Biden-Trump : bonnet blanc et blanc bonnet sur le commerce

Election man BY Geoff Livingston (CC BY-NC-ND 2.0) — Geoff Livingston ,

Comme c’est trop souvent le cas aux États-Unis, démocrates et républicains s’entendent sur tous les points qui, au final, nuisent à la majorité de la population. Le chant des sirènes protectionnistes est particulièrement séduisant…

Par Pierre-Guy Veer.

L’un des faits saillants de la présidence de Donald Trump fut sa signature sans vergogne de la pétition de marchands de chandelles. Résultat : sa baisse d’impôts massive fut presque annulée si on considère ce que les Américains ont dû payer en plus pour divers produits.

Et à observer les politiques de Joe Biden depuis son élection, ce dernier trouve ces inepties économiques satisfaisantes.

C’était entièrement prévisible ; sa plateforme électorale avançait une politique Buy American pour favoriser l’achat local, peu importe son prix.

Plaire à ses partisans

Et comme avec toute politique gouvernementale tentant de contourner les lois économiques, des groupes d’intérêts en profitent et tentent de défendre leur avantage indu coûte que coûte.

En outre, le lobby de l’acier affirme que les tarifs ont permis de redémarrer des usines et d’embaucher plus de travailleurs. Bien que l’on voie ces chiffres clairement, on ne verra pas les emplois qui se perdent ailleurs à cause d’une hausse des prix de l’acier – jusqu’à 40 % de plus qu’ailleurs sur la planète. Résultat : le prix de base de l’alliage est le triple que ce qu’il était l’an dernier.

Une représentante commerciale de l’administration Biden ose qualifier ces tarifs d’efficaces et dit qu’ils ont pu sauver des emplois.

Ces tarifs auraient pourtant causé la perte de quelque 300 000 emplois et de 0,3 % de PIB. Le foyer typique doit payer entre 600 et 800 dollars de plus par année, selon les études.

Faire fi des alliés

« Mais c’est contre la Chine, un pays qui triche constamment ! » diront les défenseurs des tarifs. Certes, la Chine n’est pas reconnue comme un joueur honnête. Mais le fait demeure que les tarifs sont payés par les consommateurs et les producteurs et qu’ils sont un fardeau.

La preuve : les distilleurs de whisky paient très cher les tarifs de l’acier contre l’Union européenne, qui menace de contre-tarifs d’ici juin.

L’Europe deviendra d’ailleurs le prochain champ de bataille tarifaire. L’administration Biden menace maintenant de Royaume-Uni de tarifs punitifs de 25 % à cause d’une taxe « temporaire » sur les géants de l’informatique, qu’il juge comme s’attaquant injustement à des compagnies américaines. D’autres pays veulent imposer de telles taxes.

L’indignation hypocrite de Joe Biden

Si Biden trouve ces taxes injustes, il y aurait une solution toute simple : diminuer l’impôt des sociétés.

Mais cette solution est effectivement trop simple. Depuis son élection, Biden travaille d’arrache-pied pour augmenter l’impôt des sociétés de 21 % à 28 % parce que, comme le citait le Royaume-Uni précédemment, chacun doit payer sa « juste » part. Et pour éviter que ces méchantes compagnies n’aillent vers des cieux plus cléments, sa secrétaire au Trésor travaille avec des pays de l’OCDE pour imposer un impôt minimal mondial.

Bref, comme c’est trop souvent le cas aux États-Unis, démocrates et républicains s’entendent sur tous les points qui, au final, nuisent à la majorité de la population. Le chant des sirènes protectionnistes est particulièrement séduisant, et les coffres électoraux des partis en profitent grandement.

Malheureusement, Monsieur et Madame-tout-le-monde s’en trouvent lésés. Mais comme ils n’ont ni le temps, ni l’argent pour protester, ils devront se serrer la ceinture pendant que les pachas favoris du gouvernement profitent d’une prospérité illusoire.

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