Le tsunami vert des municipales peut-il muer en victoire présidentielle ?

Ces élections municipales montrent que la droite n’est pas capable de s’approprier un programme alternatif à l’écologie punitive. Ce n’est pas en courant dans le couloir écolo qu’elle pourra gagner sur la ligne d’arrivée.

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Le tsunami vert des municipales peut-il muer en victoire présidentielle ?

Publié le 29 juin 2020
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Par Philippe Charlez.

Marseille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble, Poitiers, Besançon, Annecy et Paris : la liste remportée par les EELV ou apparentés (Anne Hidalgo a laminé Paris grâce à son alliance avec les Verts) la liste est stupéfiante. Après leur percée remarquée aux élections européennes, Les Verts ont magistralement confirmé qu’ils étaient devenus la force majoritaire de gauche. Une belle revanche face à des socialistes relégués avec LFI à des forces d’appoint.

Le parti présidentiel a été ridiculisé, Agnès Buzyn ne parvenant même pas à être élue comme conseillère municipale dans l’arrondissement où elle se présentait. Les quelques futurs maires LREM (E. Philippe, G. Darmanin, F. Riester) sont des ex-personnalités de la droite républicaine et ne doivent leur réélection qu’à leur implantation locale.

Quant à la droite républicaine, elle perd ses deux dernières grandes villes, Marseille et Bordeaux. Qu’elle paraît bien loin l’époque où cette même droite républicaine détenait les 20 arrondissements de Paris (J. Chirac), Marseille (J-C Gaudin), Lyon (R. Barre) et Bordeaux (J. Chaban-Delmas).

L’idéologie écolo au secours de la gauche

Nous avions dans un précédent article alerté d’une part sur cette montée inéluctable de l’écologie comme marqueur politique dominant à gauche, d’autre part sur la façon immature avec laquelle le parti présidentiel répondait dans une forme d’opportunité écologique aux sirènes vertes : programme « En Marche pour l’Europe » et composition de la liste Renaissance aux élections européennes, discours de politique générale du Premier ministre le 12 juin 2019 décidé à verdir l’acte II du mandat présidentiel, comité d’organisation de la Convention citoyenne sur le climat essentiellement composé de personnalités de gauche au passé écologiste et syndicaliste et dont les propositions finales publiées la semaine dernière tiennent clairement de l’écologie punitive.

Comme nous l’avons écrit de nombreuses fois, cette position de circonstance est électoralement suicidaire. Considéré comme « un mondialiste perverti par la société de croissance » le Président n’attirera jamais par le jeunisme vert. Par contre il est en train de perdre son électorat de centre droit acquis à son positionnement économique. Les résultats des municipales ont clairement confirmé l’ineptie de cette stratégie.

Antilibéralisme écologiste

Tous les rassemblements écologistes de ces municipales se sont faits à gauche avec les socialistes et les insoumis, jamais avec LREM ou les LR. Même si la phrase « l’écologie n’appartient à aucune formation politique » s’entend, l’imaginaire collectif a toujours placé l’écologie à gauche et l’associe à un discours égalitariste, anti-mondialiste et anti-libéral.

Ces élections municipales aux résultats historiques montrent de façon très claire que la droite n’a jamais été capable de s’approprier un programme alternatif à l’écologie punitive et idéologique. Ce n’est pas en courant dans le couloir écologique qu’elle pourra gagner sur la ligne d’arrivée.

Face à un président sortant en complète perdition, une alliance électorale de gauche (EELV + PS + LFI) derrière un candidat écologiste à la présidentielle devient une alternative crédible dessinant un second tour cataclysmique face au candidat du RN.

Si elle veut revenir dans l’arène, la droite républicaine doit rapidement proposer et s’approprier un projet pragmatique pour que la France atteigne la neutralité carbone en 2050.

Une écologie concrète purgée de toute considération idéologique comme le prône l’association « Équilibre des Énergies » présidée par Brice Lalonde.

Elle fédère des entreprises de l’énergie, du bâtiment et de la mobilité désireuses de promouvoir des mesures réalistes allant dans le sens d’une transition énergétique durable et profitable reposant sur une croissance économique raisonnable. Responsabilité et liberté doivent être les pierres angulaires de ce projet. Coercition, normes et taxes doivent en être exclues autant que possible.

Les leviers pour y parvenir sont connus et coûteux. Les transports peuvent être décarbonés grâce à l’électricité sur les petites distances et à l’hydrogène vert produit par électrolyse de l’eau sur les plus longues distances (voitures, camions mais aussi bateaux et avions).

Le recours au nucléaire

La consommation peut être largement réduite dans l’habitat grâce à un grand projet de rénovation des passoires thermiques qui n’a toujours pas vu le jour, les chaudières au fuel et au gaz peuvent être massivement remplacées par des pompes à chaleur. Quant aux émissions résiduelles dans l’industrie lourde (sidérurgie, verre, ciment) elles ne pourront être complètement décarbonées. Aussi, pour atteindre la neutralité carbone, faudra-t-il mettre en œuvre des projets de capture et de séquestration du CO2.

La société de demain demandera d’accroître significativement la production d’électricité décarbonée. Les énergies renouvelables y participeront sans aucun doute mais, compte tenu de leur non pilotabilité, l’éolien et de solaire ne pourront excéder 30 % du mix électrique. Les objectifs d’électricité verte ne seront atteints qu’en prolongeant le nucléaire existant mais aussi via la construction de nouvelles centrales EPR. Cette position pro nucléaire est aussi l’occasion pour la France de reprendre le leadership mondial dans un domaine où elle a perdu la main au profit de la Chine.

Une façon d’éviter de délocaliser des compétences qui, faute de nouveaux projets, seraient définitivement perdues.

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  • Article perverti par la croyance de l’auteur en la fable inepte du réchauffement climatique anthropique :

    Tout ça pour 0.0004°C à l’échelle de la France et 0.005°C à l’échelle planétaire.

    A rappeler sans modération :

    – le CO2 n’est que le 3e contributeur à l’effet de serre derrière la vapeur d’eau et le méthane.
    – en deçà de 150 ppm de CO2, la photosynthèse s’arrête.
    – 95% de l’effet de serre du CO2 atmosphérique est produit par les 200 premiers ppm.
    – les émissions humaines de CO2 sont faibles par rapports aux émissions de l’océan (plus de la moitié) et de la biomasse terrestre (plus du tiers).
    – le passage de 200 à 400 ppm de CO2 s’est traduit par 18 millions de Km2 de surface végétalisés supplémentaires (1/6e du total).
    – les variations de température moyennes constatées depuis 1800 ne sont pas corrélées aux variations de la teneur en CO2 atmosphérique.

    La filière H2 est une ineptie technique et industrielle (risques, stockage, rendement énergétique).

    Il faut développer le nucléaire, arrêter les limitations sur les énergies fossiles et reprendre l’exploration/production du gaz et pétrole de schiste en Europe.

    • A part votre pseudo un tantinet provocateur, vous avez 100% raison!

    • On pourrait ajouter ces points à votre excellente liste :

      – Globalement, ce sont les températures qui influencent le niveau de CO2 atmosphérique, infiniment plus que l’inverse (rétroaction de l’effet de serre quasiment négligeable et surtout rapidement saturé), l’augmentation du CO2 étant possiblement due en partie à un simple effet retard, en faisant l’hypothèse que la végétation et les masses de planctons océaniques s’adaptent vers un nouvel équilibre plus lentement que les variations de CO2. Les plantes ne peuvent croître qu’après la hausse du CO2, pas avant, n’est-ce pas ?

      – L’effet de serre ne peut qu’être marginal sur le niveau et les variations de température, effet en pratique noyé dans l’imprécision des mesures. Si ce n’était pas le cas, l’atmosphère de Mars composée à 95% de CO2 serait une bouilloire infernale (ou un frigidaire glacial, au choix selon la vision qu’on a de l’enfer climatique). Les températures dépendent essentiellement du soleil et du gradient thermique gravitationnel (-6,5° par km d’altitude depuis le sol jusqu’à la tropopause). Les variations plus fines de température dépendent des cycles solaires (masses nuageuses, de l’insolation (distance Terre-Soleil) et de l’albédo terrestre (glaciers, déserts, forêts, océans…), et finalement des cycles océaniques régulateurs, notamment les courants profonds dont on ne sait pas grand chose (on en sait d’ailleurs encore moins à propos du volcanisme sous-marin qui ne peut pas être sans effet, alors qu’on estime à plusieurs centaines de milliers le nombre de volcans).

      – Les activités humaines absorbent du CO2 de même qu’elles en émettent. Or, les puits humains de CO2 sont dûment ignorés ou minorés par les zélotes de l’escrologie politique qui n’hésitent pas à prétendre qu’un champ de blé ou de maïs en culture intensive n’absorberait pas plus de CO2 qu’une banale prairie, ce qui est tout simplement absurde. Ignorer les puits humains de CO2 conduit à dramatiser exagérément les émissions humaines. Le bilan humain est en réalité beaucoup moins dramatique que ce qui est complaisamment présenté. Le bilan humain entre émission et absorption est en réalité si faible qu’il est indétectable à Mauna Loa, site de référence de mesure du CO2, qui reflète l’absence d’effet mesurable de la crise du Covid par exemple, du moins pour l’instant.

      – Les températures moyennes (pour ce que ça vaut) ont augmenté d’à peine 0,4° depuis 40 ans, hausse bien moins spectaculaire que les modèles délirants des réchauffistes, en tout cas sans rapport avec l’évolution de la teneur atmosphérique en CO2 et alors que l’essentiel du CO2 humain a été émis au cours de ces dernières décennies (mais en même temps, l’activité humaine n’a jamais autant absorbé de CO2).

      Et pour la route…

      – Les océans ne s’acidifient pas. Ils restent obstinément alcalins, malgré les injonctions de la pseudo-science. Diable, quelle est insolente, cette réalité qui refuse de plier le genou devant l’idéologie !

      – La biodiversité des forêts gérées par les humains vaut largement celle des forêts primaires (sauvages). Il y a par exemple environ 180 essences d’arbres différentes dans la forêt française, contre à peine plus de 200 dans toute la forêt amazonienne. La grande diversité des forêts gérées par l’homme est un excellent support à la biodiversité qui s’y développe avec bonheur. Les citadins ne doivent surtout pas hésiter à sortir de leurs cagettes en béton pour se balader en forêt, s’oxygéner le cerveau et observer avec émerveillement le monde réel en oubliant les fadaises politiciennes. Ils risquent d’être surpris de leurs découvertes, soudainement convaincus de la bêtise infinie des escrologistes.

      – La forêt mondiale (non exploitée par l’homme à plus de 95% de ses 4 milliards d’hectares environ de superficie) est quasiment aussi étendue aujourd’hui qu’elle l’était il y a un siècle (3,9 vs 4,1), alors que la population mondiale a été multipliées par 7.

      • On peut ajouter à vos arguments le fait historiquement incontestable que la planète a connu des périodes plus chaudes que l’actuelle, et que ces périodes correspondent à des ères de prospérité pour l’humanité :
        – cf les glaciers alpins, ou autres, qui à mesure qu’ils fondent découvrent des vestiges d’activités humaines – pas si anciennes, d’ailleurs
        – cf les travaux de Leroy Ladurie concernant l’optimum climatique médiéval, qui porte bien son nom

        Alors que les collapsologues du GIEC et leurs relais médiatiques et politiques arrêtent de nous chauffer avec leur alarmisme bidon. Le réchauffement est une chance pour l’humanité !

        • Tous vos arguments se tiennent.
          Malheureusement, le débat a été confisqué. Il est impossible d’émettre un doute en public, de remettre un tant soit peu la doxa en question, sans se faire laminer, traiter de facho ou de réac (alors que ce sont deux choses différentes mais c’est un autre débat).
          Les faits, les chiffres, les arguments rationnels n’ont plus cours.
          L’ineptie totale de la position du gouvernement sur le nucléaire (baissons les émissions de CO2 et fermons la source d’énergie qui en produit le moins) en est bon exemple.

      • C’est lors de la croissance que les plantes absorbent le plus de CO2, donc les cultures en absorbent plus que les forêts! La nullité et l’ignorance des escrologistes se constatent sur tous les sujets!

    • Quand un pays, voire un continent veut se suicider, il n’y a pas grand chose à faire…
      Les Européens ne veulent plus d’enfants parce qu’ils considèrent qu’il y a trop d’humains sur Terre. Ils n’ont plus envie de manger de la viande, de voyager vite et loin, de produire, de vivre, mais juste survivre en attendant de débarrasser le plancher.
      Moteur : la frousse (de tout), la culpabilité (héritage des anciennes religions + les colonies des anciens).
      Bref, plus on essaie de les raisonner, plus ils nous plombent.
      Au moins, nous savons que ce monde va s’écrouler, certains éviterons les débris et les gouffres. Les zombies on s’en fout.

    • excellent sauf l’usage de la locution effet de serre.. qui n’aide pas.

  • On savait les professeurs du médical profondément corrompus, on ignorait encore que les grandes écoles produisent des monstres…

  • C’est le nouveau programme commun ,version 2020,le PS et le PCF étant moribonds ils se sont alliés aux écolos pour survivre ,demain le goulag vert!

  • Une vraie droite aurait un boulevard dans ce pays, mais le problème est qu’une minorité, syndicaliste, corporatiste et activiste, adepte de la grèviculture et de la contestation violente aidé par leurs amis les socialistes subventionnés des médias et de la justice flingue toute possibilité de vrais choix et de réforme.
    .
    D’où les scores d’abstention record, le divorce entre le peuple profond et les « élites » est total. Le feu couve et l’appauvrissement massif qui attend les Français n’est pas de nature à arranger les choses.

  • cela fait quelques décennies qu’il n’y a plus de droite en France, biberonnées aux subventions et à l’argent publique. Il y a juste la couleur du socialisme qui change.

    par ailleurs, quand je lis cela « un grand projet de rénovation des passoires thermiques », je pose la question : qui paiera ???

  • Qui décrète ce qu’est une passoire thermique? Un polytocard?
    Et on fait des propriétaires âgés appauvris par leurs délires incessants? On les met à la rue? On les suicide par des mises aux poursuites?

    Ce genre de mesure pue l’eugénisme 2.0.

  • Je suis avec vous sur tous vos points sauf que l’amazonie ne se compose pas de 200 especes d’arbres mais de 16 000.
    227 especes constituent 50 % des arbres, les 50 % restants sont tres divers.

  • Qui a dit qu’un écologiste était intelligent ?

  • Ne pas confondre écologie et écologisme ou encore escrologisme. La première est une science, les seconds sont des idéologies politiques anti-humaines, car quand on les examine de près, elles placent toujours l’homme en-dessous de la nature, et fondamentalement considèrent l’homme comme une nuisance pour la planète.
    Quand on sait que les deux grandes idéologies de gauche, socialisme et communisme (d’ailleurs très proches l’une de l’autre) sont également, fondamentalement, des idéologies anti-humaines car contraires au droit naturel, il n’y a pas à s’étonner que l’écologie politique ne fait alliance qu’avec les partis de gauche habituels.

  • Edouard Philippe n’est pas au parti la ReM. Ceci étant, le développement du nucléaire me semble impératif, le solaire et l’éolien n’étant que des fantaisies loufoques et coûteuses. Sans voiture individuelle, pas de liberté, mais toute électrique, non, trop chère. L’aéronautique aussi doit être préservée, le transport maritime aussi en cherchant (et en trouvant) des techniques fiables et propres. Edouard Philippe est le maire d’une ville portuaire propre, aérée où la circulation est facile. Ce ne sont pas les écolos qui ont fait de cette ville longtemps sinistre et communiste un lieu agréable mais la Droite.Il semblerait que , dimanche dernier, les Havrais ne l’aient pas oublié.

  • la neutralité carbone est une ineptie !

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