Pénibilité : le temps passé à travailler doit-il être compensé ?

Vouloir « compenser » le caractère pénible de certaines tâches en octroyant le droit de partir plus tôt en retraite est une très mauvaise idée sur le plan économique.

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Pénibilité : le temps passé à travailler doit-il être compensé ?

Publié le 10 février 2020
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Par Pierre Allemand.

Le Petit Robert nous apprend que le mot pénibilité est né en 1952, mais ne dit rien de son origine. En fouillant un peu sur le net, j’ai simplement trouvé qu’il avait été « inventé »en 1952  par un journaliste du Monde, Albert Dauzat.

Pas davantage d’information à l’étranger : cette préoccupation semble exclusivement franco-française. En Europe, on considère généralement que le caractère pénible d’un emploi est compensé par un salaire plus élevé. L’Usine Nouvelle, dans un article de 2010 explique que la différence de traitement de ce concept en France par rapport à d’autres pays est dû à la passion de l’égalité qui caractériserait le citoyen français.

Un gâchis invraisemblable

En réalité, vouloir compenser la « pénibilité » en question en raccourcissant la durée de la période du travail représente un gâchis invraisemblable de la matière la plus noble du monde : la capacité de travail humain. En effet :

  • à l’état de retraite, de très nombreux anciens salariés de 65 ans ou plus sont tout à fait capables de mener à bien des tâches complexes, et possèdent en plus l’expérience acquise durant leurs années actives. Leur activité dans les associations le prouve.
  • il y a en France 19 millions de salariés du privé et 5,6 millions de salariés du public. Cela représente environ 30 millions de micro-centres de production qui contribuent à la production de la richesse nationale. Chaque fois que l’on met l’un de ces micro-centres de production à la retraite, on diminue la capacité globale de produire de la richesse. Il y a donc globalement moins de richesse à partager, et ce quel que soit le mode de partage.

La pénibilité pour « compenser » quoi exactement ?

Mais, va-t-on me rétorquer, il faut bien tenir compte de la « pénibilité » des tâches et la compenser en mettant les salariés plus tôt en retraite, comme on veut compenser les carrières longues c’est-à-dire les carrières ayant commencé plus tôt que les autres.

En somme, on considère qu’il faut compenser le temps passé à travailler en début de carrière en raccourcissant le temps de travail en fin de carrière. Le temps passé à travailler est considéré par certains (surtout la tendance socialisante) comme un mal qu’il faut éradiquer.

Quelle stupidité ! Comment peut-on soutenir que le corps humain se souvient à soixante ans que la personne en question a travaillé, c’est-à-dire tout simplement respecté un horaire de travail régulier à partir de vingt ans !

Et d’abord, que faisaient ceux qui ne travaillaient pas pendant ce temps ? Allaient-ils à la pêche ou étaient-ils en vacances ? Non point : la plupart étaient étudiants, ce qui, à l’exception d’un tout petit nombre dont l’activité universitaire se bornait à assurer quelques manifestations de temps en temps selon les opportunités, n’était pas moins pénible que de se lever tous les matins à la même heure pour aller assurer un « travail » quelconque.

Arrêtons de faire croire que le travail de ces jeunes se passait à mille mètres sous terre dans une mine, comme l’a si bien décrit Zola.

Pénibilité… et complexité ?

Après la pénibilité, on pourrait d’ailleurs aussi s’intéresser à d’autres spécificité du travail, comme par exemple la complexité. On pourrait ainsi faire partir plus tôt à la retraite ceux dont le travail a été plus « complexe » que d’autres. Selon ce principe, les cadres seraient probablement les premiers à partir.

Seulement, va dire mon contradicteur, on tient déjà compte de la complexité du travail en rémunérant davantage les cadres. Mais voilà donc une excellente idée ! Eh bien, faisons donc de même pour la pénibilité, et nous aurons d’un seul coup réglé le problème !

Restons sérieux. En fait, celui-ci est bel et bien déjà réglé pour un certain nombre de professions considérées comme plus ou moins pénibles. Par exemple, savez- vous que le salaire moyen d’un éboueur en France est de 1737 euros nets par mois sur 12 mois ? Ce métier, qui concerne un nombre très limité de postes (16 000 environ selon la référence précédente) est jalousement contrôlé par une coterie qui protège ses membres et en administre l’embauche.

Il existe d’ailleurs toujours un lien étroit entre le salaire et le caractère pénible de certaines tâches. Si la notion de pénibilité est généralisée, parions que ce lien sera perturbé et probablement même supprimé, car on ne peut pas, en principe, être rémunéré deux fois.

Se donner du grain à moudre pour les syndicats

Les critères de pénibilité ont été naturellement déjà pris en compte et soigneusement détaillés par l’administration qui adore ce genre d’exercice, et qui en a retenu six dans le célèbre compte professionnel de prévention (C2P), en même temps qu’étaient précisés les droits correspondants.

Tous ces droits consistent en des raccourcissements du temps de travail, aboutissant finalement à réduire la production globale et donc le gâteau à partager, comme déjà expliqué un peu plus haut.

Remarquons à ce sujet que les syndicats d’entreprises, qui jouent périodiquement le match dit des partenaires sociaux contre les syndicats de salariés ont très bien joué cette partie, puisque les compensations à la pénibilité comportent surtout des mesures de départ en retraite anticipé, ce qui revient, pour les entreprises, à se défausser individuellement du prix de la pénibilité.

Pourquoi certains syndicalistes veulent-ils absolument que le critère de la pénibilité soit de nouveau minutieusement exploré et mis en musique et aboutisse finalement à diminuer l’âge de départ à la retraite d’heureux gagnants ? On peut se demander si ce n’est pas tout simplement pour se donner de l’importance en augmentant la quantité de grain à moudre !

On peut se poser également la question de la motivation réelle des meuniers en charge de faire tourner le moulin de la négociation. En effet, pour qu’une négociation aboutisse à un résultat satisfaisant, il faut impérativement que tous les intérêts des parties prenantes soient légitimement représentés par les négociateurs et soient leur unique motivation. Or, dans le cas précis de la pénibilité, cela n’est pas vraiment le cas. En effet :

  • pour les entreprises, le désir, par ailleurs légitime, d’aboutir rapidement à un accord les conduit à favoriser des solutions qui leur coûtent évidemment le moins cher possible, et même si possible gratuites pour elles, au détriment des coûts cachés comme la perte à terme de compétitivité internationale.
  • Pour les salariés, la compétition intersyndicale constitue actuellement la motivation principale des syndicats au préjudice des intérêts à long terme des salariés. Par ailleurs, et compte tenu de leur faible représentativité numérique (5 % dans le privé et 15 % dans le public), une certaine démagogie pousse les syndicalistes à privilégier les solutions populaires comme l’âge de la retraite, sans se soucier des conséquences à long terme.

Il s’ensuit que le résultat des futures négociations sur la pénibilité est connu d’avance : ce sera une diminution de l’âge de départ en retraite selon un barème durement négocié pour d’heureux élus qui auront eu la chance d’avoir un emploi considéré comme pénible.

De chaque coté du filet, les équipes engagées dans le match de la négociation considèrent en effet l’âge de la retraite comme une variable que l’on peut manipuler (toujours dans le même sens) pour donner satisfaction au plus grand nombre.

Au secours Frédéric Bastiat ! encore une fois, on privilégie ce qu’on voit au détriment de ce qu’on ne voit pas !

Et la France reculera encore dans les classements internationaux. La leçon des trente-cinq heures n’aura décidément servi à rien puisque le gâteau à répartir va encore diminuer, et que Martine Aubry sera réélue maire de Lille sans doute pour la récompenser de sa compétence économique…

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  • la pénibilité devrait etre reconnue dans le salaire.Point.

    • Surtout il faudrait faire en sorte que la pénibilité disparaisse…gros chantier ,tout travail mal payé est pénible.

    • elle l’est..
      le VRAI problème de tas de gens est l’incapacité pratique de changer de boulot en raison du marché de l’emploi en France.

      • Les infirmières, couvreurs, égoutiers en sont convaincus.

        • jacques lemiere10 fév. 20h37
          expliquez donc POURQUOI la pénibilité de ces metier n’est pas prise en compte dans leurs salaires…
          j’affirme qu’elle l’est car quand on choisit un metier on connait sa pénibilité, non pas une pénibilité objective mais combien le metier est pénible pour soi m^me, et son salaire..

          le metier de couvreur est usant physiquement , il n’est pas « pénible » si on l’aime..pénible si on ne l’aime pas comme TOUS les métiers..
          par contre nous apprenons aux gosses à penser qu’on doit fuir un métier attendre la retraite ou le week end… c’est une folie.

          aucun metier n’est pénible si on l’aime…
          et demandez vous pourquoi de plus en plus de gens haïssent leur boulot..
          certainement pas en raison d’une pénibilité intrinsèque…

          non ni couvreur ni infirmier ni égoutier ne sont des métiers « pénibles »…en soi..

          ils altèrent la santé peut être..plus les uns que les autres..

          NON…

          • sans parler du fait que je ne vois pas en quoi la conviction d’avoir un métier dit pénible serait une quelconque mesure d’une pénibilité..

            dire des trucs ne les rendent pas vraies…

            juste au cas ou vous pensez que j’aurait peur de me mettre des gens « travailleurs » à dos .

            mes collègues me disent être mal payés et faire un boulot pénible AUSSI…
            FOUTAISE..

        • Un égoutier gagne en moyenne 5310 euros brut, une infirmière 5248 euros, un couvreur peut monter jusqu’à 6247 euros en fin de carrière en Suisse libérale.
          Un ingénieur français dans la France socialiste touche en moyenne 4300 euros et, coïncidence, avec les 4300 milliards de dette hors bilan (dont une moitié pour les retraites des fonctionnaires) et il aura de la chance s’il touche une retraite.

            • Cette capacité à vous suicider vous-même, c’est collector 🙂
              La différence des prix au plus mauvais cas est de 148%. Pour un éboueur en fin de carrière la différence de salaire est de 278% en faveur du suisse.
              Et devinez ce qui va arriver aux travailleurs français quand le surendettement et les déficits vont renvoyer des millions de salariés du public dans un marché du travail dévasté par votre idéologie.

              • Vous avez décidément de grandes difficultés à utiliser les mots justes : « se suicider soi-même »… hum…
                Mais je comprends ce que vous voulez dire. En quoi la prise en compte de la parité pouvoir d’achat est-elle un suicide ? Ai-je cherché à contredire votre propos ? Non, aucunement. Mais vu que vous mettez systématiquement votre haine en premier lieu, vous n’êtes pas capable de vous en rendre compte.
                Je cherchais juste à produire une information de qualité, plus nuancée, plus complète aux personnes qui liraient vos propos simplistes, bien que parfois vrais.

                • Nope, comme vous êtes aussi intelligent qu’une botte de pluie et aussi « libéral » que Mélenchon, vous pensiez invalider la démonstration et c’est bien un suicide de plus: Les salaires misérables des infirmières, slogan typique des gauchistes, est bien dû à votre idéologie.
                  .
                  Détail croustillant: infirmières, policiers, juges, pompiers et autres fonctionnaires qui servent le public sont 2,8 millions en France et coûtent 251 milliards d’euros. (PLF+PLFSS+CDC)
                  On s’interroge sur ce que font exactement les 5 autres millions de salariés du public et sur les 1290 milliards d’euros du budget !?
                  Conclusions: avec des réformes libérales on pourrait doubler sans peine le nombre « d’infirmières » et de fonctionnaires utiles en les payants plus tout en baissant les dépenses et les impôts ce qui entrainerait une hausse des salaires.

    • le souci c’est qu’elle ne l’est pas toujours reconnue ..et ce dans de nombreux métiers.

      • ben voyons..

        non le problème est le marche du travail gélifié..la trouille des gens du chomage..c’est la raison de la pénibilité.. qui est surtout de nature psychologique ..

        • vous dites elle n’est pas reconnue dans de nombreux métiers si on traduit ça veut dire que la compensation salariale pour les métiers pénibles n’existe pas…
          ce qui signifie que, à compétences valorisable, égale, sur le marché du travail ( et ce n’est pas une moindre réserve) ,une personne choisira indistinctement un travail pénible ou non pénible.. je n’y crois pas une seconde, et qu’en face un patron offrant un emploi pour un metier pénible ne sait pas qu’il devra payer un peu plus cher…
          ce qui se passe par contre..pour les salaires les plus bas l’existence du salaire minimum et la rigidité de l’emploi artificielle change tout…

          mais ce qui signifie que c’est certains métiers qui sont trop payés…

          • Non elle n’existe pas. Les métiers manuels, pénibles ou non, sont toujours dévalorisés par rapport à des métiers dits « intellectuels » et c’est bien pour ça qu’il y a toujours du monde pour vouloir faire des études supérieures.

            • Tout à fait d’accord ! Et c’est aussi pour cela, en partie, qu’on se retrouve avec des employés de bureaux (que ce soit dans l’administration ou dans le privé) incompétents, avec des gens qui ne sont pas là où ils devraient/voudraient être, formatés qu’ils ont été par leurs parents et par la vision dévalorisante des métiers manuels. Le nombre de gens qui se plantent royalement en première année d’université, c’est incroyable, qui s’égarent quelques années au grand désespoir de leurs parents… classique.
              Et se réorienter n’est pas toujours facile, bien que possible.
              Imaginer que, par exemple, à 42 ans, avec 3 enfants à charge, un crédit, on est parfaitement « libre » de quitter son job de comptable pour devenir électricien, c’est naïf. Bien que plus facile dans ce sens que dans l’autre je pense.

              • « Imaginer que, par exemple, à 42 ans, avec 3 enfants à charge »

                Personne ici ne dira que c’est « facile », par contre tous vous diront que c’est bien moins difficile dans un marché du travail libéral donc dynamique avec un état qui ne vous a pas volé 75% de tout ce que vous avez produit jusqu’à 42 ans.

            • Oui Nom ? là je suis d’accord avec vous. On a discrédité stupidement les filières techniques. On manque de plombiers, de bouchers etc.

            • « Les métiers manuels, pénibles ou non, sont toujours dévalorisés par rapport à des métiers dits « intellectuels  »
              non….
              tiens et pour caricaturer les sportifs professionnels..
              c’est faux ou biaisé..
              mais le fait est que dans une société technologique et mécanisée
              les gens qui n’ont que leur bras ou qui ne sont pas les plus compétitifs en terme intellectuels..seront moins bien payés…

              la richesse de nos société tient à la technologie , l’existence d’un patrimoine capitalistique e t à l’organisation du travail..les riches sont ceux qui organisent et créent et gère la technologie..et on ne le fait pas avec une pioche…

              solidarité de pacotille avec les prolo…

              demandez donc à un prolo combien il devrait être payé!!!

              parce que si je rentre dans votre jeu, on va rire..
              il va falloir que vous puissiez scientifiquement déterminer les salaires et retraites…car vous supposez que le marché ne sait pas faire…

              posez la question à un prolo..combien les gens devraient gagner… vous aurez souvent des réponses qui appliquées conduiraient..à l’effondrement et la ruine de la société.

              on a essayé ça…

              • posez vous une question..pourquoi le travail est devenu dix fois moins pénible que jadis???
                parce que JUSTEMENT on ne subventionne pas la pénibilité, elle est par contre rémunérée à sa juste valeur car les individus ne veulent pas subir des trucs pénibles..

                donner un prime à la pénibilité c’est faire en sorte de faire perdurer les travaux pénibles..c’est d’une folle stupidité…

  • La compensation de la pénibilité n’a rien à faire dans le dossier des retraites. La pénibilité est un risque professionnel. C’est donc uniquement les entreprises qui doivent la payer à l’exclusion des autres salariés. Il n’y a qu’un syndicat jaune collaborateur du patronat, qui puisse promouvoir cette mauvaise idée de traiter de la pénibilité dans le dossier des retraites. Le calcul des retraites devrait redevenir simple, sans de tels tripatouillages.

    • ils vont reconstruire une usine a gaz

    • le calcul ne peut pas être simple…on peut juste lui demander d’etre clair et de reposer sur des principes clairement énoncés et mesurables…la pénibilité n’est pas mesurable..

    • @replay0001-Je partage ce que vous écrivez.

      Il faut arrêter de tout mélanger dans un galimatias-social pour à terme ne plus savoir de quoi on parle et parvenir enfin au bonheur socialiste qui a connu tant d’échecs de la faute du vilain patronat et des actionnaires qui n’ont eu de cesse d’exploiter le gentil travailleur (avec tout le respect que je lui dois) mais n’a-t-il pas eu sa juste rétribution ?
      Sur ce dernier aspect, l’auteur écrit : « la passion de l’égalité qui caractériserait le citoyen français. » plutôt que lui ravissent les médias, les syndicalistes, les partageux, les envieux, les politiciens, etc. Jamais, que je sache, un vaste sondage (j’allais écrire RIC) sur le sujet n’a été effectué, alors halte à la prise d’otage de l’ensemble des citoyens, qui n’ont jamais donné leur avis et à qui l’on fait dire trop de choses, qu’ils pourraient à la longue, en être peut-être persuadés…
      Bastiat écrivait dans « La Loi »: « Il y a trop de grands hommes dans le monde ; il y a trop de législateurs, organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au-dessus de l’humanité pour la régenter, trop de gens font métier de s’occuper d’elle. »

      Nous observerons que le coût de la pénibilité supporté par le contribuable sera au final supporté par le consommateur, donc n’arrangera personne surtout pas celui qui aura eu ce privilège. Le principal gagnant sera le syndicat. Bastiat écrivait aussi : « Il y a ce qui se voit et ce qui ne se voit pas » comme l’a relevé l’auteur de ce billet.

      « Chaque individu (…) est, sauf circonstances exceptionnelles, propriétaire d’un capital : sa propre capacité de penser rationnellement et d’agir – de travailler. (…) ce qui compte le plus n’est autre que le courage, la persévérance et l’habileté mis à s’imposer des disciplines, s’adapter, innover, faire au mieux avec ce qu’on a, « en vouloir » et savoir « s’y prendre » (ce qui ne s’apprend pas dans les écoles mais dans l’expérience courante de la vie). Tout individu normal possède donc un capital « vivant » dont il peut et doit savoir tirer profit, il est comptable de l’usage qu’il choisit d’en faire: le négliger, le gaspiller ou le faire fructifier. Son sort se joue d’abord dans les décisions qu’il prend en ce domaine et qui font qu’il va plutôt tendre à réussir et gagner, perdre et échouer – ou végéter. » (Alain Laurent)

      En aparté, ce projet de réforme des retraites est une mauvaise réforme mal préparée. Comme elle a incontestablement que des inconvénients, et qu’elle est l’œuvre d’amateurs ils devraient partir avec elle. E. Philippe assure ses arrières au Havre, j’espère pour lui qu’il échouera. Le malheur c’est qu’il sera remplacé par les mêmes que lui aux deux postes. Ne me dites surtout pas que les citoyens pourront en changer lors de la prochaine votation, ils se sont appropriés la démocratie et nous ne la partageons pas ou plus.

      Excusez-moi d’avoir été un peu long et bonne journée

      • « parvenir enfin au bonheur socialiste qui a connu tant d’échecs » : qui a parlé de bonheur socialiste ? Ça n’a rien à voir avec la question…

      • @goufio Entièrement d’accord avec vous. Le passage de votre commentaire qui reprend Alain Laurent (qui c’est ?) qui dit, en gros, que chacun dispose d’une capacité de travail et de penser est très juste, à chacun de s’en servir pour changer de boulot avant de ne plus le supporter.
        Je suis allée voir les critères de pénibilité : 2 portent sur le travail de nuit, 1 milieu hyperbare, froid / chaud extrême / travail répétitif à une cadence élevée, exposition quotidienne pendant 8h à un bruit supérieur à 81db.
        Tous les autres (éboueurs, maçons, couvreurs, égoutiers…) ne sont pas concernés.
        A chacun de changer de métier, Zola est loin derrière nous.

        • @RaphSud-Merci, je peux vous dire que Alain Laurent est un grand défenseur de la liberté et entre autres ouvrages « La société ouverte et ses nouveaux ennemis ». Il doit s’occuper des éditions des Iconoclastes, etc.
          Bien à vous

    • Si le travail est vraiment pénible l’espérance de vie doit être raccourcie. A volume de cotisations égal il n’est donc pas déraisonnable de surcoter la pension qui sera statistiquement perçue moins longtemps, ou à défaut de partir plus tôt.
      C’est une simple logique d’actuaire qui n’a rien à voir avec une quelconque redistribution socialiste.

  • En tant que prof, j’estime avoir un métier pénible, la faute aux parents qui ne savent pas élever leurs gosses. J’ai aussi travaillé dans des lycées « Pailleron » et il faut m’accorder un départ anticipé à cause de l’amiante. Comme j’ai 54 ans, je dois partir en retraite … Maintenant ! Quod Erat Demonstrandum.

    • non…
      vous n’avez pas montré que votre travail est plus pénible qu’un autre..
      m^me si il l’est ça n’aide pas du tout…

      • moins un si tu veux mais tu DIS « j’estime avoir un travail pénible »… je dis donc tu n’as pas démontré qu’il n’ est pas plus pénible qu’un autre ( tu n’as m^me pas démontré qu’il est pénible) et du fait que tu ne sais pas te comparer aux autres;.tu n’as pas le moyen de déterminer des conditions de retraites reposant la dessus… point barre..
        autrement dit encore on se fout au sens de c’est inutile que tu estime avoir un travail pénible…

        incroyable !!!!!

    • avec 15h de travail par semaine ?

    • @Synge d’accord avec vous ! Moi je suis confrontée à l’Administration tous les jours = pénibilité ! Je prends votre commentaire comme humoristique, le mien l’est également (enfin… moyennement…).

    • @synge « la faute aux parents » LOL la faute à l’état et son bras désarmé l’ed nat qui refuse de pratiquer l’autorité. Autorité vis à vis de ses employés les profs qui ne reportent à … personne qu’eux mêmes (jetez un œil à vos collègues , dégaine de sdf, retards congés maladies, déprimes on dirait une armée de Gaston Lagaffe ) et autorité vis à vis des élèves dans ce contexte inapplicable et inappliquée . N’oublions pas que les profs sont les pères de la doctrine « il est interdit d’interdire » … comme me disait une cousine instit « finalement la discipline , ça a du bon  » des baffes !!! Expliquez moi comment un pays qui est capable de fliquer ses automobilistes partout et tout le temps n’est pas capable d’en faire autant pour les enfants ? réponse : elle refuse de le faire .

  • Ce que vous semblez ignorer dans votre discours c’est que plus un métier est physique ou exposé et plus il y a des risques d’accident, de maladies graves et incapacitantes.

    Dans le monde réel, les entreprises n’ont aucun mal à licencier un employé devenu inapte à son poste et fera peu ou aucun effort pour le recaser. Il sera ensuite impossible pour ce même employé de se faire réembaucher dans sa spécialité. Il lui faudra repartir de zéro et ne pas montrer sa maladie au moment de l’embauche. Le handicap est le 1er ou 2e critère de discrimination avec l’âge à l’embauche.

    Alors faire partir à la retraite plus tôt ce n’est pas parfait et il faudrait beaucoup mieux agir en amont avant que l’événement n’arrive en amenageant les postes de travail, mais c’est mieux que rien du tout. De plus, même si un handicap n’est pas lié à un métier mais qu’il y a usure naturelle ( baisse de la vue, force physique en moins, problème d’articulation,..), qu’est ce qui peut être fait pour ces personnes pour travailler jusqu’à 64 ou 67 ans ?? Tout le monde n’a pas la possibilité de travailler derrière un écran. A défaut de bénéficier de mesure de pénibilité il ne devrait pas y avoir de malus ou de bonus et on devrait pouvoir partir à la retraite quand on le souhaite.

    • Hum…
      Il serait peut-être plus simple de laisser le marché s’organiser de lui-même.

      • C’est quoi le marché quand dans une région il y a 25% de chômage, que l’on te dit qu’il faut travailler jusqu’à un age déterminé, que tu es en concurrence avec de la main d’oeuvre étrangère ou avec un semi esclave à l’autre bout du monde?

        • C’est trouver l’idée pour créer son propre boulot ou changer de région. Sinon c’est quoi la solution selon vous ? Dire : dans telle région, on oblige les entreprises à recruter la main d’oeuvre locale donc plus chère (donc les entreprises ne viennent pas) ? Dire : dans telle région, du fait du chômage, on accepte de verser la retraite dès 45 ans (et là, d’un coup, la région va se repeupler !) ?
          Ou c’est aux habitants de cette région de déménager là où il y a du travail ? Les peuplements se sont toujours faits ainsi : le long des cours d’eau d’abord, là où il y a du gibier, et de nos jours, là où il y a du travail. Pourquoi croyez-vous qu’il y a de la concurrence étrangère ? Les gens viennent là où se trouve le travail.

    • Je suis en formation Conseiller prévention sécurité, et justement ce matin : cours d’un syndicaliste sur les relations CP/employeur/syndicats. Il expliquait que, avant les syndicats ou l’obligation de convention collective ou d’accords de branche, le travailleur devait négocier individuellement le salaire avec son patron. Exemple classique, voire cliché : un mineur du Nord, un de ceux qui parlait italien, un de ceux qui crachait ses poumons, il n’était rien.. Il n’avait rien pour négocier. Et sa pénibilité était énorme, son salaire misérable.
      Tout ce que vous dites sur le handicap et les risques d’accidents sont 100% vrais ! Fort heureusement, la loi, l’Etat, malgré ses innombrables imperfections, protège les faibles.

      • @Pantone Vous êtes sérieux ? Vous citez Zola ?! Il n’y a que les syndicalistes pour vivre dans le passé…

        • Je ne suis vraiiiiment pas un grand fan des syndicats, rassurez-vous.
          Lisez un jour un manifeste socialiste de fin du XIXème siècle, et vous seriez surpris de la pertinence de certaines revendications et de l’intemporalité de celles-ci. (et je ne suis pas socialiste)
          Et d’autre part, si vous ne viviez pas dans le passé vous-même, vous verriez bien que le travail de bureau n’est pas un travail d’avenir… la banque ? licenciement à tour de bras. Les assurances : ils les remplacent par les IA. Fonctionnaire ? Non plus.
          Et non, tout le monde ne peut pas travailler derrière un écran. Ya des profils plus manuels que d’autres, ya des profils plus matheux, plus créatifs, plus visuel, plus abstrait, plus concret, etc…
          Le travailleur n’est pas une pièce interchangeable… Pas une variable d’ajustement, pas une pièce qu’on déplace comme un objet.
          Dans le libéralisme que je défends, la liberté du travailleur est prise en compte. Sa responsabilité aussi bien entendu. Mais sa liberté de ne pas être traité comme un objet, c’est pas rien.
          Perso, jamais je ne serais capable de faire de la compta, de l’administratif…
          Ces apprentissages se font quand ? En dehors des heures de travail, parfois loin, il faut en être intellectuellement et physiquement capable, avec deux enfants, c’est pas évident quand on a pas les moyens de payer une nounou, quand on habite une ville moyenne où l’offre de formation est inexistante ou trop peu fournie. Si vous me dites « ya internet », je vous invite à vous former à un métier technique genre tourneur-fraiseur par internet. D’autres personnes (dont moi) ne seront pas réceptifs à un apprentissage par vidéo, d’autres (dont moi) seront très réceptifs à la parole d’un professeur physique.

          • Pantone
            Je répondais à Nom, par rapport au travail derrière un écran.
            Le travail de bureau, pas un travail d’avenir ? Dites-ça aux informaticiens, programmeurs, développeurs, cybersécurité etc.
            Encore une fois, on peut devenir chef de chantier, boucher, etc etc, il existe autant d’emplois manuels que de profils, autant d’emplois « statiques » que de profils.

            • Mauvais exemples. La conception logicielle est de plus en plus outsourcee en Inde à Bangalore ou Chenai chez les entreprises anglophones, en Pologne ou Roumanie quand c’est en Europe et le Maroc quand une entreprise souhaite rester dans un monde francophone.
              La nouveauté est que même la partie business analyste est outsourcee. Les serveurs sont mis dans le cloud donc il y a moins besoin d’ingérer systeme. Il ne reste donc plus que la partie ops mais qui est réduite puisque les systèmes sont de plus en plus résilients et à la main des dev…en Inde.

              • Allez dire ça aux entreprises qui recrutent à tour de bras, en France, dans l’informatique. Vous dites n’importe quoi, ou à tout le moins, vous grossissez le trait pour faire croire qu’il n’y a plus d’emplois possibles en France.
                Quand je vois tous les jeunes passionnés d’informatique, autour de moi, être recrutés dans ces secteurs, être même pourchassés pendant leurs études, et quand en plus je vois les salaires qu’ils se font !

                • Je ne dis pas qu’il n’y a plus d’emplois mais que le marché de l’emploi en informatique est beaucoup plus restreint que les médias veulent bien le dire et c’est de pire en pire. Les métiers ont beaucoup évolué ces dernières années pour devenir plus « agiles ».
                  Réduction des coûts oblige les banques et assurances compensent la perte de revenus provoqués par la baisse des taux par des importantes baisses des coûts. Or, ce sont elles les principales demandeuses d’informaticiens.
                  Mais ceci est un autre sujet et il y aurait long à dire.

                  • L’informatique de l’avenir, c’est la cyber sécurité (qui offre aussi les meilleurs salaires), l’IA… les métiers des jeux vidéo aussi. Les entreprises qui recrutent sont très nombreuses, de nouvelles se créent, ce ne sont pas les médias qui le disent mais bien le marché du travail.
                    Mais comme vous le dites, c’est un autre sujet.

          • Tout n’est pas à rejeter dans le socialisme, le problème est, toujours et pour tout, l’extrémisme.

            • Intéressante remarque. Qu’est-ce qui ne serait pas à rejeter dans le socialisme ? Donnez-nous un seul exemple.

              • @Cavaignac-RaphSud ne vous répondra pas.
                « D’une formule, le socialisme, c’est le vol. Quand les travailleurs, dans des pays comme la France ou la Belgique, se font confisquer 60% des richesses qu’ils créent, tout en subissant mille normes et règlements qui les briment jusque dans le détail le plus intime de leur vie quotidienne, on ne peut que diagnostiquer une forme de servage, de mise en coupe réglée de l’homme par l’Etat. » – Drieu Godefridi

              • J’ai eu peur d’être excessive en ne faisant pas cette concession… mais je n’ai pas de réponse…. 🙂

      • Mais pourquoi diable ce brave rital n’est-il pas resté dans sa calabre natale, au doux soleil d’Italie, à regarder les jolies filles faire du vélo en sirotant un de ces rouges pétillants dont nos cousins ont le secret ?

        • Lol, vous savez bien qu’il est venu travailler en Belgique, gagner quelques sous pour ensuite rentrer chez lui (c’était le plan de bon nombre d’immigrés savez-vous ? D’où le fait que ces immigrés ne faisait pas leur intégration, ils étaient de passage normalement).
          Dans votre système économique, vous clamez « Regardez ! Ils ont un travail et ils ne meurent pas de faim comme avant » tout en montrant des gens de peu, payés une misère, ayant de quoi manger jusqu’au lendemain (toute votre économie repose sur l’exploitation de la nécessité, faut-il le rappeler. Vous vendez le rêve du « travaillez pour avoir du capital » en prônant les faibles salaires pour interdire de facto l’épargne et maintenir les gens dans le besoin de travail, cela dans une relation de pouvoir inéquitable.
          Je l’ai déjà dit « travailler pour une misère ou mourir » n’est pas un choix libre. J’aime la liberté. Vous ? je doute.

          • Vous développez tout un argumentaire Mélenchonien pour terminer par « j’aime la liberté ».
            Vous êtes cintré 🙂
            Accessoirement votre tirade est d’une stupidité, ni Synge ni personne ne « prône les bas salaire » ici, encore moins « pour interdire l’épargne » sans parler du reste bref… Après des mois à troller ici vous n’avez toujours pas le début du commencement d’une idée de ce que nous défendons et de ce qu’est le libéralisme.
            C’est lamentable….

          • « Je l’ai déjà dit « travailler pour une misère ou mourir » n’est pas un choix libre. »

            Dans le contexte de misère et famine de l’époque due à une crise créée par des états illibéraux qui poussaient les gens à quitter les campagnes et leur pays quelqu’un à l’arrivée aurait du travailler et se priver pour que votre homme aie votre pseudo « choix libre ». Ce que vous aimez c’est l’esclavage des uns par les autres et vous déplorez très exactement les effets néfastes des causes que vous défendez: des états illibéraux.

      • Pantone a écrit: « Fort heureusement, la loi, l’Etat, malgré ses innombrables imperfections, protège les faibles. »

        Aucun libéral classique ne conteste le rôle d’un état de droit, vous enfoncez des portes ouvertes et êtes, dans le cas de l’état français, dramatiquement dans l’erreur.
        Les syndicats défendent depuis 40 ans des privilèges indus contre les faibles qui paient le prix fort de cette déviance et l’état français est en train de faire des dégâts considérable chez les plus faibles avec en premier lieu les chômeurs, les travailleurs et les victimes; la justice française avec sa 37ème place dans l’OCDE est terrifiante de médiocrité et de partialité.
        .
        Nous sommes libéraux justement parce que nous voulons de bon états qui jouent correctement leurs rôles sans devenir eux-mêmes des sources de tyrannie, vous n’avez vraiment rien compris.
        .
        Pantone a écrit: « Exemple classique, voire cliché : un mineur du Nord, un de ceux qui parlait italien, un de ceux qui crachait ses poumons, il n’était rien.. Il n’avait rien pour négocier.. »
        .
        Ce que le syndicaliste et la gauche oublient de vous dire, c’est que les humanistes et les gens de bon sens existent dans toutes les couches de la population, l’amélioration de la condition des femmes ne s’est pas fait malgré les hommes, l’amélioration des conditions de travail ne s’est pas non plus fait malgré les patrons.
        C’est une histoire qu’il vous reste à découvrir.

      • et le pire vous ne vous rendez pas compte du glissement..que vous opérez… vous basculez du relatif à l’absolu…

        oui les gens qui ne savent pas faire grand chose de particulier auront les salaires les plus bas..

        mais pourtant encore parmi ceux ci ceux qui choisiront les metier les plus exigeants les plus risqués ..gagneront plus…

        voila tout ce qu’on vous dit…

        et C’EST la prise en compte de la pénibilité dans le salaire ..
        ce qui n’est pas que les métiers les plus durs doivent être payés le plus cher!!!
        c’est le « besoin  » et la demande d’un metier qui doit déterminer le salaire ..pas qu’il soit dur..surtout pas.. sinon reflechissez..

    • @Nom
      Et si justement, tout le monde peut travailler derrière un écran. Tout s’apprend. On peut aussi devenir chef de chantier. On peut changer de métier pour un moins pénible.
      Nous vivons dans le Paradis de la formation « tout au long de la vie », des études gratuites, des apprentissages divers et nombreux (alternance, professionnalisation, apprentissage…)
      En fait, on dirait que plus l’Etat en fait pour que le monde du travail soit bonheur et champagne, et moins ceux-qui-en-ont-besoin utilisent ces facilités !
      Vous dites « il faudrait agir en amont », ben voilà, agir en amont, c’est se reconvertir avant que le métier ne devienne trop difficile à pratiquer pour cause d’âge avancé.
      Mais le responsable n’est jamais l’individu, c’est forcément l’entreprise, en oubliant juste que nombre d’entre elles sont créés par d’anciens salariés (le 1er employeur en France, c’est l’artisanat, pas la grosse boîte…)

      • L’offre de formation est très faible et de niveau médiocre, vous allez aussi difficilement passer de boucher à ingénieur informaticien que dans l’autre sens. Les seuls que je vois passer le cap sont les autodidactes bien motivés.

      • travailler derrière un écran est bien trop vague..
        l’ecran est un outil , derrière il peut y avoir un analyste, un développeur , un chirurgien, un policier etc..
        A par les juges (moyen age) tout le monde se retrouve a un moment ou un autre derrière un écran.; programmés par d’autres

      • C’est malheureusement loin d’être vrai. Certaines écoles ont des limites d’âge et de ce fait certains postes aussi.
        Pour nombre de métiers il faut impérativement avoir suivi une formation de x années et obtenir le diplôme correspondant.
        Dans les faits, c’est donc compliqué d’anticiper. Il faut financierement le pouvoir et le temps après le travail normal.
        Mais le premier frein, c’est la barrière du diplôme. Pourquoi n’importe qui peut devenir informaticien mais pas devenir agent immobilier ou responsable de patrimoine?

        • @Nom Vous dites vraiment n’importe quoi, n’importe qui peut devenir agent immobilier, j’en ai 2 autour de moi. Dites-moi quel diplôme il faut ? Le plus parlant est mon ami de jeunesse, bac raté, armée, puis chauffeur-livreur, puis remplissage de rayons en grande surface, puis monteur d’échafaudages. Là le déclic, il ne veut pas faire ça toute sa vie (et ce n’est pas compliqué de deviner qu’on ne pourra plus faire ça à un certain âge). A 30 ans, déjà 3 fois père, il a toqué à la porte d’une agence immobilière. A 50 ans, il l’a racheté.
          Il y a ceux qui cherchent une solution à leur futur problème, et ceux qui demandent aux autres de leur octroyer un avantage pour compenser une difficulté prévisible mais qu’ils ont ignoré.

          • Vous aimez ne retenir que ce que vous voulez et en vous basant que sur les conversations. Renseignez vous de vrai plutôt que de vouloir absolument répondre.
            Puisque vous n’avez retenu que les mots agents immobiliers sachez que c’est une profession réglementée et qu’il faut bien un diplôme. Il y a d’autres moyens mais il n’est pas possible d’y arriver rapidement, surtout quand on vient d’un autre domaine.
            A l’inverse, on peut devenir ingénieur certifié Microsoft, Cisco, red hat en moins d’une semaine.
            Si vous êtes libéral, posez vous la question de pourquoi il y a une telle protection selon les métiers. On ne peut pas dire à des personnes qu’il n’y a qu’à se reconvertir quand dans les faits il y a des barrières. C’est quoi par exemple la probabilité pour n’importe quel quidam de 50 ans de devenir un jour préfet, colonel, notaire, pilote de ligne, médecin généraliste, … ?

            • Posez-vous une seule question : pourquoi attendre d’avoir 50 ans ?
              Et une autre : quand on veut se reconvertir, ce n’est peut-être pas utile de viser pilote de ligne ou chirurgien, non ? Juste une variante moins pénible de son propre boulot est suffisant, non ?
              « Renseignez-vous de vrai », je vous renvoie la remarque et je maintien que mon pote est devenu agent immobilier sans diplôme. Mais durant les 20 ans qu’il a passé dans une agence, il a certainement certifié quelque chose en VAE pour ensuite ouvrir sa propre agence.
              Je pense que vous savez que la VAE existe ? (validation des acquis de l’expérience). Encore une belle possibilité d’évolution proposée en France pour les « sans-rien ».
              Je suis désolée, mais j’ai beaucoup de mal avec le concept de « faire partir en retraite plus tôt les gens qui ont un métier pénible », je lui préfère « changer de métier avant qu’il ne soit trop tard ».
              Et j’ai des dizaines d’exemples autour de moi de reconversions réussies, que ce soit de « sans-rien » ou de « avec-pas-grand-chose » que le discours victimaire des forçats du travail me fait bondir. Un peu de responsabilité que diable.
              Citez-moi des exemples de personnes n’ayant pas pu changer de travail (pénible) entre 30 et 35 ans pour une bonne raison.
              (Bien sûr, le cas des personnes « accidentées » sont à garder à part et je trouve d’ailleurs l’allocation adulte handicapé ridicule car eux n’ont réellement pas le choix et/ou de beaux bâtons dans leurs roues).

    • Tout peut s’automatiser ou presque. Dans l’industrie automobile, les robots de soudage font toute la carrosserie, les robots de peinture font aussi quasiment toute la carrosserie, seules les retouches sont faites par les humains. Les robots d’assemblage font tout le travail pénible. Ne reste que le contrôle qui est quand même qualifié.
      Dans le bâtiment, les murs voire des pièces entières ont faites en atelier. La grue met tout en place. Là ou 6 mois étaient nécessaires, 1 mois suffit. On peut avoir un immeuble hors eau en 15 jours +- suivant taille.
      Aujourd’hui, les exosquelettes font leur apparition pour soulager l’opérateur dans ses manipulations de charges lourdes et répétitives.
      Pour les pompiers, reste le danger et la chaleur extrême. Ceux ont une tâche difficile, mais ce n’est pas tous les jours, heureusement.
      Et quid du petit patron pris entre le marteau et l’enclume ? L’enclume étant très souvent l’administration…
      Figurez vous que le travail pénible n’est pas là ou on le pense. Quid de certains employés de bureau qui se suicident ❓
      On n’en parle pas, mais la presse aime bien reprendre les dires ce ceux qui braillent le plus.
      Cela fait vendre. Vendus :5

    • bah c’est plus facile de tirer sur la comète quand on n’en a pas subi les affres..je suis presque sûr que ce monsieur n’a jamais porté de charges lourdes , travaillé dehors toute l’année ou subit du travail à la chaîne en 3×8..

      • je porte des charges lourdes, je bosse dehors toute l’année, vibrations etc etc..

        ce discours est une impasse…
        voudriez vous dire que pour connaitre la pénibilité relative des métiers..il faille les avoir tous pratiqués?
        bien sur que non…

        maintenant combien de temps doit investir un médecin ou un ingénieur pur devenir égoutier?
        1 semaine?
        et l’inverse?
        pire, pour bon nombre de personnes il leur est impossible de devenir médecin ou ingénieur..
        des QI de moins de 90 il y en beaucoup!!!!

        je fais partie des gens qui ont de médiocres qualités qui soient valorisables dans les échanges…

        j’ai le sentiment aigu d’être trop payé pour ce que je fais ..parce que souvent un abruti peut le faire..

        le problème est que des gens médiocres comme moi on est nombreux et que pour des raisons obscures on ne doit pas nous froisser..

        je vis ça de l’intérieur, j’entends le discours de lamentation de l’intérieur, « nous les petits on bosse dur ».., il est foncièrement erroné..il est foncièrement fallacieux.
        et il y a un problème il est diffile de dire à une personne au smic non…tu n’es pas mal payé..ouvre les yeux..il va invoquer l’esprit corporatiste..parce que le salaire se négocie aussi « en groupe »..on doit se plaindre « en groupe »..

        mais soyons clair, il existe bien des anomalies dans les salaires.. mais elles sont dues à la réglementation et aux politiques sociale et au statut de la fonction publique..

        • @jacques lemiere Vous parlez bien, vous analysez bien, chapeau bas.

          • merci, j’en doute néanmoins..
            cette discussion en général ne mène à rien c’est comme discuter avec la cgt, à partir d’un moment, quand vous avez mis à jour que votre interlocuteur MENT ou tient un discours fallacieux, l’issue est la violence. Les ouvriers en SONT pas des « victimes ».

            il y a des choses qu’on ne peut pas dire… notamment quitte ton boulot si tu n’es pas content…
            et le point qui importe est le chomage structurel français..
            or celui ci résulte d’un choix politique .

        •  » il existe bien des anomalies dans les salaires.. mais elles sont dues à la réglementation et aux politiques sociale et au statut de la fonction publique.. » je n’ai jamais dit le contraire..perso je bosse aussi dehors toute l’année à tailler des haies, tondre les pelouses, faire des plantations, aménagements pour festivités ect…et payé 1280€ net par mois et désolé de le dire mais non je ne trouve pas que je suis bien payé, au contraire…

      • Ce qui disent les libéraux c’est qu’en socialie aussi bien qu’en libéralie les 3×8 et les chantiers existent à la différence que les salaires et les chances de faire évoluer votre carrière sont infiniment plus élevées dans un pays libéral à cause d’un marché ouvert et dynamique.
        Salaire de couvreur en France: ~1800 euros, en Suisse ~5000 euros.
        Taux de chômage jeunesse française: 20,8%, suisse 6,2%.
        .
        Un jeune français dans le BTP n’a pas trop le choix de changer d’employeur pour avoir un meilleurs salaire et s’il veut se mettre à son compte c’est festival de taxes et d’emmerdements qui le mèneront plus à la faillite personnelle qu’au succès.
        En plus j’ai un énorme doute sur le chiffre du chômage français, des tas de jeunes en sont artificiellement sortis par le salariat public ou faute de marché et d’emplois se lancent dans le micro-entrepreneuriat ou le salaire moyen est de 400 euros par mois.

        • @Guillaume P
          « les chances de faire évoluer votre carrière sont infiniment plus élevées dans un pays libéral »
          Je suis entièrement d’accord avec vous, mais vous vous fatiguez pour rien, car vous parlez à des gens qui n’arrêtent pas de vous dire que si certains ont encore un métier pénible à 50 ans c’est de la faute des patrons et de l’impossibilité de faire évoluer sa carrière parce qu’à 42 ans, avec enfants et prêt, on est coincé (mais avant ?) etc etc.
          Alors forcément, votre société libérale avec la liberté, ça ne leur va pas. Ils vaut mieux une société socialiste, qui prendra (encore un peu plus) aux riches pour permettre aux mineurs de fond du Nord de partir en retraite à 35 ans (quoi ? Il n’y a plus de mineurs ? Si si, sondez bien, il doit y en avoir qq part…)

  • J’ai été élève dans des lycées Pailleron puis depuis pas mal d’année responsable d’entreprises à devoir me farcir de la gestion de personnels et plein de brimades administratives… C’est vraiment pénible…

  • La pénibilité peut être réglée par l’investissement ou l’épargne (si elle existait…).
    Si un métier est considéré comme pénible, normalement la rémunération suit, accompagnée de primes (risques…etc.). Les gens n’ont plus qu’à gérer les différents suppléments qu’ils perçoivent relativement aux caractéristiques de leur métier.
    Dans le cadre d’une retraite par répartition, en aucun cas la pénibilité devrait être payée par les contribuables.

    • justement la pénibilité effective devrait être traduite par une surcotisation qui permettrait de couvrir la décote du manque de trimestres. Ainsi celui qui est usé par tôt et celui qui s’est reconvertit à temps y gagne.

      • Je préférerais personnellement épargner ou investir les suppléments de rémunération plutôt que d’être prélevé plus.
        N’oubliez pas que l’actif ne cotise pas pour sa retraite. Il paye les retraités actuels.
        Le plus simple est le système par capitalisation. Il gomme bon nombre de faux débats sur les trimestres, l’âge de départ…etc. De surcroît il redonne un sens de responsabilité individuelle. Ce qui n’est pas un luxe de nos jours. Après c’est un système qui a aussi des défauts, mais moindre que la répartition selon moi

      • vous confondez usure et pénibilité…

        • l’usure peut se mesurer à terme , vous vous imaginez une notion de pénibilité instantanée…qui intégrée sur le temps conduirait à une usure…il y a un peu de vrai…mais les différences individuelles induisent des différences massives d’usure..pour un même travail…
          comment gérer cela?

  • « …un gâchis invraisemblable de la matière la plus noble du monde : la capacité de travail humain. »…. La matière « grise », les compétences et l’expérience acquises au fil du temps, l’habileté manuelle d’un artisan, toutes choses qui ne s’acquièrent pas à l’école, et qui sont au top à l’approche de la retraite! Alors oui, un gaspillage de ressources monumental!

  • Prendre compte de la pénibilité.? Oui bien sur et nos crânes d’œufs sont bien placés pour le faire. Mais ne jamais oublier que le Travail c’est l’avenir de l’homme.

  • La pénibilité gérée par des branleurs qui n’ont jamais fait de positif dans leur vie… Incroyable ❗
    CPEF

  • expliquez donc POURQUOI la pénibilité de ces metier n’est pas prise en compte dans leurs salaires…
    j’affirme qu’elle l’est car quand on choisit un metier on connait sa pénibilité, non pas une pénibilité objective mais combien le metier est pénible pour soi m^me, et son salaire..

    le metier de couvreur est usant physiquement , il n’est pas « pénible » si on l’aime..pénible si on ne l’aime pas comme TOUS les métiers..
    par contre nous apprenons aux gosses à penser qu’on doit fuir un métier attendre la retraite ou le week end… c’est une folie.

    aucun metier n’est pénible si on l’aime…
    et demandez vous pourquoi de plus en plus de gens haïssent leur boulot..
    certainement pas en raison d’une pénibilité intrinsèque…

    non ni couvreur ni infirmier ni égoutier ne sont des métiers « pénibles »…en soi..

    ils altèrent la santé peut être..plus les uns que les autres..

    NON…

  • La pénibilité semble être une simple vue de l’esprit pour l’auteur … Je travaille dans le secteur du BTP où rares sont les ouvriers qui sont encore en activité au moment de leur départ à la retraite, leurs dernières années d’activité étant souvent des années de maladie professionnelle ou d’accident du travail.
    Donc de fait ces ouvriers ne sont plus au travail au moment de leur départ en retraite : comment imaginer les faire travailler aussi longtemps qu’une secrétaire ?
    La pénibilité doit être prise en compte ou alors on ne trouvera plus personne, comme déjà, pour faire ces métiers.
    Certes, le dispositif actuel de recensement de la pénibilité est une une usine à gaz.
    Un salarié est associé à un code métier et un code risque AT/MP. il serait facile de recenser ces codes en terme de sinistralité professionnelle et prévoir que 30/35 ans d’exercice dans ces métiers donnent droit à un départ anticipé.
    Le financement est possible : il suffit d’arrêter de gaspiller les prélèvements actuels et définir des priorités à l’action de l’état qui galvaude ce qui a été péniblement gagné par tous les salariés.

    • « La pénibilité doit être prise en compte »

      Ce que disent les libéraux c’est que confier à des bureaucrates le calcul de ce qu’est la pénibilité d’un métier par rapport à un autre est une idée qui ne peut mener qu’a une catastrophe, le code du travail français contient 2500 pages de « bonnes idées » pour « protéger » les travailleurs sans même parler des retraites totalement en faillite.
      Les résultats inévitables, c’est un marché du travail sinistré et un pays en faillite, le salaire médian est de 1772 euros contre 6094 euros en Suisse libérale ou le code du travail fait 20 pages et la Suisse n’a aucun problème de retraite, de chômage, de dette.
      .
      Un éboueur y gagne en moyenne 5310 euros brut et avec 3 piliers de retraites dont deux privés il n’aura aucuns soucis.

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