Restrictions sanitaires : la France s’enlise, le Texas se libère

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Le modèle texan repose sur la liberté individuelle et accepte la prise de risque, le modèle français vénère le collectivisme politique et a fait du principe de précaution sa religion séculière.

Par Frédéric Mas.

Pendant que toute la France attend de l’intervention de Jean Castex prévue ce soir de nouvelles restrictions sanitaires liées à la crise covid, le Texas a décidé de les lever et de mettre fin au port du masque obligatoire.

Le gouverneur de l’État américain Greg Abbott a en effet annoncé mardi que le Texas était de nouveau 100 % ouvert, et que « les gens et les entreprises n’ont plus besoin que l’État leur dise comment fonctionner ». Dès la semaine prochaine, les mesures seront effectives, et tous les commerces seront libres de rouvrir complètement.

Dans les comtés1 où le taux d’hospitalisation reste élevé, c’est-à-dire où le nombre de patients atteints du covid atteint 15 % de la capacité d’hospitalisation, les autorités locales auront le droit de limiter l’activité commerciale, à condition que le plafond ne soit pas inférieur à 50 %.

Si le masque n’est plus obligatoire, cela ne signifie pas que M. Abbott l’estime inutile, bien au contraire. « Les individus sont fortement encouragés à se couvrir le visage lorsqu’il n’est pas possible de maintenir les distances sociales entre personnes ne faisant pas partie du même ménage » a-t-il déclaré. Les Texans n’encourent plus de poursuites en cas de non-port du masque. Désormais, c’est aux individus de prendre leurs propres dispositions pour se protéger de l’épidémie.

L’opposition démocrate, Joe Biden en tête, a vertement critiqué l’initiative du républicain Abbott, et appelle à ignorer ses déclarations. « Les masques font la différence… La dernière chose dont nous avons besoin est une pensée de Néandertal » a même déclaré le président des États-Unis, transformant au passage les propos du gouverneur. Il faut croire que l’homme de Néandertal est plus respectueux des libertés individuelles et moins accoutumé au paternalisme étatique qu’Homo Sapiens Democratus.

En Europe, on déconfine ou on se prépare à déconfiner. Angela Merkel a annoncé mercredi que l’Allemagne allait s’engager à assouplir les restrictions sanitaires par étapes. Le plan de déconfinement progressif se mettra en place d’ici le 8 mars prochain. Autour de nous, l’Espagne, l’Italie ou la Suisse rouvrent leurs secteurs fermés et revoient leurs mesures sanitaires.

Alors que la campagne vaccinale française était censée nous laisser entrevoir le bout du tunnel, il y a quelques mois, le gouvernement, prisonnier de l’immobilisme du « en même temps » hésite entre reconfinement et statu quo.

Ce mercredi, le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal a déclaré à la sortie d’un conseil des ministres un hypothétique retour à la vie normale « mi-avril », même si entretemps auront lieu « des semaines de gros temps ». Le couvre-feu dure depuis des mois, on reconfine le Pas-de-Calais, après Nice et Dunkerque, tout en épargnant Paris et sa proche banlieue, et cela malgré les messages de la mairie de Paris (qui a rétropédalé depuis et s’est lancée dans une campagne de communication tous azimuts pour dire tout et son contraire sur le sujet).

La vaccination n’avance pas, les restrictions sanitaires sont toujours là, et l’épidémie demeure. Mais la France sera prête en avril, sans doute par l’opération du Saint Esprit.

Depuis quelques semaines, le conseil scientifique de Macron s’est effacé. Quelques esprits de bon sens commencent à relativiser la pertinence du système de mesures prises pour justifier l’autoritarisme sanitaire triomphant qui est toujours en train de sacrifier nos libertés et notre jeunesse.

La classe politique française semble avoir repris la main mais navigue à vue, ballottée entre les demandes de reconfinement comme de déconfinement. La campagne vaccinale continue de s’enliser dans les méandres bureaucratiques de notre modèle social franco-français, et le gouvernement n’a à ce jour aucun plan et aucun courage pour sortir le pays de la situation liberticide dans laquelle il est enlisé.

Quelle différence avec le Texas, qui apparaît comme le contre-modèle français ! Le modèle texan repose sur la liberté individuelle et accepte la prise de risque, le modèle français vénère le collectivisme politique et a fait du principe de précaution sa religion séculière.

  1. L’État du Texas, qui compte 28 millions d’habitants, se subdivise en 254 comtés, équivalents de nos municipalités locales.
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