Le candidat démocrate à la présidence, Joe Biden, entre l’arbre et l’écorce.

Joe Biden by Gage Skidmore (CC BY-SA 2.0) — Gage Skidmore, CC-BY

Bernie Sanders apporte un soutien clair à Joe Biden, expliquant vouloir vaincre le président Trump, « le plus dangereux de l’histoire moderne » des États-Unis.

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis.

Maintenant que Bernie Sanders a donné son appui à Joe Biden, l’ex vice-président aura besoin des partisans du sénateur du Vermont pour vaincre Donald Trump. Mais cela demandera à Joe Biden de pivoter à gauche, ce qui va nuire à sa cause dans le Midwest.

Il n’aura fallu que quelque jours après la suspension de sa campagne à l’investiture démocrate pour que Bernie Sanders appuie son adversaire Joe Biden.

Bernie Sanders apporte un soutien clair à Joe Biden, expliquant vouloir vaincre le président Trump, « le plus dangereux de l’histoire moderne » des États-Unis.

La brièveté de cet intervalle est révélateur.

En juin 2016, alors qu’il était devenu clair que le sénateur du Vermont ne vaincrait pas Hillary Clinton, il a attendu plus d’un mois pour lui donner son appui. Un appui qui s’est fait dans une froideur qui n’a pas échappé à ses partisans enthousiastes. Ils ne se sont pas présentés à l’élection présidentielle de 2016 ou ont voté pour Donald Trump.

Joe Biden obtient certes l’appui de Bernie Sanders, mais cet appui a un prix. Les organisateurs des deux candidats ont été constamment en contact au cours des dernières semaines et l’ex-vice-président a déjà révélé certains compromis.

Il a accepté l’idée de hausser le salaire minimum à 15 dollars de l’heure au niveau fédéral, il prévoit d’étendre l’assurance-maladie publique pour les personnes âgées, le Medicare, en l’abaissant de l’âge minimum de 65 à 60 ans et il accepterait d’annuler le remboursement des prêts étudiants fédéraux pour les petits salariés. Mais rien n’a été annoncé sur l’environnement et la fiscalité.

La déception se perçoit déjà dans la position de cette secrétaire de presse de Bernie Sanders. Elle révèle qu’elle ne va pas appuyer Joe Biden.

Elle n’est pas la seule à s’attendre à plus de concessions de Joe Biden. La jeune représentante de l’État de New York, Alexandria Ocasio-Cortez, une étoile montante de l’aile gauche des démocrates, est déçue de ne pas avoir été contactée par Joe Biden. Elle l’avertit que lorsqu’ils discuteront, il devra s’attendre à de l’inconfort. L’atteinte des compromis se fait toujours dans l’inconfort dit-elle.

Alexandria Ocasio-Cortez incarne parfaitement l’aile gauche du Parti démocrate qui veut rassembler les minorités, les femmes, et combattre le patriarcat de l’Homme blanc. Cette frange que Donald Trump qualifie de Radical Left et qu’il aime attaquer sur Twitter.

Et c’est justement pour se distancier de cette frange radicale que l’establishment démocrate s’est rangé derrière Joe Biden. Les démocrates savent que les luttes électorales sont gagnées d’avance dans la majorité des États populeux des États-Unis ; que ce sont les batailles rangées dans les États ouvriers du Midwest qui scellent le sort de la présidence.

En 2016, Hillary Clinton a préféré des bains de foules en Californie plutôt que de faire campagne au Wisconsin et au Michigan. Elle a été balayée dans le rust belt par Donald Trump.

Joe Biden va probablement faire campagne différemment. Mais sa tâche sera difficile s’il doit défendre l’agenda identitaire des élites intellectuelles pendant que Donald Trump continue de parler aux ouvriers des combats qu’il mène pour eux contre la délocalisation et la concurrence commerciale insidieuse de la Chine.

Si les démocrates comptent seulement sur les dommages causés par la pandémie du coronavirus pour défaire Donald Trump en novembre, ils connaîtront le même sort que lorsqu’ils ont tenté de l’expulser du pouvoir avec le Russiangate et la procédure de destitution. Il s’agira d’une nouvelle défaite pour un parti enlisé dans le gauchisme qui n’a aucun nouveau projet pour l’Amérique.

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.