L’enfer du confinement jusqu’au 11 mai… sans Amazon !

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Amazon sommé de ne livrer que des marchandises dites essentielles ? Mais qui décide de ce qui peut être important ou non pour nous ?

Par Margot Arold.

Ca y est, ils ont gagné ! Les salariés d’Amazon (Syndicat Sud Solidaire) ont réussi à obtenir hier mardi du tribunal de Nanterre qu’Amazon doive

« restreindre l’activité de ses entrepôts aux seules activités de réception des marchandises, de préparation et d’expédition des commandes de produits alimentaires, de produits d’hygiène et de produits médicaux, sous astreinte, d’un million d’euros par jour de retard et par infraction constatée ».

Cela faisait quelques jours déjà que les salariés dénonçaient ces méchants clients irresponsables qui se font livrer des choses inutiles : des jeux vidéos (comment ça confiné avec 3 gosses en appartement c’est ingérable ?), des poupées (même remarque), des huiles de massage (un salarié d’Amazon célibataire et aigri sans doute). Bref, tout était devenu une « consommation irresponsable ».

Le client est un gueux et l’idéologie syndicale est sa reine

Ainsi, des syndicats et un tribunal jugent de ce qui est nécessaire au client qui passe commande. Pour ceux qui ont besoin de l’entendre sous une autre forme, cela signifie que vous ne circulez plus librement, que vous comptiez sur le commerce en ligne pour vous dépanner, et que dorénavant « des gens » ont décidé pour vous de ce que vous avez le droit d’acheter.

Des produits médicaux ? Depuis que Bruno Le Maire a plafonné le prix du gel hydroalcoolique, il n’a plus jamais refait surface dans les supermarchés, ni sur Amazon.

Vous pourrez donc acheter par exemple des thermomètres… dont le caractère essentiel est assez discutable (même si, en ce moment, ce qui se met à cet endroit semble s’être multiplié dans la règlementation…)

Des produits d’hygiène ? Pourquoi pas. Seulement les savonnettes sont comme partout en voie de disparition. Vous n’aurez plus qu’à acheter du gel douche à l’essence de Babacaï du Désert d’Orient avec paillettes d’or, 55 euros le flacon. Pas de résolution du problème d’hygiène urgent, donc…

Comment ça, vous vouliez des livres ?

Le confinement est déjà dur à vivre. Les sorties pour jogging sont finies, il vous faut rester à 1 km de chez vous, les violence domestiques augmentent… et un tribunal n’a rien trouvé de mieux à faire qu’empêcher Amazon de livrer des jouets (ô scandale), des livres (bandes de nantis intellectuels), ou des huiles de massage (espèce de pervers). En somme, tout est fait pour transformer le confinement en enfer.

Et puis d’ailleurs, pourquoi imposer cette restriction de vente à Amazon seulement ? Si les caissières des supermarchés s’y mettent elles aussi, elles pourraient bien faire un procès à leur entreprise qui serait alors obligée de ne vendre que de l’utile : de quoi se laver, de quoi manger. Après tout, hein, de quoi d’autre avons-nous besoin pour (sur)vivre ?

Mais dans l’alimentaire, qu’est-ce qui est vraiment essentiel ? Les cacahuètes ? Le pain ? Finalement, on peut s’en passer aussi. Et nous perdrons un peu de poids, comme au Venezuela où l’on voit bien qu’un peu d’austérité alimentaire avec prix plafonnés, ça ne fait pas de mal…

Alors nous pouvons légitimement poser la question : face à cette carence d’Amazon, qui ne livrera plus de nourriture pour l’esprit, n’allons-nous pas devoir envisager de rouvrir les librairies ? Nul doute que Bruno Le Maire planche déjà sur le sujet…

 

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