Le Medef réclame une indemnisation pour la grève des transports

46 jours de grève des transports, ça coûte cher ! Il est temps désormais de négocier les dédommagements.

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Navigo pass, Paris metro by Emily Jackson (CC BY-ND 2.0)

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Le Medef réclame une indemnisation pour la grève des transports

Publié le 25 janvier 2020
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Par Théophile Gacogne.

46 jours de grève des transports, ça coûte cher ! Si cet épisode semble être arrivé à son terme, il est temps désormais de négocier les dédommagements.

Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et d’Île-de-France Mobilités indiquait le 8 janvier dernier avoir obtenu de la part de la SNCF et de la RATP le remboursement intégral d’un mois de Pass Navigo pour l’ensemble des Franciliens.

Une bonne nouvelle pour les employés qui utilisent les transports en commun chaque jour, et qui se verront donc rembourser 100 % du montant de leur titre de transport mensuel.

Le problème, c’est que le Pass Navigo est financé à 50 % par les entreprises parisiennes, qui réclament aussi leur part par la voix du Medef.

Le Medef demande réparation

Avant même les négociations des modalités de remboursement pour les usagers, le Medef Paris expliquait que les entreprises devaient aussi avoir droit à une indemnisation.

L’organisation patronale souhaitait tout simplement le « remboursement du versement transport des entreprises parisiennes pour le mois de décembre ».

Pour le Medef Paris, la grève a entraîné des pertes importantes, les salariés ayant des difficultés à se rendre sur leur lieu de travail, et un chiffre d’affaires en baisse.

Jean-Louis Schilansky, président du Medef Paris, soulignait qu’il n’était « pas raisonnable de faire peser sur les entreprises parisiennes le montant d’une taxe équivalente à presque 3 % de leur masse salariale pour financer des transports qui ne circulent pas ! », ce qu’on peut aisément comprendre.

Le versement transport est une contribution locale que doivent assumer toutes les entreprises de plus de 11 employés. En région parisienne, cette cotisation est conséquente, soit 330 millions au mois de décembre pour toutes les sociétés franciliennes.

La réponse de Valérie Précresse est arrivée rapidement, elle estime que « la demande du Medef est indécente ». Selon elle, le versement transport permet de moderniser le réseau de transports en commun, ce dont les entreprises profitent considérablement.

Un mois gratuit à venir ?

Daniel Weizmann, président du Medef en Île-de-France, a lui aussi réagi à l’annonce de Valérie Pécresse par un communiqué de presse titré : « Les entreprises aussi doivent être dédommagées ».

Il explique que le remboursement du Pass Navigo pour les usagers est justifié, mais qu’il « apparaît légitime du point de vue des entreprises qui financent 50 % du forfait transport pour leurs salariés », précisant que ce coût représente près d’un milliard d’euros.

Les entreprises franciliennes sont en effet les financeurs les plus importants pour les compagnies de transports en Île-de-France.

Daniel Weizmann ne demande pas le remboursement des 50 % du Pass Navigo payés par les entreprises, mais la « gratuité totale » du Pass pour les prochains mois, afin que les sociétés franciliennes ne soient pas complètement oubliées dans le process de dédommagement.
Les négociations sont en cours, il semble raisonnable pour la SNCF de faire aussi un pas vers les entreprises franciliennes, comme elle a su le faire pour les usagers.

Voir les commentaires (11)

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Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • pourquoi ne pas envoyer la facture au syndicats?
    Puisque ce sont eu qui ont créé le désordre.. ils devraient le réparer, ce serait justice .. non?

  • Il faut effectivement faire payer la CGT.
    Cette grève est illégitime.
    Il est grand temps d’encadrer le droit de grève pour le limiter aux revendications concernant l’entreprise. C’est comme cela dans la plupart des pays.

  • Les entreprise n’ont qu’à …se mettre ne grève du paiement des transports…d’ailleurs pourquoi paient elles le transport loisir des franciliens, y a pas que des travailleurs dans le metro ou le train !

  • C’est peut-être une démarche légitime mais dangereuse.
    L’argent du gouvernement c’est le nôtre.
    Avec leur logique habituelle, on va nous mettre un nouvel impôt et les syndicats vont demander eux aussi le remboursement des jours de grève.

  • On pourrait aussi rembourser les contribuables provinciaux contraints de financer un service public qu’ils n’utilisent pas et qui en plus n’a pas été fourni à nos compatriotes parisiens.
    La double peine: non seulement on paye pour les autres mais en plus on paye pour rien.

  • Voilà à quoi devrait ressembler juridiquement le droit de grève en France, ça résoudrais tous les problèmes (législation suisse)
    https://www.droitactif.ch/lecture.php?article=4583

  • Les commentaires sont fermés.

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