La CGT cible le Plan de relance automobile, pas assez marxiste à son goût

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Chemnitz - Marx Monument By: motograf - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La CGT cible le Plan de relance automobile, pas assez marxiste à son goût

Publié le 29 mai 2020
- A +

Par Claude Robert.

Renault, PSA et l’ensemble de la filière sont durement impactés. L’objectif du plan gouvernemental est bien évidemment d’aider les principaux acteurs du secteur à surmonter l’épreuve sans trop de dégâts sociaux. Cependant, aussi incroyable que cela puisse paraître, la CGT ne semble pas faire le lien entre ce plan de sauvetage et le maintien de l’emploi.

Pour le délégué CGT de PSA, il s’agit carrément « d’argent distribué dans la poche des patrons ». Plus étonnant encore, son interview sur FranceInfo (26 mai 2020) révèle à la fois une incompréhension toute marxiste de l’économie et l’infantilisation quasi-syncrétique d’une centrale syndicale à qui tout est dû, hic et nunc, quel que soit le contexte !

Une incompréhension marxiste de l’économie

Pour J-P.Mercier, le délégué CGT de PSA, ce plan « ne répond pas du tout à l’urgence, aux attaques sur l’emploi que le patronat de l’automobile s’apprête à exercer sur l’ensemble des salariés de la filière auto ». Ainsi découvre-t-on que l’ennemi qui s’apprête à nuire n’est pas le virus aux funestes ravages, mais bien le patronat !

D’ailleurs cette pandémie est une véritable chance pour le PDG de PSA. Tout juste n’attendait-il que cela : « Je peux vous garantir que monsieur Carlos Tavares ne va pas en rester là. Il va profiter de l’aubaine qui est la période de la crise sanitaire pour tailler encore dans les effectifs ».

Sans compter que le mécanisme économique dans son ensemble, ici en l’occurrence la relance de nature keynésienne que propose l’État1, semble totalement échapper à ce représentant de la CGT :

« Il y a eu beaucoup d’argent qui a été mis sur la table. Ces 8 milliards vont aller directement dans la poche du patronat de l’automobile. Mais sur l’emploi, pour les salariés, ce sont des plans de licenciements qui se profilent à l’horizon et des fermetures d’usine […] On s’attendait de toute façon à une annonce de milliards, de cadeaux au patronat de l’automobile. On les a eus ces cadeaux. Pour les salariés, aujourd’hui, il n’y a strictement rien du tout ».

On devine très vite que ce n’est pas aux patrons qu’il fallait donner tout cet argent, mais aux ouvriers. Car c’est bien connu, l’entreprise leur appartient, la seule valeur ajoutée des usines de production leur appartient, tout comme l’avenir de celles-ci. Après tout, les patrons ne sont que des profiteurs qui ne servent à rien.

On retrouve là, telles quelles, brutes de décoffrage, les lubies marxistes : incitation à l’hostilité de classe et négation de toute valeur ajoutée en dehors de celle du travailleur manuel dans son bleu de chauffe tout graisseux !

L’infantilisme d’une centrale syndicale à qui tout est dû

L’économie mondiale pourrait s’effondrer sous l’effet d’un cataclysme ou d’un tsunami géants que la CGT n’en aurait rien à faire. Elle exigerait réparation immédiate auprès des « patrons », ces ennemis héréditaires qu’elle pourchasse quoi qu’il en coûte depuis 18952.

Les mesures de chômage partiel prises par le gouvernement socialiste Macron-Philippe sont radicales. Elles coûtent une fortune et ont participé à infliger à la France une chute d’activité plus forte que chez nos voisins. Mais ne comptons pas sur la CGT pour admettre l’existence de tels efforts, encore moins pour avouer que ceux-ci se sont sans doute avérés trop généreux.

En période de pandémie, la logique voudrait que les contributions soient réparties entre tous. Mais souvenons-nous : la CGT n’avait-elle pas déposé un préavis de grève des services publics pendant le mois d’avril, tandis que les CHU de l’Est et de Paris croulaient sous le nombre de patients nécessitant des respirateurs ? Ce caprice n’était-il pas sordide ?

Tel un être infantilisé dont les caprices sont totalitaires, la CGT est incapable d’envisager autrement son environnement que comme une espèce d’organisme à son service. Un organisme indifférencié dont elle ne comprend strictement rien, mais qu’elle considère comme un débiteur de tout ce dont elle a besoin sur le moment.

Ce stade psychologique qui se rencontre au début de la vie a un nom : le syncrétisme. Oui, osons l’avouer, aujourd’hui, la CGT patauge en plein syncrétisme.

 

  1. Pour une fois, il s’agit bien d’un contexte qui nécessite un soutien de la demande car c’est la demande qui s’est subitement interrompue, du fait du confinement et des mesures de distanciation sociale. Bien évidemment, le keynésianisme n’est d’aucun effet pour résoudre les problèmes d’offre, handicap structurel de la France.
  2. Au début, la CGT a du enfourcher des combats légitimes et bénéfiques. Mais quand on voit ce qu’est devenu le port de Marseille, on comprend que cette épode est révolue.
Voir les commentaires (30)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (30)
  • claude henry de chasne
    29 mai 2020 at 6 h 41 min

    La CGT est le coronavirus de l’économie française! une fois infectée l’entreprise meurt!
    il n’y a que les entreprises publiques qu’on met sous assistance respiratoire au frais du contribuable.. sncf, ratp, air france renault etc
    Il faudra bien que ces gens comprennent que pour fabriquer des voitures il est nécessaire d’avoir des clients ! solvables de préférence

    on ne peut pas tanner l’automobiliste avec le petit livre vert d’une main et lui demander de l’autre d’acheter des bagnoles !

  • Je ne lis plus les articles sur la CGT, SUD, les communistes, les trotskyste etc etc…….Ca réveille mon ulcère.

  • Le parti communiste a été interdit de 1945 jusqu’aux années 85/86 environ (négociations secrètes avec Moscou avec aboutissement à la destruction du mur) En attendant ne cherchez pas trop l’explication au redémarrage rapide de l’économie allemande et de sa future prospérité !

  • Et si la cgt avait raison de s’en prendre aux patrons . Dans un pays qui fonctionne le patronat et l’état fonctionne main dans la main, ils ont le même but, grossir. En France l’état torpille les entreprises depuis des années, comme si il avait perdu de vue que l’entreprise est sa seule source de revenu….. Le marxisme… C’est du réchauffé qui ne parle plus à personne. La cgt est ce qu’elle est mais qui d’autre s’interpose dans l’action néfaste de l’état ?

    • claude henry de chasne
      29 mai 2020 at 8 h 01 min

      le probleme c’est que l’etat c’est d’abord le contribuable.. et quand l’etat se met a fabriquer des voitures….qui c’est le couillon qui paye les pots cassés?

      • Bah, on a un heritage difficile à gérer voir ingerable, on n’aurait jamais dû accepter la 5ème république, sorte de communisme démocratique à partis fantômes , ces jours sont comptées, la regie renault va disparaître, air France sncf., certains résistent encore, certains aiment cette servitude.

        • claude henry de chasne
          29 mai 2020 at 17 h 16 min

          non on aurait jamais du accepter le diktat du CNR communiste a la libération, oui mais voila la france a perdu la guerre et a collaboré avec fallait bien quelle le paye

    • « Dans un pays qui fonctionne le patronat et l’état fonctionne main dans la main »

      Hahaha, vous avez fait ma journée…

      • La définition même du capitalisme de connivence, l’opposé du vrai capitalisme où le mot concurrence est fondamental. Et où l’état ne doit être au plus qu’un arbitre et, le plus souvent, laisser les gens qui savent, faire.

        • C’est bien la raison pour laquelle je suis mort de rire.

          • Phrase tronquée, ça me fait rire aussi ?

            • Attendez, je vous remets le reste de la phrase: « Dans un pays qui fonctionne le patronat et l’état fonctionne main dans la main, ils ont le même but, grossir. » Ben du coup les critiques qu’on vous a faites sont toujours valables; Elles sont même encore plus pertinentes.
              Non mais sérieux dites moi pourquoi dans un pays fonctionne l’Etat a pour but de grossir? Ok les entreprises ont souvent pour but, entre autre, de grossir (je dis juste « souvent » parce que pas toujours contrairement à ce que vous dites: une entreprise c’est aussi des hommes et tous n’aspirent pas à être au CAC40). Mais l’Etat veut grossir? Ah bon? Et pourquoi grand dieu? Et pourquoi cela s’apparente il à un pays qui « fonctionne »? Pourquoi quand le but de l’Etat n’est pas de grossir pensez vous que le pays ne fonctionne pas?

    • Et oui, les français sont tellement bêtes qu’ils ne sont pas capables de comprendre qu’ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis, l’économie étant la source de leurs emplois et donc de leur prospérité!

    • Le marxisme, du réchauffé ? Vous y croyez vraiment ?
      Qui a dit « J’adore Lenine et ses idées sont toujours d’actualité. »
      https://www.contrepoints.org/2019/12/12/360097-je-dirige-la-cgt-cheminots-et-jadore-lenine-qui-suis-je

  • La petite bête
    29 mai 2020 at 8 h 26 min

    En France, sévit le socialisme par le bas défendu par la CGT et le socialisme par le haut qui consiste à apporter la caution de l’Etat à de grandes entreprises (qui souvent étaient en difficulté avant l’arrivée du virus).
    Eternelles oubliées: les PME.
    Il faut donc réinterpréter les propos de Macron en début de crise « pas une seule entreprise ne sera livrée au risque de faillite » : cela ne concernait que les grandes entreprises, celles qui ont l’oreille des médias qui louerint l’action du gouvernement.
    Les autres peuvent crever. En silence de préférence, et sans les récriminations de la CGT.

    • « Ne demandez pas ce que l’État peut faire pour vous. Demandez ce que les hommes de l’État sont en train de vous faire. »

      David Friedman

  • Ce qui caractérisait l’Union soviétique, c’était la production de biens inutiles coexistant avec les pénuries des biens essentiels. On va nous faire la même chose: on produira des voitures électriques invendables et les voitures vendues viendront de l’étranger.

  • Je crois qu’il y a une coquille à la fin de l’article. Ne s’agit pas plutôt de « crétinisme » plutôt que de « syncrétisme »…

  • La CGT est une officine marxiste avant d’être aux service de ses adhérents.
    Elle est donc un faux syndicats et être dénoncée en tant que telle, c’est-à-dire être interdite et dissoute.
    Pour cela, s’appuyer sur ses actions dont le but est le sabotage par tous moyens de l’économie française et l’instauration d’un régime communiste.

    • Et elle y arrive très bien avec l’aide des employés trop stupides pour comprendre que c’est leur avenir qu’ils galvaudent.

      • Exact, nombre de salariés PSA malgré leur prime d’intéressement de plusieurs milliers d’euros et le payement à 100% de leur salaire durant le confinement ADULENT la cgt, lutte ouvrière, sud… PSA a raison de vider de la France le max d’effectifs et de production qu’il peut, il n’a plus le choix.

  • Non en plein crétinisme

  • La CGT n’est qu’un étron communiste . Le mur est tombé et il n’y a pas eu de Nuremberg du communisme, elle n’est aujourd’hui que le résultat de cette lâcheté, au même titre que les kmers verts d’ailleurs .

  • il suffit de couper les subventions aux syndicats et la vérité leur apparaîtra.

  • Pour certaines entreprises qui sont « aidées », je préférerai que l’argent aille aux ouvriers. Ça leur ferai une indemnité de licenciement, l’entreprise sous perfusion ferait faillite, et cela soulagerait les contribuables à terme.
    Pas sûr que Martinez voit les choses comme ça, mais l’argent irait bien aux ouvriers comme il l’a demandé…

  • epidermiquement
    29 mai 2020 at 19 h 13 min

    une seule question : c’est quoi ce que la CGT comprend quand elle dit que c’est « le patronat » qui reçoit les fonds qui devraient aller aux ouvriers ?
    Je ne crois pas que Tavares ou Ghosn aient reçus ces milliards….. Quant aux actionnaires de Renault ou de PSA, ils ne reçoivent pas de dividendes.
    Alors, où vont les sous si ce n’est dans la poche des salariés de ces entreprises tant qu’elles tournent ?

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Combien de temps va encore durer cette crise sanitaire subie par la population française ? Cela ne dépend que du gouvernement, et donc du président lui-même. Car il faut être parfaitement lucide : c’est le gouvernement qui est responsable de la crise sanitaire, et pas le virus Sars-CoV-2.

Depuis le début, cette crise a été plus politique que médicale, ce qui est confirmé par la politique sanitaire d’autres pays. L’Autriche semble revenir sur son plan de vaccination obligatoire, Israël abandonne la quatrième dose de vaccin, et la Suède ... Poursuivre la lecture

Il y a une semaine, le Project Veritas publiait différents documents dont le contenu, s'il était vérifié, pourrait largement remettre en question nombre d'affirmations colportées par les médias, les experts et les politiciens sur la pandémie, son origine et son déroulement, et éclairerait l'histoire de ce virus d'une lumière nouvelle, particulièrement incriminante pour une partie de l'administration américaine...

Si vous vous en tenez à la presse et aux médias grand public français, il est assez peu probable que vous ayez entendu parle... Poursuivre la lecture

À la chute du Mur de Berlin et la dislocation de l’URSS, beaucoup ont cru à « La Fin de l’histoire », une thèse popularisée par Francis Fukuyama dans son essai éponyme et contredite par Samuel Huntington, son professeur à Harvard, dans Le Choc des civilisations. Pour autant, l’histoire est circulaire, et non linéaire, et la question qui occupe Anne Applebaum dans Démocraties en déclin est légitime : comment la démocratie peut-elle se retourner contre elle-même ?

Elle est bien placée pour en parler. Ayant étudié l’histoire à Yale, les r... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles