Conseil de défense sur la Covid-19 : comment rétablir la confiance ?

Coronavirus in children By: Nik Anderson - CC BY 2.0

Espérons qu’en sortant du conseil de défense, le gouvernement évolue et fasse confiance aux nouveaux corps intermédiaires que sont les entreprises et les commerces de proximité.

Par Frédéric Mas.

Aujourd’hui doit se tenir un nouveau conseil de défense afin d’« étudier de nouvelles mesures » pour répondre à la crise sanitaire engendrée par la Covid-19.

Face à l’inquiétude d’une population qui redoute le retour du virus et reste traumatisée par l’expérience du confinement, le gouvernement continue de communiquer et de préparer les Français au pire. S’il n’est pas question de reconfiner au niveau national, l’hypothèse des reconfinements locaux est sur la table.

Partout en Europe, du Royaume-Uni à l’Espagne en passant par le Portugal, les gouvernements ont franchi le pas. La peur paralyse la société française, et jusqu’à présent, l’État a répondu par davantage de réglementations, un contrôle accru de la liberté de circuler et de commercer, et un maintien partiel de l’État d’urgence sanitaire.

N’est-ce pas le bon moment pour changer de braquet ?

Le tourisme de masse qui s’est ratatiné

Dans un pays où le tourisme pèse plus de 34 milliards d’euros de recettes, et qui est visité par plus de 80 millions d’étrangers par an, la crise sanitaire a été une catastrophe qui n’est toujours pas finie. À Paris, qui reste la principale destination des touristes en France, l’été sans l’habituel afflux des visiteurs étrangers déprime les commerçants.

Si le tourisme de masse suscite le mépris des idéologues gauchistes et réactionnaires, il fait concrètement vivre une multitude de personnes, des hôtels jusqu’aux vendeurs de gadgets à la sauvette sur les Champs-Élysées. C’est un écosystème économique vivant et complexe que le confinement et les mesures sanitaires ont touché au cœur.

Les millions de chômeurs et toujours plus de réglementations

Qui dit un tourisme divisé par deux, dit destruction de richesses, fermeture d’entreprises et des centaines de milliers de personnes au chômage. Emmanuel Macron en a conscience, et a d’ailleurs rappelé à juste titre que la période économique qui s’ouvrait à nous allait être particulièrement difficile.

Seulement, pour éviter l’effondrement économique, l’État a choisi l’injection massive d’aides aux différents secteurs d’activité touchés par la crise, et cela en échange de contraintes toujours plus absurdes et anti-économiques, comme c’est le cas pour le secteur de l’aviation. Alors que les recettes fiscales s’étiolent et que la dette publique explose, le gouvernement ne semble pas changer de cap en matière de méthode.

L’État envoie aussi des signaux inquiétants quant à la reprise du virus. Bien entendu, même si le gros de la crise semble derrière nous, rien n’indique que la pandémie soit définitivement éteinte. Mais rendre obligatoires les masques pour les lieux ouverts au public, n’est ce pas envoyer un signal inquiétant à une population déjà apeurée ?

Plutôt que la méthode autoritaire, peut-être eut-il fallu laisser commerçants et citoyens s’arranger entre eux. Ce sont ces arrangements spontanés qui tissent les liens de confiance et alimente le capital social dont le pays a besoin.

Il n’y a rien de pire que l’incertitude

En économie, il n’y a rien de pire que l’incertitude qui décourage les clients et les investissements. Le possible retour de la crise sanitaire suscite la peur, et les pouvoirs publics l’entretiennent, souvent malgré eux, en prenant des initiatives administratives et autoritaires qui perpétuent l’esprit de l’État d’urgence.

Espérons qu’en sortant du conseil de défense, le gouvernement évolue et fasse confiance aux nouveaux corps intermédiaires que sont les entreprises et les commerces de proximité. Cela supposerait une vraie introspection et un vrai retournement, celui de la confiance plutôt que l’autoritarisme bureaucratique et le matraquage fiscal.

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