L’Afrique du Sud continue à envoyer des étudiants en médecine à Cuba

Cuban doctors administer vaccination at camp for displaced Haitians(CC BY-NC-ND 2.0) — United Nations Photo, CC-BY

Le programme de coopération entre l’Afrique du Sud et Cuba, pour la formation des médecins a été un échec catastrophique. Pourtant le gouvernement sud-africain continue d’envoyer des étudiants en médecine à Cuba.

Par Jason Urbach.
Un article de Libre Afrique

Le programme de coopération entre l’Afrique du Sud et Cuba pour la formation des médecins a été un échec catastrophique. Pourtant le gouvernement sud-africain continue d’envoyer des étudiants en médecine à Cuba et de les placer ensuite dans des hôpitaux sud-africains. Il est peut-être temps de s’inspirer du Brésil qui a dénoncé son programme de formation médicale avec Cuba.

Le président brésilien, Jair Bolsonaro, a été choqué par le programme national « Plus de médecins » parrainé par l’ancienne présidente brésilienne Dilma Rousseff et supervisé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Bolsonaro a déclaré :

« Nous avons conditionné la continuité du programme More Doctors à un test de capacité, à un paiement intégral des salaires aux professionnels cubains, et à la liberté d’amener leurs familles. »

Les missions médicales : un business lucratif pour la dictature cubaine

Tous les médecins cubains sont employés par leur gouvernement. Ceux qui restent sur l’île perçoivent des salaires bien inférieurs à 100 dollars par mois. Ceux autorisés par la dictature communiste à quitter l’île génèrent des milliards de dollars pour leur État. C’est d’ailleurs l’une des plus importantes sources de devises du pays.

Ces « missions médicales » des Cubains sont financées par le gouvernement du pays hôte ou par les pays donateurs qui envoient des fonds à l’OMS. Selon Mary O’Grady du Wall Street Journal,

« l’argent est censé servir à payer les salaires des travailleurs cubains. Mais ni l’OMS ni aucun pays hôte ne rémunèrent directement les travailleurs cubains. Les fonds sont déposés sur le compte de la dictature et le médecin ne reçoit qu’une allocation lui permettant de vivre avec la promesse d’un peu plus à son retour chez lui. »

Cuba est l’un des pays les plus répressifs du monde et aussi parmi les moins libres, où le contrôle de l’État sur l’économie est omniprésent. Selon l’indice de liberté économique de la Heritage Foundation, Cuba se classe au 178ème rang sur 180 pays, devant juste le Venezuela et la Corée du Nord. Le travailleur moyen gagne environ 30 dollars par mois et le régime communiste refuse toute évolution vers une véritable liberté politique ou économique.

La coopération avec Cuba a montré ses limites

En 1996, le gouvernement sud-africain a mis en place son propre programme de formation de médecins en coopération avec Cuba afin de réduire la pénurie chronique de médecins qualifiés et d’éviter le coût supposé élevé de leur formation en Afrique du Sud. Le Dr. Aaron Motsoaledi, ministre de la Santé, affirme d’ailleurs  que les universités sud-africaines n’ont actuellement pas la capacité de former davantage de médecins. Ainsi, le gouvernement poursuit son programme de coopération en tentant simplement de le ralentir.

Face à la pénurie chronique de médecins qualifiés, il faut arrêter d’envoyer les étudiants dans un pays lointain et despotique où le type de maladies rencontrées est différent. Le gouvernement sud africain devrait plutôt permettre à davantage de professionnels de la santé étrangers de pratiquer la médecine en Afrique du Sud ; augmenter le nombre de postes disponibles dans les écoles de médecine gérées par le gouvernement ; et permettre au secteur privé de former des médecins.

Le secteur privé pour remédier à la pénurie de médecins

Malgré la croissance démographique et l’augmentation considérable du fardeau de la maladie imputable au VIH/sida et à la tuberculose, le gouvernement n’a que légèrement augmenté le nombre de places de médecins stagiaires dans les écoles de médecine publiques par rapport aux années 1970.

Selon Martin Veller, président du Comité sud-africain des doyens médicaux, « les facultés de médecine de l’association sud-américaine diplôment environ 1 800 étudiants par an ». Depuis les années 1970, période au cours de laquelle environ 1 200 étudiants obtenaient leur diplôme par an, la population a plus que doublé, passant de 24,3 millions à 57,7 millions. De plus, la population vieillissante nécessitera davantage de traitements pour les affections chroniques. La pénurie de médecins ne pourra donc que s’aggraver. Notre système de santé publique peu performant aggrave ce problème car il pousse nos médecins à s’expatrier.

Les raisons fréquemment invoquées pour expliquer l’exode du personnel qualifié du secteur de la santé publique sont les bas salaires, les charges de travail élevées, les environnements de travail médiocres et le peu de possibilités d’avancement significatif.

Le gouvernement refuse toujours d’autoriser le secteur privé à former des médecins et interdit aux futurs docteurs d’accomplir leurs stages communautaires et leurs stages médicaux dans le secteur privé, ce qui allégerait le fardeau des budgets publics. Les hôpitaux privés sud-africains sont reconnus mondialement pour leur excellence et la haute qualité des soins. Les établissements d’enseignement privés gérés en coopération avec des hôpitaux privés attireraient des enseignants et conférenciers de renommée internationale. Un tel bassin de compétences permettrait d’attirer des étudiants internationaux dans les établissements du pays, et, une fois qualifiés, pourraient continuer à travailler en Afrique du Sud.

Les écoles de médecine privées ne résoudront peut-être pas la pénurie de personnel médical du jour au lendemain, mais elles contribueraient à augmenter le nombre de professionnels de la santé dotés des compétences nécessaires pour relever les défis de la santé en Afrique du Sud. Les étudiants souhaitant devenir médecins ne doivent pas nécessairement être envoyés dans une « prison » communiste.

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