Ségolène Royal fait scandale en défendant à nouveau la dictature cubaine

Malgré les condamnations de tous bords, Ségolène Royal a réaffirmé ses propos polémiques sur Cuba, « pas une dictature puisque 4 millions de touristes y vont ».

Par Alexis Vintray.

Ségolène Royal persiste dans la défense de la dictature cubaine
By: UNclimatechangeCC BY 2.0

Ségolène Royal avait choqué les associations de défense des droits de l’homme par sa défense univoque de la dictature cubaine lors de l’enterrement de Fidel Castro. Représentant sur place la France, elle était déjà la seule membre d’un gouvernement européen à part Alexis Tsipras (extrême gauche grecque) à être présente à Cuba pour la semaine de deuil national organisée par les autorités castristes. Ses propos avaient été encore plus choquants, niant dans une large mesure la réalité de la dictature, comme ses dizaines de milliers de prisonniers politiques, les exécutions de masse, la persécution des homosexuels et autres.

À juste titre, la droite comme la gauche (Jean-Marc Ayrault, Jack Lang) ou le centre (François Bayrou) avaient très largement manifesté leur désapprobation devant cette défense du régime dictatorial cubain. Las, loin de s’excuser, ne serait-ce que par respect pour les victimes du régime, Ségolène Royal a enfoncé le clou à l’Assemblée Nationale, avec des arguments… surprenants ? Ainsi, à en croire l’actuelle numéro 3 du gouvernement français, le fait que Cuba accueille chaque année des touristes prouve que le régime n’est pas une dictature…

L’opposition a bruyamment fait entendre sa désapprobation à l’Assemblée Nationale pendant la réponse de la ministre lors des questions au gouvernement (vidéo dans le tweet ci-dessus), et les réactions choquées ont été foison depuis.

Des motivations bassement politiques ?

La défense par un ministre, dans l’exercice de ses fonctions, d’un régime dont la réalité des crimes est attestée est profondément inquiétante. L’absence de recadrage par le Premier ministre de tels propos l’est encore plus. La gauche morale est en lambeaux comme le notait Nathalie MP dans ces colonnes. Rappelons que plus d’un cinquième de la population cubaine a fui le pays pour échapper à la dictature et que les crimes du castrisme sont connus et documentés (cf. plus bas dans cet article).

Cette défense de la dictature cubaine a semblé tellement absurde à certains qu’ils envisagent des motivations politiques ou clientélistes. Ainsi du politologue Laurent Bouvet dans un post public sur Facebook :

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Ce n’est en outre pas la première fois que Ségolène Royal prend la défense malavisée de régimes dictatoriaux. En Chine où elle s’était fait remarquer par la « bravitude », elle avait loué la rapidité de la justice chinoise. Une déclaration qui avait largement choqué et pour cause : Bruno Thouzellier, président de l’Union syndicale des magistrats, soulignait alors à propos de la déclaration de Ségolène Royal : « N’oublions pas que, dans ce pays, des centaines voire des milliers de personnes sont condamnées à mort chaque année et que ce sont les familles qui paient la balle ! ». Comme le régime, la justice chinoise est loin d’être celle d’un état de droit. Un détail manifestement.

Les internautes en tout cas n’ont pas tardé à moquer l’ancienne candidate à la présidentielle, en la présentant avec le dictateur nord coréen :

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Rappel historique pour les adorateurs du régime cubain

Les crimes de la dictature cubaine sont désormais solidement documentés depuis la soixante d’années où les Castro sont au pouvoir. Malgré l’ignorance volontaire ou non affichée par Ségolène Royal. Prenons quelques exemples :

  • Rien qu’en 1960, la répression ordonnée par Castro débouche sur l’arrestation de 70.000 prisonniers politiques et 631 condamnations à mort. Tortures psychiques et physiques sont pratiquées et, selon un rapport d’Amnesty International, il y aurait eu plus de 20.000 prisonniers politiques cubains en 1961.
  • Des camps de concentration furent opérationnels en 1965, notamment pour les individus socialement nuisibles : prêtres catholiques comme homosexuels, témoins de Jéhovah comme proxénètes. Mais ce système trop voyant devait susciter des protestations internationales. Un système de travail forcé extrêmement violent lui fut substitué.
  • Ces pratiques n’ont pas disparu au lendemain de la prise de pouvoir. Ainsi, lors du «printemps noir» de 2003, 75 dissidents seront incarcérés et trois personnes fusillées.
  • Dans les années 2000, il y avait environ 300 prisonniers politiques. Encore aujourd’hui, plus de 20.000 Cubains s’expatrient chaque année aux États-Unis.
  • Au global, un cinquième des Cubains vivaient en exil à la fin du règne personnel de Fidel Castro. Plus de cent mille Cubains ont subi sous une forme ou une autre la répression communiste.

Face à un tel soutien, au nom de la France, d’un régime dictatorial par un ministre de son gouvernement, Bernard Cazeneuve peut-il rester silencieux et ne pas rappeler sévèrement à l’ordre Ségolène Royal ou demander sa démission ? Le silence coupable actuel n’honore ni Matignon ni la France.

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