Confinement : Macron sacrifie les uns pour protéger les autres

Macronavirus By: Jeanne Menjoulet - CC BY 2.0

Par Olivier Maurice.

Le discours d’Emmanuel Macron de mercredi soir, le 7° depuis le début de la crise sanitaire était malheureusement prévisible : un étalage d’arrogance transpirant une incroyable incompréhension de la situation que traverse actuellement le pays, un manque de recul sur les dégâts occasionnés par les décisions prises et un manque total de vision de l’avenir.

Il ne s’agissait de rien d’autre qu’une tentative pour tenter de justifier ou de maquiller un incroyable enchaînement d’incompétences et d’erreurs.

Il n’y était proposé rien d’autre que de sacrifier toute une partie de la population sous prétexte d’en protéger une autre.

Il y planait l’affreuse odeur du soupçon que le Président aurait finalement cédé au chantage hideux des mandarins de l’hôpital public qui réclament la remise en prison de la population depuis le premier jour du déconfinement.

Pourtant, le premier droit des citoyens dans une démocratie, c’est celui d’être dirigé par un gouvernement compétent, honnête et juste.

C’est tout l’inverse qui s’est écoulé sur nos écrans pendant un peu plus de 20 minutes.

Fiabilité des informations

Comment croire un président qui accumule les erreurs, les imprécisions et les contre-vérités et ne pas penser que son discours n’était qu’un long alignement d’inexactitudes ?

Un « virus qui circule actuellement à une vitesse que même les plus pessimistes n’avaient pas anticipés », alors qu’on nous rabat les oreilles depuis juin sur le risque d’un nouveau confinement.

Un « nombre de contaminations rapporté à la population qui aurait doublé en moins de deux semaines » alors que les chiffres les plus fous circulent de la bouche même du comité scientifique et du ministre de la santé et que les chiffres rendus publics disent encore autre chose.

« Hier, 527 de nos compatriotes sont décédés du COVID-19 » : une information confuse de l’AFP qui cumulait en fait les décès des 4 derniers jours.

« 3000 personnes en réanimation, soit plus de la capacité nationale », alors que plus tard on nous explique que nos capacité de réanimation ont dépassé les 6000 places. Que croire ? 5000 ou 6000 ? Que penser de deux vérités différentes ?

« L’ensemble des régions se trouvent aujourd’hui au seuil d’alerte », alors que les seuils sont calculés par département.

Etc…

Pas une seule phrase dans les deux premières minutes du discours qui soit fiable.

On atteint même le chef d’œuvre du surréalisme avec une estimation de 400 000 victimes supplémentaires en cas de non-confinement, chiffre totalement fantaisiste, démenti par les estimations de l’OMS, par les exemples de pays n’ayant pas confiné, et qui puise sa source dans les estimations fantaisistes qui ont circulées au début de l’épidémie alors que l’on ne connaissant rien du virus.

Pas de Mea Culpa

Comment ensuite ne pas juger sévèrement les décisions et les actions qui ont mené le pays dans une telle crise, alors qu’aucun mea culpa, aucune analyse de ce qui n’a pas fonctionné, aucun remise en question, aucune piste de changement n’ont été évoqués ?

On nous a menti sur les masques, on nous a menti sur les tests, on nous a menti sur la capacité de réorganiser l’hôpital, on nous a menti sur tout, pour cacher l’incroyable incompétence qui a fait qu’il n’y avait pas de masques, qu’il n’y avait pas de tests, qu’il n’y a toujours pas assez de lits et de soignants …

Et surtout, le président fait un incroyable aveu d’impuissance en agitant l’épouvantail du tri qu’il faudrait faire entre les patients. Ce genre de résignation devant l’inadmissible est juste inacceptable.

Personne n’attend du chef de l’Etat qu’il trouve normal, qu’il se résigne, qu’il considère comme une fatalité l’état actuel de l’hôpital. Surtout que le même fanfaronnait le 14 juillet que celui-ci serait prêt.

Un président de la République ne peut pas dire au pays que l’on ne peut rien faire et qu’il faut que ce soient les citoyens qui paient les conséquences de l’incompétence et de l’impréparation des services qu’il a en charge.

Ou alors il en tire les conséquences pour lui-même.

Ceux qu’on laisse sur le bord de la route

Le confinement va durement frapper les jeunes, les enfants, les adolescents et les étudiants.

De plus, les plus âgés n’auront de cesse de les ériger en boucs émissaires et de rendre responsable l’ouverture des écoles.  Leur vie sociale va de nouveau être réduite à néant. Les stages, alternances, petits jobs, sorties scolaires, sports etc … vont de nouveau être mis en parenthèse.

Il va précipiter une quantité incroyable de commerçants et d’entrepreneurs dans la ruine. Il va priver de leurs revenus tous les auto-entrepreneurs, tous les précaires, tous les petits boulots, tous les « non indispensables » sans qu’ils ne puissent bénéficier d’aucun revenu de substitution.

L’Etat est même en train de préparer la liste de ceux qui ne sont pas indispensables : de ceux qui ne servent à rien en somme…

Et de l’autre côté, il va augmenter encore la pression sur tous ces métiers indispensables, de tous ces métiers si déconsidérés, si mal payés, si mal récompensés… Il va rendre encore plus compliqué la vie pour tous ces Français de la périphérie : des banlieues, des campagnes, des petites villes.

Ce que bon nombre de Français : les moins fortunés, les plus précaires, les plus fragiles vont comprendre de ce discours, c’est qu’il faut qu’ils se sacrifient pour préserver les plus privilégiés.

Encore une fois, on demande de sacrifier le monde d’aujourd’hui et le monde de demain pour tenter de sauver un rêve qui s’est totalement écroulé : celui du meilleur système social du monde.

Un rêve qui n’est en fait qu’une accumulation de privilèges payés à crédit et extorqués sur le dos de ceux qui travaillent dur et sur l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants.

Le socialisme joue ses dernières cartouches

Le socialisme à la Française joue aujourd’hui ses dernière cartouches.

Au lendemain du discours d’Emmanuel Macron, la #GrèveGénérale tenait la une sur Twitter … avant que l’autre responsabilité, l’autre promesse jamais tenue du gouvernement, celle de la sécurité du pays face aux #Attentats ne vienne le remplacer.

Nulle part, dans aucun pays, les actions politiques coercitives n’ont enrayé l’épidémie. Mais partout où l’Etat s’est attribué le monopole de la santé et a réagi par des mesures liberticides et contraignantes, partout, dans tous ces pays : Belgique, Espagne, Italie, Brésil, Angleterre, France … partout la situation a été catastrophique.

Le socialisme n’est pas la démocratie, même si toute une génération d’intégristes et de rêveurs fait vivre le pays dans le dogme que ce serait le cas : que la mise en coupe réglée de l’économie et le contrôle serré de la population par l’Etat démocratiquement élu serait gage de justice, de compétence et d’honnêteté envers le Peuple.

La justice ne s’obtient pas avec des impôts et des lois. La compétence disparaît totalement dans la planification et les bourrelets du Léviathan. L’honnêteté n’a pas de place dans les intrigues de cour et les calculs politiciens.

Il est vraiment temps de remettre l’Etat à sa place et de lui interdire pour de bon de jouer avec nos vies et notre avenir.

L’Etat n’a rien à faire dans la santé, dans l’économie, dans l’éducation, dans l’emploi, dans les commerces, dans les transports, dans la culture …. Parce que la seule chose qu’il sait y faire, c’est de briser les individus, de tout détourner vers des fins politiques et idéologiques et de créer privilèges et injustices.

 

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