Hydrogène : des élus cyniques réinventent Grand-Guignol

Toyota MIRAI and Hydrogen Fueling Station by Toshihiro Gamo on Flickr (CC BY-NC-ND 2.0) — Toshihiro Gamo,

Avec l’inauguration de la première station hydrogène pour véhicules, les élus soutiennent  les « écolos-collapsologues » qui souhaitent qu’avant 20 ans la société industrielle s’effondre.

Par Michel Gay.

François Mitterrand avait dit : « la principale qualité d’un homme politique c’est l’indifférence ».

Il aurait pu ajouter « … surtout pour conquérir le pouvoir et le conserver ».

Aujourd’hui, en favorisant des investissements coûteux dans le développement de l’hydrogène « renouvelable » pour la mobilité alors que les hôpitaux, et plus généralement le secteur de la santé, sont délaissés depuis des années comme le montre l’incurie de la France et de l’Europe face à la pandémie du Covid-19, nos « hommes politiques » sont ses dignes successeurs.

Pour conquérir le pouvoir et s’y maintenir, ils préfèrent ce qui brille auprès des médias par cynisme et indifférence au sort de leurs concitoyens, plutôt que d’investir sur le long terme en « bon père de famille ».

L’hydrogène par électrolyse

Lors de l’inauguration de la première station hydrogène pour véhicules le 14 février 2020, des élus locaux et régionaux s’affichaient avec fierté sur la photo au côté du Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez.

Certes, l’hydrogène sera fabriqué par électrolyseur (donc avec de l’électricité), plutôt que par le procédé dit de reforming à base de gaz naturel fossile qui représente 99 % de l’hydrogène dans le monde principalement utilisé pour des applications dans la chimie industrielle.

Mais malgré les multiples avertissements sur l’impasse technique, économique et écologique de l’hydrogène comme « carburant » pour les véhicules, ces élus subventionnent à fonds perdus (pas pour tout le monde) ce développement alors que c’est une gabegie financière.

Nos élus ne seraient-ils que les instruments d’une politique régionale et nationale décidée de manière dogmatique en « états-majors » ?

Ils ont les moyens de savoir ce qu’ils font mais ils reconstruisent sciemment des galères, dont les rameurs sont tous les Français qui devront ramer fort pour payer leurs fautes impardonnables (puisqu’ils savent que c’est une impasse)…

Ces élus, volontairement ou non, soutiennent  les « écolos-collapsologues » qui souhaitent qu’avant 20 ans la société industrielle s’effondre. Et ils les aident soit par cécité, soit par intérêt personnel bien compris !

Un dossier de presse savoureux

Le dossier de presse de cette inauguration est particulièrement savoureux.

D’abord, l’électrolyseur doit produire 40 kg d’hydrogène par jour avec de l’électricité renouvelable garantie par des « certificats de garantie d’origine » alors que 72 %  de l’énergie électrique est d’origine nucléaire, 8 % d’origine fossiles (gaz et charbon), et seulement 20 % d’origine renouvelable.

Il est donc important que cet électrolyseur fasse le tri entre les électrons du réseau pour obtenir 100 % d’électricité verte, comme pour les futurs jeux olympiques de Paris…

Heureusement, la solution existe grâce au séparateur d’électrons ! (Attention à la date de parution de l’article en lien)…

Ensuite, les contribuables (via l’ADEME) apportent 14,4 millions d’euros pour subventionner jusqu’à hauteur de 25 000 euros des véhicules haut de gamme dont le prix de vente dépasse les 70 000 euros !

Enfin, après avoir investi à terme 36 millions d’euros au total sur 3 ans (selon Enerpresse), ce projet permettrait « à terme » (quand ?) d’économiser chaque année 1500 tonnes de CO2 alors que, « en même temps », le gouvernement ferme la centrale nucléaire de Fessenheim qui, elle, économisait… 12 millions de tonnes de CO2 par an ! Soit presque 10 000 fois plus. Cherchez l’erreur…

Aujourd’hui, chacun a le droit d’assister à ce spectacle navrant sans payer de billet d’entrée, mais en étant contraint de payer des taxes et des impôts.

Au pays de Kafka, tout cela serait délicieux !

Auparavant, ce genre de pièce de théâtre s’appelait « Grand-Guignol… ».

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