Applis de traçage : scénarios pour les non-spécialistes

S’il y avait une offensive médiatique en faveur d’une application de traçage, voici des exemples simples et faciles à comprendre pour expliquer le danger qui se profile.

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Applis de traçage : scénarios pour les non-spécialistes

Publié le 26 avril 2020
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Un article de Framablog

Un document de plus sur les dangers de l’application de traçage ? Nous n’allons pas reproduire ici les 13 pages documentées et augmentées de notes de référence d’une équipe de 14 spécialistes en cryptographie :

Xavier Bonnetain, University of Waterloo, Canada ; Anne Canteaut, Inria ; Véronique Cortier, CNRS, Loria ; Pierrick Gaudry, CNRS, Loria ; Lucca Hirschi, Inria ; Steve Kremer, Inria ; Stéphanie Lacour, CNRS ; Matthieu Lequesne, Sorbonne Université et Inria ; Gaëtan Leurent, Inria ; Léo Perrin, Inria ; André Schrottenloher, Inria ; Emmanuel Thomé, Inria ; Serge Vaudenay, EPFL, Suisse ; Christophe Vuillot, Inria.

… mais ils ont fait un effort tout à fait louable de pédagogie pour qu’au-delà des problèmes techniques réels, nous comprenions tous. Le document s’intitule : Le traçage anonyme, dangereux oxymore, Analyse de risques à destination des non-spécialistes

Nous vous invitons évidemment à en découvrir l’intégralité, mais voici simplement les cas fictifs (hélas réalistes), les scénarios que les spécialistes nous proposent.

Au moment où va peut-être se déclencher une offensive médiatique en faveur d’une application de surveillance de la part du gouvernement ou de Google+Apple, il n’est probablement pas inutile d’avoir des exemples simples et faciles à comprendre pour expliquer notre opposition.

Nous avons ajouté en complément la conclusion de l’ensemble du document qui précise clairement les limites de toute solution technique et les valeurs que doit respecter l’informatique.

Que les auteurs soient vivement remerciés de cet exercice d’éducation de tous qu’ils ont eu l’excellente idée de placer sous licence CC-BY 4.0 .

1. Fausse déclaration

Le joueur de foot Gronaldo doit disputer le prochain match de Ligue des champions. Pour l’empêcher de jouer, il suffit pour un adversaire de laisser son téléphone à côté de celui de Gronaldo à son insu, puis de se déclarer malade.

Gronaldo recevra une alerte, car il aurait été en contact avec une personne infectée, et devra rester 14 jours éloigné des terrains.

2. Le suspect unique

M. Lambda qui, pour éviter la contamination, ne sort de chez lui que pour faire ses courses à l’épicerie du quartier, reçoit une notification de son téléphone. Il en déduit que le responsable n’est autre que l’épicier.

3. Croisement d’informations

Mme Toutlemonde qui, elle, croise beaucoup de gens dans la journée, reçoit une notification. Il lui suffit de discuter quelques instants avec son voisin de palier et un collègue de bureau, pour savoir que le malade ne fait pas partie de son entourage professionnel, mais qu’il habite l’immeuble.

Grâce à ces indices, elle suspecte fortement (peut-être à tort) M. Harisk du 3e étage, qui est ambulancier, d’avoir contaminé tous ses voisins. Elle s’empresse de prévenir le reste des habitants de l’immeuble via les réseaux sociaux.

4. Mes voisins sont-ils malades ?

M. Ipokondriac voudrait savoir si ses voisins sont malades. Il récupère son vieux téléphone dans un placard, y installe l’application TraceVIRUS, et le laisse dans sa boîte aux lettres en bas de l’immeuble.

Tous les voisins passent à côté à chaque fois qu’ils rentrent chez eux, et le téléphone recevra une notification si l’un d’entre eux est malade.

5. Candidat à l’embauche

L’entreprise RIPOUE souhaite recruter une personne pour un CDD. Elle veut s’assurer que le candidat ne tombe pas malade entre l’entretien d’embauche et la signature du contrat. Elle utilise donc un téléphone dédié qui est allumé uniquement pendant l’entretien, et qui recevra une alerte si le candidat est testé positif plus tard.

6. Les paparazzi

M. Paparazzo cherche des informations sur la vie privée de Mme Star. Il soudoie Mme Rimelle, la maquilleuse qui intervient sur le tournage de son dernier film pour qu’elle allume un téléphone dédié et qu’elle le place à proximité de celui de Mme Star.

M. Paparazzo récupère ensuite le téléphone. Il recevra une notification si Mme Star est infectée par le virus.

7. Le militant antisystème

M. Hanty, qui présente des symptômes du Covid-19, est un militant antisystème. Pour dénoncer la mise en place de l’application TraceVIRUS, il attache son téléphone à son chien, et le laisse courir dans le parc toute la journée. Le lendemain il va voir le médecin et il est testé positif ; tous les promeneurs reçoivent une notification.

8. L’ingérence étrangère

Le sous-marin Le Terrifiant doit appareiller dans quelques jours, mais Jean Bond est un agent étranger qui veut empêcher son départ. Il recrute Mata-Hatchoum qui présente des symptômes, et lui demande de faire le tour des bars de marins. Mata-Hatchoum va ensuite se faire tester, et cinq marins reçoivent une notification de l’application. Le Terrifiant est obligé de rester à quai.

9. L’élève Ducovid

L’élève Ducovid a un contrôle de français la semaine prochaine, mais il n’a pas lu l’œuvre au programme. Grâce à une petite annonce, il trouve M. Enrumais qui présente des symptômes et accepte de lui prêter son téléphone.

Il fait passer le téléphone de M. Enrumais dans toute la classe, puis le laisse traîner en salle des profs. Il le rend ensuite à M. Enrumais, qui va voir un médecin.

Le médecin constate que M. Enrumais est malade et le déclare dans l’application du téléphone. Ceci déclenche une alerte pour toute la classe et pour tous les professeurs, le lycée est fermé !

10. Le cambriolage

M. Rafletou veut cambrioler la maison de l’oncle Canard. Avant d’entrer, il utilise une antenne pour détecter les signaux Bluetooth. Il sait que l’oncle Canard utilise TraceVIRUS, et s’il n’y a pas de signal c’est que la maison est vide.

11. Le centre commercial

Le centre commercial La Fayote veut protéger ses clients, et refuser ceux qui n’utilisent pas l’application TraceVIRUS. Comme l’application diffuse régulièrement des messages, il suffit que le vigile à l’entrée utilise une antenne Bluetooth pour détecter les clients qui utilisent l’application, et ceux qui ne l’utilisent pas.

12. L’application GeoTraceVIRUS

Peu après avoir installé l’application TraceVIRUS, Mme Toutlemonde entend parler de l’application GeoTraceVIRUS qui réutilise les informations TraceVIRUS pour localiser les malades.

Mme Toutlemonde apprend ainsi qu’un malade s’est rendu samedi dernier au supermarché PetitPrix. Par crainte (peut-être infondée) d’attraper le virus, elle ne fera pas ses courses chez PetitPrix cette semaine.

13. L’assurance

La chaîne de supermarché SansScrupule utilise des traceurs Bluetooth pour suivre les clients dans ses magasins. Ils relient l’identifiant Bluetooth à l’identité réelle à partir de l’application MySansScrupule, ou avec les cartes bancaires lors du passage en caisse.

Pendant que M. Lambda fait ses courses, ils peuvent simuler un contact avec son téléphone, et ils seront donc prévenus si M. Lambda est malade. Cette information sera transmise au service assurance du groupe.

14. Le malware

Mme Toutlemonde a installé l’application chatsMignons sur son téléphone, sans savoir que c’est un logiciel espion (un malware) qui l’espionne. Après avoir déclaré dans TraceVIRUS qu’elle est malade, elle reçoit un message pour la faire chanter, menaçant de révéler sa maladie à son assurance et à son employeur qui risque de mettre fin à sa période d’essai.

Une autre activité lucrative du crime organisé, très facile à mettre en œuvre dans certains des systèmes de traçage proposés, consisterait à garantir, moyennant finances, la mise en quarantaine obligatoire de personnes ciblées.

15. Vente d’alertes positives

Don Covideone vend une application InfecteTonVoisin sur Internet. Après avoir téléchargé l’application, il suffit d’approcher son téléphone d’une personne pour qu’elle reçoive une notification lui signalant qu’elle est à risque. Les attaques sont désormais possibles sans compétence technique.

Ainsi, Monsieur Bouque-Maeker compte parier lors du prochain match de Ligue des champions. Par chance, il assistera à la conférence de presse de Gronaldo. Il mise alors fortement sur l’équipe adverse, pourtant donnée perdante à 10 contre 1.

Il télécharge l’application InfecteTonVoisin et approche son téléphone de Gronaldo pendant l’interview. Gronaldo reçoit une alerte, il ne pourra pas disputer le match. Son équipe perd et Monsieur Bouque-Maeker remporte la mise !

L’image ci-dessous résume l’ensemble de l’argumentaire de 13 pages, pas seulement les cas de figure plus haut mentionnés.

Le traçage, solution ultime ?

Le traçage des contacts pose de nombreux problèmes de sécurité et de respect de la vie privée, et les quelques scénarios que nous avons présentés n’illustrent qu’un petit nombre des détournements possibles. À cet égard, la cryptographie n’apporte que des réponses très partielles.

Nombre des situations que nous avons présentées exploitent en effet les fonctionnalités de ce type de technique, plutôt que leur mise en œuvre. Dès lors, l’arbitrage de ces risques ne pourra pas être résolu par la technique. Il relève de choix politiques qui mettront en balance les atteintes prévisibles aux droits et libertés fondamentaux et les bénéfices potentiels qui peuvent être espérés dans la lutte contre l’épidémie.

À notre connaissance, l’estimation des bénéfices d’un éventuel traçage numérique est aujourd’hui encore très incertaine, alors même que les scénarios que nous avons développés ici sont, eux, connus et plausibles.

Un principe essentiel en sécurité informatique est que l’innocuité d’un système ne doit en aucun cas être présumée en comptant sur l’honnêteté de certains de ses acteurs.

Ce même principe apparaît dans l’évolution de notre droit en matière de protection des données à caractère personnel. Si, avec la loi « Informatique et libertés » de 1978, c’était de la part des pouvoirs publics, et singulièrement de l’État, que des dérives étaient redoutées, les acteurs privés puis, à travers le RGPD, tous les acteurs de la société ont été associés à ces craintes.

Les atteintes que les systèmes de traçage peuvent faire subir aux droits et libertés de chacun et chacune d’entre nous peuvent venir non seulement des pouvoirs publics qui en recommandent le développement et la mise en œuvre, mais aussi d’autres acteurs, collectifs ou individuels, qui sauront tirer profit des propriétés de ces systèmes comme autant de failles.

Le premier alinéa de l’article 1 de la loi de 1978 a survécu à toutes ses révisions et évolutions. L’urgence que nous ressentons collectivement face à notre situation actuelle ne doit pas nous le faire oublier : L’informatique doit être au service de chaque citoyen. […] elle ne doit porter atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’Homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques.

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  • Très beau travail de pédagogie.

  • Une motivation supplémentaire à ne pas avoir de portable sur soi…

  • Intéressant. Mais il manque une analyse de ce qui se passe effectivement (degré d’efficacité / de risque) dans les pays transparents (pas la Chine, donc) qui pratiquent le traçage depuis 1 ou 2 mois : Corée du Sud, peut-être Taïwan ou d’autres.

    De façon plus générale, toute réflexion, surtout d’ensemble, devrait intégrer quasi-systématiquement une analyse de ce qui se passe dans les quelques pays qui gèrent mieux cette crise et qui ont au moins quelques mois d’avance sur notre façon de faire : Allemagne, Corée du Sud, Hong Kong, Singapour et Taïwan. On gagnerait du temps et on éviterait de  » réfléchir dans le vide  » sur des bases purement hypothétiques, fussent-elles de qualité comme dans le présent article. Or, depuis 1 ou 2 mois, combien d’articles sérieux et fouillés sont consacrés à ces pays en avance sur le nôtre ? trop peu, assurément.

    Plus que jamais à l’ère de la mondialisation, la démarche comparatiste est indispensable.

    • De ce que j’avais lu (pas retrouvé la référence), le traçage en Corée du Sud pour le dépistage des éventuels contaminés, avaient nécessité une autorisation temporaire.
      Il sera intéressant de savoir si le temporaire le sera vraiment ou s’il deviendra définitif inclus dans la législation…

      • Dans ce pays très démocratique et pas du tout socialiste, on peut le croire. En fait toutes les données seront anonymisées pour servir à la recherche plus tard.

        • @Gerald555 : j’aime beaucoup la Corée du Sud que je connais convenablement, ce qui ne m’empêche pas de nuancer légèrement votre propos :
          – très démocratique : globalement oui et de plus en plus, comme le montre l’éjection de l’ex-présidente Park ;
          – mais l’administration a conservé certaines mauvaises habitudes (autoritarisme, manque de transparence, …) héritées de siècles de gouvernements, généralement autoritaires ;
          – en sens inverse, les Coréens ont (très) vite appris à faire valoir leurs droits, tout en renonçant à la violence des manifestations à l’époque de la dictature, et ils ont mis leur dextérité en informatique (internet, etc.) au service de cette cause ;
          – on peut donc espérer que les données seront bien anonymisées, des groupes civiques étant certainement vigilants sur ce point et ne se contentant plus de promesses creuses ;
          – cela dit, la civilisation coréenne accorde plus d’importance au groupe qu’en Europe : aussi, certaines pratiques qui sont considérées comme acceptables en Corée (ex : le traçage très poussé) le sont peu ou moins en Europe ; ce n’est évidemment pas une opposition dictature/démocratie [ce qu’on peut dire à propos du régime chinois] mais une certaine différence entre civilisations.

          Décidément, ce pays mérite qu’on s’y intéresse : on peut espérer que, pour au moins une partie du grand public, la Corée du Sud devrait  » acquérir ses lettres de noblesse  » en raison de sa maîtrise de l’épidémie, malgré un  » mauvais départ  » dû notamment aux agissement irresponsables d’une secte de décérébrés… Encore faudrait-il que les médias fassent mieux qu’un service très minimal en ce qui concerne les pays étrangers qui réussissent mieux que nous.

          Cordialement,

      • Dans notre pays socialiste nous avons quand même la CNIL et la RGPD qui veillent à nos libertés.

      • @cyde : merci de cette information ; j’essaierai de me renseigner plus avant.

  • Et le bracelet à porter si positif…??? Intéressant ou pas ..??

  • j’ai un portable , sans connexion internet , en 3G , autant dire le bas de gamme qui me sert juste à téléphoner ;

    • La « 3G », c’est juste la norme de communication que permet votre portable. Il doit de toute façon s’identifier auprès d’un relais de communication, qui donne la position relative de son propriétaire et sa proximité des autres portables. Pas besoin d’un smartphone avec « GPS » activé…

    • En plus les bénéfices attendus de ce traçage sont discutables. Tout autant que la gravité de cette épidémie si on la compare à d’autres.
      Ce nouveau virus grippal était tout à fait gérable en l’absence de la paranoïa qui a été déclenchée par le système médiatique qui a provoqué un afflux analrmal dans les hôpitaux. Parallèlement, « on » conseillait aux malades peu atteints de rester chez eux et d’attendre… que ça s’aggrave. Les médecins agissent-ils ainsi en cas de grippe? Les cas détectés correspondent à des « estimations », de nombreuses personnes témoignent qu’on a classé « coronavirus » l’un de leurs proches venant à l’hôpital pour tout autre chose. Il a suffi qu’une personne meure de corona dans un Ehpad pour que tous les décès suivants aient la même cause. Des médecins s’insurgent contre ces certificats de décès orientés…
      Au final, et c’est ce que commencent à faire certains pays, il faudra comparer la mortalité générale de cette année avec celle des années précédentes. Il sera peut-être alors difficile de justifier, a posteriori, le confinement…
      Plutôt que d’attendre des bénéfices sanitaires d’une surveillance généralisée de la population, restaurons un système de santé digne de ce nom et laissons les médecins soigner leurs patients au lieu de laisser l’Etat et l’OMS leur dicter ce qu’ils doivent faire.

      • Le problème, c’est que le tracking est nécessaire pour réussir le déconfinement (donc tout de suite) alors que la réforme de la santé prendra, dans ce pays à l’efficacité bureaucratique proche de zéro et souvent négative, des années, voire des décennies et, à mon avis, jamais.

      • « Plutôt que d’attendre des bénéfices sanitaires d’une surveillance généralisée de la population, restaurons un système de santé digne de ce nom et laissons les médecins soigner leurs patients au lieu de laisser l’Etat et l’OMS leur dicter ce qu’ils doivent faire. »

        Pourquoi faire une alternative, alors que les deux angles d’attaques ou de lutte pourraient être complémentaires ?
        En fait, sur toute la liste de critiques, il s’agit essentiellement d’une exploitation incontrôlée de données. Un risque contre un risque.
        Moi, j’accepterais que mes données personnelles deviennent publiques, sous condition qu’elles ne soient pas utilisées contre moi. Si tel serait le cas, alors je devrais pouvoir attaquer durement qui le fait, média ou état. Ou pire, la justice qui joue souvent sur les 2 tableaux.

  • Malgré tous ces scénarios à base de malfaisants, comment expliquer que le tracking a merveilleusement bien réussi en Corée du sud et a évité des milliers (voire dizaine de) morts, et tout cela sans le moindre confinement. Les coréens seraient-ils des surhommes?

    • Ce n’est pas parce qu’on le dit que c’est vrai, un peu de sérieux, 100% de la communication est de la propagande.

      • @Reactitude : il ne faut pas confondre la Corée du Sud avec la Chine.
        La dernière répression dictatoriale brutale en Corée du Sud eut lieu en 1980 (notamment à Kwangju). En moins de 35 ans, la Corée du Sud – où le Président est élu au suffrage universel direct, comme en France – a pratiqué notamment :
        – les élections démocratiques à partir de 1987,
        – l’alternance en 1997
        – la destitution et l’emprisonnement d’une présidente corrompue (Mme Park) en 2016.

        Inconsciemment et involontairement, les dictatures chinoise et nord-coréenne provoquent une sorte de confusion ou d’amalgame qui nuisent injustement à l’image de la Corée du sud chez beaucoup de personnes qui ne suivent pas régulièrement la situation dans cette région du monde : on ne peut pas tout savoir sur tout.

        Voilà pourquoi, je me permets cette mise au point.

    • « Les coréens seraient-ils des surhommes? »
      Les Vietnamiens sont sur le même chemin, sans la technicité dont est auréolée la Corée (du sud).

      • @amike : la technique aide quand même ; et, en Corée du Sud, ce n’est pas un mythe mais un fait, comme le montre par exemple leur puissance informatique et sur internet…

        Mais vous avez raison de ne pas attribuer la réussite à la seule technique : de fait, il y a des points communs entre les civilisations de la Corée du Sud et celle du Vietnam, notamment une forte capacité de discipline collective (quoique, à Saïgon parfois…) et un souci de l’hygiène que l’on trouvait déjà dans les rangs du Vietminh des années 1950 malgré une très grande pauvreté.

    • La Corée du sud est un pays merveilleux..Une amie partie travailler à Pékin a été mutée sur Séoul…Elle y est restée un an car elle ne pouvait faire autrement..Le racisme y est exacerbé et ils ont gardé une rigidité hiérarchique que Kim ne désavouerait pas..Revenue en Chine elle adore ce pays…Comme quoi..!!!

      • Quand vous êtes muté contraint et forcé dans un autre pays, il y a de toute façon peu de chance que cela se passe bien.

        De plus, quand le manque de liberté ne vous gêne pas, que vous ne voyez que la façade lisse des émotions et sentiments politiquement corrects sans percevoir le contrôle politique et social sous-jacent, il est évident qu’une société exprimant plus librement ses avis et pensées ne peut que vous déplaire.
        Surtout quand cette liberté d’expression ne vous rapporte qu’à ce que vous êtes: un étranger. Un étranger muté de Chine qui plus est! Quand on connait le grand amour des coréens du sud pour la Chine…

  • Si le traçage convient à la Corée du Sud, grand bien leur en fasse, mais je me sens plus proche d’un Allemand que d’un Coréen et je m’intéresse plus aux clés du succès de l’Allemagne dans la gestion de la pandémie comparée à la gestion désastreuse de la France.

    France : densification urbaine et déserts verts, infantilisation des médecins, menace permanente d’exercice illégal de la médecine entraînant une pénalisation de la prévention et maintien de la population dans une sous-culture médicale qui empêche les gens de se responsabiliser.

    Allemagne : des villes aérées et étalées, un aménagement du territoire équilibré qui ménage pour chacun un espace vital suffisant pour réduire les promiscuités contaminantes, une culture médicale largement diffusée dans la population pour une prévention économe en soins consommateurs de dépenses publiques..

    Merci à l’Allemagne de prouver qu’en Europe, nous avons aussi nos armes pour lutter contre les pandémies : elles ne s’appellent pas Traçage et Flicage, mais Liberté et Responsabilité.

    • Ne pas oublier que notre état est avant tout centralisé.
      Le système fédéral Allemand des landers, entre eux solidaires, a permis de mieux cibler par zones diversement infectées la propagation du virus.
      Par ailleurs les rapports humains dans les pays Anglo-saxons ne sont pas comparables aux pays latins,notamment au niveau des traditions familiales et de la distanciation.
      Tout ne va pas cependant dans le meilleur des mondes, puisque des difficultés de recrutement du personnel médical existent avec une population vieillissante n’étant pas confrontée au problème des déserts médicaux.

      • Détrompez-vous. L’Allemagne connait des déserts médicaux depuis longtemps.

        Les allemands ont essayé d’y pallier en limitant l’installation des jeunes médecins dans les régions déjà bien pourvues en médecins (cf lien). C’est une méthode coercitive que bcp d’élus français en mal de médecins sur leur territoire électoral voudraient bien voir appliquée.

        Ce que ne vous dira pas le lien (comme tout autre article de la presse généraliste française), c’est que ce contingentement à l’installation existe depuis au moins 15 ans. Sans succès. Ce qui explique les modulations et autres solutions (Médibus) développées et mises en place alors qu’elles n’existaient pas au début…
        En effet, au bout d’une petite 10aine d’année d’application, les autorités allemandes se sont rendues compte que la mesure de contingentement à l’installation ne marchait pas et que bcp de médecins sortant de la faculté ne s’installaient pas et disparaissaient de l’activité soignante.

        Plusieurs raisons à cela:
        1/ la population médicale s’est grandement féminisée et les conjoints de ces femmes ont souvent des formations supérieures qui ne trouvent pas de débouché dans les campagnes ou les petites villes. Elles ne s’y installeront donc jamais.
        2/ Le diplôme de médecin est recherché dans bcp d’autre secteurs d’activité (administration, santé publique/travail, laboratoire pharmaceutique…etc) en Allemagne voire à l’étranger.
        2/ Quand vous avez entre 10 et 15 ans d’étude, vous n’êtes plus à 1, 2 ou 3 ans supplémentaires d’autant que vous gagnez bien votre vie avec les remplacements (même si l’Allemagne a limité la durée de ce statut de remplaçant pour justement éviter les remplaçants « professionnels » qui ne s’installent jamais). Vous pouvez donc assez facilement rajouter 1 ou 2 années de formation (master ou autre) dans des domaines juridique ou de management (ou autres) ce qui vous donne accès à bcp d’autres postes très bien rémunérés.

        https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/c-est-comment-ailleurs/c-est-comment-ailleurs-la-lutte-contre-les-deserts-medicaux-en-allemagne_3216415.html

        • @cyde

          Merci pour votre réponse et analyse exhaustive qui montre les difficultés d’appliquer des mesures coercitives efficaces pour résoudre le problème des déserts médicaux.

          Tout d’abord n’oublions pas l’intérêt du secteur libéral devant permettre à priori au praticien d’ exercer sa liberté de choix dans le cadre d’une certaine indépendance.

          Si l’on considère le niveau exceptionnel de Q.I., de niveau d’études demandé, et de disponibilité pour l’exercice de cette profession-sacerdoce,(voir lien),il semble logique de prendre en compte l’ensemble des intérêts en jeu.
          Les moyens de coercition adoptés d’emblée par les pays asiatiques, qui ont obtenu d’excellents résultats pour la maîtrise de la pandémie,ne semblent pas adaptés aux pays Européens pour des raisons historiques et culturelles.
          Dès lors,une question essentielle reste posée :
          Comment dans de telles conditions coordonner les actions nécessaires pour anticiper et lutter désormais contre ce type de menace planétaire, qui « condamne » en quelque sorte les hommes à s’unir au delà de leurs différences ?

          https://www.lequotidiendumedecin.fr/live-chat/salariat-secteur-2-horaires-sacerdoce-y-t-il-un-conflit-de-generations-entre-medecins-posez-vos

  • Encore une perte de temps dans la gestion de cette épidémie. Pfff!

  • La terminologie « Application de suivi » me semble une traduction plus correcte que l’emploi littéral du mot « traçage » pour tracking

  • Les commentaires sont fermés.

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