Pourquoi les politiciens détestent le marché libre

Publié Par Ferghane Azihari, le dans Économie générale

Par Ferghane Azihari.

marché libre

Marché libre-Cérémonie d’ouverture des JO de Pekin By: U.S. ArmyCC BY 2.0

Pas un jour ne passe sans que nous entendions un politicien faire le lien entre les malheurs du monde et les excès d’une économie prétendument dérégulée. En Europe, l’idée de marché libre est particulièrement méprisée par la classe politique.

La raison de ce mépris tient à la nature même du commerce. Le marché n’est en effet ni plus ni moins qu’un réseau de coopérations volontaires. D’humbles individus tels que vous et moi qui échangeons des biens, des services et des idées.

Ce réseau se constitue de vastes associations que nous nouons par affinité et par intérêt pour satisfaire nos désirs tout en proposant des solutions aux problèmes rencontrés par nos semblables. Or quand on y réfléchit, c’est précisément ce que prétendent faire les politiciens. Ils affirment eux aussi être indispensables à notre épanouissement.

Une concurrence féroce entre l’État et le marché libre

Il existe donc une concurrence féroce entre l’État et le marché. À ceci près que le premier se distingue du second par le fait qu’il fonctionne sur la base de la force et non du consentement supposé régir les relations civilisées.

Autrement dit, le marché libre est un puissant vecteur d’autonomie de la société vis-à-vis de l’État. Et c’est précisément cette autonomie que la classe politique redoute puisque son prestige, son pouvoir et ses privilèges dépendent de sa capacité à nous convaincre de son utilité.

Tout ceci n’est bien entendu qu’un leurre puisque la classe politique ne produit aucune richesse. Elle ne fait que consommer les biens et les services produits par le secteur marchand.

Éducation, santé, sécurité, protection sociale, finance, monnaie… Il n’existe pas un seul « service public » que nous ne pourrions pas produire nous-mêmes – et de manière plus compétitive – sans ce coûteux « intermédiaire » qu’est l’administration.

Encore faudrait-il que l’on puisse s’affranchir des nombreuses entraves réglementaires et fiscales pour le prouver. Mais la bureaucratie y trouverait-elle seulement un intérêt ? Pas si sûr. Que lui resterait-il autrement ?

Des exemples privés plus réussis que les prestations publiques

Des entreprises comme EasyJet ou Blablacar ont démocratisé le transport de manière plus significative que tous les ministères des transports réunis en Europe.

L’industrie du numérique a favorisé la circulation de la connaissance et de l’information, là encore, de manière beaucoup plus puissante que l’Éducation nationale.

Quant aux inventeurs de la Blockchain, leurs contributions pour faciliter les échanges auront un impact plus retentissant que l’action de toutes les banques centrales réunies.

Il n’est donc pas difficile de constater que le marché – en dépit des nombreuses entraves qu’il endure – contribue quotidiennement à l’amélioration de notre condition.

D’autant plus qu’il le fait d’une manière beaucoup plus rapide que l’administration qui, elle, se définit essentiellement par son immobilisme et son inefficacité sauf lorsqu’il s’agit de saboter l’économie.

La classe politique n’est donc nullement indispensable pour favoriser notre prospérité. Celle-ci s’obtient au contraire par les gains de productivité générés par la division du travail, l’accumulation de capital ainsi que le progrès technique que permettent l’entrepreneuriat, l’épargne et l’investissement. La classe politique ne joue aucun rôle dans la création de richesses et ne sait faire que la ralentir par son activisme fiscal, réglementaire et monétaire.

Du point de vue du politicien classique, la méfiance vis-à-vis du marché est donc tout à fait rationnelle. Le commerce a toujours constitué un puissant contre-pouvoir au discours et à l’arbitraire des États.

Il semble en effet que le pouvoir politique s’arrête là où le marché libre commence. Tâchons donc de reprendre des parts de marché aux politiciens partout où cela est possible.


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  1. Article très juste et fort bien écrit. Félicitations à son auteur. Preuve qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années …

  2. Intéressant mais merci de nous rappeler aussi les joies du marché.
    En 1995 je payais 1800 francs de loyer soit 280€, aujourd’hui 600€…Le gasoil à 4 francs soit 0.8€, Un menu à 100 francs n’était pas loin du gastro…quand aujourd’hui à 15€ t’as un plat du jour. Le menu Mc Do était à 25 francs soit 3.5€ contre 7 aujourd’hui. Je ne parle pas des pommes de terre ou des tomates dont les prix ont été multipliés par un minimum de 10….Les clopes à 1.5€….
    Hier avec mes enfants 3 crêpes 3 cocas 15€ !
    La place au stade à 40€…quand moi j’y allais pour 50 Francs soit 7.5€
    Pendant ce temps les salaires n’ont pas été doublé, triplés ou quintuplés.
    Les joies du marché ont leurs limites, il serait temps d’arrêter ce délire…
    Une tomate reste une tomate même 20 ans après il n’y a pas de raison qu’elle coûte 10 fois plus cher…

    1. Houla ! Là, il y a du boulot ! Moi pas président, je vous conseille d’aborder rapidement les premières bases de l’économie. Votre post témoigne d’une méconnaissance profonde des principes de fixation des prix. Aucune inquiétude, ça se soigne … 🙂

    2. Il y a une raison principale à l’augmentation des prix : les charges de l’Etat que les entreprises doivent compenser … Surtout au niveau des loyers, de l’essence, des cigarettes. Quand à l’Horeca, les charges sur le salaire et le travail sont responsables

      1. Effectivement, si le net n’a pas augmenté au rythme des prix depuis une ou deux décennies, le brut en revanche, et encore plus le salaire complet, ont bien suivi les évolutions des prix. Mais au passage, l’Obèse s’est grassement servi. Il faut bien que quelqu’un paye pour nourrir le Monstre affamé. Sans surprise, c’est Moi-pas-président qui paye.

        Moi-pas-président paye en toute justice, puisqu’il finance les politiques pour lesquelles il a voté avec enthousiasme.

        Mais voilà, Moi-pas-président pleurniche aujourd’hui, parce qu’il veut bien du rêve des promesses politiques, mais pas des conséquences normales de ces promesses. Moi-pas-président comprend aujourd’hui que le fameux riche détesté qu’on allait tondre pour rétablir la justice sociale, c’est lui-même et personne d’autre.

    3. Et que penser de l’évolution de la taxe foncière, taxe d’habitation, et de tous les tarifs « étatiques » RATP, SNCF, sur la même période?
      Il est intéressant de voir dans une comptabilité d’entreprise comment ont évolué le poste salaires et charges, achats et fournitures, impôts et taxes sur 20 ans, pour constater dans bon nombre de cas que le Moloch administratif dévore la part des salariés et des fournisseurs en prélevant insidieusement et méthodiquement quelques % de plus chaque année en cotisations et impôts! Le prix de vente de toute marchandise n’est que le reflet du prix de revient ! Il est extraordinaire dans de telles circonstances que de nombreux prix aient baissé en relativité salaire moyen- coût ! http://abcmoteur.fr/societe/cout-achat-voiture-évolution-prix-en-30-ans/
      A un jeune entrepreneur qui après quelques années d’effort, constatait malgré son désendettement, sa fragilité, je lui faisais remarquer que la diminution de ses charges financières entraînaient simultanément l’augmentation de ses cotisations sociales et de ses impôts. De plus dans la plupart des activités la dette croit plus vite que le revenu.
      Un petit exercice pour stimuler sa connaissance du commerce consiste à se demander lorsque vous payez 100 euros en caisse d’un supermarché hypersuper libéral, combien prend ou prennent l’état, les salariés, les fournisseurs, les services extérieurs….Vous trouverez la réponse et consultant la comptabilité de l’entreprise en compte de résultat. Cela décoiffe comme on dit

    4. En économie ça s’apelle l’inflation déjà conceptualisée par les jésuites de l’école de salamanque au XVIe siècle. Un peu de documentation sur les politiques monétaires vous permettra de ne pas vous tromper de coupable.

  3. Sans contrôle (sérieux, est-il besoin de préciser) des élus, la démocratie va à vau-l’eau …

  4. Je félicite l’auteur de cet article si intéressant qui m’a vraiment intéressé. J’aimerais bien qu’il pourrait être traduit aux différents langues comme l’espagnol, ma langue maternelle, dans laquelle ce type d’information est nulle.

  5. bravo pour cet article didactique, clair, simple et juste. Vous mettez le doigt sur un aspect essentiel qui différencie le commerce et les relations des citoyens avec l’état. Volontariat dans le commerce, relations contraintes avec l’état pour une raison : la transaction avec l’état n’est jamais dans l’intérêt du citoyens car elle chère et de mauvaise qualité. On peut même parler de vol dans une certaine mesure.

    1. @lozano
      que diriez vous du secteur manufacturier et agri-agroalimentaire ?
      nb ne faisons plus que du commerce, pour éteindre ces secteurs et importer à tout va ?
      et puis allons-y carrément : en socialaisie hollandaise, il est interdit de manufacturer, élever ou encore cultiver quoique ce soit, sauf à laisser ses marges aux marchands ou aux ponctionnaires de l’état !

  6. Laurence fontaine dans le marché histoires et usages d’une conquête sociale note que le marché menace les sociétés a statuts dans la mesure ou avec le marché n’importe qui peut s’émanciper économiquement sans avoir besoin d’un statut. « un specter hante l’europe: c’est le spectre des marchés. Pour le traquer, toutes les puissances de la vieille europe se sont liguées en une sainte chasse a courre: le pape et les présidents de la république, la droite nationale-populiste et la gauche radicale-communiste, des radicaux grecs et des politiciens bruxellois. »

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