La crise revient, les vieux sophismes économiques aussi

Keynes Hayek

La crise est à nos portes. Et comme à chaque crise les vieux remèdes refont surface.

Par Marius-Joseph Marchetti.

La crise est à nos portes. C’est le message entendu actuellement de toutes les personnes un tant soit peu inquiètes des conséquences économiques de la pandémie du Covid-19.

Et comme à chaque crise les vieux remèdes refont surface.

À tort ou à raison, certains font l’analogie entre la Grande Dépression de 1929 et la crise que nous allons traverser. D’autres encore voient dans le coronavirus une sorte de malédiction divine qui devrait être une source de motivation pour modifier notre système économique actuel.

Tout y passe : la mondialisation responsable de sa propagation, les frontières à contrôler, le capitalisme apatride et cupide moteur de l’égoïsme humain. Je ne pense pas trop m’avancer en écrivant que l’écologisme politique, l’hygiénisme, et l’interventionnisme de manière générale trouveront une raison de plus de s’étendre. Il en a été ainsi de chaque crise : 1929, les Grandes Guerres, 2008. Et même si le duo Reagan-Thatcher aura permis un certain recul des États, cela n’aura été que de courte durée et Dieu sait que là encore la réalité a été plus que fantasmée1. Mais ce n’est pas le sujet du présent article.

Je souhaiterai revenir sur les différents propos tenus à ce jour pour résoudre la très certaine crise qui nous accablera prochainement. J’y reviendrai donc pas à pas, avec cette très modeste contribution.

Michel Castellani et l’épargne dormante

J’aimerais tout d’abord revenir sur les propos du député de la Haute-Corse Michel Castellani.

Dans une lettre ouverte adressée au ministre Bruno Le Maire, monsieur le député nous offre sa vision de l’état actuel de l’économie française. À défaut de pouvoir faire appel à un emprunt massif, similaire au plan de relance qui a suivi la crise de 2008, ou plus symboliquement, aux grands travaux du New Deal ou au plan Marshall, il propose de mettre à contribution, je cite, « l’épargne dormante ».

Si je m’inquiète d’une telle proposition, c’est que celle-ci est partagée par bon nombre d’économistes, et qu’elle renoue avec les doctrines de la sous-consommation, ou en a du moins tout l’air. L’expression épargne dormante nous renvoie à une image improductive de l’épargne, tout à la fois similaire à « l’euthanasie du rentier » de Keynes, ou au « paradoxe de l’épargne » de Foster et Catching. Les vieux fantômes refont surface et de nouveau, il est bon de les chasser.

Pour s’intéresser plus en amont à l’argument de monsieur le député, nous nous intéresserons à la théorie développée par William Trufant Foster et Waddil Catchings, qui ressemble sous bien des aspects à la vulgate des théories de la sous-consommation.

Leur argument est que l’augmentation de l’offre d’épargne va entraîner une augmentation de l’offre de biens proposée aux consommateurs, mais que cela n’augmentera nullement la demande de ces consommateurs. Les efforts des épargnants pour améliorer leur sort serait donc vain.

L’épargne, qui sert à financer une nouvelle usine par exemple, permet une amélioration du niveau de vie des consommateurs tant que l’usine est en construction, sous forme de salaires. Mais une fois l’usine achevée, cela se  termine seulement par une augmentation des véhicules produits à destination des consommateurs.

C’est ainsi que la crise s’installe.

C’est dans son article édifiant, intitulé « The Paradox of Saving », qu’en 1929 Hayek démonte les thèses de la sous-consommation de Foster et Catchings, et par la même occasion tous les adeptes des doctrines de la sous-consommation avant leur renouveau.

Les arguments présentés ci-dessous sont relativement sommaires, pour ne pas perdre le lecteur non familiarisé à la lecture de sujets économiques.

Dans son article, Hayek se sert notamment de la théorie du capital développée par l’Autrichien Böhm-Bawerk. L’épargne, qui n’est rien d’autre que de la consommation différée, sert à étendre les processus de production, pratiquer des stades de productions de plus en plus élevés, et allonger la structure de production qui prend donc de plus en plus de temps à atteindre son aboutissement.

C’est ainsi que nous en arrivons à l’intensification de certains processus de production. L’augmentation de l’épargne, qui est la conséquence d’une modification des taux de préférence temporelle (rappelons que pour Hayek, et les économistes autrichiens, le taux d’intérêt, qui rémunère l’épargne, est le prix du temps) permet une diminution des coûts des entrepreneurs, diminution plus faible que celle des prix de leurs biens, moins demandés du fait de l’épargne : les entrepreneurs font donc tout de même un profit, et compte tenu que diminue le prix des biens, le salaire réel (et non pas nominal) des consommateurs augmente.2

La proposition de monsieur le député Castellani n’étant pas limpide en elle-même,  nous faisons une supposition des mesures qu’il propose implicitement, sa lettre manquant de clarté sur ce point :

  • soit une taxation accrue des dividendes ou des plus-values,
  • soit une spoliation directe de l’épargne dite de confort.

Dans un cas comme dans l’autre, cela ne peut conduire qu’à aggraver la crise en pénalisant des processus productifs déjà soumis actuellement à une forte pression à la fois fiscale et extérieure du fait des circonstances actuelles, et à réduire l’allongement des processus productifs visant à fournir aux consommateurs des produits de meilleure qualité et au plus bas coût.

L’épargne étant de la consommation différée, cette spoliation ne sera en rien bénéfique, même dans l’objectif d’augmenter la demande globale via l’augmentation des dépenses publiques.

Quelles dépenses ? Dirigées vers qui et vers quoi ? À quel coût, encore une fois ?

Est-il animé par la même idée que les keynésiens et néo-keynésiens, à savoir que nous serions en présence d’une trappe à liquidité, c’est-à-dire que la politique monétaire serait inefficace, et dont nous ne pourrions sortir que par la relance budgétaire, comme certains économistes (notamment Paul Krugman) auraient tendance à le penser ?

C’est ce qui a l’air de ressortir effectivement de l’analyse de monsieur Castellani ; et ce qui est demandé explicitement par de nombreux autres.

 

Il est cependant bon de rappeler que toutes ces politiques des grands agrégats économiques ne prennent nullement en compte le souci de la coordination des projets des agents individuels, et que, comme l’a prouvé Ludwig von Mises en 1920, et comme l’histoire en a témoigné, aucun calcul économique en régime planifié n’est possible ; pour rappel, les membres du Politburo avaient à leur disposition des catalogues de prix provenant des pays occidentaux pour avoir des références.3

Cette critique s’applique tout autant aux économies mixtes comme la nôtre, où la relance budgétaire n’est soumise à aucun test de marché via le système des prix, des pertes et profits. Certains seront des gagnants nets, et d’autres des perdants nets, comme dans l’ancien système mercantiliste.

Mais nous ne sortirons pas de la crise, bien au contraire.

La Fed, l’open-market et les taux zéro

D’autres encore font miroiter le spectre de la planche à billets pour sauver l’économie.

On sait déjà que la Fed a décidé d’adopter une politique d’open-market sans interruption et de renouer avec les taux zéro alors qu’elle a entamé une lente remontée de ceux-ci ; et que la Banque centrale européenne est prête à débuter une politique plus active. Mais comme les économistes le savent déjà, ce n’est qu’une autre manière d’habiller Pierre en déshabillant Paul.

L’inflation n’est qu’une forme déguisée d’impôts.

L’économiste Richard Cantillon nous a appris il y a plus de deux siècles que la monnaie n’est pas neutre, qu’elle a autant un effet sur les prix que sur la répartition des richesses.

Les premiers détenteurs de la nouvelle monnaie sont ceux qui bénéficieront d’un pouvoir d’achat supplémentaire, car tant que la monnaie n’est pas dépensée, les prix n’ont pas de raison d’augmenter à cause d’une demande supplémentaire. Ils augmenteront au fur à mesure que la nouvelle monnaie sera dépensée dans l’économie jusqu’à atteindre leurs derniers détenteurs, qui ont été spoliés d’une partie de leur pouvoir d’achat, puisque leur revenu n’augmente pas lorsque les prix montent du fait de la nouvelle monnaie.

Dans le cas où la Banque centrale européenne créerait de la monnaie pour financer directement les politiques des États, ces derniers seraient les bénéficiaires directs de la nouvelle monnaie créée, et les derniers détenteurs seraient les contributeurs nets.

La création monétaire ne serait donc ici que l’équivalent d’une imposition accrue des revenus et épargnes des ménages et entreprises en vue de financer l’État.

Mais alors, que faire ?

La solution, actuellement, serait justement de laissez faire. C’est une option difficile à entendre, l’inaction n’étant pas récompensée politiquement, voire semblant inhumaine d’un point de vue éthique.

C’est bien pour cela que personne ne la propose. Elle a tendance à limiter le pouvoir de ceux qui gouvernent, et limite l’utilité des responsables politiques, qui ne peuvent se « gargariser d’avoir fait tout ce qui étant en leur pouvoir pour nous sortir de la crise ». Et elle empêche leur élection et réélection.

Généralement, les économistes considèrent le boom comme positif, un état que nous devrions maintenir ad vitam æternam à l’aide des politiques publiques (Keynes), et les dépressions sont comme des accidents de parcours dus à des erreurs commises par le marché.

Mais comme l’a très justement mentionné Mises, dans sa Théorie de la monnaie et du crédit, le bénéfice est inverse. C’est de la période du boom qu’il faut avoir peur, car c’est dans cette période qu’un cluster d’erreurs se forme, du fait d’une politique accommodante facilitant le crédit, via l’expansion monétaire et la diminution artificielle des taux d’intérêts, soutenant l’allongement de la structure de production par de l’épargne forcée.

Il y a mal-investissement -et non pas sur-investissement, comme on a pu l’entendre de la bouche des détracteurs de la théorie autrichienne du cycle économique-, c’est-à-dire que la stimulation des industries de biens d’investissements de longue durée se fait au détriment des autres, du fait de mauvais signaux envoyés aux entrepreneurs.

« Enfin, la tradition keynésienne ne peut s’accommoder d’une théorie du malinvestissement comme celle de Hayek. Une théorie dans laquelle tout tourne autour de la rareté des facteurs et de la variation des prix relatifs n’a aucun sens pour une théorie où les prix relatifs sont supposés (au moins à première vue) ne jouer aucun rôle et où, dans des versions sophistiquées, les engorgements sont en grande partie des événements fortuits, sans rapport théorique avec des facteurs aussi fondamentaux que la rareté des facteurs. Pourtant, c’est précisément à partir de choses aussi sévères que la rareté des ressources que Hayek a construit sa théorie. » 4

 

Le mieux à faire serait de laisser se liquider les erreurs entrepreneuriales causées par des politiques facilitantes, pour que l’économie reparte sur des bases saines.

Ce qui implique de faire l’inverse de ce qui a été fait en 2008 et de ce qui est en passe d’être fait.

À savoir :

  • mettre fin aux politiques accommodantes de création monétaire occasionnant des situations d’euphorie ininterrompue sur les marchés financiers,
  • laisser les taux d’intérêt remonter à leur niveau naturel, qu’ils ne fassent plus l’objet de politique telle que le ZIRP (Zero Interest Rate Policy), et que
  • l’État ne doit pas intervenir pour sauver ceux qui doivent faire faillite, par exemple les banques.

Cela implique que, dans le même temps, les Banques centrales de chaque pays ne diminuent pas leur masse monétaire, comme l’a fait la FED en 1929, car étant donné la rigidité des prix à la baisse du fait des politiques de contrôle des prix du travail, cela ne pourra entraîner qu’un ajustement par les quantités, c’est-à-dire par le chômage de masse.

Avant la Grande Dépression, les États-Unis avaient coutume de suivre une stricte politique de laissez-faire lorsqu’une crise se déclarait.

Qui a déjà entendu parler de la dépression de 1920 ? Personne, et pour cause, rappelle Rothbard5. Elle dura tout juste plus d’une année6.

La seule politique prise par l’État pour endiguer la dite crise fût de… couper ses dépenses publiques ; quelque chose d’imaginable dans un pays comme la France, qui a une fâcheuse tendance à être sur le podium mondial.

Il est de bon ton de dire que la Grande Dépression est la preuve qu’une politique de laissez-faire ne fonctionne pas, qu’en 1933 c’est le New Deal de Roosevelt a permis de sortir progressivement de la crise.

Notons deux choses :

  • Rothbard, en se servant de la la TMS (True Money Supply, qui comptabilisent les dépôts à terme et à vue, et d’autres particularités) et non les agrégats monétaires ordinaires tels que M1, M2, et M3, fait remarquer que la masse monétaire a augmenté de plus de 60 % entre 1921 et 1929 (on repassera pour la crise du laissez-faire). —
  • il y a là une omission de l’histoire telle qu’elle est enseignée au lycée car il y a eu, en fait, deux New Deal, celui de Hoover et celui de Roosevelt.

L’interventionnisme de Hoover s’est caractérisé notamment par ces quelques mesures non exhaustives :

  • la signature de la loi Smoot Hawley : elle vient s’ajouter au Fordney-McCumber Act, qui rehausse les tarifs douaniers, et que certains considèrent comme la législation la plus protectionniste de l’histoire américaine7
  • l’augmentation des dépenses de l’État : en l’espace d’une seule année, de 1930 à 1931, les dépenses publiques fédérales en proportion du PIB s’envolèrent de 16,4 % à 21,5 %8
  • le doublement de l’impôt sur le revenu : avec le Revenu Act en 1932, la tranche supérieure a plus que doublé, passant de 24 % à 63 %. Un certain nombre de niches fiscales a sauté, augmentant encore un peu plus le taux de prélèvements obligatoires.-une politique de crédit accommodante garantie par l’État
  • l’augmentation du déficit budgétaire
  • l’immigration réduite à près de 0
  • la pression mise par Hoover et les syndicats sur les milieux d’affaires afin de maintenir les salaires artificiellement élevés : à cette époque, les salaires nominaux ne diminuent que de 15%, alors que les prix diminuent de 25 % ; ce qui correspondait à une augmentation sévère des salaires réels9

Le coronavirus n’est pas la cause de cette crise

En clair, la crise qui vient sera douloureuse. Le coronavirus n’en aura été que le déclencheur, et nullement la cause (ce qui ne nous empêche nullement de critiquer la gestion calamiteuse de celui-ci, mais cela n’est pas le sujet ici).

Si les mêmes erreurs sont commises, alors l’interminable danse des cycles reprendra. Sur le long terme, seule la garantie de la valeur de notre monnaie (que ce soit par un marché libre de monnaie privée ou la restauration d’un pur étalon-or), protégée des interventions politiques et politiciennes, permettra le retour à un capitalisme sain.

Permettez-moi cependant d’en douter.

À l’heure actuelle, l’État prend toutes les dispositions pour avoir son propre « Mussolini économique » ; c’est le surnom que certains conseillers ont donné au Président Roosevelt.

Tout nous laisse penser que nous allons vers une situation de sauvetage généralisé, à l’aide des instruments budgétaires et monétaires, entre les annonces des différentes Banques centrales, et celle du G20 qui a annoncé l’injection de 5000 milliards de dollars, selon cet article du quotidien Le Monde.

  1. Sur ce sujet, lire The Myth of Reaganomics pour comprendre à quel point la réduction de l’État par le président Reagan est davantage une stratégie rhétorique qu’autre chose, ou le Mythe des Reaganomics, traduit ici en français. Pour un examen de madame Thatcher, je renvois le lecteur à cet article de Murray Rothbard, Mrs. Thatcher’s Poll Tax.
  2. Tous les arguments présentés le sont de manière sommaire. Pour une lecture approfondie de ces arguments, nous conseillons au lecteur de se diriger vers The Paradox of Saving, de Friedrich Hayek. Pour un résumé dudit article, voir Hayek on the Paradox of Saving.
  3. Georges Kaplan  : « Lorsque les archives du Gosplan sont enfin accessibles et que les anciens économistes soviétiques qui ont participé à une mise en œuvre autorisée à s’exprimer, il devint impossible de nier l’évidence : point par point, la condamnation à mort prononcée par Mises en 1920 était avérée. On découvrit, par exemple, qu’en l’absence de marché libre, les responsables du Gosplan étaient littéralement incapables d’accéder à une échelle de prix et en étaient réduits à utiliser les espions du KGB pour récupérer les catalogues de La Redoute ou de Sears. La plus grande entreprise de planification économique jamais conçue n’avait ainsi dû sa survie… qu’à l’existence d’économies de marché à ses portes et les écrits de Mises, formellement interdits par le pouvoir soviétique comme naguère par les nazis, circulaient de main en main au cœur même de l’appareil de planification (anecdote rapportée, notamment, par Yuri Maltsev, un des économistes chargés par Gorbachev de mettre en œuvre la perestroïka). »
  4. Gerald P. O’Driscoll, Economics as a Coordination Problem: The Contributions of Friedrich A. Hayek (1977) : « Finally, Keynesian tradition cannot accommodate a malinvestment theory such as Hayek’s. A theory in which everything turns on factor scarcities and changing relative prices makes no sense in a theory in which relative prices are assumed (at least as a first approximation) to play no role and where, in sophisticated versions, bottlenecks are largely fortuitous events, unrelated theoretically to such basic factors as factor scarcity. Yet it is precisely out of such stern stuff as resource scarcity that Hayek constructed his theory. »
  5. Sur ce sujet, Murray N. Rothbard,  America’s Great Depression
  6. Sur la crise de 1920 et le président Harding, président de l’époque, voir La solution Harding à la crise de 1920-1921, sur le site de l’Institut Molinari.
  7. Barry W. Poulson, Economic History of the United States, New York, Macmillan, 1981, p. 508. : « La loi augmenta les tarifs douaniers sur la panoplie complète de marchandises taxables ; par exemple, le taux moyen augmenta de 20 % à 34 % sur les produits agricoles ; de 36 % à 47 % sur les vins, spiritueux et boissons ; de 50 % à 60 % sur la laine et sur les articles laineux manufacturés. En tout, 887 tarifs furent soudainement augmentés et la loi allongeait la liste de marchandises taxables à 3218 articles. Une caractéristique importante du Smoot-Hawley Act était qu’il fixait plusieurs tarifs à un montant d’argent spécifique plutôt qu’à un pourcentage du prix. Alors que les prix baissaient de moitié ou même plus pendant la Grande Dépression, le taux effectif de ces tarifs doubla, augmentant la protection accordée en vertu de la loi. »
  8. 12. Paul Johnson, A History of the American People, New York, HarperCollins, 1997, p. 740.
  9. Pour un examen critique du New Deal, voir Murray N. Rothbard, America’s Great Depression ; ASJ. Baster, Le crépuscule du capitalisme américain ; ou encore La Grande Dépression démystifiée, de Lawrence Reed
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