appeler l’État à l’aide le jour venu. Comme d’habitude, la mairie plaidera que tout ça n’est vraiment pas de sa faute afin de reporter la faute de ces gabegies sur lui.

Certes, la crise a coûté cher : 800 millions d’euros parait-il, 532 millions en pertes de recettes et hausse des dépenses de 239 millions (dont un plan de relance de 200 millions). Rien ne permet de confirmer une telle ampleur dans la baisse de recettes.

Le budget primitif estimé annonçait 8662,8 millions, tandis que le budget administratif constaté atteint 8250,6, soit 412 millions « seulement » d’écart. La baisse des droits de mutation explique 160 millions de cette baisse à elle seule, rappelant le danger d’une trop grande dépendance de ce poste qui peut se retourner brutalement un jour.

D’autres taxes et droits pèsent mécaniquement lourd avec l’arrêt de l’activité et les mesures de soulagement des entreprises à Paris en 2020. Le soutien aux établissements culturels dont les agents, fonctionnaires, ne pouvaient pas être mis au chômage partiel, a aussi augmenté les dépenses initialement prévues. Mais les 11,6 millions de primes versées aux agents pour leur présence pendant le confinement ont été compensés par la baisse identique du budget formation. Au total, nous sommes loin du compte.

La crise, opportunité pour dépenser

Quant aux dépenses de fonctionnement supplémentaires, elles ne sont pas de 239,6 millions comme annoncées mais, si on va chercher dans le tome 3 (page 1417 et suivantes), 237,8 millions. La différence n’est pas significative mais confirme l’absence de fiabilité des chiffres annoncés. De nombreuses dépenses ont par ailleurs été maquillées en dépense de crise. Les 25 millions supplémentaires du RSA sont essentiellement dus au relèvement des minimas sociaux, bien plus qu’à la crise.

Dans les 800 millions, il y a le « plan de soutien » de 200 millions. Mais il est impossible à recomposer : seulement 186 millions si on fait la somme des éléments page 9, mais pages 7 et 8, on tombe encore plus bas à 156,83 millions. Aux pages 58-59 et 87-88, on atteint péniblement 120 millions d’euros.

Quand on pousse la municipalité dans ses retranchements, elle explique qu’une partie sera dépensée en 2021, donc elle ne figure pas dans les comptes 2020. Donc toujours la grande question : où est passée la partie inexplicable des 800 millions ?

Tout a probablement été mélangé afin de couvrir l’explosion des dépenses courantes, préemptions et autres aménagements de rue dans l’urgence aussi laids que coûteux. Comme un toxico accro à la dépense publique, la mairie de Paris a vidé l’épargne de la ville, en chute libre de 600 millions à 20 millions d’euros. Elle a bradé les bijoux de famille : une cité-jardin à Asnières-sur-Seine pour 62 millions, un terrain porte de Montreuil pour 33 millions d’euros et de nombreuses pépites à plusieurs millions chacune.

Explosion de la dette à Paris

Ensuite, la dette a augmenté de 740 millions pour atteindre près de 6,6 milliards au 31 décembre 2020 avec l’accélération brutale des emprunts : 250 millions au printemps, 200 millions à l’été et 524 millions à l’automne. Cela n’a pas échappé à Fitch, attendons de voir les réactions de Moody’s et de S&P.

Fin 2021, on attend 7,1 milliards. Si tout se passe bien. À ce rythme, nous atteindrons sans doute 9 milliards à la fin du mandat d’Anne Hidalgo. Certes, la crise ne durera pas éternellement, mais les taux aussi bas non plus.

Comme l’a conclu la vice-présidente du groupe Changer Paris Marie-Claire Carrère-Gée, également présidente de la Commission des finances au Conseil de Paris : « la réalité, c’est que la Ville de Paris n’avait plus un sou pour soutenir les Parisiens pendant la crise, qu’elle n’a plus aucun moyen d’investir. »

Nous voilà avertis. Nous ne pouvons que nous souhaiter bon courage à tous pour les prochaines années !

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  •  » hidalgo a fait de Paris une ville du Moyen Orient absolument pas habitable  » (Fabrice Lucchini ) ;

    • les bobos parisiens méritent « poubelle girl »

    • « Je vis dans le 18e. C’est d’une saleté sublime, comme une ville du Moyen-Orient. Roland Barthes écrivait : “Je n’aime une ville que quand elle est habitable.” Mme ­Hidalgo a réussi à faire de Paris une ville qui n’est absolument plus habitable pour n’être plus que visitable. Mais elle va être réélue, car ça plaît aux bobos. Je dis bravo  ! »
      F. Lucchini.
      Tant qu’à citer…

  • Et la ville n’est pas encore plombée par les comptes des JO dont la hidalgo est si fière, attendons le résultat des courses !
    Ils l’ont réélue, ils n’ont que ce qu’ils méritent par contre que cela serve de leçon pour 2022 car elle ferait à l’échelle nationale ce qu’elle fait à Paris, un désastre !

    • En faisant des efforts, rien n’est impossible. Evidemment, le challenge est relevé, mais entre un socialiste du centre et une pure de gauche, je pense qu’elle pourrait vous surprendre.

    • Macron est aussi dangereux, voire davantage, mais il cache mieux son jeu de destruction.

  • fallait pas voter Hidalgo…

    • On a les responsables politiques que l’on mérite. En ma qualité de français des territoires oubliés, je ne vais certainement pas plaindre les parisiens.

    • Il fallait surtout voter ! Dans notre système, les absents ont plus que tort.

      • S’abstenir est une question d’honneur et de dignité. Si ça vous plaît d’être complice de tous ces malfaisants, grand bien vous fasse.

        • S’abstenir a de telles conséquences qu’en le faisant, on laisse les pires s’emparer du pouvoir. Ce n’est pas nécessairement digne ou honorable, tant que les abstentions ne sont pas prises en compte comme cela devrait être le cas.

          Voter n’est pas plus se rendre complice que ne pas le faire, du moins est-ce mon sentiment.

          • Les français ont voté à gauche, les français ont voté à droite, ils ont eu exactement les mêmes politiques dont ils ne voulaient pas en grande partie.
            La démocratie française est un mythe, la classe dirigeante, leurs organes de propagande, les syndicats et les 7 millions de bureaucrates et salariés d’état font bien ce qu’ils veulent.

        • C’est l’abstention massive qui a propulsé les « kmaires » verts à Lyon, Bordeaux, Grenoble, Poitiers….

          • En fait, c’est exactement à cela que je pensais en rédigeant mon commentaire sur le vote.

          • Sans vouloir faire injure à l’auteur de l’article, c’est d’abord et avant tout le manque de candidats avec de bons profils.

          • Dommage que je ne puisse pas mettre plusieurs + !
            Les dernière élections nous ont montré le dogmatisme des pastèques ! Je crois qu’il vaut quand même mieux voter contre ceux qui me semblent les moins pires !

  • Qui a dit « socialism strops when it runs out of other people’s money »? Il semble qu’on approche ce moment fatidique. Dehors, le drame de Paris!

  • N’habitant pas Paris comme la majorité de la population francaise…. Ils font ce qu’ils veulent.. Idem pour les autres grandes villes…. J’habite à la campagne en compagnie des p’tits oiseaux… Ça va bien, pas plus de trois vélos dans la ville, pas de métros pas de cars, pas de bus, même pas de mendiants….

  • Paris s’endette, la France paie.
    Ceux qui ont voté pour elle ne sont pas les payeurs.

  • Le socialos branquignols au pouvoir. C’est magnifique…sauf pour les contribuables. Ils l’ont bien cherché puisqu’ils l’ont élue.

  • Je rigole bien en voyant les commentaires style « Les parisiens n’ont que ce qu’ils meritent »
    Je rigole parce que si vous croyez que les parisiens vont rembourser, alors les parisiens ont raison de vous entuber. Paris eqt la version française et urbaine du « too big to fail. » Quand Hidalgo aura fini son tour de piste, on va saigner tous français pour elle. Sans exception! Les parisiens vont ENCORE vous posseder! Croire l’inverse c’est etre le dindon de la farce. On vendra des bretons et savoyards en esclavage avant de laisser Paris faire faillite.

    • Vous avez sans doute raison sur l’aspect financier, mais en attendant, ce n’est pas nous qui supportons la crasse, l’insécurité et une qualité de vie bien moindre que ce que l’on peut trouver en province.

      • Vous pouvez partir, laissez Paris devenir un désert, un cloaque, un marché ouvert de drogues… c’est ce que méritent les Parisiens, ils ont voulu Hidalgo et les verdates, ils assument.

        • Parce que vous croyez que les élus des villes et villages de province ne rêvent et rêveront pas de faire comme à Paris ? Quand vous accueillez les Parisiens en exil, prenez conscience qu’il y a parmi eux moins de réfugiés que de prosélytes.

  • Bah a financer des assos lgbt, islamiste, écolos sans limite , a distribuer de l’argent pour ceux qui n’en ont absolument pas besoins et bien sur balancer l’argent par les fenetres hidalgo appauvri paris et pas que la ville mais aussi ces habitants car les sans papiers et autres immigrés passent en priorités devant tous les autres, la politique hidalgo est mortifère !!!

  • Dommage que la droite parisienne soit incapable de mettre en avant les bons arguments et les bons candidats le moment venu…

  • Les commentaires sont fermés.

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