La France adore se comparer à l’Allemagne… quand ça l’arrange

Croissance, chômage, emplois : en fonction de intérêts, le gouvernement français utilise l’Allemagne comme un modèle ou un repoussoir.

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La France adore se comparer à l’Allemagne… quand ça l’arrange

Publié le 5 février 2020
- A +

Par Nathalie MP Meyer.

Les désolants remous de l’affaire Mila ainsi que la poursuite des manifestations contre la réforme des retraites l’ont quelque peu occulté, mais la semaine dernière fut également riche en annonces officielles concernant la croissance et l’emploi en France en 2019. Comme tout n’est pas aussi parfait que le gouvernement pourrait le souhaiter, s’en est suivie une belle volée de contorsions justificatives qui montrent que la comparaison avec l’Allemagne a beaucoup de vertu… mais seulement lorsque cela nous arrange !

• Ce fut d’abord la Direction des études et statistiques du ministère du Travail (DARES) qui nous informait que le nombre de demandeurs d’emploi toutes catégories confondues avait reculé de 2,2 % en France entière (hors Mayotte) en 2019.

Bruno Le Maire content de lui

Ô merveille de la politique économique de M. Macron ! Politique ultra-volontariste qui n’en finit plus de porter ses fruits et qui est maintenant à deux doigts de nous précipiter dans le plein emploi, si l’on en croit un Bruno Le Maire plus content de lui que jamais :

La politique économique que nous menons depuis plus de 3 ans donne des résultats ! […] Mon objectif, c’est le plein emploi. Alors je ne sais pas à quelle échéance. Est-ce que c’est à 2025, est-ce que c’est un peu plus loin ? C’est-à-dire autour de 5 %. Ça doit être çà, notre objectif partagé.

Notez que ce cher ministre de l’Économie nous emmène allègrement dans le quinquennat suivant, voire le suivant du suivant. Annoncer monts et merveilles pour dans cent ans, rien de plus simple ! Et surtout, c’est sans risque. Qui sera responsable à ce moment-là ?

En grand spécialiste de l’Allemagne qu’il est, on se serait plutôt attendu à le voir commenter les chiffres allemands. Mais n’y comptez pas. Il lui faudrait admettre que notre voisin frôle les 3 % depuis longtemps, soit deux points de moins que le lointain objectif qu’il donne à la France. Vous voyez le problème.

Et de toute façon, même si ce chiffre insolemment bas est exact, soyez assurés qu’il ne fait que refléter la faible solidarité du modèle allemand, ses jobs honteux à un euro et sa précarité lancinante. Ritournelle connue : si le taux de chômage hexagonal peut sembler légèrement décevant au premier abord, c’est uniquement parce que :

La France n’est pas un pays comme les autres. Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte. (Emmanuel Macron, Lettre aux Français, janvier 2019)

Dès lors, quiconque prétend se livrer à ce genre de comparaison internationale est à l’évidence sous l’emprise d’un ultra-libéralisme dangereux qui nous confirme, si on en doutait encore, que cette façon de voir les choses est définitivement dénuée de toute moralité et de la plus simple humanité.

Passez votre chemin, citoyens trop curieux, il n’y a rien à voir outre-Rhin !

• Tout allait donc pour le mieux dans notre « Beautiful France » quand l’INSEE a soudain débarqué vendredi dernier avec un chiffre de croissance pas franchement folichon.

Au 4ème trimestre 2019, le PIB a baissé de 0,1 % portant la croissance annuelle 2019 à 1,2 % après les 1,7 % obtenus en 2018. Résultat d’autant plus gênant que le gouvernement avait commencé par tabler sur 1,7 % dans le PLF 2019, puis avait ramené ses ambitions à 1,4 % en dépit des alertes de la Banque de France qui, elle-même trop optimiste, voyait l’année se finir sur 1,3 %.

Bruno Le Maire s’est empressé de faire savoir qu’il s’agissait avant tout d’un « ralentissement passager » qui ne « remet donc pas en cause les fondamentaux de la croissance française qui sont solides ». Il est certes facile d’incriminer le mouvement social contre la réforme des retraites dans les causes de ce retournement, mais il n’a commencé que le 5 décembre et ne saurait tout expliquer.

Les tensions du commerce international et le ralentissement chinois (qui se complique maintenant de l’apparition du coronavirus 2019-nCoV) ne sont pas étrangers à cette situation. Aussi, il est à craindre que les prévisions françaises pour 2020 ne soient dorénavant beaucoup trop festives. Le gouvernement a retenu une croissance de 1,3 % pour cette année, mais la Banque de France est déjà à 1,1 %

La France, un paradis selon les chiffres ?

Heureusement, tout le monde est affecté ! En fait, quand elle se compare, la France peut même se montrer extrêmement satisfaite ! Non seulement la zone euro ne fait pas mieux (1,1 %) mais l’Allemagne, avec un petit 0,6 % pas très glorieux, est purement et simplement au fond du trou ! Voilà ce que, du journal Le Monde à l’hebdomadaire Le Point qui recopie gentiment l’AFP, on nous répète en boucle depuis vendredi.

Regardez comment les choses évoluent outre-Rhin, citoyens pas assez curieux, et vous verrez que la France est bien ce paradis que le monde nous envie !

• Évidemment, dans le cas du chômage comme dans celui de la croissance, seul le « malencontreux » oubli de quelques éléments d’analyse significatifs permet de se congratuler comme le fait le gouvernement et l’ensemble de la presse à sa suite.

Chômage

À mon habitude, j’ai récapitulé les chiffres du chômage depuis 2007 tels que comptabilisés par le ministère du Travail. Pour faciliter la lecture du tableau ci-dessous, voici la définition des célèbres catégories A, B, C, D et E :

La catégorie A regroupe les personnes complètement sans emploi, les catégories B et C les personnes ayant eu un travail de courte durée dans le mois et les catégories D et E les personnes non immédiatement disponibles en raison de stages, emplois aidés ou formations.

Évolution des demandeurs d’emploi en France (hors Mayotte) depuis mai 2007
Sources : DARES, sauf 2007 : presse – Fin de mois sauf 2018 et 19 : moy. trimestrielles.

(Milliers) Métropole France entière
Cat. A Cat ABC ABCDE Cat. A Cat ABC ABCDE
Mai 2007 2 100,0 3 200,0 2 400,0 3 500,0
Mai 2012 2 922,1 4 347,1 4 960,0 3 163,9 4 621,0
Déc 2015 3 580,5 5 478,0 6 176,8 3 840,6 5 782,2
Déc 2016 3 467,1 5 463,8 6 225,5 3 722,5 5 764,7 6 560,3
Mai 2017 3 494,1 5 560,8 6 277,3 3 750,9 5 864,0 6 612,7
Déc 2017 3 451,4 5 612,3 6 278,0 3 709,5 5 920,6 6 614,4
4è T2018 3 416,1 5 605,6 6 224,5 3 674,4 5 916,7 6 561,5
4è T 2019 3 308,8 5 442,9 6 089,8 3 553,7 5 740,2 6 415,9
19-18 (k) -107,3 -162,7 -134,7 -120,7 -176,5 -145,6
19/18 (%) -3,1% -2,9 % -2,2 % -3,3 % -3,0 % -2,2 %

Remarquons d’abord que si le nombre de demandeurs d’emploi suit effectivement une pente descendante en 2019 dans toutes les catégories, il est très loin d’être revenu au niveau de mai 2007 (c’est-à-dire le niveau d’avant la crise de 2008) et qu’il n’est même pas redescendu au niveau de 2012.

Si l’on s’intéresse maintenant au taux de chômage calculé par l’INSEE selon les recommandations du Bureau international du travail (BIT) – taux qui devrait être cohérent avec la catégorie A de la DARES mais qui s’en éloigne nettement (voir explication ici) – on constate premièrement que le dernier chiffre connu fait état d’une légère remontée de 8,5 % à 8,6 % au 3ème trimestre 2019.

On constate deuxièmement que le « halo autour du chômage » (personnes qui souhaitent travailler mais qui ne sont pas prises en compte dans le taux précédent) augmente nettement depuis le début de 2019 (+ 87 000) :

On constate en outre que la France n’a amorcé son petit retournement de la courbe qu’à partir du milieu de l’année 2015 (graphique de droite) alors que la zone euro et l’UE s’y étaient mises dès 2013 (graphique de gauche) et que ce faisant, elle continue à planer 1 à 2 points au-dessus des moyennes européennes :

Comme ces moyennes incluent les taux élevés de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie et de la France, elles tendent à rendre notre situation moins désespérée. Mais dès que l’on va chercher les performances particulières des pays comparables, c’est un redoutable écart de l’ordre de 5 points qu’il faut constater avec l’Allemagne, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni :

Notons pour finir, et ce n’est pas la moindre surprise, que la directrice de la DARES Selma Mahfouz confessait le plus grand étonnement à la découverte de ses propres chiffres :

Ces créations d’emplois ont été plus fortes que ce que la croissance de l’activité nous laissait attendre.

Et de fait, notre économie est ainsi structurée qu’il est inutile de s’attendre à une amélioration de l’emploi en dessous d’une croissance de 1,5 %.

Les spécialistes en déduisent donc que ce plaisant résultat sur le front du chômage a été obtenu en partie par baisse de la productivité. Faut-il vraiment s’en réjouir ?

Croissance

Si l’Allemagne, économie très ouverte sur l’extérieur, souffre considérablement du ralentissement de la Chine, notamment en ce qui concerne son industrie automobile, il n’est peut-être pas inutile de remarquer que la France ne risquait rien de ce côté-là. Soyons réalistes, le style Renault 14 n’a jamais fait rêver les foules mondiales et nombre des modèles qui lui ont succédé ne les font pas plus rêver aujourd’hui.

Aux dernières nouvelles, l’Allemagne semble d’ailleurs anticiper un rebond de croissance pour 2020 (1,1 %) et 2021 (1,3 %), bien loin des 0,4 % qui lui étaient accordés jusqu’à présent. En entraînant la consommation intérieure, le dynamisme de l’emploi allemand que la France se refuse obstinément à considérer n’est pas étranger à ces nouvelles perspectives.

Mais observons que même à 0,6 % de croissance, l’Allemagne parvient à dégager un PIB par habitant qui reste nettement supérieur à celui de la France (15 % de plus) :

PIB Est. PIB 2019 Habitants  PIB 2019 par Hab
(milliards d’€ courants) (millions) (en € courants)
France 2 419,1 67 36 100
Allemagne 3 436,0 83 41 400

L’écart reste sensiblement le même lorsque l’on raisonne en parité de pouvoir d’achat (PPA). En 2018, l’Allemagne jouissait d’un PIB par habitant de 54 300 en dollar international contre 45 900 pour la France, soit 18 % de plus.

À cela, s’ajoute le fait que la France enchaîne les déficits publics quand l’Allemagne accumule les excédents, ce qui tend aussi à affaiblir la croissance française relativement à celle de l’Allemagne. Si la consommation intérieure française garde une certaine vivacité, c’est notamment parce qu’elle est soutenue depuis des années par la dépense publique – voir les 17 milliards d’euros lâchés récemment pour apaiser la crise des Gilets jaunes.

Les excédents allemands ? Voilà justement une donnée que Bruno Le Maire est tout prêt à considérer. Pour s’en inspirer ? Hélas non ! Pour les avaler tout crus :

Sur le web

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  • Les soviétiques n’hésitaient pas a décrire la supériorité de leur organisation de production sur celle des USA .. ça ne mangeait pas de pain , l’opposition n’avait pas la parole…
    En france c’est pareil , en réalité le budget allemand est excédentaire , alors que le notre est déficitaire depuis 1981…l’industrie française est a la ramasse.. tout le pays est a la ramasse et fait du social l’alpha et l’oméga des mandats électoraux…et le tout a crédit..
    Ors depuis Jules César on sait que « panem et circenses » ça ne marche qu’un temps, celui de la conquête du pouvoir, apres c’est plus compliqué.. c’est sans doute ce que va vivre le pays une rupture violente du contrat social, le tout est de savoir quand et quelle sera l’étincelle.. toute la structure de l’etat est vermoulue, la social democratie a déconstruit la republique

    • « le tout est de savoir quand et quelle sera l’étincelle ». Réponse: quand les français auront faim, très faim. Et ce n’est pas demain la veille, car le pays est encore un pays très riche, un des pays les plus riches du monde. Il y a de la marge, au moins 10 points de PIB en prélèvements obligatoires…

  • Ne vaudrait-il pas plutôt parler de taux d’emploi et non de taux de chômage ?

    Il y a aussi la question du temps partiel (voulu ou non) qui me semble intéressant à souligner, tant il fait baisser mécaniquement le taux de chômage. Par exemple, il me semble que les Pays-Bas sont les champions dans ce domaine.

    Je ne dis pas si c’est bien ou mal mais je pense que c’est judicieux de ne pas s’arrêter aux premiers chiffres globaux.

    • les chiffres son évidement manipulables a l’envi

      • Pourrait-on avoir le nombre de chômeurs avec le mode de calcul des années 90 ,2000,2010 ?et sans les emplois aidés…on change le thermomètre jusqu’au résultat souhaité.
        Entendu dans une réunion électorale récente qu’il fallait se satisfaire du taux de chômage actuel et considérer qu’on était au quasi plein emploi……….hallucinant!

    • Bruno Le Maire, ministre de l’économie ne comprend rien à la matière,il a été posé là pour des raisons politiques de défaire la droite pour entrer dans le nouveau monde. Sa solide formation est quand même une agrégation en lettres modernes (je sais qu’il est passé à l’ENA 2 ans et alors il ne sait rien dans la matière dont il a le poste)

      • le « nouveau monde » est une invention de journaliste..
        avec la meme constitution .. impossible de passer a autre chose en matière de democratie et de justice

  • On est mauvais mais meilleur que l’Espagne et l’Italie ou la Grèce.
    On nourrit l’Europe et l’Europe nous fournit le matériel de production…le monde agricole a toujours été moins riche que le monde industriel , l’agriculture ,ça eu payé en emplois mais c’est fini depuis longtemps….il faut s’y faire nous sommes en enfer.

    • non , on vit mieux en Espagne en Italie ou en Grèce..
      c’est tout un état d’esprit

    • En Espagne je ne sais pas…en Italie et en Grèce j’en suis certain : si l’on pouvait « mesurer » le taux d’emploi en tenant compte de l’économie souterraine la France est certainement la championne et dépasse en mauvais résultats ces pays du Sud. Moins d’économie souterraine en France. Dans les deux autres pays il s’agit d’un mode de vie, de leur « civilisation ».

  • bah faire le choix de l’assistanat plutôt que du travail serait acceptable..si il ne s’accompagnait pas de ce discours ridicule…

    • @jl – je ne vous ai pas suivi, ainsi comment peut-on concevoir l’assistanat sans le travail préalable ? Cela ressemble à du lagardisme (nouvelle théorie économique lancée par C. Lagarde, elle aussi totalement dépourvue de la matière). Elle a quand même dit dans sa première grande sortie de la BCE qu’il nous faudrait choisir entre l’épargne et l’emploi ! Considérable (j’entend Fabrice Luchin le dire)

  • Le le modèle social français est un panier percé de gros trous, plus vous éssayer de le remplir plus il fuit. Sinon comment expliquer que les infimières préfèrent partir travailler en Suisse ou en Belgique alors que la France est le pays qui dépense le plus dans le social ????……..Pour masquer ce problème et tromper les français on préfère parler des ultra riches et de l’ évasion fiscale.

    • Les services publics, faute de pouvoir se débarrasser des plus nuls a cause du statut , opèrent comme un filtre, les meilleurs se cassent les nuls consolident en restant..
      A terme l’organisation devient nulle .. et plus chère puisque les nuls sont mieux payés a l’ancienneté..
      c’est çà qui se passe Depuis 70 ans

  • AH! « ..Un Bruno le Maire plus content que jamais… »
    Mais, c’est l’évidence, la France va se précipiter dans le gouffre du plein emploi et, peut être même, dans le trou noir de la connerie!…
    Merci à Nathalie MP de nous confirmer que la France est un paradis…. pour certains…..

  • 2 solutions soit il est convaincu soit il est corrompu, je pense qu’il est convaincu de sa réponse et corrompu dans sa politique par temps d’année au service de l’état.
    Autant d’idéologie à la tête de l’état, parce que à ce niveau là on ne peut plus parler d’incompétence .

  • Et l’Allemagne lorgne sur notre bombe nucléaire!
    Balle au centre.
    Il reste à la France quelques bijoux de famille. Ne parlons pas du château de Versailles, que le Président confond avec un lieu de séminaire de luxe pour grands patrons de la planète. Non, je veux parler de ce qui fait que la France a encore son mot à dire sur la scène internationale, loin des billevesées comme la « diplomatie féministe » de Marlène Schiappa ou autres trucs qui tentent de faire oublier que pour peser, il faut faire peur et non pas rigoler. Faire du vent sous la queue dans les écuries n’a jamais fait gagner le Prix de Diane.

    Ces bijoux de famille, c’est évidemment le siège permanent de la France au Conseil de sécurité. C’est sa panoplie complète en matière de défense.

    La France est en effet, aujourd’hui, le seul pays de l’Union européenne en capacité d’entrer en premier sur un théâtre d’opération. Le seul pays de l’Union européenne qui déploie des forces prépositionnées. Le seul pays de l’Union européenne qui paye un impôt du sang aussi lourd. Enfin, le seul pays à posséder l’arme nucléaire. Posséder l’arme nucléaire, ce n’est pas seulement stocker dans un coin de hangar quelques bombes au cas où ! C’est un effort, constant, de recherche pour rester compétitif, de veille opérationnelle. Un effort financier. Un engagement humain… À l’heure où j’écris, quelque part au fond des mers, patrouille au moins un de nos quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), chaque SNLE transportant seize missiles stratégiques capables de frapper à 9.000 kilomètres d’où ils sont. Et c’est ainsi depuis 1972. Un demi-siècle !

    À cette composante sous-marine, il faut ajouter les forces aériennes stratégiques avec les 48 avions Rafale B qui exécutent, par ailleurs, d’autres missions opérationnelles, notamment en Afrique. 55 ans que l’armée de l’air, sur ordre du président de la République, est en mesure de faire décoller à tout instant du jour ou de la nuit des avions qui iraient délivrer le feu nucléaire quelque part dans le monde, si les intérêts vitaux du pays étaient menacés.

    Ces bijoux de famille font des envieux. L’Allemagne, notamment. L’Allemagne qui, à l’époque où Angela Merkel était toute splendeur, donnait des leçons budgétaires à la France : et qu’il faudrait faire comme ci et pas comme ça… On se souvient qu’en 2018, le vice-chancelier Olaf Scholz suggérait gentiment que la France partage son siège au Conseil de sécurité : « Si nous prenons l’Union européenne au sérieux, l’UE devrait également parler d’une seule voix au sein du Conseil de sécurité des Nations unies […] À moyen terme, le siège de la France pourrait être transformé en siège de l’UE. » Bah voyons ! Nous avions réagi ici-même : « Et pourquoi pas leur donner les clés de la force de dissuasion française ! » Chiche !

    Un an et demi après, voici qu’un proche d’Angela Merkel, Johann Wadephul, estime que l’Allemagne doit « envisager une coopération avec la France en ce qui concerne les armes nucléaires ». Elle devrait être prête « à participer à la force de dissuasion nucléaire avec ses propres capacités et moyens », poursuit-il. Quelles capacités, quels moyens ? On ne construit pas un outil nucléaire comme ça. Mais tout s’éclaire lorsque Johann Wadephul ajoute : « La France devrait être prête à la placer sous un commandement commun de l’Union européenne ou de l’OTAN. » Carrément ! Ce n’est plus l’aigle mais le coucou allemand. Bien entendu, ces propos sont en quelque sorte la réponse du berger à la bergère après le constat de la mort cérébrale de l’OTAN par Macron à l’automne dernier. « Le Président Emmanuel Macron nous a plus d’une fois appelé à oser plus pour l’Europe. Il pourrait maintenant montrer qu’il est lui aussi prêt à cela. Cela prendra du temps, mais le débat doit commencer maintenant. » Et il se trouvera bien, en France, des euro-béats pour souhaiter que notre pays entre dans la voie d’une telle, non pas collaboration, mais coopération. L’histoire du coucou et du cocu.

    « Le cœur de la dissuasion, c’est la crédibilité », déclarait le général Bruno Maigret, commandant les forces aériennes stratégiques, le 12 juin 2019, devant les députés. Or, l’Union européenne n’est pas crédible. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’Union européenne n’est pas une nation et ne le sera jamais.

    • « C’est sa panoplie complète en matière de défense. » arfff..
      meme pas besoin d’ennemis , les hélicoptères se crashent tous seuls..
      en allant pourchasser 3 pouilleux dans le sahel , pour que certaines entreprises soient les bienvenues dans
      ces pays rongés par la corruption.;

      « « Le cœur de la dissuasion, c’est la crédibilité », » les banlieues s’en tapent sur les cuisses

    • Dans un passé pas si lointain la France à démontré qu’elle n’était pas du tout prête à un conflit d’ampleur mais ça n’est certainement son armée qui fera de la France un pays qui compte dans le futur tout comme ça n’est pas l’armée américaine qui fait d’elle la première puissance mondiale. c’est la puissance économique qui fait les grande nation et qui paie les joujouent militaire.

    • On est pas foutu de faire une guerre si les USA ne nous prêtent pas des bombes même contre un pays miteux. Des soldats équipés comme des SDF. Ca doit bien faire 200 ans que la France n’a pas gagné de guerre, c’est sur qu’on doit faire peur.

  • Je note surtout que le gouvernement choisit de communiquer sur les chiffres de la Dares ou les statistiques de l’Insee, suivant ce qui l’arrange… A la fin du 3e trimestre 2019, la Dares annonçait une légère baisse et l’Insee une légère hausse…
    Par ailleurs, les chiffres du chômage à l’instant T ne suffisent pas à analyser la situation. Il faut d’une part regarder le nombre de personnes en emploi, et d’autre part, considérer les flux (entrées et sorties de Pôle Emploi) dont la Dares donne les chiffres détaillés.
    C’est ainsi que, pour ne prendre que deux de ces données, les sorties de Pôle Emploi pour reprise d’emploi ont diminué de 3,6% entre fin 2018 et fin 2019 tandis que les radiations administratives ont augmenté de 15%…

  • Source INSEE, enquête Emploi, Taux de chômage au sens du BIT, France (hors Mayotte).

    Pourquoi hors Mayotte ? Mayotte ne serait donc pas un département français ? Les Mahorais sont-ils des Français, oui ou non ? A quel titre ne pas compter les chômeurs d’un département du pays ? Peut-être parce que le taux de chômage y serait de 35%, sans qu’on soit certain qu’il n’y soit pas en réalité de 65% ? Ridicules statistiques franchouillardes. Pourquoi dans ce cas ne pas « oublier » les chômeurs bretons ou alsaciens ? Tout aussi ridicule est cette distinction persistante entre Métropole et départements d’outre-mer.

    D’ailleurs, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Bientôt, l’INSEE servile annoncera un taux de chômage nul dans la population ayant un emploi. Ce sera plus simple.

    • S’ils pouvaient nous ‘oublier’ tout court….

      Hopplà !

    • Aucune info gouvernementale ou autre étant sincère ,il n’y a aucune raison de s’offusquer..le chômage baisse ,sans doute que quelqu’un est intéressé par cette nouvelle..sûrement pas les français, peut être nos financiers ,mais sont ils dupes ?
      Non mais qui est intéressé par un rebond de la France…personne ,c’est donc une bonne nouvelle, la France s’enfonce

  • Les commentaires sont fermés.

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