Sanofi et Covid-19 : il faut respecter la propriété intellectuelle et faire confiance au marché

Vaccine formulation by Sanofi Pasteur on Flickr CC BY-NC-ND 2.0) — Sanofi Pasteur , CC-BY

Sanofi ne doit pas être influencé par les pouvoirs publics ou la pression médiatique. Grâce à la propriété intellectuelle et au marché, les traitements médicaux progressent régulièrement.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Comme souvent, la France se distingue dans sa haine des multinationales et des laboratoires pharmaceutiques.

Il a suffi d’une rumeur, une étincelle, pour s’en prendre au laboratoire Sanofi qui aurait promis aux États-Unis d’être « servis » en premier en cas de découverte d’un vaccin contre le coronavirus. Énorme tollé même chez les serviteurs de l’État et du système de santé, les mêmes qui, début mars, étaient incapables de fournir du gel et des masques au personnel des hôpitaux.

Concernant le vaccin, nous avons appris d’une part que, malheureusement, ce n’est pas pour demain et d’autre part qu’il s’agit d’une recherche financée par les Américains à hauteur de 30 millions de dollars. Sanofi a tout de suite calmé les esprits en promettant une diffusion mondiale de l’éventuel vaccin. Espérons que cette polémique ne poussera pas le laboratoire à transférer ses centres basés en France…

Propriété intellectuelle et brevets

Un autre aspect ne doit surtout pas être négligé : la propriété intellectuelle et les brevets.

Qu’il s’agisse de médicaments ou de vaccins, les laboratoires investissent des sommes énormes dans la recherche médicale, qui est très longue et qui n’aboutit pas forcément aux résultats escomptés. Sanofi a obtenu des financements américains grâce auxquels il peut mener les recherches sur le vaccin contre le Covid-19, entre autres. Sanofi sera propriétaire de ce vaccin, et s’il trouve normal de servir en premier ceux qui l’ont financé, il n’y a rien à dire. Si un laboratoire français le devançait et mettait au point, le premier, un vaccin ou un traitement, en ferait-il profiter immédiatement les États-Unis tout autant que la France, à due proportion de leurs populations respectives ?

Les pouvoirs publics peuvent être poussés à agir dans l’urgence et à mettre la pression sur les laboratoires pour brûler les étapes. Attenter à leur liberté de recherche et de gestion du projet serait pourtant la pire chose à faire dans un monde où l’innovation est le principal facteur du développement humain.

Faire confiance au marché, pas aux États

Malgré la tragédie qu’il provoque, le cas du Covid-19 ne doit pas déroger à la règle ni au droit. À l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement, pas plus que de vaccin, mais au moins une douzaine de sociétés pharmaceutiques travaillent dessus, dont deux ont même commencé les essais cliniques.

Les États ne doivent pas s’en mêler en imposant des restrictions au droit de propriété et au libre échange car le traitement contre le Covid 19 sera un produit comme un autre. Il faudra le commercialiser très vite, c’est vrai, mais sans s’affranchir de la législation sur les brevets ni des règles commerciales.

Le libre-échange fonctionne bien grâce à ces règles. Lorsqu’un laboratoire sud-coréen a commercialisé le premier test-kit pour le Covid, tout le monde en a profité, y compris la France. Respecter l’innovation facilite la recherche et conduit à d’autres découvertes.

Sanofi, comme les autres laboratoires lancés dans une course à l’innovation, ne doit pas être influencé par les pouvoirs publics ou par la pression médiatique. Le passé a montré que, grâce à la propriété intellectuelle et au marché, les traitements médicaux progressent régulièrement et aident l’humanité à mieux vivre.

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