Covid : « Pense aux vieux et mets ton masque ! »

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Penser aux « vieux », c’est le mot d’ordre pour faire respecter les mesures liberticides. Et si, justement, on pensait à eux ? Et pas seulement à eux. Témoignage.

Par Constance Mas.

Je suis triste et en colère de vivre dans un pays où les gens trouvent normal que les gouvernants décident de combien de personnes chacun a le droit de fréquenter, comment, où, et à quelle heure.

Je le serais quel que soit le contexte justifiant prétendument une privation de liberté aussi aberrante, mais je le suis particulièrement dans ce contexte. Je sais qu’on va me sortir le classique « pense aux vieux et aux fragiles »…

Je pense à ces vieux qui ont été privés de voir leur famille et amis, et de voyager – je me souviens de mes grands-parents et de la très rapide dégradation de leur santé le jour où ils n’ont plus pu faire ces trois choses, ça les a tués plus sûrement que la maladie qui les en empêchait ; à ceux qui ne pourront pas fêter le mariage ou le baptême de leurs petits-enfants, filleuls, neveux ou nièces ; à ceux qui ont vu ou vont voir mourir une entreprise fruit du travail de toute une vie ; à ceux dont les derniers mois seront marqués par la solitude et l’angoisse permanente de la mort.

Je pense aux fragiles qui ont plongé dans la dépression à cause de problèmes financiers ; à ceux coincés dans un environnement familial toxique pendant des mois ; à ceux atteints de maladies mentales exacerbées par l’obsession du virus, la solitude, la privation de leurs activités, parfois de leurs soins ; à ceux pour qui le suicide a semblé ou semblera la seule solution.

Et je pense aux jeunes aussi, dont on ne parle jamais. À ceux qui cherchent un employeur, parfois indispensable pour conserver une formation durement obtenue ; à ceux qui vivent dans une chambre de bonne minuscule et dont la vie doit être encore plus triste que d’habitude ; à ceux qui étaient heureux à l’idée de pouvoir enfin fêter l’amour de leur vie après avoir dû patienter pendant des mois ; à ceux qui tout simplement aimeraient vivre, créer, innover, pour leur génération et la génération future.

Franchement, je me dis qu’il est incroyablement égoïste de sacrifier toutes ces personnes sur l’autel de la bonne conscience – la nôtre et celle d’une élite méprisable qui n’a rien fait pour elles et continuera à ne rien faire.

Donc non, je vous préviens, ça n’est pas la peine de me faire le coup de la compassion. Vous n’avez pas le monopole des bons sentiments. Et je n’aime pas le pays créé par les vôtres.

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