L’économie vue à travers les lunettes des bureaucrates

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Ces représentants politiques, des bureaucrates hors sol, font preuve tout à la fois de méconnaissance de l’économie et d’un populisme intellectuel écœurant.

Par Laurent Sailly.

Les bureaucrates publics, membres du gouvernement et autre Commissaire au plan y compris, comme leurs homologues du secteur privé, n’ont de l’économie qu’une vision excel faite de chiffres et statistiques. Vision cartésienne rassurante puisque les chiffres ne mentiraient pas, mais fausse car le facteur essentiel d’une économie est l’humain.

Ainsi, on encourage les entreprises à se tourner vers le télétravail et la numérisation, sans s’interroger sur la réalisation d’un tel vœu dans tel ou tel domaine ou tel et tel secteur ou le niveau d’équipement de telle ou telle société.

Force est de constater que les bureaucrates parasitent la création de richesse et sa libre circulation dans l’économie en inventant des règles souvent absurdes, toujours néfastes.

Le fléau de la bureaucratie

Pourtant, les responsables politiques annoncent régulièrement des simplifications administratives. Or, dans les faits, on observe un accroissement du volume des normes contraignantes inversement proportionnel à l’intensité des appels à la déréglementation.

On y parle de « libre-échange », de « marché libre », mais en fait, on met en place un vaste système administratif bureaucratique.

Ce fléau bureaucratique n’est malheureusement pas une prérogative du secteur public. Ainsi, dans le secteur privé, le management pléthorique des grandes entreprises s’apparente à une monstrueuse administration.

Les entreprises privées sont devenues bureaucratiques, voire davantage que le secteur public.

Bureaucrates publics ou bureaucrates privés, leurs objectifs semblent les mêmes.

Les objectifs des bureaucrates

D’abord, il s’agit de capter des revenus. Ainsi, le moindre manquement à l’une des règles édictées par les ronds-de-cuir permet de facturer le client sous forme de contravention.

Par exemple, dans les banques, les agences voient leur compte de résultat ponctionné de multiples amendes (défaut de conformité d’un dossier, pénalités à la suite du déclenchement d’une alarme, retard dans la transmission d’un client débiteur au recouvrement…) obligeant l’agence sanctionnée à surperformer pour atteindre ses objectifs annuels !

Ensuite, il s’agit pour ces bureaucrates de justifier leur existence. La multiplication de normes farfelues permet à ces hommes et ces femmes d’affirmer leur utilité, quitte à saper le travail des autres.

Enfin, ce qui caractérise les bureaucrates, notamment français, c’est leur formation. Public ou privé, et particulièrement pour les banques, ils sont originaires d’un même sérail : l’inspection des finances.

La France est une gigantesque bureaucratie

La République française est devenue une gigantesque et impitoyable bureaucratie étatique, avec à sa tête un chef. Emmanuel Macron est le prototype du bureaucrate déshumanisé. Bien sûr intelligent, il a vite compris que le Français de base, vous et moi, ne vivait pas que pour le travail, mais aussi pour les loisirs, l’amour, les contacts humains.

Sa dernière allocution de mercredi marque ce changement de ton. Cependant, chassez le bureaucrate et il revient au galop, il n’a pas vu combien de commerçants de centre-ville ont pu se sentir brutalisés par la fermeture de leurs commerces car n’étant pas essentiels à la vie de la Nation !

Ces représentants politiques hors sol font preuve tout à la fois de méconnaissance de l’économie et d’un populisme intellectuel écœurant.

Il est vrai que ceux-ci n’ont jamais mis les pieds dans une vraie entreprise, et seraient bien embarrassés pour analyser le bilan de celle-ci. Ces gens-là parlent de tout sauf d’économie réelle et passent beaucoup de temps à développer une novlangue économique démagogique (dernier en date le PIB ressenti créé deux ans après le fameux pouvoir d’achat ressenti).

Le télétravail pour tous, vraiment ?

S’il fallait une autre preuve du caractère hors sol des mesures bureaucratiques, la volonté de l’exécutif d’amener les salariés qui le peuvent à travailler à distance et d’accompagner les entreprises qui le veulent à s’équiper d’outils digitaux (numérisation), illustre parfaitement le décalage de nos dirigeants.

Selon le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari, 40 % des Français peuvent télétravailler. Cette déclaration suit le discours de Jean Castex, le Premier ministre, pour qui « toutes les fonctions qui peuvent être télétravaillées doivent l’être 5 jours sur 5 ».

Ayant dirigé des agences bancaires pendant 20 ans je peux témoigner que s’il devient systématique,  le télétravail ou toute autre sorte de travail à distance empêche de repérer les signaux de faiblesse de l’entité ou d’un collaborateur.

Là encore, on oublie que le résultat d’une entreprise n’est pas que la somme de travaux individuels, mais celui d’une équipe qui a besoin d’interagir physiquement.

De plus, concernant les outils numériques, la réalité sur le terrain varie énormément d’une entreprise à une autre, même si elles font le même poids sur un secteur économique identique.

En tout cas, le ralentissement de l’activité économique venant réduire les marges, celles-ci ne trouveront pas la capacité d’investissement nécessaire au rattrapage de leur retard.

Ces deux millions de petits patrons qui voient se profiler un nouvel arrêt de l’activité économique sont les derniers survivants d’un monde où certains choisissaient de vivre de leur travail, en prenant le risque d’être libres.

Mais comment faire vivre cette liberté dans un monde, un pays, où les manettes sont tenues par des bureaucrates totalitaires voire crypto-marxistes ! Les technocrates ne sont pas prêts à lâcher la barre pour imposer l’omnipotence de la protection et de l’aversion au risque dans la société française.

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