Maoïsme et progressisme radical : une troublante analogie 

Si le politiquement correct d’aujourd’hui est dangereux, ce n’est pas seulement qu’il interdit de dire certaines choses mais surtout qu’il oblige à en dire d’autres.

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Maoïsme et progressisme radical : une troublante analogie 

Publié le 27 août 2020
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Par Bertrand Buisson.

Même si l’Histoire ne se répète jamais, on y trouve toujours de troublantes analogies. La civilisation occidentale chrétienne est aujourd’hui bouleversée par l’émergence d’un progressisme radical qui remet en cause toutes ses normes, ses valeurs et ses croyances.

Mais derrière sa volonté d’émancipation face à l’ordre établi, ce mouvement dégage un véritable désir punitif qui n’est pas sans rappeler un précédent historique trop méconnu : la Révolution culturelle menée par Mao dans la Chine communiste entre 1966 et 1976.

En effet, cette révolution de la jeunesse urbaine chinoise contre le pouvoir du Parti communiste a été instrumentalisée par Mao pour détruire ses rivaux au sein de l’appareil d’État.

Croyant faire la révolution, ces millions de jeunes vont ainsi œuvrer avec une énergie insoupçonnée à la destruction de la civilisation chinoise. Pour le sinologue Jean-Luc Domenach1, il s’agit d’une paradoxale « rébellion répressive ». Nous allons voir qu’il existe de nombreuses analogies entre ce mouvement et le progressisme radical, tant sur leurs ressorts idéologiques que sur leurs modes opératoires. Et ces analogies sont riches en enseignements civiques.

Un mécanisme idéologique semblable

En lançant la « Grande révolution culturelle prolétarienne » (GRCP) au printemps 1966, Mao donne pour mission aux Gardes rouges de détruire toutes les références culturelles antérieure à l’établissement du régime communiste en 1949. On retrouve cette exhortation contre ce qui sera dénommé les « quatre vieilleries » dans l’éditorial du Quotidien du peuple du 1er juin 19662 :

La révolution culturelle prolétarienne vise à détruire de fond en comble la pensée, la culture, les mœurs et les coutumes anciennes, que les classes exploiteuses utilisèrent au cours des millénaires pour empoisonner le peuple, et à créer et développer parmi les larges masses populaires une pensée, une culture, des mœurs et coutumes totalement nouvelles, celles du prolétariat.

Pour advenir l’ordre nouveau doit donc détruire tout ce qui l’a précédé. Dans une vision marxiste radicale, l’ensemble de la civilisation chinoise est considéré comme oppressif et corrompu. Rien ne peut ni ne doit en être sauvé. La rédemption passe par l’éradication.

On retrouve ce fond idéologique par exemple dans la mouvance néo-féministe qui estime que toute notre culture est le produit d’un patriarcat oppresseur et qu’il faut donc remplacer l’intégralité des mœurs anciennes régissant les rapports entre les hommes et les femmes.

Mais également dans la mouvance décoloniale qui affirme que l’histoire du monde se résume par la domination des Blancs sur les racisés et qu’il faut donc effacer toutes les traces de cette histoire.

L’exploitation des frustrations de la jeunesse

Le ressort sociologique de la révolution culturelle repose sur la mise en opposition des jeunes et des anciens3. Ce que l’on retrouve aussi aujourd’hui avec Greta Thunberg et son « vous avez volé mes rêves et mon enfance » ou encore le fameux « ok boomer ».

Pour s’attaquer aux intellectuels, artistes et cadres du parti qui lui résistaient, Mao a mobilisé les millions de jeunes urbains scolarisés. Il a misé sur leur frustration de devoir subir un ordre rigide alors qu’ils étaient biberonnés aux exploits de la révolution communiste de 1949. Leur besoin de reconnaissance et leur soif de revanche étaient très forts.

Il a aussi misé sur leur jeunesse puisque entièrement éduqués dans le dogme maoïste, ils n’avaient aucune autre arme intellectuelle à leur portée. Les Gardes rouges ont donc été ses partisans les plus fanatiques, voulant faire appliquer à la lettre les slogans maoïstes appris par cœur. Quelques 200 000 enseignants, intellectuels et artistes furent torturés, emprisonnés ou assassinés par eux entre 1966 et 1967.

La destruction du passé

Dans leur furie destructrice, les Gardes rouges s’en sont aussi pris aux objets incarnant les « vieilleries ». Livres, monuments et antiquités sont détruits. Même les registres généalogiques sont brûlés et de nombreuses personnes doivent changer de prénom. Les rues sont débaptisées, tout comme les écoles. Les films, spectacles et musiques sont interdits. Seules quelques œuvres produites par les maoïstes et conformes au maoïsme sont autorisées.

Cela n’est pas sans rappeler de nombreux faits d’actualité récents.

Les destructions de statues aux États-Unis ou en Europe dans le cadre du mouvement « Black lives matter ». On a aussi vu les élèves du lycée Colbert de Thionville le faire rebaptiser Rosa Parks.

Le chef d’œuvre du Septième art Autant en emporte le vent a été retiré du catalogue de HBO puis sa projection parisienne déprogrammée. Les romans Huckleberry Finn ou La Case de l’oncle Tom ont été retirés de programmes scolaires et de bibliothèques américaines. En 2019, des groupes antiracistes avaient fait interdire une pièce de l’auteur antique Eschyle à la Sorbonne.

La Ligue de défense noire africaine a même affirmé le 30 mai que « La France de Clodion le Chevelu, de Jeanne d’Arc, de Philippe Pétain ou de Charles de Gaulle n’est plus ! », appelant au « renommage (sic) des rues, places et lycées » et réclamant que Montesquieu, Napoléon ou le général de Gaulle soient remisés dans un « musée des mauvais hommes ».

La surveillance mutuelle

Le maoïsme est allé beaucoup plus loin que le stalinisme dans le contrôle social, au point même d’effrayer certains observateurs soviétiques. En Chine, la répression n’est pas policière et secrète mais populaire et publique. Elle s’exerce notamment par les « meeting de lutte », qui sont des séances de critique et d’autocritique devant renforcer le conformisme idéologique.

Les personnes suspectées d’être contre-révolutionnaires sont accusées publiquement et doivent subir les insultes de la foule, sous les exhortations de cadres du parti ou de gardes rouges.

Chacun peut inspecter les pensées de l’autre et est appelé à être plus radical que son voisin, sous peine d’être suspecté à son tour. En ce qui concerne l’accusé, il est considéré comme coupable et ne peut que se repentir, c’est l’autocritique. Toute contestation renforce la culpabilité et le déchaînement de la foule.

La pratique actuelle du « online shaming » (ou « humiliation en ligne ») n’est rien d’autre que des meetings de lutte numériques. On ne compte plus le nombre d’influenceurs, de personnalités ou même de simples internautes qui au moindre propos pouvant toucher un membre d’une minorité sexuelle, ethnique ou religieuse, ont subit le déchaînement des réseaux sociaux.

Une fois pris dans la tourmente ils ne peuvent plus se défendre puisque noyés sous la masse des accusations et des insultes. Leur seule solution est de reconnaître qu’ils ont mal pensé. Récemment, accusé de machisme pour avoir critiqué le mouvement #MeeToo, le ministre de la Justice a été contraint d’affirmer publiquement « je suis féministe et je le dis, sans avoir à rougir, je suis féministe ».

La mort sociale

Sous Mao, les accusés étaient aussi promis à l’ostracisme. Après leur critique publique, les proches étaient vivement incités à rompre tous liens avec l’accusé, sous peine d’être accusés à leur tour. Les femmes étaient incitées à divorcer, les employeurs à licencier et les voisins à ne plus leur parler.

Ce mécanisme faisait pleinement partie de la « terreur démocratique » voulue par Mao pour inciter chacun à devenir un auxiliaire du pouvoir. Et d’ailleurs, souvent, les enfants devinrent les accusateurs de leurs propres parents, poussant le contrôle idéologique jusqu’au sein des foyers.

Cette pratique de la mise à mort sociale s’est largement instaurée sur les réseaux sociaux avec la cancel culture qui est même revendiquée par les progressistes radicaux comme moyen de lutte contre la haine. Dans le cadre de l’humiliation publique, il s’agit de faire disparaître l’accusé des réseaux sociaux ainsi que de sa vie réelle.

Pour la partie virtuelle, il s’agit de signaler massivement aux plateformes numériques (Facebook, Youtube, Twitter, etc.) les comptes des personnes accusées afin d’en obtenir la fermeture. Et si les plateformes ne suivent pas, la campagne d’accusation peut se retourner contre elles, au point que Facebook est aujourd’hui boycotté par les annonceurs pour ne pas avoir supprimé suffisamment de comptes d’utilisateurs suite au meurtre de George Floyd.

Pour la partie réelle, il s’agit de révéler des informations sur la vie privée (doxing), comme par exemple le nom de son employeur. Le but est d’obtenir, par le déchaînement de la fureur populaire envers l’entreprise, le renvoi de l’accusé. Mais souvent, la simple accusation suffit à ruiner la vie d’une personne.

Sandra Muller, l’égérie du mouvement #BalanceTonPorc lancé sur twitter en 2017, a accusé à tort son ancien patron de harcèlement. Et même si la justice a condamné l’activiste en 2019 pour dénonciation calomnieuse, la victime y a quand même perdu sa femme et son travail.

La rééducation

Les Gardes rouges ont envoyé 3 à 4 millions de personnes dans les Laogai, ces camps de rééducation créés par Mao en 1950 d’où un tiers des prisonniers ne revinrent jamais.

Dans ces camps, les accusés-coupables devaient travailler en groupe sur leur autocritique puis étudier les citations de Mao jusqu’à ce qu’ils deviennent conformes idéologiquement. Évidemment, le fait de travailler en groupe avait pour but d’assurer la surveillance mutuelle.

On retrouve ce même réflexe dans le clip de la chanteuse Angèle Balance ton quoi, sorti en 2019 afin de soutenir le mouvement #BalanceTonPorc. Il met en scène un tribunal où les hommes sont jugés pour sexisme. Les coupables y sont envoyés non pas en prison mais dans un camp de rééducation (anti-sexism academy) pour apprendre lors de séances de groupe à penser comme il faut.

Le danger

Si le politiquement correct d’aujourd’hui est dangereux, ce n’est pas seulement qu’il interdit de dire certaines choses mais surtout qu’il oblige à en dire d’autres. Comme l’explique Jean Pasqualini, franco-chinois incarcéré sept années dans un camp de rééducation maoïste, le but de l’autocritique « n’est pas tellement de vous faire inventer des crimes inexistants, mais de vous faire admettre que la vie ordinaire que vous meniez était pourrie, coupable et passible de châtiment, puisqu’elle ne correspondait pas à leur propre conception de la vie4».

Aux yeux des progressistes radicaux, il faudrait avouer qu’en tant qu’homme vous avez forcément violé ou cautionné la culture du viol, qu’en tant que Blanc vous avez forcément des privilèges, que si vous êtes en bonne santé vous devez véhiculer la grossophobie, etc.

C’est un mouvement de déracinement massif. L’historien Loris Chavanette explique : « une fois le processus de déculturation engagé, difficile de l’arrêter car c’est alors la course à la mesure la plus radicale, à la démagogie5 ».

On le reconnaît lorsque la lutte antiraciste devient raciste en collant une étiquette aux Blancs, quand les antifascistes deviennent fascistes en utilisant la violence contre tout opposant ou lorsque les féministes deviennent antiféministes en voulant imposer aux femmes de se comporter comme des hommes.

C’est le signal d’un tournant totalitaire dont la masse se méfie trop peu car il n’est incarné que par une petite minorité. Mais l’usage de la terreur démocratique telle qu’utilisée par Mao et ses Gardes rouges, permet de s’imposer à tous. Et comme dans le cas chinois, cette nouvelle rébellion répressive interroge sur sa capacité à servir le pouvoir en divisant et soumettant le peuple.

  1. J-L. Domenach, Chine : l’archipel oublié, 1992.
  2. Principal quotidien chinois, édité par le Parti communiste chinois. L’éditorial est tiré du dossier très complet sur la GRCP du site https://materialisme-dialectique.com/la-grande-revolution-culturelle-proletarienne/
  3. Tel qu’expliqué par jean-Louis Margolin dans Le livre noir du communisme, dans le passage de son chapitre sur la Chine maoïste consacré aux acteurs de la révolution pp.605-609.
  4. Dans Prisonnier de Mao : sept ans dans un camp de travail en Chine, 1975.
  5. « Déboulonnage de statues: « La Révolution française avait ouvert la boîte de Pandore » », Le Figaro, 16 juin 2020.
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  • Nous avons surnommé Greta Thurberg, dès son apparition, la « petite garde verte » en ce qu’elle illustre la convergence rouges/verts.
    Absolument compatible avec la convergence verts/roses des bobos-des-villes devenus, intersectionnalité oblige, des islamo-bobos.
    Avec le mélange vert/rouge rosé on peut teindre une chemise en brun.

  • Le peuple n’ayant aucune importance il faut attendre que la haute bourgeoisie subisse le même châtiment et se rebelle. Les révolutions viennent toujours du haut.

  • Je lis actuellement  » le principe de Lucifer » de Howard Bloom qui parle justement dans son chapitre 4, de la révolution culturelle chinoise, et j’en ai tiré les mêmes conclusions que vous. What can we do?

  • Bien vu, c’est tout à fait ça. 🙁

  • Brillante démonstration.
    Mais
    Contrairement au nazisme, il n’y a jamais eu de processus de « décommunisation ». Malgré les efforts de certains chercheurs (Stéphane Courtois par exemple) ou des témoignages poignants (Rithy Panh par exemple), il n’y a jamais eu de réelle et profonde dénonciation des crimes du communisme et de sa nature intrinsèquement totalitaire.
    Il y a toujours un PC en France, certains « intellectuels » continuent à se revendiquer communistes et nombreux sont ceux à évoquer avec nostalgie leurs « années Mao ». Concernant le crimes de ce dernier, un Alain Badiou est même ouvertement négationniste. Etc.
    C’est en grande partie ce qui explique l’apparition des phénomènes que vous décrivez et la très faible (voire inexistante) mobilisation des « intellectuels » et des médias pour les dénoncer.

    • Par contre, une banderole mise en place par des identitaires et là c’est le drame ! 🙂

    • Tout à fait et c’est la raison de cette occultation. La gauche est nostalgique de la bonne époque du communisme, comme Ségolène Royal l’a prouvé avec son panégyrique à la gloire de Castro, cet escroc! Ou encore Che Guevara érigé en héros alors que c’était un tueur psychopathe. Les attaques des media français contre le PIS polonais qui veut renvoyer les membres du Parti encore en poste confirme que les intellectuels qui étaient presque tous communistes ou compagnons de route n’ont pas changé. La cancel culture actuelle est identique à celle qui eu lieu dans l’après guerre contre les anti-communistes. Sartre affirma qu’ils étaient des chiens. Je préfère être chien, animal sympathique, qu’un tueur communiste!

    • Oui, très justement. Il est essentiel d’enseigner tous les totalitarismes à l’école pour nous prémunir contre cette destruction. Lorsque l’affaire Floyd a traversé l’Atlantique, j’ai rencontré de nombreuses personnes sidérées par ce qu’elles voyaient et presque démunies. Et c’est là qu’intervient la peur d’être « accusé » et « critiqué ».

    • C’est l’évidence même. Le socialisme en général mérite le même traitement, une sorte de Nuremberg suivi de quelques années de Maccarthysme. Et on remet l’ouvrage sur le métier tous les 50 ou 60 ans, 20 ans dans les cas graves (en France notamment), en cas d’apparition de nouveaux « clusters » générationnels.

  • Article très intéressant, merci !

  • La Chine soutiendrait-elle les mouvements progressiste et interviendrait-elle en sous main sur les réseaux sociaux? Et son programme de développement dans les technologies de l’information ne serait-il que la poursuite de la guerre par d’autres moyens?

    • Ce n’est pas impossible, car voir l’Occident se détruire à ce point interpelle les analystes avisés! Le rejet du progrès par les soi-disant progressistes, la destruction systématique de l’économie par la restriction des ressources énergétiques indispensables à son fonctionnement. L’acharnement à accuser l’homme de provoquer le réchauffement, etc… L’Occident se suicide à la grande joie des Asiatiques qui forment des ingénieurs par centaines de milliers!

    • Possible ou même probable que la Chine en profite en tant qu’adversaire stratégique (je serais à la place de Xi & Co je ne me gênerais pas.) Mais pas suffisant IMHO. La Chine était pauvre jusqu’à la fin des années 90 et a été vigoureusement épaulée dans son développement. Beaucoup de groupes, technologiques par exemple, qui ne sont pas contrôlés par la Chine (plutôt en lien avec l’état profond US) soutiennent à fond la révolution pastéquoïde. Et que dire des Pelosi, Macron et al? Qu’ils sont secrètement des agents de Pékin?
      En acceptant l’existence d’influence exogène, celle-ci profite de, et renforce des mouvements « décadents » internes à l’Occident.
      Les explications endogènes sont nombreuses mais à mon sens la tendance longue c’est la destruction du christianisme annoncée par la révolution française, qui laisse un vide béant au sein de cultures profondément basées sur la religion (ce que n’est pas la Chine par exemple.)
      Plus récemment l’effondrement récent du bloc soviétique a laissé les mains libres à un capitalisme de connivence internationalisé et mâtiné de technocrature.

    • Ne pas faire d’amalgame entre la Chine de Mao et la Chine d’après Mao, car ça n’a rien à voir. La Chine est beaucoup moins communiste qu’à l’époque de Mao, d’ailleurs, Xi Jinping n’aime pas trop le Bureau, il fait juste avec et se sert des organes du Parti qui l’intéresse dans la gestion de son pays 😉

    • Dans la philosophie militaire chinoise, susciter la division dans l’armée ennemie est une tactique bien connue. Sous cet angle, on peut effectivement se poser beaucoup de questions par rapport à ce qui se passe…

  • L’auteur pourrait vous surprendre…

    “Il faut décrier les auteurs (qui ne pensent pas comme nous) ; il faut adroitement empoisonner leur conduite ; il faut les traduire devant le public comme des gens vicieux… ; il faut présenter leurs actions sous un jour odieux… ; Si les faits nous manquent, il faut en supposer en feignant de taire une partie de leurs fautes. Tout est permis contre eux… Déférons-les au gouvernement comme ennemis de la religion et de l’autorité ; excitons les magistrats à les punir.”
    Et il recommande le secret.
    “Frappez et cachez vos mains… Les mystères de Mithra ne doivent pas être divulgués…”
    A la moindre critique, à la moindre riposte, même les plus modérées, même les plus courtoises, on crie à la calomnie, à l’injure, à la satire “atroce”, à la personnalité infâme, mais l’on traite les adversaires de fripons, de sodomites, d’ingrats, de serpents, de vipères, de coeurs de boue, de coquins, d’échappés de prison, d’hypocrites, de fous, de mouches de police.

    ci-dessous auteur

    Voltaire

  • C’est ressemblant parce que c’est la Chine qui manipule tous ça.

  • C’est effrayant! Le problème est de savoir comment endiguer ce mouvement quand des dirigeants haut placés ou des organismes qui ont pignon sur rue invitent des jeunes fanatiques pré-programmés à s’exprimer urbi et orbi. C’est incompréhensible!

  • Article très intéressant. Les points communs sont en effet nombreux – et ils expliquent par exemple que les municipalités vertes soient en pointe dans le mouvement liberticide actuel, qui flatte leur égo profond.
    L’article le dit un peu vite: la Révolution culturelle était d’abord une manœuvre politique pour redonner à Mao le pouvoir qu’il avait perdu face à l’appareil du Parti. Comme aujourd’hui cette hystérie sanitaire est un prétexte qui masque d’autres agendas.
    En revanche, ce qui peut nous sauver, c’est que si Mao a pu compter sur l’enrôlement massif d’une jeunesse fanatisée, il me paraît douteux que le pouvoir actuel puisse compter sur des « agents actifs » aussi nombreux. Il bâtit sa force sur l’inertie de la masse – une masse qui reste profondément sceptique ou hostile à son endroit.

  • Si les principaux ressorts du radicalisme progressiste sont bien décrits le rôle des « intellectuels » et plus précisément de « l’intellectuel organique » (Gramsci) moderne (intellectuels+médias) a été et reste déterminant (voir le rôle clef des universités). Par ailleurs l’histoire de ce mouvement né aux US reste à écrire.

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