Christine Lagarde à la BCE : chronique d’un échec annoncé

La récente arrivée de Christine Lagarde à la présidence de la Banque centrale européenne, le 1er novembre 2019, semble marquer la première étape d’un échec économique inéluctable.

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Christine Lagarde nov 2019 by Martin Lamberts European Central Bank(CC BY-NC-ND 2.0)

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Christine Lagarde à la BCE : chronique d’un échec annoncé

Publié le 27 décembre 2019
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Par Etienne Chaumeton.
Un article de l’Iref-Europe

En économie, le futur est nécessairement incertain, car soumis aux décisions d’une multitude d’actions individuelles. La récente arrivée de Christine Lagarde à la présidence de la Banque centrale européenne (BCE), le 1er novembre 2019, semble pourtant marquer la première étape d’un échec économique inéluctable.

Après une carrière d’avocate des plus brillantes, qui l’a menée à la tête du puissant cabinet Baker & McKenzie, l’ancienne étudiante à Nanterre a troqué la robe pour des tailleurs de ministre. Christine Lagarde est entrée au gouvernement français en 2005 et y est restée 6 ans, essentiellement au ministère de l’Économie et des Finances.

L’éviction du socialiste Dominique Strauss-Kahn lui a donné l’opportunité de le remplacer à la direction du FMI de 2011 à 2019, date à laquelle Emmanuel Macron et le Conseil européen lui ont proposé de succéder à Mario Draghi à la tête de la BCE, bien qu’elle n’ait jamais été économiste, ni occupé aucune fonction dans une banque centrale.

De ses fonctions en ministère, au FMI et maintenant à la BCE, une constante ressort des positions de Christine Lagarde, son attachement pour une économie dirigée et administrée par des décideurs politiques et les experts qui les entourent.

Dans une interview datant de 2018, alors directrice générale du FMI, elle affirmait déjà que « les banquiers centraux disposent d’outils pour intervenir » dans la politique économique et que leur intervention est « nécessaire ».

Le 12 décembre dernier, dans la conférence de presse qui a suivi la première réunion de politique monétaire du Conseil des gouverneurs de la BCE, elle a donné des gages solides aux étatistes et aux partisans de l’inflation.

Conformément aux statuts de la BCE, madame Lagarde s’est engagée à poursuivre une inflation « proche de, mais inférieure à 2 % ». Sans entrer ici dans le complexe débat de la définition de l’inflation, nous retiendrons qu’elle est toujours une perte de pouvoir d’achat de la monnaie. Viser une certaine quantité d’inflation, c’est accepter que tous les détenteurs d’euros soient spoliés d’une partie de leur capital.

De 2011 à 2019, durant les 8 ans de la présidence de Mario Draghi, l’inflation cumulée en France a été de 8,4 %, ce qui signifie que 1/12e de toute épargne en euro a été détruite.

Qu’en sera-t-il sous la présidence de Christine Lagarde ? Elle vient d’annoncer que les taux d’intérêt directeurs de la BCE restent « inchangés ». Elle s’est engagée à « un degré élevé de soutien monétaire », autant dire que la planche à billets va tourner… Elle a également annoncé la reprise du programme d’achats d’actifs, à un rythme mensuel de 20 milliards d’euros. Cela correspond à 120 milliards d’euros par an, soit la moitié de la richesse annuelle créée en Irlande.

En affirmant « la nécessité de maintenir une orientation très accommodante de la politique monétaire pendant une période prolongée », madame Lagarde assure aux gouvernements européens qu’ils pourront continuer de s’endetter dans des conditions très avantageuses… au détriment des propriétaires d’actifs en euro, dont la valeur va continuer de se déprécier, et des banques privées, dont les réserves sont rémunérées par la BCE à des taux négatifs.

Si Christine Lagarde affirme que les taux négatifs ont été mis en place pour « essayer de relancer l’activité et d’encourager l’investissement », il aurait été plus honnête de reconnaître que les taux négatifs sont une taxe sur le capital.

Les épargnants sont avertis, la présidente de la BCE annonce dès le début de son mandat qu’ « à moyen terme, l’inflation devrait s’accélérer ». L’ancienne avocate avait du succès pour défendre ses clients, il ne faudra pas compter sur elle pour défendre le pouvoir d’achat des Européens.

La présidente de la BCE est la personne économiquement la plus puissante en Europe, son contrôle de l’euro lui donne un pouvoir bien supérieur à celui de n’importe quel ministre ou patron. Pour autant, Christine Lagarde ne se limite pas à défendre une politique monétaire laxiste et inflationniste. Elle prend ouvertement position sur des sujets politiques qui sortent manifestement de ses fonctions.

Interrogée à Bruxelles le 2 décembre par le comité des affaires économiques et monétaires sur la question de la parité hommes – femmes, elle regrette d’être la seule femme au conseil des gouverneurs de la BCE. Il lui parait « indispensable que cette situation puisse évoluer de manière positive pour mieux refléter la société ».

La véritable évolution à souhaiter à la BCE n’est pas tant de savoir le nombre de femmes ou d’hommes qui y travaillent, mais la politique qu’ils y mènent et les conséquences qu’elle engendre pour la société. Il serait souhaitable que la liberté monétaire soit laissée aux Européens, que la monnaie ne soit pas un instrument supplémentaire de la politique des États, et que la Banque centrale, conformément à son mandat institutionnel, veille à la stabilité de l’euro plutôt que de s’en faire le manipulateur en chef.

Plus étonnant encore, Christine Lagarde s’est exprimée sur le changement climatique. Après avoir rappelé que le mandat prioritaire de la BCE est la stabilité des prix, elle s’autorise à affirmer que le changement climatique peut constituer un mandat « secondaire ». Ainsi la BCE a-t-elle commencé à favoriser des instruments financiers dits « verts ». Non contente de l’immense pouvoir qui lui incombe déjà, madame Lagarde entend utiliser ses prérogatives pour financer certaines activités spécifiques, même les plus improbables, au détriment des autres… et aux frais des épargnants.

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  • revoilà donc la bonne petite recette a la française, l’inflation..
    çà regle tous le problèmes de retraite, de salaires etc..

  •  » les gouvernements européens pourront continuer à s’endetter « ….ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd ; le sieur macron pulvérise les records ; à ce jour notre dette s’élève à 2415 milliards d’euros , soit 100,4% du pib …..dilapider à cette allure l’argent que l’on n’a pas , au moins de ce côté là c’est un champion ;

    • Auxquels il faut ajouter les engagements de retraites non provisionnes et les partenariats publics privés. On d’où le la mise.

      • Où voyez vous des engagements ? Les retraites par répartition sont servies à partir des revenus de l’année. Il n’est pas interdit de penser que le sort des retraités puisse s’améliorer dans un pays qui s’enrichit mais si le pays s’appauvrit les retraités suivront d’une façon ou d’une autre (grignotage par l’inflation, nouvelles taxes…).

    • C’est « marrant ». depuis que l’on a dépassé le 100%, on en entend plus parler. Pourquoi?

  • Elle fait la seule chose que sache faire une banque centrale ,créer de l’inflation…alors que la décroissance est un phénomène obligatoire avec le progrès technique et une natalité en stagnation.
    Il n’y a aucun avenir aux taux d’intérêt ,le capitalisme est en fin de vie tout simplement.

    • -6 a 11h ,les possesseurs de livret d’épargne se réveillent.

    • @ Reactitude
      Vous êtes devenu communiste? Depuis le temps que l’on annonce la fin du capitalisme je ne me fais pas de bile pour lui. Il n’y a qu’en France qu’il est mal vu!

      • J’espère que non ….tous les systèmes sont bons si les hommes les mettant en oeuvre sont …pas vraiment des hommes mais des saints ..le communisme…c’est comme une location a plusieurs ,tout le monde ne fait pas le ménage !

        • En effet, c’est l’essence même de la supériorité absolue de l’économie libre sur le socialisme à partir d’environ 800 participants (si je me souviens bien des analyses sur le sujet) : dans une grande société, aucun « système » ne répartit mieux les ressources que l’absence de système, c’est à dire la fameuse « main invisible », le marché libre et les prix pour être plus clair. Dans tout autre « système », nécessairement confié à la gestion de quelques uns, il faut que ces quelques uns soient des saints. Hélas cela arrive peu souvent car la compétition pour le pouvoir favorise des personnes très différentes des saints et ce quel que soit le mécanisme utilisé, y compris la démocratie.

  • « Lagarde demeure mais ne se comprend pas »

  • étant redevable de son poste à un gamin,incompétent, pourquoi voudriez-vous qu’elle fasse des choix autres que par défaut copiant en cela la politique française depuis 3 an. Un pas en avant dix en arrière
    -« ah ben oui, nous ont savait pas, mais cela est du à notre intelligence supérieur »….!
    Pour conclure, CLEMENCEAU, disait lors de son discours d’intronisation: « jamais de femmes en politique ».
    Nous vivons une époque moderne.

    • Et chez nous, la parité est assurée au gouvernement : la moitié de ses membres sont des « gay » ou des féministes !

    • Il faut bien avouer qu’en voyant les brillants résultats de nos dames: Ségolène Royal, Duflot, Taubira, Belkacem, Marisol Touraine, Schiappa, etc… on doit reconnaître que Clemenceau n’avait pas tord. Pourtant il y a moulte femmes brillantes!

      • Les femmes brillantes, tout comme les hommes brillants, ne sont pas attirées par la politique.

        • Ayant eu personnellement l’occasion de constater combien Baker&McKenzie est un cabinet efficace et compétent, je me demande pourquoi Lagarde l’a quitté. Ils l’auraient virée ?

      • Je suis certaine que vous pouvez citer 6 hommes politiques nuls… non ? Clémenceau avait tort mais à son époque c’était normal.

  • Après SuperMariole qui finançait directement les Etats impécunieux, voici Lagourde qui veut financer Gaïa et le changement climatique.

    Comme le climat change en permanence, autant dire que les rotatives de la BCE seront en roue libre jusqu’à la chute.

    Ci-gît l’euro, jouet brisé aux mains d’enfants immatures.

    • Je vous applaudi des mains et des pieds.
      Je pense que aussi loin que l’on regarde en arrière, personne ne se souvient d’avoir connu une époque pareil avec une telle quantité d’imbéciles aux manettes de notre pays présence dû exclusivement à l’appartenance « au nouveau monde ».
      Comme le disait un autre internaute, « la valeurs boursière ( CAC 40 ) de la vaseline connait une hausse incontrôlable et crève tous les plafonds ».

  • L »inflation ? Plutôt la manière de plumer les Renrtiers. c’est la politique de Macron d’ailleurs.!

  • Je ne comprend pas que dans un monde aussi complexe et spécialisé, on nomme une avocate à l’économie et aux finances, alors qu’elle n’a aucune compétence en la matière! Les avocats ne sont que des baratineurs.

    • Ce choix s’explique par son passé , elle ne sait pas gérer ses conseillers ,voir l’affaire Tapie .c’est une marionnette . Une marionnette doit seulement être avenante, elle fait sérieux . Ces predecesseurs avait des compétences mais aussi des vices…DSK au FMI c’était pas mal non plus…et ne parlons pas des ministres de notre micron de president

      • Devinette : pourquoi journalistes et politiques fricotent-ils ensemble ?
        Réponse : parce qu’ils partagent la même passion, parler de choses auxquelles ils ne connaissent rien.

    • @virgile 12h47 LA simple raison est que pour quelles raisons voudriez-vous que « le chef  » nome une personne plus compétente, puisque qu’il.., c’est confirmé ne comprend strictement rien à rien qui lui…, ou elle…selon de la date. En exemple, le 21 juin 2018 « il était elle » la grande folle « . Voila voila…..!

  • Ce qui m’a le plus choqué, c’est que non satisfaite de son ignorance en matière de banque centrale, elle a cru bon de parler d’un autre sujet qu’elle maîtrise moins encore: le climat.
    Madame, il y a assez de Folleberg dans ce monde sans que vous en rajoutiez.

  • Mme Lagarde est a été placée à la BCE pour sauver l’euro – mission obsessionnelle de son prédécesseur Draghi – sans aucun scrupule sur les moyens à employer. Comme cette mission est impossible sur la durée, on peut s’attendre au pire. Bon voeux pour 2020.

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