Médecins cubains : les esclaves de la dictature sont les bienvenus !

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Il nous faut s’interroger sur l’indulgence de la France à l’endroit de Cuba, aujourd’hui encore une dictature féroce et calamiteuse, incapable de nourrir sa population, et qui continue à opprimer et à emprisonner ses dissidents.

Par Michel Faure1.

La France a autorisé par décret, le 30 mars, l’arrivée de médecins cubains sur ses territoires d’Outre-Mer pour l’aider à maîtriser la crise du Covid-19. Déjà présents en Espagne, en Italie et en Andorre, ces médecins vont sans doute aider à sauver la vie de citoyens français.Dès lors il est jugé délicat de s’offusquer de leur présence et de leur soutien.

Pourtant, on peut poser la question de savoir pourquoi un pays démocratique comme le nôtre décide de faire venir ces médecins dont la qualité professionnelle n’est pas en cause, mais dont la situation est plus que problématique. Ils sont en effet exportés depuis des années par la dictature cubaine comme des marchandises.

Ils partent à l’étranger contraints et forcés, sans leurs conjoints ni familles retenus en otages dans l’île afin de dissuader les envies de défection. Ces toubibs sont surveillés de près par des « commissaires politiques » qui leur interdisent tout contact avec la population locale, à l’exception de leurs malades.

Des produits d’exportation très demandés

Ces « produits d’exportation » que sont les médecins cubains – l’écrire ainsi peut paraître brutal, mais c’est de cela qu’il s’agit – sont très demandés, et rapportent gros – en moyenne 11 milliards de dollars par an, selon des chiffres des statistiques cubaines de 2016, les dernières connues2. À titre de comparaison, les quatre millions de touristes venus à Cuba la même année se situent loin derrière, en deuxième position, avec 2,8 milliards de dollars. Viennent ensuite, plus loin encore, le sucre et le tabac.

Les salaires des médecins sont généralement alignés sur ceux de leurs confrères du pays d’accueil (sauf en cas de troc avec un pays ami, du pétrole au Venezuela, par exemple), des sommes versées directement aux autorités cubaines. Ces dernières reversent aux médecins un salaire cubain, c’est-à-dire une misère. Exploités, ces médecins sont des « esclaves modernes » de la dictature castriste.

Cependant, le gouvernement français décide de se rendre complice de cette exploitation et les invite chez nous, à la demande d’une vingtaine des quelques 70 députés qui ont jugé bon, allez comprendre pourquoi, de s’inscrire au groupe d’amitié France Cuba. Cette démarche et l’accord du gouvernement n’ont pas suscité la moindre indignation en France, ce qui révèle l’apathie politique dans laquelle nous nous trouvons.

D’autres renforts sont possibles

D’autres renforts étaient sans doute possibles, venant de pays européens mieux préparés, ou moins touchés que la France, mais le gouvernement français a opté pour Cuba. Dès lors, il nous faut s’interroger sur cette coupable indulgence de la France à l’endroit de ce pays aujourd’hui encore une dictature féroce et calamiteuse, incapable de nourrir sa population, et qui continue à opprimer et à emprisonner quiconque émet quelque réserve sur le régime castriste.

Il convient de se souvenir que notre ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, se montre tout fier d’être le premier membre d’un gouvernement de l’UE à rencontrer à La Havane le nouveau président Miguel Diaz-Canel, triste apparatchik, marionnette aux ordres de son vrai patron, Raul Castro, secrétaire général du Parti communiste cubain auquel la constitution de l’île confère la direction suprême du pays. N’oublions pas non plus Ségolène Royal qui se précipite à Cuba pour les obsèques de Fidel Castro dont elle chante les louanges et nie l’existence de prisonniers politiques dans l’île.

Enfin, son ancien compagnon, François Hollande, une fois élu à l’Élysée, devient en mai 2005 le premier président français de l’histoire à se rendre à Cuba. Il pense en tirer gloire, probablement. Le 12 décembre 2015, le Club de Paris, présidé par la France, annule les intérêts de retard sur les 14,7 milliards de la dette cubaine dûs à la France et sur lesquels La Havane avait fait défaut en 1986. Neuf mois après la visite de Hollande à Cuba, ce dernier invite Raul Castro à Paris.

L’île doit encore 4,6 milliards d’euros à la France, mais Hollande décide de restructurer cette dette en investissements d’infrastructures à Cuba et de convertir 212 millions d’arriérés en un fonds franco-cubain finançant des projets dans l’île. Le gouvernement Hollande n’a jamais expliqué aux contribuables français pourquoi ils devaient être si généreux à l’égard d’une dictature.

 

  1. Michel Faure est l’auteur de Cuba en 100 questions, paru chez Tallandier.
  2. Il existe des chiffres de 2018, mais les chiffres concernant ces médecins n’apparaissent pas, et sont sans doute noyés dans la masse des « services à l’extérieur ». Voir http://www.onei.gob.cu/node/14211
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