Coronavirus et municipales : et si on votait en ligne ?

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Le problème du maintien des municipales malgré l’épidémie de coronavirus pourrait être résolu en un clic. Pourquoi le gouvernement n’opte-t-il pas pour le vote en ligne ?

Par Justine Colinet.

L’épidémie de coronavirus continue de sévir dans le monde et déferle sur l’Hexagone. Aujourd’hui, 423 cas confirmés en France, 7 décès, des écoles fermées, des rassemblements annulés ou reportés… Une épidémie « inexorable » selon Emmanuel Macron. Les Français sont inquiets et c’est légitime.

Pourtant, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, confirme que le premier tour des municipales aura bien lieu le dimanche 15 mars (2’36 dans cette vidéo).

Maintenir les municipales en période d’épidémie

Agnès Buzyn, candidate à la mairie de Paris « souhaite que ces élections se passent dans la plus grande sérénité possible » mais dit comprendre la peur des citoyens et ne pas vouloir les inciter à sortir de chez eux, car elle « pense qu’il faut être attentif au ressenti des gens » (3’16 dans cette même vidéo).

La solution de Christophe Castaner pour rassurer la population ? Mettre du gel hydroalcoolique à disposition des citoyens dans les bureaux de vote et faciliter les procurations (3’37 dans la vidéo).

Selon Agnès Buzyn, le ministère de l’Intérieur prend donc « toutes les dispositions pour que cette élection se passe dans les meilleures conditions possibles et que chacun puisse exprimer son vote ». 

Toutes les dispositions possibles ?

On sait désormais que la promiscuité augmente le risque de contamination au coronavirus. Est-ce idéal de se rendre dans un bureau de vote où des centaines de citoyens vont défiler en une journée ?

De nombreux rassemblements sont annulés partout en France, qu’il s’agisse de sport, de concerts, de cinéma ou de salons, et on comprend aisément pourquoi.
Mais malgré cela, nos politiciens prennent la décision de maintenir les élections municipales. Comme si la politique ne pouvait pas attendre, comme si la politique était plus importante que la santé, comme si la politique était finalement plus importante que tout le reste.

Maintenir les élections, pourquoi pas. Protéger la population avec du gel hydroalcoolique et des procurations, peut-être pas.

Et le vote en ligne dans tout ça ?

Pourquoi parlementer longuement autour du maintien ou pas de ces élections au vu des risques que cela pourrait engendrer pour bon nombre de citoyens, alors qu’il suffirait d’instaurer un système de vote en ligne ?

Nous le savons, aujourd’hui la plupart de nos démarches sont réalisables sur le web. C’est facile, rapide, et en cas d’épidémie, chacun peut agir de chez soi.

Cette méthode de vote est déjà d’application pour les Français à l’étranger lors des élections législatives et des élections consulaires. Pourquoi personne, parmi nos politiciens, ne semble vouloir adapter ce système aux élections municipales, à l’heure de cette (difficile) gestion d’épidémie ?

Les citoyens qui comptaient aller voter pourraient ainsi exprimer leur voix sans prendre le risque d’être contaminés par le coronavirus. De plus, grâce à ce système de vote, il n’y a plus de problème matériel, plus de déplacement à prévoir, plus de perte de temps considérable dans les bureaux de vote.

Autre avantage notable : peut-être que certains abstentionnistes auraient davantage tendance à vouloir s’exprimer s’ils pouvaient le faire rapidement, de leur domicile, sans trop de contraintes.

Le problème du maintien des municipales malgré l’épidémie de coronavirus pourrait être résolu en un clic, mais ce que le gouvernement nous propose, c’est de déposer des gels hydroalcooliques près des urnes…

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