Olivier Véran veut vous forcer à être solidaires !

bank robbery by frankieleon(CC BY 2.0) — frankieleon, CC-BY

« On peut imposer aux gens de prendre soin des autres malgré eux » : la récente intervention d’Olivier Véran est inquiétante et ô combien révélatrice.

Par Margot Arold.

Le texte posté sur Instagram jeudi par Nicolas Bedos a fait réagir de nombreuses personnalités. Il y encourageait les gens à vivre, et à ne pas isoler les personnes âgées qui souffrent de cette solitude particulièrement à la fin de leur vie.

Le ministre de la Santé Olivier Véran s’est fendu d’une réponse à l’Assemblée nationale :

« On ne peut pas imposer aux gens de prendre soin d’eux malgré eux. Mais on peut imposer aux gens de prendre soin des autres malgré eux. »

En quelques mots, tout est dit. Notre système français tout entier est contenu dans cette expression : « On peut imposer aux gens de prendre soin des autres malgré eux. »

Le totalitarisme assumé d’Olivier Véran

Cette phrase ahurissante révèle à quel point le politique pense pouvoir faire entrer au chausse-pied les individus dans des cases : « on peut ». « On peut imposer. » « On peut imposer malgré » les gens.

Tout un programme de la part de politiciens dont on rappelle qu’ils ont été élus, donc ont été choisis pour représenter une partie de la population.

Une fois en place, plus question d’être au service des électeurs : il n’y a plus que la force et la coercition.

Solidarité forcée

D’ailleurs, si un système démocratique comporte des élections, c’est pour faciliter les décisions, pour déléguer à une poignée d’élus des choix supposés représentatifs de ceux qui les ont portés au pouvoir.

Si aujourd’hui on a délégué la charité à une instance placée au-dessus de nous, c’est en supposant qu’elle fera mieux que nous en tant qu’individus, qu’elle sera plus efficace.

Ce n’est pas le cas.

Hôpitaux qu’il faut « protéger » de l’afflux de patients (on croit rêver ! Les patients seraient au service de l’hôpital !), administration tatillonne envers les patients, mais pleine de largesses avec des bénéficiaires fantômes, incapable de savoir combien elle a de personnels, de bénéficiaires, incapable de gestion rigoureuse, et croulant sous le poids de ses organigrammes redondants…

En France, il est déjà obligatoire d’être solidaire, monsieur Véran. Nous n’avons pas le choix. Vous avez raison, vous pouvez nous l’imposer, c’est d’ailleurs le cas.

La solidarité forcée, c’est maintenant

C’est le cas pour l’artisan qui paie ses charges sociales, y compris quand lui-même tombe malade, et qui s’entend dire qu’on ne prend en charge « qu’une partie » de ses dépenses de santé.

Idem pour la personne malade ou handicapée qui aurait pu financer elle-même des travaux d’aménagement de son domicile avec des économies qu’elle n’a pas puisqu’elles se sont envolées dans les cotisations pour l’intérêt général, pour mettre « au pot commun ». On lui a dit que le jour où elle « aurait besoin », l’État ou ses extensions mutualisées seraient là pour elle. Et le jour où elle a besoin, on lui explique qu’elle ne recevra qu’un petit remboursement sur les sommes faramineuses versées à l’organisme de Sécurité sociale.

Ou ces parents qui, confiants dans une médecine du futur, souhaiteraient conserver le sang du cordon ombilical de leur nouveau-né, dont les cellules souches sont porteuses de promesses. Mais pas question de les conserver à titre individuel, voyons ! Quel égoïsme ce serait, dans notre beau monde solidaire ! Alors oui, ils peuvent le mettre « à la banque du sang », qui servira « au plus grand nombre »… mais peut-être pas à eux, personnellement, le jour où ils en auraient « besoin ».

Et ces Ehpad, sous perfusion publique permanente (encore l’argent des cotisations sociales), infoutues de recruter du personnel (mal payé), faisant payer une deuxième fois les familles afin qu’elles obtiennent un service médical digne de ce nom.

On comprend qu’il faille nous « imposer » de prendre soin des autres : libres de nos choix, nous serions plus efficaces pour nous prendre en charge nous-mêmes. Mais évidemment, il n’y aurait plus cette manne financière que l’État se charge généreusement de redistribuer où bon lui semble. Le roi serait nu.

Où est l’argent récolté avec cet argument collectiviste ?

Oui, bien sûr, monsieur Véran « on peut imposer aux gens de prendre soin des autres malgré eux ». C’est bien ce qu’on fait, en France.

On nous chantonne des centaines de fois cette vieille rengaine marxiste : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins », pour nous laisser croire que l’intérêt général est supérieur et que nous en verrons tous les avantages lorsque nous serons vieux, malades, ou fatigués. Hélas, vieux, malades ou fatigués, nous n’avons plus l’énergie de dénoncer la perversité de ce système qui n’est plus là « en fonction de nos besoins ».

« Imposer aux gens de prendre soin des autres malgré eux » c’est ce qu’on fait déjà en France. C’est tellement efficace…

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.