Le Parlement chinois adopte la loi sécuritaire pour Hong Kong

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Malgré les manifestations rassemblant des milliers de personnes depuis le mois de mai, le nouveau projet poussé par Pékin au nom de la sécurité nationale a été adopté.

Par Frédéric Mas.

La Chine continue minutieusement son travail de sape des libertés publiques à Hong Kong. Le dimanche 24 mai, des milliers de manifestants se sont retrouvés dans les rues pour dénoncer un nouveau projet poussé par Pékin au nom de la sécurité nationale.

Bravant les consignes limitant les déplacements au nom de la pandémie de coronavirus, les militants prodémocratie se sont trouvés face à une police particulièrement agressive. Bilan : des blessés, 120 arrestations dans une ambiance tendue marquée par des heurts, des jets de gaz lacrymogène de la part de la police et des dégradations.

Contre l’autonomie de Hong Kong

Pékin souhaite faire passer une nouvelle loi devant le congrès annuel de l’assemblée nationale populaire, contournant de fait le conseil législatif de Hong Kong. Pour les militants prodémocratie, il s’agit d’une nouvelle atteinte à l’autonomie du pays, qui devait, avec le rapprochement de la Chine, conserver sa spécificité libérale et constitutionnelle au nom de l’esprit « un pays, deux systèmes ».

Le nouveau projet de loi vise à interdire la sécession, l’influence étrangère et le terrorisme. En d’autres termes, le texte est taillé sur mesure pour bâillonner l’opposition démocratique et la couper de ses soutiens partout dans le monde.

La Chine s’emploie à criminaliser le mouvement en le dépeignant en organisation terroriste et en mettant en avant les violences – pourtant marginales – pour le réduire à l’activité d’une bande d’agitateurs marginaux.

La technique est rodée, et se retrouve dans tous les pays autoritaires qui cherchent à faire taire minorités et dissidents. Les mêmes éléments de langage sont utilisés pour détruire les libertés au Tibet, réduire au silence les Ouïghours et intimider Taïwan.

Le nationalisme anti-occidental

Jouant sur le ressort du nationalisme anti-occidental, Pékin suggère que les libertés dont jouissent les citoyens de Hong Kong sont des produits d’importation, et que la dictature communiste proposée par les séides du Parti correspond plus naturellement à l’âme chinoise.

C’est oublier que la tyrannie communiste de Pékin est elle-même le produit dégénéré des écrits de Marx, Lénine et Engels, qui peuvent difficilement passer pour des stars du néonationalisme chinois. Face au mensonge communiste, la seule réponse vraiment universelle repose sur le droit naturel, qui invite au respect des droits de l’Homme, de la propriété, de la liberté de s’exprimer et de circuler.

Taïwan soutient Hong Kong

Face à cette nouvelle tentative de reprise en main de Hong Kong par Pékin, Taïwan a déclaré qu’elle fournirait toute l’assistance nécessaire à l’ex-colonie britannique. La tension n’est pas prête de redescendre face au géant chinois, qui reste le champion mondial de l’atteinte aux libertés individuelles.

 

Article initialement publié le 25 mai 2020.

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