Sanofi et Covid-19 : il faut respecter la propriété intellectuelle et faire confiance au marché

Sanofi ne doit pas être influencé par les pouvoirs publics. Grâce à la propriété intellectuelle et au marché, les traitements médicaux progressent.
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Vaccine formulation by Sanofi Pasteur on Flickr CC BY-NC-ND 2.0)

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Sanofi et Covid-19 : il faut respecter la propriété intellectuelle et faire confiance au marché

Publié le 20 mai 2020
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Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Comme souvent, la France se distingue dans sa haine des multinationales et des laboratoires pharmaceutiques.

Il a suffi d’une rumeur, une étincelle, pour s’en prendre au laboratoire Sanofi qui aurait promis aux États-Unis d’être « servis » en premier en cas de découverte d’un vaccin contre le coronavirus. Énorme tollé même chez les serviteurs de l’État et du système de santé, les mêmes qui, début mars, étaient incapables de fournir du gel et des masques au personnel des hôpitaux.

Concernant le vaccin, nous avons appris d’une part que, malheureusement, ce n’est pas pour demain et d’autre part qu’il s’agit d’une recherche financée par les Américains à hauteur de 30 millions de dollars. Sanofi a tout de suite calmé les esprits en promettant une diffusion mondiale de l’éventuel vaccin. Espérons que cette polémique ne poussera pas le laboratoire à transférer ses centres basés en France…

Propriété intellectuelle et brevets

Un autre aspect ne doit surtout pas être négligé : la propriété intellectuelle et les brevets.

Qu’il s’agisse de médicaments ou de vaccins, les laboratoires investissent des sommes énormes dans la recherche médicale, qui est très longue et qui n’aboutit pas forcément aux résultats escomptés. Sanofi a obtenu des financements américains grâce auxquels il peut mener les recherches sur le vaccin contre le Covid-19, entre autres. Sanofi sera propriétaire de ce vaccin, et s’il trouve normal de servir en premier ceux qui l’ont financé, il n’y a rien à dire. Si un laboratoire français le devançait et mettait au point, le premier, un vaccin ou un traitement, en ferait-il profiter immédiatement les États-Unis tout autant que la France, à due proportion de leurs populations respectives ?

Les pouvoirs publics peuvent être poussés à agir dans l’urgence et à mettre la pression sur les laboratoires pour brûler les étapes. Attenter à leur liberté de recherche et de gestion du projet serait pourtant la pire chose à faire dans un monde où l’innovation est le principal facteur du développement humain.

Faire confiance au marché, pas aux États

Malgré la tragédie qu’il provoque, le cas du Covid-19 ne doit pas déroger à la règle ni au droit. À l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement, pas plus que de vaccin, mais au moins une douzaine de sociétés pharmaceutiques travaillent dessus, dont deux ont même commencé les essais cliniques.

Les États ne doivent pas s’en mêler en imposant des restrictions au droit de propriété et au libre échange car le traitement contre le Covid 19 sera un produit comme un autre. Il faudra le commercialiser très vite, c’est vrai, mais sans s’affranchir de la législation sur les brevets ni des règles commerciales.

Le libre-échange fonctionne bien grâce à ces règles. Lorsqu’un laboratoire sud-coréen a commercialisé le premier test-kit pour le Covid, tout le monde en a profité, y compris la France. Respecter l’innovation facilite la recherche et conduit à d’autres découvertes.

Sanofi, comme les autres laboratoires lancés dans une course à l’innovation, ne doit pas être influencé par les pouvoirs publics ou par la pression médiatique. Le passé a montré que, grâce à la propriété intellectuelle et au marché, les traitements médicaux progressent régulièrement et aident l’humanité à mieux vivre.

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Voir les commentaires (21)

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  • claude henry de chasne
    20 mai 2020 at 8 h 42 min

    Evidemment! il n’y a guère que les français pour croire que les labos travaillent pour rien , avec des financements miraculeux!.. venus du contribuable..
    Les recherches coûtent cher! une etude de carcinogenèse ou de mutagenèse se chiffre en centaines de millions d’euros!
    La société qui va découvrir le vaccin pour le coronavirus subira des pressions pour en limiter le prix car on devra « distribuer »
    ce vaccin planétairement , meme chez ceux qui ne sauraient pas le payer!
    Le bénéfice de ce labo sera la notoriété! rien d’autre .. il ne pourra pas « faire de l’argent » avec, il bénéficiera de l’aide de la FDA pour des spécialités futures ..

    • les français pensent que l’argent tombent du ciel, mais ne pensent pas à confectionner des sacs pour le ramasser !

  • le virus fait moins de morts que les guerres ou la malnutrition ; ça oui , c’est une tragédie ;

  • 100% d’accord. Il faut laisser faire le marché qui sait innover, entreprendre et délivrer.

    Mais il n’y aura pas qu’un seul vaccin qui sortira gagnant mais une « poignée » de vaccins efficaces.
    Et vu l’ampleur des impacts de covid-19 (sanitaire, médiatique, social et politique réunis) la course contre la montre n’a jamais été aussi prégnante dans le monde pharmaceutique.

    Pour ce qui est de craindre de voir Sanofi quitter la France il en faudrait plus. Sanofi comme tous nos bons labos sont bien trop au chaud en France avec la tendreté de nos hommes politiques. Ceux-ci sont très réceptifs au chantage à l’emploi et lâchent régulièrement des bonnes subventions bien grasses que les labos ne sont pas prêts de lâcher de sitôt. La soupe est trop bonne en Socialie Française pour ceux qui en de l’influence.

    Etonnant aussi que les médias français ne s’insurgent pas contre la concurrence déloyale de Janssen (groupe Johnson & Johnson) qui a reçu $456M et la préférence nationale du gouvernement américain… LOL

  • Mon commentaire a été censuré : en commentant la relation des Français avec les multinationales présentes sur leur territoire, je leur demandais implicitement de se regarder dans un miroir, ce qui est évidemment une incitation à la haine, tombant dans le cadre de la loi Avia.

  • J’adore, faire un vaccin pour une maladie qui n’est pas immunisante, trop drôle. Même nos politiques sans s’en rendre compte le dise. C’est juste du business avec un vaccin qui fera un apport de gènes à votre ADN. Vaccin OGM;

  • Le Covid 19 n’est pas une maladie immunisante. Donc aucun vaccin ne peut-être immunisant. Donc pourquoi rechercher un vaccin ???
    Par exemple le tétanos n’est pas non plus une maladie immunisante, Ce vaccin ne sert donc à rien. Pourtant on vaccine contre le tétanos. Pourquoi ?
    Business !
    Merci de m’avoir censuré !

  • Cette histoire est révélatrice de l’inculture économique française.
    Les français s’offusquent de la situation, mais pourtant ils ne mettent aucune bille dans la recherche de Sanofi contre le COVID.
    Ils s’offusquent aussi qu’une entreprise « française » puisse tenir ce genre de propos, mais pourtant le capital est maintenant détenu à +60% par des institutionnels étrangers!

    Alors, avant de monter sur nos grands chevaux et donner des leçons, on ferait mieux de se poser la question de pourquoi nous sommes incapables de faire ce que les autres font: investir là où c’est nécessaire!

  • Et dans le cas où le vaccin est trouvé, son AMM puis son industrialisation se chiffreront au bas mot à 1 milliard de dépenses et une pleine capacité à le produire surviendra au bout de nombreuses années. On ne mégote pas avec la qualité dans l’industrie pharmaceutique.

    Pour donner une référence, la création d’un nouveau bâtiment pour la grippe, c’est un délai de 5 années depuis le démarrage de sa construction jusqu’aux premiers lots produits. Ces 30 millions ce n’est rien en comparaison des investissements en R&D et en mise sous forme pharmaceutique.

  • On peut parler des 150 millions de crédit-recherche de Sanofi payée par le gouvernement (contribuables) français ?
    On peut rire que l’auteur dit « respecter la législation » alors qu’il fait sans doute partie de ceux (supposition) qui ont hurlé qu’on ne distribue pas des masques non conformes / inefficaces ?
    Le marché libre est fantastique, et très efficace dans la majorité des cas SAUF en cas d’urgence de grande ampleur.
    Quand les 50 états américains (+ le Fédéral) ont joué aux enchères avec des fournisseurs de matériel, qui en est sorti gagnant ? Les fournisseurs, absolument pas les états, la population, les contribuables.
    Si une maison de repos brûle et que 200 personnes âgées se retrouvent à la rue, il faudrai lancer un appel d’offre peut-être ? Non. l’Etat déploie des moyens d’urgence souvent efficacement pour aider ces gens. Quand un village est noyé sous les eaux, est-ce que le libre marché serait plus efficace pour loger les gens dans les gymnases ? Non.
    (Certains neuneus malhonnêtes vont m’accuser de chanter la gloire de l’Etat. C’est bien évidemment faux : je pose des limites à l’efficacité du libre marché. Dans le cas des masques, je ne dis pas non plus que l’Etat devait réquisitionner ou intervenir (trop) directement).

    • s’il manque des masques, est-ce que l’Etat sait en approvisionner en urgence ? Non, il bloque les filières privées qui étaient en cours d’approvisionnement. Ah c’est balot hein, car il n’en avait pas non plus en stock…
      En cas de catastrophe, l’Etat peut intervenir rapidement s’il a des moyens en réserves (et s’il sait s’en servir, a le personnel pour…), sinon, les ONG font bien plus vite… (à condition de ne pas être entravées par les normes…étatiques !).

      • ben non, puisque l’Etat ne fabrique pas de masques. Si vous voulez nationaliser une usine de masque, n’hésitez pas à le dire :-).
        Qui, à part l’Etat, a les moyens (oui, je sais, c’est l’argent des contribuables) et la liberté (car la légitimité) de stocker 50 millions de masques même s’ils ne servent pas ? Essayez d’aller voir le patron d’à peu près n’importe quelle entreprise et dites lui « bon, on va faire un stock stratégique de masques, on en aura pas besoin pendant 20 ans peut-être, et ça coûtera tous les ans ».
        Etant moi-même dans le domaine de la sécurité, je peux déjà vous dire qu’avoir un équipement normal de sécurité pour le travail n’est pas forcément évident.

        • « ben non, puisque l’Etat ne fabrique pas de masques.  »
          Mauvaise excuse. La plupart des structures privées diverses n’en fabriquent pas non plus. Mais elles savent à qui s’adresser et comment le faire avec la réactivité nécessaire. Pas l’Etat.
          Pour masquer son incompétence dans ce domaine, l’Etat a les mêmes arguments que vous: il ne fabrique pas de masque!! Pauvre chou. Donc, il faut qu’il se mette à en fabriquer! Ben voyons!

           » les moyens (oui, je sais, c’est l’argent des contribuables) et la liberté (car la légitimité) de stocker 50 millions de masques même s’ils ne servent pas  »
          Etant incapable de s’approvisionner rapidement car incapable d’anticiper un minimum et n’ayant que très peu de réactivité (en France surtout), l’Etat français a eu des velléités de stocker au cas où… Mais même cela, il n’a pas été capable de le faire correctement.
          Les autres pays avaient des stocks énormes où ont-ils mieux réagi et plus vite? Ils ont surtout laissé les structures privées réagir (cf Corée du Sud) en se greffant dessus mais sans les entraver.

          Donc vos justifications du rôle incontournable de l’Etat tombent à plat. Elles ne servent qu’à masquer son incurie une fois de plus.

          • Extrait d’un article de Radio-canada du 10 avril :
            « Séoul a mobilisé les industries, notamment les grands conglomérats – les chaebols –, pour répondre à la demande en masques. Mais au plus fort de l’épidémie, les files étaient interminables devant les pharmacies, les magasins et autres endroits de distribution. Il y a rapidement eu ruptures de stock. Il a fallu instaurer un rationnement : deux masques par personne, par semaine. »
            Et vous n’ignorez pas que l’armée sud-coréenne (c’est l’Etat, pour rappel), a été mise à contribution pour produire des masques ? Envoi de soldats dans des usines pour emballer, trier, etc, des petites mains étatiques.
            Amusant, non ?

    • Le crédit d’impôt recherche n’est pas « payé » par le contribuable ! C’est justement de cet amalgame qu’on crève, entre donner une subvention publique et ne pas soumettre à un impôt — excessif –. Comment ne pas comprendre qu’en parlant d’une réduction d’impôt comme d’une faveur, on justifie tacitement et irrémédiablement l’impôt dans son intégralité pour les autres, alors qu’il est pour le moins inique et insupportable ? Une réduction d’impôt n’est pas déboursée par l’Etat, c’est de l’argent qu’il laisse à certains citoyens comme il devrait le laisser en fait à tous !

  • C’est surtout très maladroit de Sanofi d’avoir mentionné un pays privilégié, ça ne se fait pas commercialement parlant même si ça se fait en pratique. Je ne m’imagine pas dire à un de mes clients : « ben non vous serez livré en dernier car les autres ont payés plus chers ».

    • Quand une entreprise pharmaceutique française fait de la recherche sur une molécule, curieusement, celle-ci finit souvent par apparaître dans un de ses laboratoires écossais ou irlandais ou ailleurs… Economiquement, cela semble plus sur.

    • Maladroit, j’en doute… C’est à mon avis un choix de communication mûrement réfléchi, Sanofi a manifestement jugé qu’il valait mieux dévoiler la clause conditionnant le financement que la garder secrète. Une manière de transférer aux autres la responsabilité du débat…

      • Tout à fait.
        Et le message était surtout destiné aux américains soit 330 millions de clients potentiels prêts à payer un prix correct contre 67 millions de français qui réclameront avant tout chose une intervention étatique pour avoir un vaccin payé au prix minimum.
        Il n’y a pas photo. Même si cela déclenchera l’agitation des habituels clowns étatiques français, agitation inaudible au niveau international où évolue Sanofi.

        • Vous m’avez fait rire. 330 millions d’américains ? Vous voulez dire les assurances et couverture santé privée ? Faut soustraire les millions d’Américains qui n’auront pas les moyens de le payer.
          Le prix des médicaments est beaucoup plus chers aux USA, et cela au bénéfice exclusif de qui ? Des patients ? Des personnes qui doivent prendre un médicament pour ne pas mourir ou pouvoir aller bosser ? Non non. Au bénéfice des compagnies pharma qui facturent cher et méchant. Regardez le prix de l’insuline :-).
          Oh, et vous savez que je vais sortir un chiffre que bizarrement personne ne mentionne jamais : les 17% du budget fédéral américain qui sont nécessaires pour payer ce super système de santé contre 10% en France. Pour rappel, au cas où vous l’auriez oublié, l’argent public n’est pas gratuit.

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