Le confinement a détruit des millions d’emplois sans réduire la mortalité

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Nous devrions plutôt considérer les confinements comme l’archétype de l’échec de l’autoritarisme en matière de lutte contre un virus hautement contagieux.

Par Mitch Nemeth.
Un article de Mises Institute

Lorsque l’épidémie de Covid-19 a éclaté au printemps, les fonctionnaires de tous bords ont largement admis que l’intervention de l’État et la fermeture administrative de nombreuses entreprises étaient nécessaires pour protéger la santé publique.

Cette approche a clairement échoué aux États-Unis où elle a conduit à d’immenses dégâts économiques, y compris des millions d’emplois perdus, des faillites et des pertes nettes extrêmement sévères.

Et pourtant les États où le confinement a été strict n’ont pas réussi à réduire le nombre de morts Covid par million d’habitants par rapport aux États ayant été moins stricts.

En conséquence, après quelques mois de pandémie, certains gouverneurs ont évalué les coûts économiques induits par le confinement Covid-19 et ont doucement rouvert leurs économies. Bien entendu, ils n’ont pas ordonné aux entreprises de rouvrir, mais ils leur ont donné la possibilité de le faire.

Cela a engendré des réactions hystériques, de nombreuses personnes ont assimilé les allègements de restrictions à des meurtres de masse. The Atlantic s’est rendu célèbre en qualifiant les allègements de restrictions du gouverneur de Géorgie Brian Kempf de « sacrifices humains » et en décrivant les Géorgiens comme « l’archétype de ceux qui se croient plus forts que la pandémie ».

Le confinement est un échec

Nous devrions plutôt considérer les confinements comme l’archétype de l’échec de l’autoritarisme en matière de lutte contre un virus hautement contagieux.

Maintenant que nous en sommes à neuf mois de pandémie, on voit mieux que les approches adoptées par les administrations des États ont considérablement varié. Il est clair que les économies qui ont rouvert se portent dans l’ensemble beaucoup mieux que celles qui le sont moins.

Selon Carrie Sheffield  :

« Stimulés par des réouvertures plus larges et plus rapides suite aux premières mesures coronavirus prises dans l’urgence, les États rouges  plutôt conservateurs distancent très largement les États bleus plutôt démocrates en termes de retour au travail. »

C’est logique, en particulier si on considère que les êtres humains apprennent très rapidement à s’adapter. Aujourd’hui nous avons beaucoup appris sur la manière de traiter ce virus et sur les personnes les plus à risques en cas d’infection.

Tout le monde ne peut pas #resteralamaison

Malgré cela, beaucoup de partisans du confinement continuent à affirmer que chaque infection Covid est un échec de politique publique. Cette posture est principalement un luxe de cols blancs qui peuvent se permettre travailler chez eux.

Le confinement a été décrit comme « la pire attaque contre les prolétaires en un demi-siècle ».

Le biostatisticien Martin Kulldorff a déclaré « les cols bleus sont au boulot, y compris des personnes à risque de plus de 60 ans ». Jay Bhattacharya, un collègue de Kulldorff, remarque que l’une des raisons pour lesquelles « aux États-Unis les minorités ont connu une mortalité épidémique plus élevée, c’est qu’elles n’ont souvent pas le choix […] de rester à la maison ».

De fait, selon le Dr Bhattacharya les politiques de confinement sont « réactionnaires » et révèlent une « monomanie ».  Sachant cela, on comprend facilement pourquoi les Américains aisés tendent à considérer les mesures restrictives comme appropriées.

Pour beaucoup d’Américains, des périodes prolongées sans emploi rémunéré, sans revenu et sans interaction sociale sont non seulement impossibles, mais peuvent même se révéler mortelles. Martin Kulldorff note que les restrictions Covid-19 ne prennent pas en compte les questions de santé dans leur ensemble et produisent des dégâts collatéraux.

Parmi ces dégâts collatéraux on déplore « une aggravation de l’incidence des maladies cardiovasculaires et du cancer, ainsi qu’une baisse inquiétante de l’immunisation ». Le Dr Bhattacharya fait justement remarquer que la société va « constater les dégâts de santé causés par ces confinements pendant très longtemps ».

Dissonances cognitives

Bhattacharya a mis en évidence l’influence de la politique sur ces restrictions :

« Lorsque les manifestations Black Lives Matter ont éclaté au printemps, 1300 épidémiologistes ont signé une lettre déclarant que ces rassemblements étaient cohérents avec les bonnes pratiques de santé publique », alors que les mêmes épidémiologistes soutenaient que « nous devrions surtout nous isoler chez nous ». 

Une telle contradiction fait fi de toute logique et coupe court à toute discussion concernant la létalité de ce virus. Si ce nouveau virus était aussi dramatique pour la population que ce qui était clamé, alors les politiciens ayant soutenu les manifestations de masse et les émeutes pendant une pandémie semblent bien mal avisés. Cette contradiction a été citée dans d’innombrables actions en justice intentées contre la validité et la constitutionnalité des restrictions Covid-19.

Par ailleurs, ces restrictions souvent autoritaires ont visé des droits protégés par la Constitution, tels que la liberté religieuse.

Le juge à la Cour suprême Samuel Alito a critiqué les restrictions du gouverneur du Nevada :

« Le fait que le Nevada exerce une discrimination en faveur de la puissante industrie des jeux de hasard et de ses employés n’est pas une surprise […] Nous avons le devoir de défendre la Constitution, et même une urgence de santé publique ne nous exonère pas de cette responsabilité ».

Cette sévère critique n’a toutefois pas emporté l’adhésion de la Cour suprême car une majorité de 5 contre 4 a reconnu que le gouverneur avait « la responsabilité de protéger le public en situation de pandémie ».

Les pires États et collectivités locales

Cette reconnaissance est peut-être politiquement bénéfique pour la Cour suprême mais elle pose un problème beaucoup plus important pour les libertés fondamentales.

Pour commencer, beaucoup de ces restrictions ont été décidées par des gouverneurs d’États ou des agences administratives plutôt que par des moyens démocratiques. Gretchen Whitmer, gouverneur du Michigan, a été pointée du doigt pour son contournement systématique des voies démocratiques et son approche autoritaire.

Ces restrictions Covid sont d’une certaine manière sans effet si elles ne sont pas accompagnées de contrôles et de moyens. Beaucoup de grandes villes américaines ont donc créé des équipes pour les faire appliquer.

Par exemple, le maire de Los Angeles Eric Garcetti a menacé de couper l’eau et l’électricité à ceux qui hébergent de grandes fêtes. Il veut traiter les rassemblements privés comme les bars et night-clubs dont il a obligé la fermeture.

C’est non seulement ridicule, mais c’est aussi autoritaire ; il y a eu peu de vérifications de sa capacité à instrumentaliser ainsi les services publics.

Le bureau du sheriff de la ville de New-York a récemment « mis fin à une fête de plus de 200 personnes qui contrevenaient aux restrictions coronavirus. » Leur crime ? Des adjoints ont découvert environ 200 individus non masqués en train de « danser, boire et fumer le narguilé à l’intérieur ».

Dans le style typique de l’administration, le propriétaire des lieux a été « verbalisé avec cinq convocations […] pour violation de l’état d’urgence, vente illicite d’alcool et stockage illicite d’alcool ». Que ferions-nous sans l’administration ?

Le gouverneur de Californie Gavin Newsom est impliqué depuis longtemps dans ces efforts de restriction des libertés sous prétexte de santé publique. Le gouverneur Newsom et le ministère de la Santé publique de Californie ont publié de nouvelles recommandations de sécurité pour tous les rassemblements privés pendant la période des fêtes de Thanksgiving.

Selon Newsweek, « les rassemblements ne doivent pas réunir plus de trois foyers en comptant les hôtes et les invités, doivent se dérouler en extérieur et ne pas durer plus de deux heures. »

Connaissant les tendances interventionnistes de Newsom, il est probable que ces restrictions seront appliquées. Comment l’administration va-t-elle déterminer le nombre de foyers présents à un repas de Thanksgiving et qui va appliquer la limite des deux heures ? Voilà des questions que les journalistes devraient poser.

Pendant ce temps, les écarts de reprise économique entre les États rouges et bleus démontrent à quel point les politiques autoritaires peuvent être des échecs. Les confinements stricts ont ravagé les revenus de millions de familles tout en échouant à réduire la mortalité Covid. Il faut mettre fin à cette expérience ratée.

Traduction Contrepoints.

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