Libéralisme et pandémies

La pandémie rappelle aux libéraux la différence entre un État limité et un État incompétent. Elle devrait nous convaincre de la supériorité de la démocratie libérale sur l’autoritarisme et du marché sur le monopole étatique.

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Libéralisme et pandémies

Publié le 10 juin 2020
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Par Tom G. Palmer, depuis les États-Unis.

Les événements majeurs sont toujours l’occasion de confirmer la vision du monde de chacun. La présente pandémie n’échappe pas à cette règle. Le propagandiste du Parti communiste chinois Dong Yuzhen a conclu que « les avantages du système chinois ont une fois de plus été démontrés depuis l’apparition du coronavirus« .

Pour la congressiste américaine Alexandria Ocasio-Cortez la pandémie a montré que « nous avons besoin à la fois d’un moratoire sur la dette et d’un revenu de base universel dès maintenant ».

Et moi, en tant que libéral, devrais-je conclure que la pandémie prouve que nous avons besoin de marchés plus libres ?

Cela dépend des preuves. Et pour tout le monde, ce devrait être l’occasion de réfléchir au rôle que les États devraient et ne devraient pas jouer.

Pour un État limité

Je suis pour un État limité. Parmi les fonctions d’un État limité figure la protection de la santé publique, c’est-à-dire les menaces pour la santé qui ont des retombées majeures, dans le cas présent une maladie contagieuse dangereuse.

Avoir un rôle légitime ne signifie pas pour autant que les gouvernants doivent entraver les initiatives de la société civile.

En Allemagne et en Corée du Sud, pour prendre deux pays démocratiques libéraux, des tests ont été disponibles en janvier et ont été produits en masse par des entreprises privées. L’administration américaine Trump a adopté une approche socialiste autoritaire lorsque la Food and Drug Administration (FDA) a refusé d’admettre les tests étrangers et a accordé un monopole à une autre agence gouvernementale, les Centers for Disease Control and Prevention, qui a alors procédé à la fabrication et à la distribution de tests contaminés et donc inutiles.

Selon le Dr. Anne Schuchat du CDC, ils ne pensaient pas « qu’il nous fallait le test de quelqu’un d’autre ». C’est seulement le 29 février que la FDA a finalement autorisé les laboratoires non gouvernementaux à commencer les tests. Cela a coûté du temps et des vies.

Aux États-Unis, nous avons assisté à un mélange de monopolisation, de suppression délibérée du secteur privé et d’incompétence à une échelle étonnante.

Maintenant, sur qui rejeter la faute ? Sur les entreprises privées qui n’étaient pas autorisées à produire des tests, ou sur les agences gouvernementales qui les monopolisaient et produisaient ensuite des tests inutiles ? Certains trouveront peut-être difficile de répondre à cette question.

État limité et État incompétent

Pour les libéraux comme moi – et c’est un rappel important pour ceux qui travaillent à limiter le pouvoir de l’État – il importe de distinguer un État limité d’un État incompétent. Le gouvernement doit s’acquitter de ses fonctions légitimes avec efficacité et efficience, et ne pas les outrepasser. Être pour un État limité n’est pas la même chose qu’être « anti-État ».

Cela nous montre également que, lorsque l’État s’endette massivement (des milliards de dollars par-ci, des milliards par-là, comme l’a dit le défunt sénateur américain Everett Dirksen il y a bien des années, à propos de millions « et bientôt, on parlera d’argent réel »), il lui est plus difficile de faire face à de véritables crises.

Le gouvernement néerlandais a passé des années à réduire les dépenses publiques pour rembourser la dette à environ 50 % du PIB. Cela les a mis dans une bien meilleure position pour faire face à la pandémie par rapport à l’Italie endettée, par exemple, comme l’a rappelé le Premier ministre Rutte au peuple néerlandais lorsque la pandémie a frappé.

Libérer pour sauver des vies

Nous avons également vu les gouvernements de nombreux pays lever – à titre de mesures d’urgence pour sauver des vies – des restrictions commerciales anciennes. Et il s’avère que les éliminer permet de sauver des vies. Elles n’ont jamais été nécessaires au départ1.

Les réponses à la pandémie ont été, dans certains cas, de faire appel à l’efficacité de l’État et des entreprises privées, et dans d’autres cas d’écarter les entreprises privées au profit d’un État incompétent.

En tant que libéral, je préfère le premier type de réponses. Je ne trouve aucune preuve que le socialisme, l’abolition de l’économie de marché, les systèmes de soins de santé monopolistiques de l’État, le protectionnisme ou d’autres régimes aient pu améliorer les choses.

Un sujet est particulièrement important : la liberté de commercer et de voyager. Des militants illibéraux de toutes sortes, de gauche comme de droite, ont fait valoir qu’il est temps de mettre fin au commerce international et aux voyages planétaires. Ils soulignent que les contagions voyagent plus rapidement lorsque le commerce et les voyages sont plus libres. C’est vrai.

Dans le même temps, nous sommes beaucoup, beaucoup plus riches et beaucoup, beaucoup mieux à même de lutter contre ces maladies contagieuses parce que le commerce et les voyages ont été considérablement libéralisés dans une grande partie du monde au cours des dernières décennies.

En finir avec les restrictions commerciales

En fait, la tendance actuelle à la restriction du commerce et à la réduction des chaînes d’approvisionnement, si elle n’est pas stoppée, tuera presque certainement plus de personnes que le nouveau coronavirus ne le fera.

Comme le directeur du Programme alimentaire mondial des Nations-Unies l’a déclaré au Conseil de sécurité, en raison de l’augmentation des perturbations et des restrictions commerciales, « il existe également un réel danger que plus de personnes meurent potentiellement des conséquences économiques de Covid-19 que du virus lui-même ». La drogue des barrières commerciales rendrait-elle cela plus facile ? Non, ce qu’il faut pour éviter la privation et la famine, c’est une politique libérale de libre-échange.

La pandémie rappelle aux libéraux la différence entre un État limité et un État incompétent, mais elle devrait renforcer notre croyance dans la supériorité de la démocratie libérale sur l’autoritarisme et du libre marché sur le monopole étatique.

Traduction Contrepoints. Cet article a été publié une première fois en anglais sur Globes.

  1. Le Competitive Enterprise Institute, basé aux États-Unis, a fait la promotion du hashtag #neverneed pour décrire les restrictions sur la télémédecine, sur les licences restrictives interdisant aux médecins et aux infirmières de travailler dans les points chauds, sur la paperasserie idiote qui empêchait la production de masques et de ventilateurs N95, et ainsi de suite
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  • 1. Un Etat non limité est forcément incompétent. La crise sanitaire l’a montré.
    2. En temps de crise les solutions absurdes prospèrent : en temoigne cette tentation du repli sur soi, du rejet de la « mondialisation », phénoménale pourtant aussi vieux que le siècle des Lumières, voire que l’Humanité elle même.
    3. De fait, la Restriction commerciale est une utopie, une pure gesticulation politique ; jusqu’à quand faudrait-il remonter pour retrouver ce monde d’avant fantasmé ? Il n’y a même pas à se poser la question du libéralisme sur ce point. Quand le lait et le café ont été mélangé, il est tout bonnement impossible de les séparer…

  •  » What do you want to do ?
    New mailCopy  »

    Pourquoi conservez vous et publiez ce qui est (d’après certains sites spécialisés) un « bug » de Firefox ?

  • Voici un autre article plus détaillé qui me paraît avoir des conclusions similaires pour l’essentiel.
    https://www.academia.edu/42829792/What_Went_Wrong_Corona_and_the_World_after_the_Full_Stop?email_work_card=view-paper
    Selon cet article, l’horreur réglementaire et médiatique a apparemment conduit à plus de décès que l’action limitée et ciblée. La peur a régi nombre de comportements y compris au plus haut niveau.
    L’intelligence pour la compréhension de la réalité n’étant pas la qualité la plus répendue, il est probable que se poursuivent les dénis et les politiques les plus inadéquates.

    • Vous verrez que les conclusions de l’enquête qui commence chez nous donnera des conclusions autres, à savoir que notre gouvernement a réagi parfaitement face à la crise… Lamentable…

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