Donald Trump a raison de critiquer l’Organisation Mondiale de la Santé

Donald Trump by Gage Skidmore(CC BY-SA 2.0) — Gage Skidmore, CC-BY

L’OMS, qui se préoccupe davantage de ne pas froisser la Chine que de bien surveiller l’éclosion des pandémies, n’est pas un bon investissement.

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis

La crainte de l’OMS de déplaire à la Chine l’a rendue inefficace

Le directeur général de l’OMS ne manque pas de toupet.

Il a d’abord reproché au président américain de politiser le débat parce qu’il a critiqué l’OMS pour sa gestion du début de la pandémie du Covid-19 en Chine. Tedros Adhanom Ghebreyesus a ensuite renchéri en avertissant Donald Trump de faire attention à ne pas poser des gestes qui vont mener à plus de sacs mortuaires.

Le président américain est agacé. Alors qu’il ne ménage aucun effort pour contenir et affronter le Covid-19, il examine de plus près le début de la crise en Chine et les recommandations initiales de l’OMS.

Donald Trump affirme qu’il va réfléchir à l’investissement américain dans l’OMS, qu’il trouve très centré sur la Chine alors que les USA en sont le principal contributeur.

Tedros, le candidat de la Chine pour l’OMS

Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a été ministre de la santé (2005-12) et ministre des affaires étrangères (2012-16) pour l’Éthiopie était le  candidat de la Chine lors de l’élection à la tête de l’OMS en juillet 2017. Alors qu’il était en Éthiopie, la Chine a fait des prêts de milliards de dollars à son pays.

Peu de temps après avoir remporté le poste de directeur général de l’OMS, Tedros s’est rendu en Chine où il a décrit le système de santé chinois en des termes élogieux. Depuis ce temps, le nouveau directeur général de l’OMS n’a jamais manqué une occasion de dire des bons mots du système de santé chinois.

Transparence des dirigeants chinois ?

Dès le 10 janvier, à la veille du tout premier décès à Wuhan, l’OMS avait conclu, lors d’une enquête préliminaire en Chine, qu’il n’existait pas de transmission interhumaine significative du coronavirus, ce qui avait amené le directeur général de l’OMS à féliciter les dirigeants chinois pour leur transparence.

L’OMS avait conclu qu’il n’était pas opportun d’appliquer des restrictions aux voyageurs. Il a fallu attendre à la fin janvier, lorsque les premières infections au Covid-19 hors de Chine ont été signalées, pour que le dépistage commence dans les aéroports. Mais malgré la multiplication des infections, l’OMS a continué à désapprouver les restrictions aux voyageurs.

L’OMS a déclaré l’urgence sanitaire en Chine le 30 janvier après le signalement de 10 000 infections.

Fermeture de la frontière américaine à la Chine le 30 janvier

C’est à ce moment que Donald Trump a émis des restrictions concernant les voyageurs en provenance de Chine, ce qui avait occasionné des remontrances de la part du directeur général de l’OMS qui avait incité les autres pays à ne pas suivre l’exemple américain.

En se prononçant contre la fermeture des frontières pour les gens provenant de la Chine dès le début de la pandémie, l’OMS s’est vraiment plantée affirme Donald Trump.

Tedros avait alors déclaré que les infections hors Chine étaient bénignes et qu’il n’y avait pas matière à s’inquiéter.

Finalement c’est le 11 mars, après la propagation du Covid-19 chez 118 000 personnes dans 114 pays que l’OMS a déclaré le coronavirus pandémie mondiale.

Mais face à un virus très virulent et extrêmement contagieux le président Trump aurait aimé que l’OMS lui donne de bons diagnostics tout au long de la progression des infections mais cela n’a pas été le cas.

Les États-Unis ont fourni plus de 400 millions à l’OMS en 2019, comparativement aux 44 millions versés par la Chine. Donald Trump affirme qu’il n’a pas encore décidé s’il va geler sa contribution à l’organisme. Mais il estime avoir droit à un retour sur cet investissement.

Et une organisation qui se préoccupe davantage de ne pas froisser la Chine que de bien surveiller l’éclosion des pandémies n’est pas un bon investissement.

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