PME : l’archaïsme de l’index de l’égalité

Combien de temps faudra-t-il encore à nos élites parisiennes pour comprendre le fonctionnement du monde concret, celui des PME, qui leur reste encore totalement étranger ?

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PME : l’archaïsme de l’index de l’égalité

Publié le 4 mars 2020
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Par Alain Goetzmann.

Depuis le 1er mars, les 37 000 PME de 50 à 250 salariés sont censées avoir publié sur leur site Internet leur index de l’égalité professionnelle et l’avoir communiqué à leur comité social et économique ainsi qu’à l’inspection du travail.

Sur une base de 100, elles auront mesuré les écarts salariaux entre hommes et femmes, l’écart entre les augmentations annuelles, l’écart dans les promotions, les augmentations au retour des congés maternité et la présence des femmes parmi les dix plus gros salaires des entreprises. Si la note est inférieure à 75, l’entreprise devra indiquer les mesures correctives qu’elle adoptera.

Comment garantir l’égalité des traitements pour les PME ?

Personnellement, j’ai toujours considéré – et rigoureusement appliqué dans mes entreprises, constituées autant de femmes que d’hommes – que l’égalité salariale, à poste équivalent, allait de soi. Mais cette mesure coercitive me laisse pantois car elle constitue un nouvel exemple de ce que la culture bureaucratique qui unit fonctionnaires et membres du gouvernement peut produire de plus éloigné des réalités du terrain.

Que dans les assurances, les banques, l’industrie, le grand commerce, les grandes entreprises, en général, qui proposent de nombreux postes aux contenus identiques, on veuille s’assurer que des politiques soient mises en œuvre pour garantir l’égalité des traitements, pourquoi pas.

Mais dans les petites entreprises, dont les hiérarchies sont quasiment inexistantes parce qu’aujourd’hui organisées en réseaux multipolaires, surtout les plus récentes, issues de l’écosystème des start-ups, on s’interroge.

Arrêtons de légiférer à tout-va

Nos législateurs clairvoyants savent-ils que dans ces entreprises, on ne recrute pas des robots stéréotypés et comparables mais des femmes et des hommes, souvent uniques dans leur spécialité, pour assurer une fonction unique, elle aussi.

Savent-ils que les recrutements aujourd’hui se font davantage sur les qualités humaines – les fameuses soft skills – que sur la compétence technique, beaucoup plus facile à apprendre que l’intelligence émotionnelle. Que les choix se fondent davantage sur la sympathie entre les dirigeants et celle ou celui qui postule que sur un processus mécanique de sélection ?

Il faut, dans notre pays, arrêter de légiférer à propos de tout et de rien ; arrêter de faire remplir des formulaires idiots à des entrepreneurs dont la vocation est de créer des richesses, pour eux et pour la collectivité ; arrêter de penser que la solution aux grandes questions sociétales viendra des entreprises. Dans les hautes sphères qui nous gouvernent il est de bon ton de regretter, avec des larmes de crocodile, l’écart grandissant entre le dynamisme des entreprises allemandes et celui des françaises.

Comment l’Allemagne a-t-elle traité le même sujet ?

D’abord, en limitant la règlementation aux PME à partir de 200 salariés et non de 50. Ensuite, en faisant simple : un employé qui se sent discriminé peut demander par écrit le salaire moyen de six personnes du sexe opposé occupant le même poste. Pas de bureaucratie. On fait confiance aux salariés et aux employeurs pour résoudre les éventuels problèmes.

Combien de temps faudra-t-il encore à nos élites parisiennes pour comprendre le fonctionnement du monde concret, celui qui prépare demain mais qui leur reste encore totalement étranger ?

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  •  » Ensuite, en faisant simple : un employé qui se sent discriminé peut demander par écrit le salaire moyen de six personnes du sexe opposé occupant le même poste.  »
    Ben voyons! Et pourquoi donc?
    La salarié peut demander aux intéressés directement s’ils veulent bien lui donner le montant de leur salaire. Le salaire est une donnée hautement privée. Il peut résulter de la négociation directe avec l’employeur en fonction des besoins et intérêts de chacun.
    En quoi une tierce personne y aurait accès sous prétexte qu’elle se sentirait « discriminée »??
    Cela fait vraiment petit « commissaire » de la bien-pensance.

    • ??
      Je pense que vous n’avez pas bien compris le propos de l’auteur de l’article…

      • Détrompez-vous. J’ai bien compris les propos de l’auteur et j’en approuve la plus grande partie.

        Ce qui me navre, c’est qu’à chaque fois que nos étatistes/constructivistes établissent de nouvelles règles/lois/réglementations au nom de bons et grands sentiments tels que l’égalité des droits/chances/sexes/salaires (…etc), pratiquement personne n’ose le critiquer frontalement sans lâcher qq concessions.
        La critique de l’égalité à tout crin est mal perçue et souvent montrée du doigt par bcp tant cet égalitarisme multifonction imprègne les esprits. Cela entraine soit l’autocensure des critiques soit la concession/proposition par ces mêmes critiques de « mini-mesures » plus supportables mais, in fine, allant dans le même sens que les « grosses » propositions/lois initiales.

        Et ainsi de mini-mesures en mini-concessions, on rogne régulièrement l’indépendance et la liberté des individus. Le plus drôle c’est que très souvent toutes ces petites concessions gagnées de haute lutte contre l’Etat pour éviter de plus grosses contraintes, sont considérées comme des victoires! Alors qu’ils ne s’agit que de défaites successives, certes petites, mais dont l’accumulation nous conduit inéluctablement là où nos étatistes/collectivistes veulent nous emmener…

        , pensant avoir gagné contre l’Etat et ses gros sabots alors qu’il n’arrête pas d’avantcer en silence et en petites touches régulières…

        La crainte ou culpasans concéder qq « mesures » frontalement dire qu’il s’agit de débilité contre-productives de peur de se faire accuser

        • Oups!!
          Les 4 dernières lignes sont du déchet du brouillon du texte! 🙂

          • Avant d’exiger des entreprises ce genre de renseignement, serait-il possible que l’état, ses fonctionnaires , ses élus et tutti quanti en fasse autant et le plus vite possible !

    • « Le salaire est une donnée hautement privée. »
      Parfaite réflexion de français. Dans la quasi totalité des pays du monde, vous demandez à quelqu’un son salaire, il vous répond sur place, mais en France, vu le rapport plus que conflictuel à l’argent (et à la réussite, et à la liberté, et et et…), …

      • ça ne change rien au fait que le salaire est le résulat d’un accord entre le salarier et l’employeur et que cela ne regarde que ces deux parties. Si il y a désaccord c’est à ces parties de trouvé (ou non) un terrain d’entente et personne ne peut et ne doit s’y immiscer.

      • ça ne contredit pas que c’est privé… on peut rendre public ce qui est privé..on parle souvent aussi de sa sexualité qui est une affaire privée.

        • « on parle souvent aussi de sa sexualité »
          Remarque amusée, à ne pas prendre pour vous : cela me fait me rappeler un de mes chefs à l’armée qui disait constamment « on est un con » ^^
          Plus sérieusement : Pas tout le monde, ne vous déplaise. Personnellement, et je suis très loin d’être le seul, vous pouvez me poser des questions sur mon salaire, mes jours de congés, mes avantages, … vous aurez une réponse. Vous pouvez me parler de politique, itou. De pleins de sujet divers et variés : pareil. Demandez moi ce qui se passe sous la couette, mon regard va vous sembler lourd comme l’Everest. Pour tout vous dire en fait, j’ai du mal à saisir en quoi parler de son salaire serait gênant tant c’est « hautement privé » quand on est capable d’étaler sa vie sexuelle avec les collègues, mais c’est probablement une des raisons (la distorsion totale du système de valeurs) qui m’a fait quitter la France…

          • ça n’est pas plus ni moins gènant que de parler de sex. Ne pas vouloir afficher au grand jour son salaire est aussi légitime que ne pas vouloir parler de sa sexualité, c’est une affaire privé point. maintenant je n’ai rien contre ceux qui affiche l’un ou l’autre. Un des gros problèmes lié au salaire en France c’est la jalousie maladive qui suinte de toute la société. alors que dans d’autre pays on admire ceux qui parviennent à tirer leur épingle du jeu, en France on les clou au pilori. Ceci explique peut être cela…

  • Une entreprise qui prend ses décisions sur d’autres critères que l’efficacité court à sa perte.
    Combien de décisions sont prises dans notre pays, qui vont dans le sens d’un sabordage de notre économie?

    • L’état de délabrement intellectuel des gauches faiseurs des poches de leurs concitoyens les rend sourds et aveugles quant au sort des PME !

  • L’ Entrepreneur, un jour, ne prendra plus de salarié mais des associés et des indépendants . On se dirige vers la diminution du salariat .

  • les élites parisiennes n’ont pas envie de comprendre, mais de dominer quitte à détruire : le coq français se fout d’être au somment d’un tas de fumier : il est au sommet et il chante !!!

    l’objectif de nos élites est de régner, fut-ce sur des ruines.

  • Merci à l’auteur, je viens de découvrir ce « machin » !
    Encore un autre truc pour dégouter les entreprises de passer à plus de 50 salariés !!!
    Comme dit l’auteur, dans la très grande majorité des entreprises, on se fiche totalement du sexe de la personne mais simplement de sa capacité à assurer son poste et à progresser.
    Encore une crétinerie des ponctionnaires pour justifier leur salaire et pourrir la vie des entreprises privées…

  • et quand on a un salarié?

  • Discrimination, ils n’ont que ce mot à la bouche.
    Dans le monde de l’entreprise, le patron fait ce qu’il veut, que ce soit pour embaucher, débaucher, rémunérer. Le reste, c’est de l’atteinte à la propriété privée. D’ailleurs, il faudrait qu’un patron soit complètement fou pour discriminer financièrement un collaborateur, ou une collaboratrice particulièrement efficaces ; il faudrait qu’il soit suicidaire. On voit que les bureaucrates qui pondent ce genre de lois ne connaissent rien à l’entreprise.

    Et concernant les discriminations, nos politiciens feraient mieux de se pencher sur les vraies discriminations, par exemple celles frappant les femmes dans les zones islamisées, ou les Juifs (qui d’ailleurs fuient en nombre) et de façon générale les non-musulmans ; ou encore, les gens honnêtes, discriminés par rapport à des délinquants trop souvent laissés en liberté… encore une fois, que l’État s’occupe donc de ses missions régaliennes, et cesse de mettre son nez dans ce qui ne le regarde pas.

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