Journalistes et médecins au restaurant clandestin : envie de liberté ?

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Des journalistes et des médecins ont été surpris dans un restaurant clandestin à Paris. Plutôt que responsabiliser les restaurateurs, d’exiger des précautions, des résultats, tout en les laissant à la manœuvre, on a décrété qu’il n’était pas envisageable de leur faire confiance.

Par Denis Dupuy.

Selon La Dépêche du 6 mars, « une vingtaine de journalistes de BFMTV et des médecins ont été surpris dans un restaurant clandestin à Paris »

Les donneurs de leçon pris la main dans le pot de confiture ? Quelle félicité. Il serait presque trop aisé de se laisser aller à les étriller.

Était-il sensé et légal d’interdire les réunions au nom de seuils établis au doigt mouillé ? Quand ils fondent leurs décisions sur une unique publication, ceux qui prétendent coller à la science oublient que celle-ci a besoin de temps et de réfutations. Le scepticisme est la plus estimable qualité d’un chercheur, ce qui, me semble-t-il, disqualifie la plupart des membres du GIEC !

Le catalogue des décisions ubuesques dictées dans la confusion devrait alimenter la littérature comique pour le siècle à venir et nous dirons dans 20 ans :

« Tu te souviens, les librairies ?
— Roooh oui, les ânes… »

Et on sourira… Enfin, ceux qui n’avaient pas ouvert leur librairie en janvier 2020. Depuis 1889 huit pandémies de grippe ont affligé la planète des bipèdes, de la grippe russe à la Covid en passant par la grippe espagnole ; et si vous vous penchez sur l’Histoire, les mêmes problématiques ont systématiquement pesé, ce qui ne nous grandit guère.

Chacune a duré deux années, ce qui correspond probablement à la durée d’immunisation, à la lutte acharnée entre anticorps et variants. Avis personnel (oui je sais, je suis urologue…), les facteurs sociologiques et migratoires priment. L’exemple de Nice est emblématique, avec l’ouverture de son aéroport ; et Paris, Lyon et Marseille où les régions frontalières grouillent de braves gens en goguette.

En 1918, un médecin américain décrivait la fulgurance de la mort, en quelques heures seulement, de gamins au teint typique et l’inefficacité de toute thérapeutique. Il avait connu les pires mutilations mais l’épidémie et son impuissance à agir le heurtaient profondément.

En 1919, les soldats avaient quitté les tranchées avec le virus, après quoi, après une année, les commémorations avaient réveillé la bête. Vagues et re vagues… La protection numéro un, celle qui a permis aux bipèdes de se maintenir ici-bas, se nomme immunité. Elle nécessite des échanges, des contacts, des activations dont celle générée par le vaccin auquel la population peine à accéder : serions-nous mal dirigés ?

Savez-vous que les enfants isolés à l’écart des germes divers durant leurs premières années de vie développent un risque supérieur de leucémie ? Certains êtres, fragiles, doivent éviter les contacts, bien sûr, mais embastiller est contre-productif.

Un contrat libéral établi avec une population qui, je gage, souhaite continuer de demeurer vivante, aurait pu être établi. Au lieu de quoi les vaches ont été parquées  à l’étable.

Plutôt que responsabiliser les restaurateurs, d’exiger des précautions, des résultats tout en les laissant à la manœuvre, on a décrété qu’il n’était pas envisageable de leur faire confiance et les sommes versées afin de les apaiser (une patiente à l’établissement modeste me parlait de 12 000 euros par mois) affaibliront durablement l’économie.

Les journalistes de BFM, tout comme mes confrères, ont appliqué ce contrat libéral pour eux-mêmes, ce en quoi je les approuve. Eux si friands d’interventionnisme se connaîtraient-ils finalement si mal ?

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