Crise sanitaire : l’appel désespéré de la jeunesse

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Le sacrifice des nouvelles générations, de leur éducation et de leur avenir au nom de la crise sanitaire doit cesser. L’appel de l’association Students for liberty.

Par Élodie Keyah pour Students for Liberty France.

La jeunesse aura définitivement été la grande sacrifiée de la crise sanitaire. Pointée du doigt en permanence depuis le début de la pandémie ; objet d’une campagne de culpabilisation délétère et accusée – à tort – d’insouciance face à la propagation du virus, la « génération confinée » demeure la première victime des restrictions depuis mars.

Confinements successifs, couvre-feu, fermeture des universités et hausse du chômage auront engendré des effets terribles sur la santé des jeunes. Un rapport alarmant de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale révèle les effets délétères de la crise Covid et du confinement sur un grand nombre d’entre eux : solitude, haut niveau d’anxiété, stress intense, dépression sévère…

En témoigne Alexandre, 21 ans, aujourd’hui très inquiet pour son avenir professionnel :

Si je n’ai pas de pensées suicidaires, ma santé mentale s’est beaucoup dégradée. Je suis de nature optimiste mais l’absence d’horizon sur lequel bâtir des projets m’a mis un sacré coup. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, je n’ai plus de motivation, je me demande si j’aurai un travail, un avenir tout court.

Près d’un étudiant sur trois a présenté les signes d’une détresse psychologique, et la moitié d’entre eux a souffert de solitude ou d’isolement pendant le confinement, selon l’Observatoire de la vie étudiante (OVE).

Pour beaucoup d’étudiants comme Damien, 18 ans, braver les interdictions est devenu la condition sine qua non pour survivre :

Mon salut dans cette histoire vient du fait que je ne respecte pas les mesures sanitaires, et je l’assume. Si je le faisais, je ne serais sûrement plus là pour faire ce témoignage. Sortir, maintenir du lien social, continuer à voir des gens… c’est essentiel, et ça vaut de loin toutes les amendes que je pourrais me prendre.

Ce constat inquiétant a le mérite de mettre en lumière l’opposition fallacieuse entre santé et économie, comme si l’économie était une abstraction distincte de l’intégralité de la vie sociale ; comme si l’état de santé d’une population n’était pas corrélé à son niveau de développement économique…

Si l’économie est sacrifiée au nom de la crise, la santé l’est aussi, en témoigne Gauvain, 28 ans, qui admet ne pas avoir pu s’en sortir sans l’aide de sa famille :

Le premier confinement a été pour moi la suite d’une lente descente en enfer où j’ai failli finir par me retrouver à la rue sans rien. Pour bien comprendre la détresse des jeunes, je pense qu’il faut aussi réaliser le contexte dans lequel la crise des confinements s’inscrit. Il faut réaliser que les jeunes, de nos jours, ne vivent pas une situation facile.

Finalement, le confinement généralisé réduit notre capacité à aider les personnes en difficulté, et les plus âgés en particulier. Il est illusoire de croire que les effets négatifs des mesures sanitaires se concentreraient sur les cinq prochaines années. La fermeture des universités a des conséquences majeures sur la formation et les compétences futures de toute une génération. Pour les décennies à venir, toute l’activité économique en pâtira, avec au premier plan la recherche scientifique, l’innovation et la lutte contre le changement climatique.

Si les restrictions étaient relativement acceptables au début de l’épidémie, elles deviennent donc intenables et injustifiées sur plusieurs mois, voire destructrices pour une part non négligeable de la population. Il est donc plus que jamais nécessaire de remettre en cause le sacrifice des nouvelles générations, de leur éducation et de leur avenir, alors même que les moins de 45 ans représentent seulement 1 % des morts de la Covid depuis mars 2020.

Nous appelons donc à la réouverture totale des universités dans le respect des règles sanitaires et à l’intégration du corps enseignant parmi le public prioritaire pour la vaccination ; à la levée des restrictions qui pèsent sur l’activité économique et culturelle, ainsi qu’à l’isolement volontaire et responsable des plus âgés non vaccinés pour une réelle solidarité intergénérationnelle.

 

Signataires :

Arnaud Le Vaillant de Charny, responsable d’équipe
Arthur Nardy, ingénieur, secrétaire du Parti Libéral
Victor Pérot-Guillaume, économiste
Élodie Keyah, coordinatrice nationale SFL France
Guillaume Bullier, ingénieur
Laurent Pahpy, analyste IREF
Guillaume Périgois, consultant
Alexandre Massaux, analyste politique
Yama Darriet, jeune actif
Charles Mazé, jeune actif
Clément Bonnet, jeune diplômé
Vincent Delorme, étudiant
Martin Devaulx de Chambord, volontaire en service civique
Alexandre Boulard, responsable ressources humaines
Gauvain Claus, programmeur
Raphaël Candé, ingénieur
Damien Conzelmann, étudiant
Céline Fusier, étudiante
Alexandre Gouye, étudiant
Alexandre Guay, étudiant
Léo Lictevout, étudiant
Alexis Grand, étudiant
Pierre Faure, étudiant
Astrid Nouvellet, étudiante
François Tourne, étudiant
Enzo Serenari, étudiant
Jeremie Amsallem, étudiant
Vincent Andrès, développeur
Lolita Lavigne, étudiante
Valentin Guillaume, jeune actif

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