Pourquoi les footballeurs sont-ils mieux payés que les infirmiers ?

Les footballeurs sont bien mieux payés que les infirmiers. Les différences de rémunérations constatées dans une économie de marché sont-elles justifiées ?
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Pourquoi les footballeurs sont-ils mieux payés que les infirmiers ?

Publié le 11 août 2020
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Par Hadrien Gournay.

L’activité des footballeurs nous parait bien moins vitale et moins importante que celle des infirmiers. La santé à laquelle l’infirmier contribue par ses soins concerne tout le monde alors que le football n’intéresse qu’une fraction de la population. Et même chez les amateurs de ce sport, leur passion est moins essentielle que des gestes conditionnant leur survie.

Pourtant, les footballeurs sont bien mieux payés que les infirmiers. Il est tentant d’accuser l’absurdité du marché de ce décalage. Malgré cela, la manière dont le marché rémunère l’activité de chacun a sa logique.

De nombreuses personnes qui pourraient dépenser leur argent autrement choisissent d’acheter à ce prix le droit d’assister aux performances des footballeurs.

Les différences de rémunérations constatées dans une économie de marché sont-elles justifiées ? Pour le savoir, nous devrons au préalable comprendre comment le marché fonctionne pour les fixer. Cela revient à se demander comment au regard de notre intuition concernant l’utilité respective de chaque profession, le marché « diminue » les infirmiers puis « augmente » les footballeurs.

Diminution des infirmiers

Pour comprendre pourquoi les infirmiers font un travail vital pour des rémunérations normales, nous procéderons en trois étapes :

  • étude des préférences du consommateur individuel ayant le choix entre de l’eau et des crayons
  • étude d’un marché avec des fournisseurs d’eau et des fabricants de crayons
  • application de ce qui précède au cas des infirmières

Les préférences du consommateur

Quelle est la chose la plus utile ? L’eau ou les crayons ? L’eau est à l’évidence bien plus vitale. Difficile pour qui est assoiffé d’écrire quoi que ce soit. Pourtant, nous achetons et possédons des crayons.

Nous avons donc jugé préférable d’employer à cet effet l’argent qui a servi à leur acquisition plutôt qu’à nous pourvoir en eau. Autrement dit, nous avons donc jugé les crayons plus utiles que la quantité d’eau que cet argent aurait permis d’obtenir.

Pour comprendre ce paradoxe, commençons par distinguer l’utilité du premier litre d’eau journalière de celle du 200ème et de même pour les crayons. L’utilité de l’eau est d’abord supérieure à tout autre bien. Elle diminue ensuite jusqu’au moment où l’utilité du premier crayon la dépasse. Nous préférons alors acheter les crayons.

Cette hiérarchie des choix est assez facile à comprendre s’agissant d’un consommateur individuel. Cependant, est-elle transposable à un marché réunissant de nombreux producteurs et consommateurs ?

Pour simplifier étudions le cas d’une économie de petits producteurs indépendants aux compétences égales.

Étude d’un marché : économie de petits producteurs indépendants

Ainsi qu’arrive-t-il lorsque compte tenu du nombre de travailleurs se consacrant à chacune des activités, la valeur de la dernière heure de fourniture d’eau est supérieure à la dernière heure de fabrication d’un crayon ?

L’ajustement des prix assurera le plein emploi et pour un nombre donné d’heures de chaque production, fera correspondre la rémunération de chaque heure de chaque production à la valeur de la dernière heure de chacune.

En effet, voyons sous la forme d’un tableau ce qui se passerait si les prix étaient inférieurs ou supérieurs à cet équilibre.

La valeur respective des biens ne dépend plus de leur utilité « absolue » (celle du premier litre d’eau comparée à celle du premier crayon par exemple) mais de leur utilité relative, tenant compte des quantités dont chacun dispose déjà.

Cependant jusqu’ici, ces quantités étaient parfaitement arbitraires. Or, dans notre système économique les travailleurs sont également compétents pour toute activité. Ainsi, ils auront intérêt à se consacrer à l’activité la plus rémunératrice jusqu’au moment où la rémunération de l’heure consacrée à chaque activité sera égale.

Le marché fonctionne alors de telle sorte que l’heure d’activité dans chaque production soit aussi utile que dans les autres. C’est précisément l’effet que rechercherait l’administrateur avisé d’une économie socialiste.

Retour au cas des infirmiers

Sommes-nous désormais parvenus à comprendre pourquoi la rémunération de l’infirmier n’a pas de raison d’être supérieure à celle de personnes exerçant des activités moins vitales ?

La conviction n’est peut-être pas tout à fait complète. C’est que les soins de l’infirmier, entièrement indispensables au patient individuel, sont difficilement assimilables à toute chose additionnelle dont nous avons un besoin très relatif, par exemple au 200ème litre d’eau.

Mais si dix producteurs fournissent de l’eau pour une population de dix mille personnes quelle différence y a-t-il que chaque producteur apporte de l’eau à 1000 personnes ou qu’il fournisse un dixième à tout le monde ?

Du point de vue du prix marché qui intègre les effets de la concurrence entre les producteurs d’eau et de celle des autres produits, il n’y en a pas. De même, la concurrence des autres infirmiers et des autres produits et services suffisent à limiter leurs prix.

Nous savons pourquoi les salaires des infirmiers restent modestes. Tentons maintenant de savoir pourquoi les footballeurs sont si bien payés.

Augmentation des footballeurs

Nous avons compris pourquoi les infirmiers qui prodiguent des soins vitaux ne sont pas forcément mieux payés que la moyenne. Mais pourquoi les footballeurs sont-ils si bien payés ?

Dans notre économie composée de fournisseurs d’eau et de fabricants de crayons, toutes les personnes disposent de compétences parfaitement égales. Il n’en est pas ainsi dans la réalité et nous devons affiner notre modèle.

Supposez par exemple que certaines personnes fabriquent des crayons quatre fois plus vite que les autres, les compétences restant égales au regard de la fourniture d’eau.

Qu’adviendrait-il alors ?

Les personnes douées pour fabriquer des crayons se dirigeront vers cette branche où elles seront quatre fois mieux rémunérées. Des personnes moins douées pourront cependant participer à leur production si les crayons ne sont pas en assez grand nombre.

Il existe deux manières de comparer la productivité des fabricants de crayons et des fournisseurs d’eau.

Si nous maintenons la comparaison par heure de travail, les fabricants de crayons sont quatre fois plus productifs et quatre fois mieux rémunérés. Autrement dit, l’heure de production de crayon par ceux qui y excellent est un bien plus rare et plus précieux, donc mieux rémunéré aux yeux des consommateurs. Il n’y a donc plus égalité des utilités de chaque heure de travail.

Cette égalité se manifeste désormais en argent. Un euro dépensé dans un domaine doit avoir la même utilité qu’un euro dépensé dans un autre. Les fabricants de crayons sont alors aussi productifs en un quart d’heure que les fournisseurs d’eau et reçoivent le même salaire pour cela.

Il en est de même de la productivité de MBappé comparée à la nôtre sur le marché. Vous pouvez dire qu’il produit autant de richesse que nous en moins de temps ou son heure de travail correspond à une compétence plus rare.

Peut-être serez-vous soucieux de la question de la productivité horaire qui a servi de modèle pour un supposé administrateur socialiste « avisé » ? Dans les deux cas, nous pouvons cependant faire référence à l’heure de travail d’une personne « normale » ou de la personne la moins productive.

Pourtant, la possibilité même de cette référence doit disparaitre également. L’eau et les crayons sont des biens matériels standard. Cela nous permet de de raisonner de manière quantitative en comparant des productivités. À l’égard des prestations intellectuelles, nous devons comparer des œuvres, interprétations ou autres de qualités différentes.

Même en consacrant votre vie à un petit nombre de morceaux, pourriez-vous jouer du violoncelle comme Rostropovitch ?

Dans le monde du sport, on a besoin de champions, exceptionnels par définition. Un sportif qui domine sa spécialité est un peu comme une œuvre d’art. Il est unique et du coup sa valeur est fortement influencée par des considérations émotionnelles : son style, son empathie pour ses fans… Il se retrouve en situation d’oligopole, voire de monopole, ce qui le met en position de force pour négocier sa rémunération.

En outre, la télévision et les moyens de diffusion modernes des performances sportives ont également accentué l’écart entre les stars mondiales qui peuvent vendre leurs performances dans le monde entier et le footballeur moyen apprécié localement des supporters de son club. Les infirmiers ne peuvent quant à elles soigner qu’un patient à la fois.

Par ailleurs, si la hiérarchie des rémunérations suit globalement les performances, l’écart de rémunération n’est pas proportionnel à la performance. Cela est plus facile à mettre en évidence chez les sprinteurs. Mesuré en termes de vitesse, l’écart de entre Usain Bolt et ses meilleurs concurrent était compris entre 1 % à 2 % mais son attractivité et ses revenus sont hors concours.  Cela provient de notre attachement à ce qui est le meilleur.

Aussi, avant d’affirmer que les footballeurs gagnent plus que les infirmiers, il faudrait préciser ce que l’on compare. Il y a avant tout un énorme écart de rémunération entre les footballeurs qui n’existe pas entre les infirmiers.

Chez les infirmiers, l’écart entre le meilleur infirmier et le dix millième est beaucoup plus réduit que chez les footballeurs. Le dix millième infirmier peut vivre de cette activité au contraire du dix millième footballeur.

Dans le monde de la santé on a besoin de milliers d’infirmiers aux compétences bien codifiées. La concurrence entre eux est relativement fluide car un infirmier disposant d’une qualification précise peut être remplacé par un autre avec la même qualification.

Le budget santé global étant limité il se répartit sur un grand nombre d’infirmiers de manière assez homogène. Le budget global du sport est limité lui aussi, mais il est réparti de manière inhomogène entre des champions qui gagnent des fortunes et des petits joueurs qui vivotent ou qui jouent en amateurs.

Autres illustrations

De ce qui précède, il résulte qu’il existe deux modes de comparaison possibles de la valeur du travail des infirmiers et des footballeurs. Le premier se rapporte à ce qui se passerait si personne n’effectuait le travail d’un infirmier ou d’un footballeur donné. La deuxième tient compte des conséquences de la nécessité de les remplacer.

Plus populaire, le premier mode de comparaison est plus favorable aux infirmiers. Le second, qui avantage des footballeurs décrit le résultat des processus de marché.

Pour mieux mettre en évidence cette distinction, nous proposons d’en présenter quelques exemples caractéristiques.

Le grand cuisinier et le serveur

Pour servir le client, le cuisinier prépare les plats et le serveur les apporte sur la table. Ces deux activités sont également nécessaires. Pour autant, plus difficile à remplacer le grand cuisinier sera mieux rémunéré.

Le pianiste et le pousseur de piano

Pour écouter un récital, quelqu’un doit déplacer un piano jusqu’à la scène. Ensuite, le pianiste doit jouer les morceaux prévus au programme. Les deux sont nécessaires mais les facultés du pianiste sont plus rares.

Les joueurs d’une équipe de football

Entre joueurs d’une équipe de football, les écarts entre performance sportive (influence sur le résultat) illustrent cette distinction.

Lorsqu’un arbitre expulse un défenseur au cours d’un match dont les équipes sont à égalité, les entraineurs font très souvent entrer un défenseur à la place d’un joueur offensif pour préserver l’équilibre de leur équipe. Dans le cas où c’est un gardien, un nouveau gardien entre systématiquement et si tous les changements ont été faits, un joueur de champ entre dans les buts.

Les fonctions du défenseur apparaissent donc plus indispensables que celles de l’attaquant. Pourtant, les joueurs dont l’indisponibilité est considérée la plus dommageable sont souvent les attaquants (Messi à Barcelone, Neymar au PSG). Ils reçoivent aussi les meilleurs salaires. Il s’agit d’écart entre les influences sur le résultat mais qui expliquent à leur tour les écarts de salaire.

Cela illustre encore la distinction entre absence non remplacée et remplacée.

Que penser des rémunérations du marché ?

Nous avons tenté de décrire les principaux mécanismes de détermination des revenus dans une économie de marché. Ceux-ci sont-ils justes ? Pour le savoir, nous devrons répondre à deux questions :

  • le marché respecte-t-il le principe « à chacun selon sa contribution » ?
  • quelle place accorder à ce principe ?

Respect du principe à chacun selon sa contribution

Le marché rémunère la productivité ou l’utilité d’un acteur. Il ne récompense pas un mérite apprécié au regard de ses facultés ou des difficultés qu’il a pu rencontrer.

Mais qui devrait supporter ces obstacles ? Sommes-nous prêts à payer un boulanger pour un pain qu’il ne nous a pas fourni parce qu’il en a été empêché par une maladie dont il n’est pas responsable ?

Ensuite, il récompense une utilité « relative » ou marginale. Pour la déterminer, il tient compte de la rareté d’une compétence ou d’un bien et non de la valeur de la première unité de ce bien ou de cette compétence.

Aurons nous davantage de reconnaissance pour celui qui nous donne à boire quand nous mourons de soif ? Ou en temps normal ? L’utilité d’une chose est toujours fonction d’un contexte et d’un besoin. Un même aliment, un même médicament peuvent être salvateurs pour une personne et mortel pour une autre.

Enfin, les consommateurs apprécient subjectivement cette utilité. Certes, beaucoup déplorent le fait qu’un chanteur populaire puisse vendre plus de disques qu’un grand musicien.

Cependant, si ceux qui lisent les grands auteurs ou écoutent les meilleurs musiciens étaient aussi nombreux que ceux qui pérorent contre les fortunes gagnées par des starlettes ou des sportifs, les motifs d’indignation de ces derniers disparaitraient.

Plus sérieusement, quand la liberté est au cœur des principes politiques d’un pays, elle inspire également la mesure de l’utilité économique. Il appartient alors à chaque consommateur individuel de la déterminer.

Le marché nous parait par conséquent offrir donc une bonne approximation du principe « à chacun selon sa contribution ».

Il reste à savoir si ce principe est-il suffisamment juste par lui-même ?

Justice du principe

La société doit-elle être organisée en vue du principe « à chacun selon sa contribution ? » ou doit-elle intégrer d’autres principes ? Et en cas de conflit, lesquels doivent être préférés ? Autrement dit, est-il suffisant, voire nécessaire ?

La reconnaissance de l’égalité des chances est le complément indispensable de notre principe. Or, si une économie de marché offre des chances à tous, elles sont loin d’être strictement égales. Les parents n’offrent pas à leurs enfants le même capital culturel et monétaire pour débuter dans la vie.

Cependant, les autres systèmes économiques n’ont pas prouvé leur capacité à faire mieux sur ce plan. Par ailleurs, tout le monde ne nait pas dans le même pays et ne profite pas du même système productif. Cependant, un monde libéral offre la possibilité d’immigrer.

Le système de rétribution selon la contribution de chacun ne peut à l’évidence être le seul critère pris en compte par une société. La liberté ou l’utilité doivent certainement être au cœur de l’organisation sociale. Se limiter à ce critère condamnerait par exemple des personnes handicapées à mourir de faim.

Cependant, il serait malhonnête de ne le mettre en avant que lorsqu’il est compatible avec un autre objectif politique tel l’égalité des revenus. La bonne méthode consiste à déterminer pour chaque situation comment remplir au mieux tel ou tel critère puis à dire lequel doit l’emporter.

Pour conclure sur le paradoxe de la rémunération de l’infirmier, la reconnaissance du patient pour l’infirmier est issu de l’idée que ses soins n’ont pas un caractère strictement professionnel et que le dévouement les motive en grande partie. La reconnaissance implique l’idée d’une récompense.

Pourtant, garantir la récompense ferait disparaître en tout ou partie, avec la notion de dévouement, la reconnaissance. Lorsque nous pensons que l’infirmier pourrait exiger un prix plus important pour ses services, peut-être raisonnons-nous comme si il avait le monopole de son patient ? Il pourrait lui réclamer une rémunération très élevée mais perdrait sa reconnaissance. Certes, l’infirmier n’est pas en mesure d’exiger cette rémunération, mais cela n’empêche pas son dévouement.

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  • Pour le personnel soignant, un élément majeur est la sécurité sociale publique, qui pousse les rémunérations vers le minimum possible compatible avec l’absence de grève générale, en insistant sur le caractère quasi-sacerdotal du métier, tout en rabaissant au rang de vil profiteur tout individu qui a l’audace de sortir du système ( voir la guerre hôpitaux – cliniques ).

    • Tout système collectiviste entraîne baisse des qualités des prestations, file d’attente, explosions des coûts et baisse des rémunérations.
      Les français sont tétanisés par l’idée de la privatisation de l’assurance maladie alors qu’ils ont tout à y gagner.

      • Les foutcheballeurs sont des diplômés Bac -6 ou -7 en général, une infirmière n’est que Bac +3 parfois +4 et puis elle s’occupe de malades qui ne rapportent rien : ils coûtent, alors que les frappeurs de baballes font engranger des droits télés, des tee-shirts vendus à prix d’or, des places de stade au mieux disant, tous les accessoires de vêtement possibles et imaginables au meilleurs prix (pour les gentils organisateurs), ils ont des voitures à des prix non communiqués (pas assez cher mon fils) et tutti quanti !.
        Citez moi un exemple d’infirmière qui rapporte de l’argent, non ? eh, bien ! vous voyez !

        • vous oubliez que le football est aussi l’opium du peuple et sert les intérêts des politiques pourris de ce pays ..

        • Le marketing et le conformisme social y est plus dans l’affaire que l’utilité.
          Le foot c’est comme le beaujolais nouveaux, c’est de la m…. mais comme tout le monde vous dis d’en boire…

    • Et pour le personnel « footballant », un élément majeur et la prise en charge collectives des infrastructures où vont évolués ces potentielles honorifiques légions !

  • IL y a un parameter occulté ici. Le football est une activité populaire ce qui incite nos dirigeant a le subventionner (directement en fournissant stade ou subvention ou iundirectement (cf PSG et le quatar)).C est pour ca que les clubs de foot sont ultra deficitaire mais peuvent payer tres cher des joueurs. Ce qui serait impossible pour un club de lutte greco romaine ou de hockey sur gazon (qui eux n interesse personne et ne seront pas recu a l elysee s ils deviennent champion)

    • Ces propositions sont fallacieuses : les subventions tiennent une part inversement proportionnelle au rang des clubs, ils disposent de fonds divers et de recettes qui permettent de verser de toute façons des salaires élevés…

  • C’est ridicule…
    L’auteur dit à un moment « Nous savons pourquoi les salaires des infirmiers restent modestes. », ben non, il a rien expliqué… il a juste mis des mots et des trucs simplistes sans grande réflexion.
    Ya déjà un point important : on ne choisit pas d’être malade.. la santé n’est pas un marché libre car les consommateurs ne sont pas libres.
    Et quand il écrit « celui qui produit 4x plus de crayons sera 4x mieux rémunéré ».. nan mais allo quoi.. Il n’est pas au courant que les salaires sont découplés de la productivité depuis des décennies ? Faut se réveiller hein. Quoique vu les fables simplistes qu’il raconte sur l’eau et les crayons, il cherche à endormir les petits nenfants.
    Et pour les joueurs de foot : si on divisait par 2 les salaires des joueurs de D1 du monde entier, rien ne changerait en terme de jeu, en terme d’attractivité ou quoi. Un joueur jouera toujours aussi bien pour 1 millions par mois que pour 3 millions. Par contre les agents de joueurs feront la tronche.

    • Exactement !
      Les actes des infirmiers sont codifiés, difficile de sortir du lot. Il faudrait comparer les professeurs ou chirurgiens avec les footballeurs.

    • On ne choisit pas d’être malade, mais on choisit de s’assurer, comme les habitations qui sont assurées contre les sinistres.
      Assurances en concurrence, avec possibilité de choisir sa couverture et même une assurance invalidité si vous tombez gravement malade jeune, et tout cela à moindre coût.
      La santé est un marché comme les autres.
      Ouvrez les yeux, après la crise du covid et la gestion calamiteuse de la santé étatique.
      Dans un système libre les infirmières seront payées à leur juste prix.

      • Alalalala…
        « Avec 95 % de la population couverts (y compris CMU-C), la France est, parmi les principaux pays de l’OCDE, celui où la couverture santé privée est la plus répandue ».
        Non, la santé n’est pas un marché comme les autres. Car on ne choisit pas sa maladie, car on n’en est pas entièrement RESPONSABLE, on n’en est pas LIBRE. Vous savez, ces deux principes cardinaux du libéralisme.
        Les infirmières travaillant dans le privé ne sont pas forcément mieux payées que dans le public, selon le site « reconversionprofessionnelle.org ».

        • Rigolo.
          Quand on a un accident de voiture, on ne choisit pas.
          Quand on a un incendie, on ne choisit pas.
          Quant aux infirmières ‘libérales’ elles sont obligées de suivre la nomenclature décidée par l’assurance maladie.
          La santé est bien un marché comme les autres, d’ailleurs l’état ne veut pas ouvrir à la concurrence, comme le demande l’Europe, car l’état sait que tout le monde fuirait ( voir les frontaliers suisse).

          • il y a quand meme une difference entre un accident de voiture et une maladie. Si votre voiture est accidentee, vous pouvez decider de la mettre a la casse ou de rouler avec une voiture cabossee.
            Pour la sante, c est moins evident. l equivalent de la casse c est la mort. donc vous etes en general pret a payer plus pour ne pas mourrir. Rouler avec une voiture cabossee c est pas tres grave. Avoir mal tout le temps ca vous pousse aussi a payer pour que ca s arrete (et je parle meme pas des effet addictif des « pain killer » aux USA)

            Donc non la sante n est pas un marché comme les autres

            • C’est pour ça qu’on choisira toujours avec plus de soin son assurance santé. En France, on en a pas le choix, on subit une politique désastreuse. Ensuite, ce n’est pas toujours vrai : on peut vivre avec certaines pathologies sans les faire soigner et sans dégradations excessives de la qualité de vie ; on peut aussi se tourner vers des solutions alternatives non prises en charge dans le cadre d’une assurance (ça a été mon cas et je ne le regrette pas une seconde). La santé est bien un marché comme les autres, c’est juste qu’on accorde plus de valeur à notre qualité de vie qu’à la marque de croquettes qu’on choisit pour notre chien. On est donc prêts à y consacrer une part plus importante de notre budget. Mais s’il fallait choisir entre couvrir un risque futur (éventualité de tomber malade) ou mourir de faim ou de soif, nul doute que votre vie future passera à la trappe pour régler la situation immédiate.

            • Hummm.
              Pas convaincu par votre argument.
              Vous pouvez aussi mourir dans un accident de voiture, et pourtant le marché de l’assurance est concurrentiel.
              Non sequitur.

            • Un marché qui n’est pas comme les autres est un marché régulé par une autorité sur des principes arbitraires, et pollué par diverses dispositions modifiant les rapports de l’échange entre les parties concernées…

        • Mais lol le cuistre qui va recopier le baratin du site de l’Assemblée Nationale (c’est de là que vient sa citation), sans même réfléchir une seconde qu’avec une Sécu coûtant environ (hors poste « vieillesse ») 300 euros / mois / Français (calcul fait en rapportant les dépenses de la Sécu à la population française), il ne devrait avoir besoin d’aucune complémentaire !

          Ne parlons même pas du fait de classer les CMU comme « privé », c’est tellement énorme que cela en devient de l’art…

          • J’avoue ne pas savoir ce qu’est la CMU. Mais j’ai emprunté cette phrase d’un site (d’où les guillemets) gouvernemental. Si bien sûr vous disposez d’autres chiffres, libre à vous de les exposer.
            Selon le site du ministère de l’économie :
            En 2014, les dépenses de Sécurité sociale représentaient 474,5 milliards d’euros pour l’ensemble des régimes obligatoires de base répartis par branche (hors transferts entre branches) de la manière suivante :
            Vieillesse : 217,2 milliards d’euros ;
            Maladie : 183,9 milliards d’euros ;
            Famille : 39,8 milliards ;
            Accidents du travail / maladies professionnelles (AT-MP) : 10,7 milliards d’euros.
            Si l’on compare avec la Suisse : selon le site BFS (les stats suisses):
            les dépenses pour les prestations sociales en Suisse se sont chiffrées à 177 milliards de francs en 2018. Cela correspond à 20 795 francs par habitant (environ 20.000 euro !!!). La majeure partie des prestations sociales (43%) couvrent des risques et des besoins relatifs à la vieillesse. Elles sont versées principalement sous la forme de rentes de vieillesse AVS et de prévoyance professionnelle. Viennent ensuite les prestations liées à la maladie/soins de santé (32%) qui comprennent entre autres les prestations de l’assurance-maladie (AMal), le financement public des hôpitaux et la couverture de salaire en cas de maladie. »
            Faites donc les calculs, Ô grand Gally le Maitre Cuistre.
            Quoique.. je vais les faire pour vous (je suis sympa, je sais).
            177 milliards de Fr suisses, dont on enlève les 43% de la vieillesse : 100 milliards de Fr. suisses = 93 milliards d’euro. divisé par 8.500.000 helvètes et divisé par 12 = 911 euro / mois / suisse.
            Amusant, n’est-ce pas ?

            • Salaire médian français : 1789€
              Salaire médian suisse : 6072€

              En prime, tu compares les dépenses de santé suisses (toutes sources confondues, et pour cause, la Suisse n’a pas de Sécu mais DES caisses privées) avec les dépenses de la Sécu, et uniquement de celles ci, alors que tu te gargarises toi même du fait qu’en France 95% des gens ont des mutuelles (les seniors, principaux consommateurs de santé, payent en moyenne 230€ / mois de mutuelle en France).

              => rien d’amusant, juste l’illustration du fait que tu « réfléchis » en enlevant tout paramètre qui va à l’encontre de ce que tu veux « démontrer », quitte à tenter de faire croire à quelque chose de complètement délirant, juste pour tenter de cacher la gabegie qu’est la Sécu…
              Ajoutons une mauvaise foi assez exceptionnelle : la Suisse est suffisamment abordée ici pour que tu n’ignores pas que leur échelle de prix est radicalement différente (et pourtant, tu feins de l’ignorer), et surtout : prétendre ne pas savoir ce qu’est la CMU… Au premier commentaire, c’est déjà savoureux et parfaitement pas crédible, mais en réponse d’un autre, alors qu’il suffit de chercher CMU sur Google………

        • les gens sont obligés de manger donc l’epiderie n’ets pa sun marche comme les autres etc…

          si vous avez le libre choix entre plusieurs soignants et soin..vous avez un marché..

  • Concrètement, les footballeurs ne sont pas payés en tant que sportifs mais en tant que supports publicitaires. Leur rémunération revient de fait à une commission sur produits dérivés, pas un salaire, contrairement aux infirmiers… Difficile de comparer une activité purement mercantile avec une activité sociale !

    • Les footballeurs touchent bien un salaire avec un contrat. Ils travaillent pour une entreprise qui est un club de foot avec une certaine notoriété pour ne pas dire une notoriété certaine, qui dépend de celle des joueurs, de leurs prestations (victoires) et d’un passé glorieux.
      Le PSG engage Neymar pour faire du cash mais aussi et surtout pour gagner des titres prestigieux et entrer dans l’histoire du football. Neymar cherche le titre de ballon d’or même si au passage il se rempli les poches.
      Au niveau individuel chaque joueur peut signer des contrats publicitaires mais hors périmètre du club.

    • tout à fait ,je n’ai pas compris l’utilisation d’un métier par rapport à un autre pour légitimer un salaire..perso je pense que ce sport est bien trop important dans notre société,une drogue qui détourne les gens des vrais problèmes actuels..que le foot plaise à certains tant mieux pour eux, qu’il les rendent agressifs et prenne autant d’importance dans leur propre vie par contre y’a souci , ce sport est bien trop mis en avant et la notoriété des joueurs n’est que futilité, et ça sert les politique’s qui nous gouvernent à engranger des voix en plus …bref, triste tableau.

      • Dans un monde libre, il ne vous appartient pas de déterminer ce qui « vrai » en lieu et place des autres !

        • Le problème est que la drogue de ces gens est finance aussi par mon compte en banque, voir le budget du ministère des sports. Et en plus cela sert de matraquage pour le vivrensemble alors qu’aucun de ces chers petits ne paie ses impôts en France.

  • Un infirmier salarié ( hôpital ou clinique) a un salaire déterminé par ses horaires de travail. Il intervient sur des patients. Un infirmier libéral peut travailler plus pour gagner plus. Il a des clients ( et donc plus ou moins un marché). Un footballeur, golfeur ou tennisman est un support publicitaire. Le problème est que la publicité et donc les »salaires » de ces icônes, vous la payez même si vous n’êtes pas fan chaque fois que vous achetez un produit. Regardez mieux la prochaine fois qui est sponsorisé par la marque que vous achetez!

  • Un truc qui est rarement mentionné est le facteur chance.

    Pour être un bon infirmier, il faut bien bosser ses cours, faire des stages de manières correctes… et puis le job est presque assuré.

    Pour être un bon footballeur (donc gagner sa vie par ce biais), il faut aussi faire des efforts, se muscler, faire attention à sa nourriture… mais même en faisant tous les efforts possibles, il faut aussi beaucoup de chance. Il y a énormément de candidats et seuls quelques uns pourront avoir les gros salaires dont parle l’article. Les efforts sont nécessaires, mais pas suffisant, contrairement à beaucoup d’autres métier.

    Si on se met à la place d’un(e) jeune qui doit choisir entre les 2.

    Soit un salaire « normal » presque garanti s’il fait les efforts pour.

    Soit un salaire x fois supérieur, mais même en faisant tout bien, pas sûr de l’obtenir.

    Combien doit valoir x? Ca dépend de la probabilité d’échec… qui est très élevée. Il n’y a pas besoin de chercher plus loin.

  • On est un peu gêné aux entrounures par la simplification consistant à imaginer des individus capables de modifier rapidement leur offre d’un secteur à l’autre.
    Par ailleurs, les rapports de l’échange ne sont JAMAIS parfaits, il y a toujours des sortes de « frottements » comme le rapport au temps des acteurs, leur degré d’information, leur capacité d’analyse de la situation…

    • Comparer un employé peu qualifié avec un spécialiste a peu de signification à la base, surtout a travers des métaphores qui sont les bases du raisonnement biaisé voire complètement faux. Très déçu de cet article.

  • Les commentaires sont fermés.

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Il en va des chiffres du covid comme de ceux du chômage ou des comptes publics. Non seulement il est impossible de se fier au discours gouvernemental qui accompagne les différentes publications – mais cela, on le savait ; c’est une donnée pour ainsi dire structurelle du discours politique. Mais surtout, impossible d’en tirer une image adéquate de la situation sanitaire sans chercher d’abord à savoir ce que les chiffres indiqués signifient réellement.

On se rappellera par exemple que le ministre de l’Économie Bruno Le Maire qualifiait d... Poursuivre la lecture

Le 3 janvier 2022 se tenait de nouveau un débat parlementaire consternant au sujet de la situation sanitaire, quels que soient les bords politiques. Aucun diagnostic sérieux n’est toujours posé sur notre système de santé alors que les débats sur la covid détournent l’attention de ce qui conduit à l’implosion de l’hôpital.

Dans cet article, je prétends qu’un agent infectieux, certes nouveau, mais aux contours globalement classiques, peut faire exploser le système hospitalier. En effet, le vieillissement de la population conduit à une au... Poursuivre la lecture

Par Denis Dupuy.

En septembre 1675, Albert Burgh correspondait avec son maitre, Spinoza. Il lui reprochait vertement ce qu’il avait perçu comme une critique à l’adresse du Créateur Divin :

Misérable homuncule, vil ver de terre, que dis-je, cendre, pâture des vers, prétendez-vous, par un blasphème inqualifiable, être au-dessus de la Sagesse incarnée, infinie, du Père Éternel ?

Poussière, viande à lombric qui ose se placer au-dessus de la sagesse éternelle... Mais Spinoza, que je connais fort mal, distinguait religion et su... Poursuivre la lecture

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