Management de crise ou crise de management ?

Nos gouvernants n’arrêtent pas de se prendre les pieds dans le tapis, à chacune des décisions qu’ils nous imposent dans la mise en œuvre des mesures contre la pandémie.

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Management de crise ou crise de management ?

Publié le 2 décembre 2020
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Par Alain Goetzmann.

D’abord, étonnons-nous de leur méconnaissance d’une des règles de base de tout bon management : l’exemple. Il ne leur est pas interdit de se souvenir de cet aphorisme du Docteur Schweitzer : « L’exemple n’est pas la meilleure façon d’influencer les autres, c’est la seule ».

Première leçon de management : montrer l’exemple

Or, si nous sommes tous privés de restaurant, parfois de cantine, soumis à l’inconfort du click & collect, les cuisines de l’Élysée, de Matignon, de tous les ministères, de l’Assemblée nationale, du Sénat, des préfectures et bien d’autres encore, restent ouvertes. On a fermé les librairies et les rayons jouets des grandes surfaces par solidarité avec les boutiques. Qu’attend-on pour faire de même avec les salles à manger officielles par solidarité avec les restaurateurs ?

On objectera que la technocrature a besoin de s’alimenter et ne peut être rabaissée au lot commun, mais c’est un mauvais exemple qui décrédibilise un grand nombre de mesures.

Seconde leçon de management : la cohérence

Ensuite, la cohérence des mesures et la répartition des rôles. Alors que la population attend de ses élus l’expression d’une vision globale, puis la mise en œuvre de mesures par les autorités compétentes, notre président s’est progressivement transformé en chef de bureau, déroulant régulièrement des instructions détaillées, dont l’incohérence apparaît ensuite, au moment de leur mise en application, décrédibilisant de plus en plus sa fonction.

« Pas plus de trente personnes à la messe » en est un exemple caricatural. Comment comprendre qu’une telle mesure, de portée générale, ne puisse être modulée en fonction de la superficie des lieux de culte ? Une cathédrale peut-elle être traitée de la même façon qu’une chapelle ?

Un autre modèle d’incohérence est le système des attestations écrites que l’on rédige soi-même. Le résultat de ces mesures idiotes est que les Français les plus modérés, ceux qui ne transgressent jamais la loi, le font désormais allègrement.

Nos dirigeants ont oublié cette autre règle du management : il ne faut jamais donner un ordre si on n’a pas les moyens de le faire respecter…

Troisième leçon : le modèle « bottom up »

Dans le monde des entreprises, cela fait des années maintenant qu’on recommande des organisations en bottom up et la disparition des modèles top down, devenus archaïques.

Visiblement, l’information n’est pas parvenue à nos hommes politiques. Pourtant, alors que cette année est célébré Charles de Gaulle, ils seraient bien inspirés de relire ses premiers ouvrages, La discorde chez l’ennemi (1924), dans lequel il considère que le succès de l’armée prussienne, en 1870, est dû à une très forte décentralisation des responsabilités et au respect d’un puissant corps de doctrine élaboré par le général en chef Moltke et Le fil de l’épée (1932) qui traite de l’exemplarité dans le commandement et l’animation des hommes.

Ixième leçon : les règles de compétitivité

La méconnaissance des règles de compétitivité, qui fait de nous le champion du monde de la fiscalité, vient de recevoir une nouvelle démonstration par l’interdiction des remontées mécaniques en stations, alors que la Suisse, notre plus grand concurrent en la matière, et qui s’en sort plutôt mieux, face à la pandémie, autorise les siennes et va gagner durablement des parts de marché.

Alors, on nous répond que l’État aide les secteurs sinistrés, ce qui est apparemment vrai, mais comporte de nombreuses zones d’ombres qui elles, ne sont jamais détaillées lors des conférences de presse.

En réalité, les montants colossaux que l’État prétend nous octroyer, alors qu’il s’agit de nos impôts ou de dettes supplémentaires que devront bien payer un jour nos enfants et nos petits-enfants, ne compensent que partiellement les conséquences de ses décisions.

Il n’y a rien à faire. La technocrature française n’écoute rien ni personne hors du sérail et n’apprend rien de ses insuffisances. Sa volonté de tout contrôler, son refus de faire confiance aux citoyens et aux élus de proximité, son interventionnisme, jusque dans les moindres détails, vont nous conduire à une crise majeure qui se manifestera au printemps.

Nous avons un président qui se targue de culture philosophique. Peut-on lui suggérer de s’imprégner du rasoir d’Ockham, ce principe qui date du XIVe siècle et qui prône la simplicité, l’économie, la parcimonie et que de facétieux penseurs modernes ont traduit par : « Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ».

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  • Voici rappelés quelques principes fondamentaux du management, que connaissent bien tous ceux qui ont animé des équipes « dans la vraie vie » – c’est à dire dans un monde où il faut mobiliser les gens, organiser efficacement le travail, obtenir des résultats, etc. Malheureusement, la politique, ce n’est pas « la vraie vie ». C’est un monde où accéder à des postes de pouvoir et s’y maintenir est un but en soi. Où les carrières se construisent, non en obtenant des résultats, mais en gérant ses réseaux. Où l’image compte plus que tout, où le clientélisme est roi. Et surtout où l’argent public sert essentiellement à attribuer des prébendes utiles pour gérer sa carrière.
    Dans cet univers, l’exemplarité n’est pas un impératif : c’est un handicap.

    • Vous oubliez: un monde où règne la corruption sous toutes ses formes.

    • Finalement, quelle différence entre le monde politique tel que vous le décrivez et la pègre ? Nos politiciens, des voyous en col blanc ?

      Comme l’ont fait remarquer des sages, la tentation, finalement très humaine, des gens en situation de pouvoir (pas seulement dans le monde politique, d’ailleurs) est d’accroître leur pouvoir et de s’y maintenir. Certains finissent même par croire à ce mensonge qu’ils seraient indispensables.

      La solution, à mon humble avis : réduire considérablement le périmètre de l’État (à ses missions régaliennes), donc le nombre de fonctionnaires et de politiciens. Un mandat unique pour ces derniers, avec possibilité de virer les intéressés en cas d’écart de conduite. Ceci réduirait sensiblement, je crois, leur propension aux abus de pouvoir.

  • autant tout compliquer au lieu de faire simple ; ça permet à certains d’exister et à faire croire qu’ils sont utiles ;

  • Je crois qu’il faut avoir vécu dans une république démocratique et populaire pour comprendre le mode de (dys)fonctionnement d’une administration pléthorique et incompétente, se croyant seule apte à décider de ce que les gens veulent, créant ainsi frustrations et pénuries.

    Vouloir mesurer ses performances à l’aune des critères de gestion et la croire capable de se réformer relève de la croyance au Père Noël, déjà confiné par cette même administration.

    • Je vous le confirme: mon épouse qui a connu Brejnev (de loin, je vous rassure) dans son enfance me dit tous les jours que la France ressemble de plus en plus à l’URSS de son enfance et adolescence. Avec l’humour en moins.

  • Bel article monsieur Goetzman. Mais pourrais-je vous suggérer de traduire vos expressions anglaises? Dans certaines cavernes de la France profonde, on ne parle toujours que français ou patois. Et le fait de ne pas traduire laisse entendre que ceux qui ne comprennent pas sont haze bine ou louzeur.

    • La compréhension du franglais ne suppose pas de parler anglais mais de parler « branché ».

      Il n’y a rien à traduire mais simplement des concepts de noeud-noeud à assimiler, ce qui n’est pas forcément évident surtout si ont veut conserver un certain recul.

      Enfin, si on veut imposer le patois comme langue officielle comme en Espagne … good luck – pardon bonne chance – pour l’adaptation aux réalités mondiales. (Et apprenez le Mandarin en première langue étrangère avant même le français).

  • Les 30 personnes dans les lieux de culte sont un lapsus de Macron qui a mal lu 30% sur son prompteur. La fermeture des remontées mécaniques la conséquence d’un autre lapsus de Macron qui ne voulait pas laisser dans l’incertitude, et qui a parlé trop tôt. Un bon manager sait reconnaître ses erreurs, les corriger, et récupérer à son profit la correction. Mais là, nous ne sommes pas dans le management, nous sommes dans les flatteries de cour et le copinage.

    • Il a dit : pas plus de 30 personnes à la messe. Quid des synagogues et des mosquées?

      • Personne ne parle des mosquées, où l’exiguïté des locaux, jointe à l’affluence, doit poser d’autres problèmes que dans les églises, sauf à Noël.

    • Macron me fait de plus en plus penser à ce que disait le duc de St SImon de Louis XIV dans ses fameuses Mémoires: « esprit moins que médiocre »

  • « Le résultat de ces mesures idiotes est que les Français les plus modérés, ceux qui ne transgressent jamais la loi, le font désormais allègrement. »
    Si c’est exact, c’est une bonne nouvelle.

  • J’aurais ajouté : Bien choisir ses conseillers. Et éviter l’écueil consistant à s’entourer de gens moins compétents pour paraître le meilleur.

  • Erreur : L’état aide les secteurs qu’il A sinistrés !

  • et c’est quoi au juste la « crise » qu’il « doit » manageouiller?

  • Notre suprême chefaillon ne manage pas, il règne!
    Quant à la bureaucratie dont il est issu qui l’adule ou n’en fait qu’à sa tête, elle n’a plus rien à voir avec les « grands serviteurs » de L’État dont s’entourait de Gaulle, qui n’étaient pas tous énarques mais aussi X mines ou autres et surtout avaient vécu avant d’exercer leurs responsabilités contrairement aux petits messieurs qui croient tout savoir et nous méprisent!

  • Cet article démontre, une fois de plus s’il le fallait, que la plupart de nos politiques sont incapables de gérer une entreprise dans un monde concurrentiel. On peut les placer à la tête de la RATP, de Pôle Emploi, ou de toute autre organisation qui n’a pas à se battre contre la concurrence mais, quand il s’agit de la France, nous avons à faire à un monde concurrentiel et les autres pays se frottent les mains de voir combien nos technocrates s’évertuent à compliquer la vie de nos entreprises et de nos entrepreneurs.
    Si on compilait toutes les âneries dites par nos politiques sur les entreprises et nos entrepreneurs on devrait très certainement construire une nouvelle bibliothèque nationale. Il est vrai que très peu d’entre eux se sont frottés au vrai monde et que, parmi ce « très peu » , à peine 1% a réussi. CQFD.

  • On confie la responsabilité du pays à des gens qui n’ont jamais manager ni dirigé quoi que ce soit? Surtout le petit nul prétentieux qui n’a jamais eu de responsabilité et que les idiots considèrent comme un Dieu omniscient. Ce qui devait arriver a eu lieu, un foutoir sans nom avec des coqs sans têtes courant à l’aveugle dans tous les sens!

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