Coronavirus : Pékin face au risque d’une seconde vague épidémique

Coronavirus cases by Marco Verch Professional (CC BY 2.0) — Marco Verch Professional, CC-BY

Alors qu’en France, la gestion de la crise est aujourd’hui auscultée à la loupe par les parlementaires, les responsables chinois qui ont participé à l’aggravation de la crise mondiale ne seront jamais inquiétés.

Par Frédéric Mas.

Pékin a décidé de durcir à nouveau les conditions sanitaires de la ville après la découverte de nouveaux cas de Covid-19. En 5 jours, 106 nouveaux malades ont incité les autorités locales à fermer les écoles et à appeler les habitants à ne pas quitter la ville. 70 % des vols des deux aéroports de Pékin ont été annulés et plusieurs villes chinoises imposent désormais des quarantaines et des contrôles aux voyageurs venant de la capitale.

En France, Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, était quant à lui auditionné par une commission d’enquête parlementaire sur le Covid-19 ce mardi. L’ancien conseiller de Marisol Touraine, devenu le « monsieur santé » du gouvernement s’inquiétait en 2016 de la préparation de la France face à une éventuelle pandémie.

En 2020, il a toutefois estimé que l’exécutif cette fois-ci n’avait pas failli à sa mission et géré la crise de manière efficace. On imagine que la presse, l’opposition et les déclarations d’Agnès Buzyn archivées lui rafraîchiront la mémoire sur les divers manquements de l’État bureaucratique au pire de la crise.

Pourtant, si on s’en tient aux décès liés au coronavirus, on ne peut s’empêcher de remarquer que la Chine s’en est mieux sortie que l’Occident, en particulier que les États-Unis, dans une crise qui a mobilisé le monde pendant deux mois. Il faut bien entendu rester prudent sur la façon dont les statistiques qui circulent ont été construites et ce qu’elles mesurent réellement. Il faut l’être en particulier sur les indications transmises par la Chine, qui pourraient très bien se révéler être de la propagande pure et simple.

Reste que sur le plan politique et médiatique, elles pourraient accréditer la thèse d’une plus grande efficacité du modèle de gestion de crise chinois comparé au modèle occidental, ce que ne manqueront pas de relayer les propagandistes anticapitalistes et antilibéraux.

C’est bien entendu en passant sous silence la manière dont le pouvoir de Pékin a d’abord cherché à masquer toute information sur le sujet en faisant taire les lanceurs d’alerte et en minimisant la crise.

En prenant pour argent comptant ce que les autorités chinoises lui transmettaient, l’OMS a tardé à déclarer l’urgence sanitaire mondiale. Alors que Taïwan s’inquiétait des risques de pandémie et avait alerté l’OMS, l’organisation internationale, toujours sous la pression de la Chine, avait préféré ne pas donner de réponse à ses représentants.

Alors qu’en France, la gestion de la crise est aujourd’hui auscultée à la loupe par les parlementaires, les responsables chinois ayant participé à l’aggravation de la crise mondiale ne seront jamais inquiétés. Alors qu’en Occident, les citoyens sont libres d’interroger et de remettre en cause les justifications des gouvernants pour leurs politiques concernant le Covid-19, la Chine ne fera pas d’autocritique, et ne s’excusera pas d’avoir utilisé la crise pour affaiblir ses ennemis de toujours, en particulier Hong Kong. La dictature communiste passe avant la santé publique.

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